‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 116 sur 118 · DU CHOLÊBA-MORBUS EUROPÉEN · texte numérisé non relu

DU CHOLÊBA-MORBUS EUROPÉEN

StmoRTMIE. -> CboMra tporadiqoe; choiera nostras; Iroatse-galant ; pnssio choterica.

Dans le choléra^morbus qu'on nomme sporadique ou européen , les malades ont des vomissements et des déjections répétés de matières bilieuses , jaunes oa Tertes, le ventre est le siège de vives douleurs, l'anxiété est grande, les traits sont profondément altérés , le pouls est accéléré et parfois imperceptible, la peau est froide, et il y a parfois des syncopes et des mouvements convulsifs.

Histoi*ique. • — Cette maladie est fort ancienne , car elle est mentionnée dans Hippocrate ; cependant elle n'a été convenablement décrite dans les temps recalés que par Celse, par Ârétée et parCxlius Aurelianus. Dans les deux derniers siî'cle!! elle a fixé l'attention de plusieui^ hommes éminents, surtout de Sydenham,de Bianchi, d'Hoffmann, de CuUen. Enfin, les modernes ont éclairé quelques poinb encore obscurs de son liisloire : nous citerons surtout les travaux de >1 M. Geoffroy 1 et Chauffart (2). ^ . -

Caractères anntomiques, — Nous ne possédons encore aucun renseignenicni précis sur les caractères anatomiques du choléra européen. Les nombreux dncunieiils qui existent dans la science sont à peu près sans valeur ; car, en les consultant, on ne tarde pas à se convaincre que les auteurs anciens, et- que même quelques modernes, comme Portai, ont rapporté au choléra une foule d'altérations qui lui sont évidemment étrangères : tels sont, par exemple, la péritonite, les étran-

(I) Dictionnaire de* sciences médicales, t. V, article CholAra. — > (S) Journal grntrni et médecine^ année 1^29.

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giements intestinaux, diverses léwNU aiguës et chroniques de la rate, du foie, des épiploous, etc. Néanmoins, dans ces déniera temps, on s*est autorisé des recherches de deux do nos contemptrains, MM. Gravier et Chauiïart, pour soutenir la nature inflammatoire de la maladie et son siège dans les organes digestifs. Cependant on a tort d'invoquer les faits du premier ;^r, les. ayant recueillis dans l'Inde, ils ne peuvent servir pour réludc du choléra propre à notre climat. Les obser^'ations de M, (IhaufTart ne sont {Us non plus coaduaiiM; car, en les étudiant avec quelque attenljk)n, on ne tarde pas à se confaiacre que Tauteur a attribué au choléra des altérations essentiellement chn)ni((iM8, telles que Tépaississement de la muqueuse intestinale, sa couleur ardoisée? et même les ulcérations, lésions qui, toutes, n'ont pas le temps de se produire dans une affection qui, comme le choléra, a une marche aussi essentiellement aiguë.

Les lésions cadavériques (pi'on trouve chez les chnériqnes sont, ou antérieures à la maladie, ou bien elles ne se développent guère que lorsque celle-ci traîne en longueur. D'ailleurs, comme l'a dit avec beaucoup de raison le savant et honorable Dalmas, le peu de fixité que les altérations affectent dans leur siège leur fait perdre la plus grande partie de leur valeur.

Symptômes, — Le choléra-morbus débute ordinairement brusquement, surtout pendant la nuit et au milieu d'une santé parfaite; d'autres fois il présente* d«i pnidromes consistant si^-tout dans un malaise général, dans rendolorissement.,dii \entre, accompagné de soif, de perte d'appétit et de flatuosités. Bientôt les malades )/ épnmvent sinmltanément des vomissements et des déjections douloureuses e|r répétées ; les vomissements sont formés d'abord d'aliments à moitié digérés , (fbis d'un liquide aqueux, glaireux, bilieux, puis enfin de bile pure : maisrarement ils sont sanguinolents ; les matières vomies sont souvent acides et brûlent à t^ gorge. Les déjections sont douloureuses, difliciles ; elles s'accompagnent d'une sensation de brûlure, d'érosion, de déchirure, parfois atroce, dans le ventre, surtout an \oisiiiage de l'ombilic ; elles ont lieu simultanément avec les vomissements, ou bien elles alternent avec eux. Ia*s matières rendues par le rectum sont muqueuses , noirâtres, jaunes, vertes, |M)rracées, rarement sanguinolentes; e|lcs sont extrêmement fétides; leur expulsion i*si ))récédce ou accompagnée de ténesme, et elles produisent une sensation de brûlure en traversant l'anus. I^ ventre est tantôt rétracté et tantôt plus ou moins ballonné : les douleurs parfois atroces dont il est le siège augmentent en général par la plus légère pression. Dans l'intervalle d(*s vomissements , les malades sont tourmentés par des nausées fatigantes , par des lioquets, des éructations gazeus(îs et des épreintes; la soif est vive, la gorge brûlante, l'anxiété extrême ; les traits sont profondément altérés , les extrémités sont froides, souvent marbrées, violacées, tandis que le ventre est birûlant ; le |)ouls est d'une fréquenciî et d'une petitesse extrêmes ; souvent il devient imperceptible. Beauœup de malades accusent des crampes extrêmement douloureuses dans les mollets, da'ns les nmscles fléchisseurs de la cuisse, aux avant-bras, aux doigts et aux orteils. Les urines sont communément peu abondantes; parfois leur sécrétion est complètement interrompue. Enfin, quelques malades éprouvent des palpitations douloureuses, des li|)otliyn)ies ; d'autres ont des convulsions, (/est lorsque la maladie est ainsi arrl\ée ù son plus haut degré d'intensité que la face devient hipporrati(|ue; le cor))s se couvre de sueurs visqueusc*s, la voix est éteinte; le pialade n'a plus la force <le vomir ; il est tourmenté par le hoquet et ne tarde pas à succomber.

Marcha , durvv, — Le choléra a ordinairement une marche continue, exaceriKinte. Débutant le plus souvent d'une manière brusque, il arrive en peu d'heures

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à son plus haut degré (Vintcnsité, cl peut se terminer au bout de douze on vingtquatre heures. Sa durée moyenne ne dé{Mi8sej,<^ère un ou deux jours. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il persiste au delà de trois dli quatre. On sait que des symptômes cholériques peuvent sunenir périodiquement , surtout sous le t^-pe tierce , et constituer alors une des forme^de la fièvre })ernicieuse : c'est ce que nous avons déjà dit en parlant de cette dernière affection.

Tenniîiûisons. — La guérison est la terminaison presqft constante du choléra européen. La convalescence est en général prompte ; au bout de quelques jours les malades sont rétablis. Chose remarquable , les organes digestifs, qui ont été le siège d'une si grande perturbation, reviennent presque aussitôt à leurs conditions normales. Dans quelques cas , au contraire , les malades conservent pendant un temps plus ou moins long un dérangement des fonctions digestif es , ce qui se lie louvent à un état inflammlkirc de l'estomac et des intestins. Enfin, nous a^ons vil que le choléra pouvait avoir une issue funeste : la mort survient alors le plus oonununément par suite de l'épuisement qu'occasionnent et les souffrances et les évacuations excessives.

Les rechut(;s sont assez rares, à moins d'écarts dans le régime ; les récidive» sont, au contraire, assez communes chez quelques sujets qui, par les conditions hygiéniques auxquelles ils sont soumis, sont plus spécialement prédisposés i U maladie. ^

DiaffHostic. — Diverses maladies du ventre, telles que la gastrite, l'enlérite. Il i dysenterie, la colique de plomb, les calculs biliaires, la péritonite, les invagim- \ tiens, l'indigestion et les empoisonnements, donnent lieu li des accidents qu'il ne faut pas confondre avec cx;u\ du choléra européen ; cependant le diagnostic différentiel ne peut présenter aucune difficulté. Ainsi la gastro-entérite n'a ni an début aussi brusque ni une marche aussi rapide que le choléra; elle s'accompagne de fièvre ; les vomissements et les déjections, très rarement verdâtres, sont moin» abondants, moins fréquents : ils déterminent moins de douleur et d'anxiété qu** dans le choléra. La nature des selles, ainsi que les épreintes, feront distinguer facilement la dysenterie d'avec le choléra euro|)éen. La colique de plomb et les étranglements intestinaux se rapprochent du choléra par les vomissements, mais ils en diiïèrent par une constipation opiniâtre, qui est, en cfTet, un de leurs symptôu)» prédominants. 11 en est à peu près de même dans la colique hépatique, qui s'accompagne de tension, de douleur dans Thypochondre droit, et souvent d'ictère: les accidents, en outre, cessent bruscfuement, et ce n'est guère qu*à cotte époque que les vomissements biliouv se manifestent. Dans la |)éritonite, il y a delà fièvre, une douleur trvs vive, très superficielle et du ballonnement; des vomissements existent souvent, mais ils ne i'(\ssemblent en rien à ceux du choléra ; la constipation enfin est un symptôme très ordinaire dans la péritonite. Dans l'indigestioQ complète, il y a des vomissements, des selles liquides et des coliques; mais co accidents sont consécutifs ^ une digestion laborieuse, laquelle s'accompagne d'un dégagement considérable de gaz fétides, a>ant une saveur acide ou d'œufs pourris; les matières \omies et souvent aussi les selles sont presque entièrement formées par des aliments h moitié digérés, et leur expulsi(mest toujoui*s sui\ie d'un grand soulagement. Le choléra offre beaucoup de ressemblance avec reinpoinouneroenl |)ar les jioisoiis irritants ; cependant, dans ce dernier eus, les \oiiitsseiiicnl.s se sont déclarés api es riii|;estion dans Testomac d'une substance qui a produit le plu» souvent un sentiment de chaleur, de ^ujs^on, de bridiire dans la gorge et leioncd' J 'oesophage, et u\me vUw* U Viv\wv\\^i, \i\\ Vvsti w^unc ^>arfois des ladies. do

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