‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 113 sur 118 · DU CATARRHE VÉSICAL · texte numérisé non relu

DU CATARRHE VÉSICAL

Pour la plupart des auteurs, le catarrhe vésical serait une forme de l^inflammation de la vessie bornée à la membrane interne : de là le nom de cystite mitgueuse que beaucoup lui ont donné ; d'autres préfèrent rappeler cystite catvrhale^ en raison de la nature de la sécrétion morbide. Cependant ces detn maladies, qu'on a confondues en raison d'un seul symptôme commun (qu'elles pif sentent {les urines muqueuses ou filantes), doivent être distinguées entre elles pet* dant la vie comme elles le sont sur le cadavre. Dans la cystite, en effet JesparoisTé-^ sicales sont rouges, noirâtres, épaissies, friables, ramollies, ulcérées, Yongneuses, de Dans le catarrhe, au contraire, la vessie n'a presque subi aucune modifîcatin appréciable dans sa structure; sa capacité est seulement parfois un peu diroiniKf. La muqueuse peut aussi présenter quelques plaques ardoisées, vestige d'une congestion ancienne. ]\lais presque toujours cette membrane est pâle ; rarement dk est épaissie et amincie; de sorte que, pour expUquer l'exhalation dont elle est k siège pendant la vie, on est obligé d'invoquer une simple perversion dans ses fonctions sans altération du tissu. Le catarrhe vésical, ainsi isolé de la cystite aiguë oi chronique, est une affection assez rare.

Symptômes, marche. — Le catarrhe vésical peut être primitif; d'autres fois il est consécutif à la cystite; ce rapport étiologiquc entre les deux maladies explique jusqu'à un certain point pourquoi elles ont été si longtem|)s confondues. Le catarrhe vésical est une maladie presque toujours chronique, dans laquelle on ne trouve qu'accidentellement des signes d'excitation générale et locale. S*ll y a des douleurs à Thypogastre ou an périnée, elles sont vagues, peu vives, ne consistent qu'en une pesanteur : les malades urinent plus souvent, mais sans éprouver ce^ besoins pressants, ces épreintes qu'on observe dans l'inflammation. L'urine, pendant l'émission, semble avoir sa c<5uleur nonnale ; elle est peut-être un peu moins limpide ; elle est peu acide, et passe bientôt à réta.t alcalin ; elle exhale alors une odeur ammoniacale ; parle refroidissement, elle se sépare en deux couches : Tune superficielle et tout h fait liquide; l'autre, existant au fond du vase, offre nnc épaisseur plus ou moins grande; elle esl.treniblolaiite, visqueuse, filante, blanchâtre, quelquefois tout à fait iransparenle ; elle a la plus grande analogie avec l'albumine de l'œuf. Sa quantité n'est |)as toujours la même; des malades en rendent à peine quelques grammes, tandis que d'autres en excrètent plus de 300 dans un seul jour. La i)r()porlion virie d'ailleurs suivant une fotile de drconstances : ainsi la matière morbide est ])lus abondante dans la saison froide, lorsque ' l'atmosphère csl ch^t^ée (VWvo\d:\Vvi,^i\iViVà^>^^ \^vt^\^&\j\t^v.vw!L diminue ou que

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la surface du corps a été accidentellement exposée à une cause de refroidissement Un état d'exckation ou plutôt de subinflammation de la muqueuse vésicale a, au contraire, pour résultat de diminuer l'exhalation muqueuse qui prend généralement alors une couleur un peu jaunâtre ou d*un blanc sale. En» même temps les besoins d*oriiier sont plus fréquents, plus impérieux, et la douleur hypogastrique ou périnéale est un peu plus A\e. Ces symptômes d'excitation, bornés presque toujours à l'organe malade, peuvent se montrer un plus ou moins grand nombre de fois dans le cours de la maladie.

Le catarrhe \ésical qui est simple, celui qui affecte un sujet dont la constitution n'est pas encore très détériorée, n'exerce aucune influence fâcheuse sur la nutrition : aussi l'appétit se consene-t-il et les digestions sont-elles régulières. Cependant, si l'exhalation muqueuse était trop abondante, on virait Survenir les accidents que toutes les sécrétions exagérées déterminent On a dit que le catarrhe pouvait, lorsqu'il était trop considérable ou qu'il se prolongeait, entraîner la mort par épuisement; mais nous pensons qu'un pareil effet est excessîvemait rare ; on a encore confondu ici le catarrhe avec la cystite chronique. Le catarrhe vésical a une durée toujours longue et indéterminée. Quelques individus le voient cesser momentanément pendant la saison chaude ou lorsqu'ils vont habiter un dimat plus doux : mais la maladie reparaît pendant l'hiver ou lorsque les malades reviennent dans leur pays. *

^ D'après cette description, on voit combien le catarrhe vésical est distinct de la cystite.

Pronostic, — Le pronostic du catarrhe de la vessie est beaucoup moins grave que celui de la cystite : le premier est une affection fâcheuse, bien moins par les dangers qu'il fait courir qu'en raison de son opiniâtreté, et de la facilité avec laquelle il récidive. Le catarrhe vésical diminue moius que la cystite l'activité des organes génitaux.

Étiologie. — Le catarrhe vésical affecte surtout les vieillards : il paraît reconnaître la plupart des causes de la cystite chronique ; il survient spécialement sous l'influence du froid et de l'humidité. Les individus qui ont eu plusieurs atteintes de cystite, ou bien ceux dont la vessie a été longtemps irritée par la présence d'an calcul, dont ils ont été débarrassés ensuite, semblent y Otre plus exposés. Mais nous n'avons encore sur ce sujet que des données incertaines. Le catarrhe peut être symptomatique de la présence d'un calcul, celui-ci a généralement alors un petit volume ; un calcul volumineux détermine, par contre, une cystite.

Traitement, — Lorsqu'on a reconnu que le catarrhe vésical ne se lie pas à la présence d'un calcul, il faut, avant tout, soumettre les malades ù un régime hygiénique convenable, lis habiteront un lieu sec bien exposé ; et si le climat est défavorable, on les enverra dans des pays plus doux. Ils seront entièrement couverts de flanelle ; on excitera les fonctions de la peau par l'exercice, le massage et les frictions sèches ; Talimentation sera abondante, substantielle, sans être pourtant trop excitante. On engagera le uialadc à ne pas laisser la vessie se distendre par une trop grande quantité d'urine ; il ne résistera pas au besoin d'uriner, et si (|uelque obstacle s'op])osait à l'excrétion, on pratiquerait le cathétérisme une ou plusieurs fois par jour. Cependant, ce régime ne triomphant pas toujours de la maladie, il faut, aux soins hygiéniques, réunir l'emploi de quelques médicaments dont rexj)érience a depuis longtemps démontré l'utilité : je veux parler des balsamiques, tels que les baumes de copahu, du Péi-ou, de la Mecque, l'eau de goudron, la térébenthine cuite, et surtout la térébenthine molle qii^on donne en^^ilules^

l^li y. * DES SÊCaÉTlOX^ MORBIDES.

k la dose progressive de 2 à 16 grammes, ou en lavemenU, quand reHomacnepem la supporter. Ou a également proposé certaines injections, et 1*od se lert surtoot alors de l*e§u de goudron, des eaux minérales sulfureuses de BarégeseC d*£iighieo. Les eaux de Balar»c, de Contrexéville, en bains, boissons et injections, poQinmt être également r-ooseillées. Enfin, quand tous les moyens échouent, on peut tenter la cautérisation superfiçielllg de la vessie, suivant le procédé du profeMeur Lallcmaud^/be^célèbre praticien, pendant vfbgt-cinq ans, a guéri par ce moyen hts 9/10"* des catarrhes vésjcaux qu*il a cp à Irailer, et^ont la plupart avaient résisté pendant plusieurs auyéts.à teu^ç? efforts Me lart' Ceux qui n*ont pas guéri complètement ont, du^ moins éprouvé, une amélioration notable. (Voir plos hant

TROISIÈxME GENRE DE SÉCRÉTIONS MORBIDES.

DE» «ËCHBTMMi PAOniEli A 0IJBI4|VI» OBCiANBti.

Les fluides particuliers sécrétés par plusieurs de nos organes peuvent être produits en quantité beaucoup plus considérable que de coutume. Celte aupenécrélion, quand elle est trop abondante, devient la cause de nombreux acddenU; ceux-ci varient suivant la nature du fluide et suivant que ce dernier est sécrété ea plus ou moins grande quantité.

Nous allons étudier successivement la supersécrétion de la sueur, de la graitte, de la salive, de la bile, de Turioe, du lait et du sperme. Nous ne dirons rien du flux des larmes, car la sécrétion exagérée de ce liquide ne se remarque guère que dans les maladies du globe oculaire et des paupières, ou bien sous Tinflueucc d'ua état nerveux particulier, comme dans les émotions tristes, et quelquefois dans U joie excessive. D*ailleurs les flux de larmes ne sont jamais portés au point d'aflaiblir la constitution. Toutefois il importe de dire ici que Técoulement abondant de larmes sur les joues n'indique pas nécessairement une supersécrétiou de ce fluide, niais qu'il se rattache souvent 5 un obstacle apporté à son excrétion par suite d'un renversement des paupières ou d'une obstruction des voies lacrymales. A l'occasion du flux d'urine, nous ne devons parler ici que de la polyurie, renvoyant Thistoire du diabète à la fin du tome II, dans les maladies spéciales, attendu que le diabète est bien moins caractérisé par une supersécrétion d^urioe que par la présence du sucre dans ce liquide. Cette dernière altération est constante, tandis que la première manque quelquefois.

DE l'êphidrose. ^

SYMomas. — BypêrkydrotU ; dysodic cataoés.

Je n'ai point à m'occuper ici des sueurs générales et plus ou moins abondantes qui sont un symptôme de plusieurs maladies (fièvre pernicieuse diaphorétique, suette, phthisic pulmonaire, résorption purulente, etc.). Je veux seulement fixer /'attention sur ces sueurs %^u^tÂ^« ^wN^tcv. t5^K«5s\^^^ ^v vc^^^^^ndaiites de

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toutq lésion appréciablei constituent réellement une affection spéciale et toujoiuv incommode. ' • .

L*épbidi'ose, telle qu Aious la comprenons ici, est à peine signalée par les au* leurs contemporains, quoiqu'elle ait été anciennement décrite^ C'est une afTectimi des plus rares et que je n*ai encore rencontrée qu'une seule fois.

Les sueurs qu'on nomme morbides, en raison de leur abondance, sont presque toujours générales; on%s a vues pouilant n'occuper quelquefois qu'uiio moitié du corps. Enfin, il existe des cas beaucoup moins rares de sueurs bornées à des points circonscrits, connue les joues, la tète, tes aisselle^, les niili\n^, Ves parties géniales et surtout les pieds.

L'éphidrose est donc caractérisée gar une exhalation considérable de sueun ayant lieu d'une manière continue ou à des intervalle'- plus ou moins éloignés,' et quelquefois périodiques. Cette suparsécrétion, lorsc^ellc est géolralc, ne se^re* marque guère que chez les convalescents et chez les individus faibles; elle se fait tantôt spontanément; mais le plus souvent elle n'a lieu que lorsque le corps est échauffé par la marche, par l'application de vêtements trop épais, ou par une chaleur artificiolle, ou bien elle se produit après le rep^, otfk la suite d'une vive émotion de Tâme ; en un mot, à l'occasion de toutes les causes, qui, normalement, augmentent la (piantité des sueurs : seulement, dans les cas dont nous parlons, \ei^ effets sont beaucoup plii^ considérables. L'éphidrose peut se manifester exclusivement, soit le jour, soit la nuit ; elle peut se montrer en toute saison, et l'on a cru remarquer sa plus grande fré(|uence dans la saison froide. On ignore si les propriétés physiques et chimiques de la sueur sont toujours uiodiliées en même temps (pie le liquide est sécrété en plus grande abondance. Cependant il est des cas où la sueur a acquis une odeur acide, mineuse, cadavéreui^e ou bien one fétidité pénétrante, comme on l'observe fréquemment pour celles des pieds et des aisselles. Quant à sa saveur, on l'a trouvée absolument insipide, ou bien amére, douceâtre, salée ; elle peut être aussi altérée dans sa couleur : c'est ainsi qu'on l'a vue jaune, verte, noire, bleue, etc. Sa tem()érature est plus ou moins élevée ; sa consistance |)eut être nulle, ou bien elle est plus ou moins poisseuse et visqueuse. Enfin la sueur parait quelquefois contenir certains produits de sécrétions normales, comme la bile, Turéc ; on a même dit que certaines buissons ingérées dans l'estomac pouvaient s'échap|HT |)ar la transpiration, sans avoir subi la moindre modification; mais ces faits extraordinaires ne doivent être* acceptés qu'avec la plus grande résene.

Si les sueurs morbides étaient générales et très abondantes, elles pourraient finir par produire la chute des forces, l'amaigrissement, et tous les accidents que des évacuations excessives entraînent; mais ces cas sont infiniment rares. Lorsque les sueurs S(mt |)artielles, la portion de peau par laquelle Texhalation se fait est plus ou moins luodifiée dans sa sensibilité ; I epiderme est souvent gonflé, blanchi et ridé, comme s'il avait macéré longtemps dans de l'eau chaude.

Les sueurs abondantes se pmlongent en général beaucoup. Au bout d'un temps variable et tout à fait indélerminé, la sécrétion finit par diminuer, et revient ù peu près à son état normal. Si l'exagération de la sécrétion peut produire un peu d'amaigrissement, il est du moins très rarement arrivé qu'elle ait jamais déterminé les accidents de la fièvre hectique ; sa suppression brusque a, au contraire, souvent été la cause déterminante d'un grand nombre de maladies ou d'incommodités, telles que pleurésies, rhumatismes, névralgies, etc.

TraUement. — Pour combattre les sueurs géuèrtte& , \V twx tVav^^tVs* ^»«r^

manifestes qui provoquent la sécrétion. Les malades seront donc placés dans un air frais ; ils seront modérément couverts ; ils couchero^ sur la paille ou le crio ; ils prendront des bains froids d*eau de mer ou de Baréges ; ils auront recours ao\ ablutions et aux douches d*eau froide ; on provoquera d'autres évacuations, et, si Tétat de la constitution Texige, on usera d*un régime fortifiant et de niédicamenis toniques. On a proposé , en outre , l'usage de quelques m^icaments à rintérieur. On a spécialement recommandé la limonade minérale, Tacétate de plomb, l'agaric blanc, la sauge, ropium,Ja scille, et Taconit que M. Imbert Gourbeyre a recommandé dans ces derniers temps contre TafTectiou dont je parle (1).

La sueur des aisselles , et surtout celle des pieds, est une incommodité pour laquelle beaucoup d'individus demandent des conseils. On devra les engager) porter, dans les cas de sueurs fétid^ des pieds, des chaussettes de fil et, des chaussures légères; ils prendront tous les jours un ou deux bains de pieds avec de Teau de Baréges froide. Dans les cas où la suppression de la sueur produirait des accidents, ainsi que Mondière en a cité des exemples, on se hâterait de la rappeler en enveloppant les pieds de chaussettes de laine recouvertes d'un taffetas gommé ; ou bien on pourrait, d'après le conseil qu'en donne iM. Ruette (de Gœttingue), saupoudrer d*une petite cuillerée de chlorhydrate d'ammoniaque et du double de chaux vi^e un bas que le malade conservera toute la nuit

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