‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 115 sur 118 · DE LA ST\LORRHÉE · texte numérisé non relu

DE LA ST\LORRHÉE

Sthoxtmie. — Tlnx de nlire, ptyalume, snlivalion.

I/augmentatiou morbide de la sécrétion salivairc a récites noms de sialorrftêe, de ptyalmne ou de salivation.

Le ptyalisme est an accident qui accompagne fréquemment plusieurs des maladies qui siègent dans la bouche, spécialemenl les diverses formes de I^Momatite, et particulièrement la stomatite mercurielie, l'inflammation de la langue et des gencives» les douleurs de la dentition et mAme la carie des dents et des os niai^illiires. Enfui, dans certains^s de trismus et de névralgie du nerf de la cinquième paire, on observe encore une salivation parfois considérable; ce dont on se rend compte dans la névralgie, par Tétat d*excitation des nerfs qui entourent ou pénètrent les glandes salivaires, et dans les cas de trismus, par la pression mécanique des glandes et des conduits salivaires. Je me contente de mentionner c^ faits, renvoyant pour phis de détails à chacune des maladies dont le ptyalisme est un des symptômes ou un des accidents. Je ne dois m*occuper en ce moment que des cas où la salivation ne se lie h aucune lésion matérielle appréciable. Cependant, si alors le ptyalisme ne s*accompagne d*nucune altération lAnifeste dans les glandei salivaires, dans les parois de la bouche et dans les organes contenus dans cette cavité, il est rare néanmoins que Taugmontation de la sécrétion salivairc soit un état morbide tout à fait isolé. Presque toujours on reconnaît que la salivation se lie 9ympathiquement à la soufTrance d*un organe plus ou moins éloigné : c'est ainsi qu'on l'a fréquemment observée dans le cours de certaines fièvres continues oo intennitenttes , dans quelques névroses , comme dans l'hystérie, dans les cas de suppression ou de troubles quelconques survenus dans la menstruation ; chacun sait, en outre, que la salivation est, après les vomissements, l'accident sympathique qu'on observe le plus communément dans les premiers mois de la grossesse. Enfin , il est constant que les maladies du |)ancréas , et surtout que les lésions organiques de ce viscère, s'accompagnent souvent d'une salivation abondante. On rencontre pourtant des cas où le ptyalisme, survenant sur un sujet bien portant, ne se lie à aucun état morbide bien caractérisé ; mais ces faits sont excessivement rares.

Sympiùmes , marche. — Le ptyalisme est caractérisé par l'afllux continuel dans la bouche d*un liquide Incolore et aqueux , parfois mêlé à des mucosités. (> liquide est en général insipide, inodore; mais dans quelques cas, il a une sapeur désagréable plus ou moins slyptique, et exhale une odeur fade ou forte, et plus ou moins fétide. La salive, ainsi sécrétée en pliis grande abondance, est en partie avalée, en partie rejetéc par un crachement presque continuel ; enfin , sou\ent aussi le liquide afllue en si grande quantité, qu'il s'échappe involontairement et d'une manière continue par la bouche , et se répand sur les lèvres et le menton : c'est ce qu'on observe surtout pendant le sommeil. Chez ceux qui dorment la bouche exactement fermée, toute la salive [)éuètre dans l'estomac ; mais loi^ue la quantité de liquide est trop considérable, elle peut, en obstruant momeutanémem la gorge et parfois aussi en pénétrant dans le larynx, déterminer un é at de suffocation qui réveille les malades, et produit pendant quelque teni|)s un grand état de malaise et d*anxiélè. Malgré cette suç»ersécrétion , les glandes salivaires ne sont m tuméfiées ni doutourcwsc^ , viV\î(TsvçTv\\ix^xv^Tww^«vfflft ^^N^X^s^^^^^i^utAi

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décolorée qu'injectée. Cependant la perte de la salive , qui peut être de 3 on il kilogrammes dans les vingt-quatre heures, finit par nuire au travail de la digestion y et par produir# l'amaigrissement et une diminution dans les' autres évacuations , notamment une diminution de l'urine , de la transpiration cutanée et des matières fécales.

La salivation a en général une marche continue ; elle peut revenir périodiquement; dans ces cas, eHt se lie communément à une névralgie faciale, dont les accès sont intermittents. La maladie persiste ordinairement pendant une ou plusieurs semiûnes ; il n'est pas très rare de la voir se prolonger pendant un ou plusieurs méb; on Ta même vue durer pendant un ou deux ans.

Il ne parait pas que la salivation ait jamais produit la mort des malades ; si quelques individus ont succombé , il faut l'attribuer aux complications qui sont sorvf unes. En général , le ptyalismc diminue peu à j^u : d'autres fois il cesse assez brusquement après l'apparition d'une diarrhée abondante, ou par l'augmentation de la transpiration cutanée.

Traitement. — I..es collutoires astringents faits avec les acides minéraux, avec le miel rosat, l'alun, l'acétate de plomb, le tannin, avec les décoctions de feuilles de noyer, etc. , sont certainement utiles : mais ce sont là des moyens accessoires. La principale indication à remplir dans le traitement du ptyalisme consiste à exciter ^ les princi|)ales sécrétions lylurelles. C'est dans ce but qu'on administre des puruoCifs et des diurétiques. Enfin, les bains de vapeur, les procédés hydrothérapiqne.<i Hpables d'exciter des sudations abondantes, seront très utiles, et remplaceront avec beaucoup d'avantages les substances dites sudoriflques, dont l'action est toujours plus ou moins incertaine. On a encore vanté quelques autres moyens empiriques : tels sont le charbon, la cannelle, la magnésie, les eaux de Vichy, le calomel et les frictions mcrcurielles poussées jusqu'à salivation ; mais aucun de ces agents n'a produit dos résultats comparables à ceux qu'on obtient par l'emploi de; Topium à haute dose (20 à Ixi) centigrammes dans les vingt-quatre heures). Tous les moyens que je viens d'énumércr échouent généralement contre le ptyalisme sympathique de la grossesse; cependant quelquefois, en conseillant à la femme de conserver habituellement dans la bouche un morceau de sucre candi , une boule de gomme ou du jus de réglisse, on parvient, soit à modérer réellement la salivation, soit à la rendre moins incommode pour les malades, qui avalent alors presque toute leur salive suis s'en apercevoir. Pour compléter l'histoire delà salivation, je renvoie le lecteiu* ù l'article Stomatite mercnrielle^ !>. 237.

DU FLUX niLIEUX.

Il est des individus chez lesquels, sous l'influence de casses diverses, un flux de bile s'établit par la bouche ou par l'anus, ou simultanément par ces deux voies. Cet écoulement insolite est souvent le seul trouble qu'on observe. D'autres fois il s'accompagne d'accidents plus ou moins graves , et constitue une maladie connue sous le nom de choléra européen.

Le simple flux de bile, ou hèpatirrhécy ou polycholie, est une affection asse2 fréquente ; son invasion est presque toujours subite , ou bien die est précédée d'inappétence et des signes de l'embarras gastrique ou inteatinaL Les malades éprouvent bientôt des vomissements , ou une excrétion de bile verte ou jaune , pore ou mêlée à des matières muqueuses, glaireuses, ou à des aliments. Ces éva-* cuations , généralement peu abondantes , ne s'accompagnent presque d'aucune

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douleur abdomiuale; quelquefois |K)urtaut k; veutre est tendu, doulouren ; la plupart des malades éprouvent un soulagemeal assez prouipt.

Le flux bilieux a généralement une durée courte; maA il récidive fréquemment, et il est même des individus chez lescinels il se reproduit, à des iiitenalles pins ou moins réguliers, une ou plusieurs fois clia(|ue année. Dans ces c<is, le flox bilienv coDstiluerait, suivant une opinion vulgaire, un bénéfice de nature, et préserverait peut-être les individus de quelque gra\c aiïection : aussftson pronostic est-il alors toujours favorable. Il n*en est pas de même quand il se prolonge beaucoup ou lorsqu^il récidive à de courts Intervalles, car alors il altère la santé et amène l'amaigrissement et Tépuisement des sujets. La plupart des inédccias qui ont exercé dans les pays chauds pensent même que ces flux finissent par donner naissance à diverses maladies du foie.

Causes. — Les flux bilftux régnent le pins souvent pendant la saison chaude fl dans les pays méridionaux. Une nourriture animale y prédispose : un écart de régime peut en déterminer l'explosion ; il en est de même des aiïections de rame, et surtout de la colère et de la terrettr, qui ont, d*après M. Chomel, une influence non équivoque et analogue à celle que d'autres passions produisent sur la sécrétion des- larmes ou de l'urine : c'est ainsi que Fabrice de Hilden parle d'une feninie chez laquelle un accès de colère faisait toujours l' effet d'un purgatif.

; Traitement, — Le traitement se borne à éloigner^ies causes qui pourraiefC ;^ngmenter ou suspendre brusquement le flux bilieux. Lorsqu'il est trop considérable , ou qu'il se prolonge trop longtemps , on le modère à l'aide de boiï fraîches, gommées, acidulées, gazeuses. S'il passait à l'état chronique, on emploi*" rait les astringents, notamment le ratanhia, ainsi que l'opium.

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