DU CHOLÉRA EUROPÉEN
eschares qui dénotent inaction d*uii caustupic. 1.^ vomissements, au lieu de se manifester à peu près siinultanénie|t avec les évacuations alvines, précèdent, au contraire, celles-ci de pNisieurs heures. Les douleurs du ventre présentent la même progression ; car, bornées d*abord à i'épigastre, ce n'est qu'après un temps plus ou moins long qu'elles gagnent Areste de l'abdomen. Le choléra asiatique bien confirmé diiïère du choléra europXm par les selles et les matières vomies, qui sont blanches, par la ^anose, ramaigrissemeut, le refroidissement, par la voix éteinte presque dès le début, par l'absence du pouls, |>ar la vi\acité des crampes et par la suppression plus complète de l'urine.
Pronostic, — Le choléra est une maladie toujours grave. Toutes choses égales d'ailleurs, le pronostic est plus fùcheux aux deux extrêmes de la vie et chez les individus qui sont déjà atteints de quelque affection chronique des voies digeslives. Le refroidissement du corps, l'absence du poulsrl'aphonie, sontles accidents qui doi\j[int faire redouter une issue fâcheuse.
Étiologie. — Le choléra euroi)éen n'apparaît guère qu'à la fin de Tété, c'est-àdire pendant les mois d'août et de septembre ; une clialeur humide en favorise le développement. On le rencontre plus «ouvent dans les pays méridionaux, tels que l'Espagne, l'Italie et la Grèce, que dans ceux du centre, et surtout du nord. On a dit que le choléra aiïectait plus souvent les hommes que les femmes, qu'il sé\issait surtout dans la période ^oyenne de la vie, et qu'il atteignait de préférence les individus qui ont les attributs du tempérament bilieux ; cependant aucune de ces ^assertions n'est encore justifiée par aucun résultat numérique. Dans la plupart des cas, le choléra éclate sans qu'^n puisse* découvrir l'action d'une cause déterminante ; d'autres fois la maladie survient aussitôt après une secousse morale, comme un accès de colère, après l'emploi intempestif d'un éméto-cathartique, et plus souvent encore après l'ingestion de certains aliments, tels que la chair du porc, les crabes, les œufs de brochet, certains fruits, comme le melon, Tananis. On a vu également le clioléra se déclarer chez les individus qui avaient bu des vins nouveaux, des boissons glacées, pendant que le corps était en sueur. £nûn l'exposition du corps aux inteuipéries de l'air, à la fraîcheur des nuits, ou bien encore l'inspiration de miasmes putrides, a plusieurs fois été la seule cause efficiente du choléra, (^etle maladie peut affecter un grand nombre d'individus à la fois, et régner même épidémiquement, comme on l'a vu à Varsovie en 1701, et à Londres en 16G9 et 1676 (Sydenham).
Traitement. — Les antiphlogistiques, que l'école physiologique avait essayé de mettre en vogue dans le traitement du choléra, sont pres(|ue toujours contre-indiqués par l'état du pouls et des forces du malade. La pratique des anciens, qui TOulaient qu'on respectât pendant quelque temps les vomissements et les évacuations alvines, parce (pi'ils supposaient que la nature se débarrassait d'un produit irritant, était également \iciense. Nous croyons, en effet, que la première indication à remplir consiste à arrêter les vomissements et les selles, et à calmer les phénomènes spasmodiques et nerveux qui tourmentent les malades à un si haut . degré. La glace et l'opium sont les deux agents ihéra|K'uii(]ues qu'il convient d'employer dans ce but : les malades prendront donc une lN)i>s(m acidulé o-.i faiblement aromatique et glacée ; elle leur sera donnée par cuillern*. Kn même temps on prescrit l'extrait gonmieux d opium en pilules, à la dose de 5 à 10 centigrammes tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures, suivant l'intensité plus ou moins grande des douleurs. On continue l'administration du remède jns;[u'à ce qu'on obtienne un effet sédatif. On |K)urra siinuliauéiuciu î^^t \kvcç^Vv\vcvA\v 'i5«:t
les intestins en injectant dans le rectum va qwnt de lavement fait avec une décoction de guimauve, ou avec une solution ^midoo, de gomme adragante, additionnée de 12 à 25 gouttes de laudanum de Sydeoham.^iln même temps le malade sera placé dans son lit : on lui reconiniuide l'iinmobilité ; on rappelle ou Ton entretient la chaleur aux extrémités per^f» frictions aromatiques, irritantes, et mieux encore par l'application de la ch^nr artificielle, et par des cataplasmes sinapisés. Les doses d'opium qu'on praacrit aeronl d'aufint plus fortes et plus rapprochées que les douleurs sont plus mei, les spasmes plus forts, les évacuations plus nombreuses. Celles-ci sont parfois tellement répétées, que les médicaments séjournent à peine dans les organes digestifs ; souvent même leur ingestion devient la cause déterminante de nouvelles évacuations. Dans ces cas si graves, il faudrait se hâter d'appliquer sur le ventre un vésicatoire avec la pommade ammoniacale, et s'en servir poiff introduire dans l'économie un sel de morphine, f^n commençant par 3 ou 5 centigrammes. Lorsque la maladie a une heureuse issue, il convient de continuer le même traitement pendant plusieurs jours ; on diminuera seulement la quantité d'opium.
Le traitement précédent s'applique au plus grand nombre des cas. Quelques personnes ont voulu qu'on s'abstînt de l'opium dans le traitement du choléra spoi-adique des très jeunes enfants : ainsi M. le docteur iMénard conseille de n'employer chez eux que les boissons à la glace ; m les enfants sont^ la mamelle, il ne leur rend le sein que lorsque les évacuations ont complètement cessé, et ne les laisse L teter que quelques gorgées à la fois. Ce traitement est rationnel ; dans ce climat, il \ mérite sans contredit la préférence sur celui qu'on emploie en Amérique dans d« pareilles circonstances, et qui consiste dans l'usage combiné des vomitifs et do calomel. Ix)rsque les malades sont en convalescence, il faut suneiller leur alimentation, car la plupart des rechutes sont produites par des erreurs de régime.
Il est quelqu(»s accidents consécutifs qui réclament l'emploi de divers movcns: ainsi il est des individus chez lesquels tous les symptômes du choléra ont cessé, sauf les vomissements, qui persistent ; l'absence de fièvre, de soif, de douleur à l'épigastre, exclut, dans ces cas, l'idée d'une gastrite. Ces vomissements, dépendant uniquement d'un état spasmodique, cèdent à Temploi d'une boisson aromatique ou gazeuse, ou à quelques cuillerées de sirop d*éther ou à remploi des toniques et des amers; quand ils résistent à ces moyens, on applique un vésicatoire h l'épigastre, qui en triomphe presque toujours.
Maturtf. — Les anciens, en soutenant que le choléra était une sorte d'empoisoimement produit par une altération de la bile, avaient émis une opinion hypothétique, qui n'a été justifiée ni par les recherches de la chimie ni par Tanatômie pathologique. L'ouverture des cadavres a également prouvé que le choléra n'était pas une variété de la gastro entérite; c'est ce qui est aussi bien démontré par la marche de la maladie, qui débute en général brusquement, et qui, apr^s une durée courte, se termine rapidement, souvent même presque instantanément : or ce n'est i)oint là la marche qu'on observe dans les phlegmasies de quelque organe que ce soit. En analysant les symptômes principaux du choléra, on est conduit i considérer cette affection comme un flux actif de mucus, et surtout de bile pure qui se fait à la surface gastro-intestinale suivant un mécanisme encore inconnu.
ng &à nmmiK. 805
^ DE iS rOlYOUE.
SmommiE. — MyHmriei polydipùio ; rfiiwii^aitili Iskipids on faux dbbèle, etc.
La polyurie est uncr^ladiecaraelMB ptr Me émission très aboudaute d*urioes aqueuses ayant une faible pesantMTiPMIfM» et ne contenant aucun principe sucré ; ies malades sont, en outre, mMplii par une soif excessive qui les oblige à ingérer une très grande quantité db briÉMMi (l*est en raison de ce symptôme prédominant que quelques auteurs ont donné à cette affection le nom depoti/dipsie ; d'autres, en plus grand nombre, en ont fait une variété de diabète, et l'ont désignée sous les noms de diabète insipide ou de faux di^pète. Cependant nous dirons plus tard que quelques diabètes insipides appartiennent au diabète véritable, puisqu'il existe alors dans l'urine un sucre de fécule qui est masqué seulement par sa combinaison avec d'autrei» substances. Ces cas exceptés, nous croyons que la polyurie doit comprendre à peu près tous les faits décrits autrefois sous la dénomination de diabète insipide ou non sucré. M. Lacombe, dans sa thèse (18A1)» a tracé de cette affection une description très exacte.
Symptômes, — Dans la polyurie, les malades peuvent rendre des quantités • d'urine plus considérable que dans le diabète ; mais le liquide n'a pas, dans les ^ deux cas, la même composition. Dans l'affection dont je traite ici, l'urine est claire, limpide, à |)eine colorée, plus ou moins semblable à de l'eau filtrée, et peu ou point odorante ; elle est neutre ou légèrement acide ; la clialeur et l'acide nitrique ne la troublent pas; elle a une pesanteur spécifique qui varie de 1001 à 1009. Elle contient enfin moins d'urée, d'acide urique et de sels fixes. La quantité de boisson que les malades prennent est en rapport avec cette exagération de la sécrétion urinaire. II est, en effet, des individus auxquels il faut deux ou trois seaux de liquides pour étancher leur soif. Celle-ci est presque incessante : la plupart des malades se réveillent souvent pendant la nuit pour obéir aux besoins impérieux de boire et d'uriner (Lacombe). Au milieu d'un trouble si remarquable, les digestions se font bien ; l'appétit est rarement augmenté, comme dans le diabète, mais il est généralement conservé ; parfois pourtant il est diminué, et les malades préfèrent, pour la plupart, une alimentation \égétalc et ies boissons acidulés. La bouche est pâteuse, la salive rare ; il existe une sensation de sécheresse dans la bouche et dans le pharynx ; il y a vers l'estomac un sentiment de gêne, comme dans le besoin exprimé par la faim (Lacombe) . Les fonctions respiratoire et circulatoire sont à l'état physiologique; la peau est généralement sèche et rugueuse; les malades sont impressionnables au froid ; ils ont généralement peu d'embonpoint ; cependant leurs forces sont conservées, et ils ont presque l'aspect extérieur de la santé, à moins pourtant que le manque d'appétit ne nuise à la nutrition et à l'entretien des forces.
Marche, dnrf'e, terminaisons, — Otle affection, qui commence souvent dans l'enfance, va en augmcntantjusqu'àla puberté, puis elle reste stationnaire. Lorsque la polyurie affecte les aduhes, elle ac^juiert en peu de jours son summum d'intensité (Lacombe). Les saisons n'ont aucune influence sur les principaux symptômes de la maladie, tandis que le développement d'une affection fébrile produit pendant toute sa durée une diminution dans l'intensité de la soif (Incombe). La polyurie a une durée indéterminée ; elle est rarement moindre de plusieurs années, et se prolonge souvent pendant toute la vie. Lorsqu'elle cesse, la guérison n'est le \}lus
806 DES SÊCHÉTIOMS MOIIIIDISS.
«r^iiveut qu'épliénion;. Les récidives sont frtonentes; je ne sais s*il existe aucun cas auilicu(1(|uc de guérison définilive. Il vê parait \)^ (|uc celte maladie ail jamais (KTasionné la mort par elic-inôme; cependant elle laisse les iiuli\idus dans un état liabiluel de faiblesse, et lors(|u*eile^HniBence dans l'enfance ou itendantla puberté, elle peut, comme nous TavoDS K une fois, relarder le développement régulier du corps. ^' ^
/h'ngnostic. — On no iM)urrait conAmAna ta |M>lyune qu*avec le diabète'; mais la première difTère de celui-ci par la ooWptMtHù des urines, qui ne contiennent jamais de sucre, et ont une pesanteur ApédSqoe peu considérable ; par rinflurnce beaucoup moindre qu'elle everce sur Tembonpoint et les forces, |>ar sa durée illimilée, et parce qu'elle n*a peut-être jamais une issue funeste. (Voir Oitibttf, :
* Pnmostic, — Si la polyu#e ne compromet pas prochainement Texislenre, «-Ik n*en doit pas moins être considérée comme une maladie fâcheuse, en raison de >a I)ersistance et de Tétat maladif qu'elle entretient pendant toute la vie.
Causes. — Les causes de la polyurie sont inconnues. Celte inala<lie aiïecte pitb fréquennnent les sujets lymphatiques et scmfuleux ; les hommes sonibleiit en étir un peu plus fréqu(*mmcnt atteints, et l'âge adulte est celui «pii y prédisjwse le plus D'après un fait {\iw >l. Lacombe a rapporté dans son excellente thèse, il semble que la polyurie [)eut se mcmtrer héréditairement dans certaines familles.
Cette affection n'est pas spéciale à l'homme, on Ta \ ne quel<|ucfois régner épidémiquement sur les che\aux : c'est ce qui eut lien 5 Paris en 1830. Les vétérinaires Tout décrite sous le nom de Pisse.
Traitcvient. — Le traitement de la maladie dont je viens de parler <»sl encore i trouver. On a tour h tour essayé, sans grand avantage, les antiphlogistiquesjcs émétiques, les narcoti(pies, les toniques, les martiaux, les astringents, les antispasmodiques, les régimes végétal et animal. Chez une malade que j'ai lraif«'*c eo 1869, après avoir expérimenté la plupart de ces moyens, ainsi que les bains de vapeui-s et la valériane, je parvins à produire momentanément un mieux nolaM^ avec l'extrait d'opium. M. Debout a prôné de nouveau le nitrate de potasse fondu, ou se! de prunelle, à la dose de h grammes par jour. Mais tous ces moyens «int assez précaires. Pourrait-on obtenir des (effets plus durables 2i l'aide de l'hvdrothérapie? C'est h une expérience ultérieure à le prouver.
Nature. — On n'est pas encore fixé sur la nature et le siège de rafrerlion. Est-ce primitivement un flux rénal, ou bien une névrose de l'estomac analogue à la boulimie? et alors le flux urinaire ne serait-il pas la conséquence de Tingi^sfion considérable du liquide? C'est ce qu'il est impossible de détcnniner dans l'état atlue! de la science.
DU FLUX DE LAIT, 01- (;ALA(:TORRnËE.
Un flux inunodéré de lait, produisant une altération plus ou moins grav<^ dans la santé de la fennne, caractérise la (jttlort irritée ou fjnlncforrhêv. Cette maladie affecte les nourrices ou les fennnes qui ont seué récemment.
Sf/tnfitôwcs. — Le lait est sécrété et s'écoule en grande abondance par le fait de la succion de l'enfant, ou bien indépendauunent de cette excitation, c'est-à-dind'une manière spontanée; le flux s'opère alors si>écialement quelques heures après les repas; les linges dont la femme se garnit sont lravers(»s. Miette excrétion peut s'accompagnjM' de douleurs et de tiraillements vers les mamelles et les aisselles. Onoi(|ueces pertes 3L\eu\ vww vî^vA d'^u^^vweuter d'abord l'appétit, on ne tarde pa» pourtant à remarquer i\ue U Icvwtuq \.^\\^^\\\^v^x\^^^^v>^^«AVi\x.^ d^hucnl:
DH lA JHMUTWRHÊE. 807
bieiilôt elle esl estMiuiDée, opproriOt -mÊê «M tourmentée par des palpilatioiUL: l^appétit diminue ou ce^; eofia Mpivvi iMCtique s*allume, des accidenls coUl^cpiatifs, tels que la diarrhée et lesnean^ mrvicnnent et accélèrent la tcriniDalson ûicheuse. Cependant il est doutev qnj^^ tu, de lait produise à lui seul ces accidetits d'élisie ; mais presque toujouf iBirMpMnies dont nous parlons se lient à la présence de tuberculeç^dans les pMBbb -GMte grave complication survient eu cdet soMs Vinfluence de répuîseoiMI^blftfriBctorrhée détermine, comme nous verrons le même eiïet se produire ^MillCMilv du diabète. Si les poumons ne sont pas envahis par le travail de tuberculisation, on voit le flux de lait cesser après un iiim\)s plus ou moins long, et la santé se rétablir sous Tinfluence seule d*un régime convenable.
1^ diagnostic de la maladie ne présente aucune (^fficulté ; son pronostic peut ôtre grave si le flux est spontané, s*il est considérable, et si la constitution est détériorée, car dans ces conditions les femmes deviennent souvent tuberculeuses.
Causes. — I^ galactorrhéc dépend le plus souvent de la trop forte excitation des s(MUs produite par un enfant vorace, ou par rallaitement de plusieurs nourrissons à la fois, ou bien encore par un allaitement trop prolongé. La maladie a paru aussi survenir quelquefois par l'abus des excitants, d'une alimentation trop réparatrice, ou bien, au contraire, par suite d'un régime débilitant, ou de la mauvaise constitution des femmes. ^
Traitement. — I^ première indication consiste à sevrer l'enfant, non brusquement, ce qui pourrait avoir des inconvénients, mais lentement et en ayant soin de ne donner le sein que longtemps après les repas. On soutient et l'on relève les forces par une alimentation réparatrice, à laquelle on associera souvent avec avantage l'usage des ferrugineux. I^es seins seront soutenus convenablement, et l'on exercera sur eux une légère compression. Les femmes ne feront aucun effort ; elles devront surtout s'abstenir d'exécuter des mouvements avec les membres supérieurs. Enfin on produira des révulsions par des pédilnves, par des laxatifs, par les diurétiques et les sudorifiques ; le petit-lait de Weiss remplit plusieurs de ces indications. Lorsque, nonobstant lo sevrage de l'enfant, la galactorrhée continue, on a proposé de faire des lotions vineuses ou aromatiques sur les seins, ou bien encore de les oindre avec un Uniment camphré. M. Riesemberg, de Berlin, a conseillé l'usage de l'iode, et surtout de l'iodure potassique à l'intérieur, comme propre à tarir la sécrétion du lait. Mais l'expérience ne s'est pas encore prononcée sur l'efficacité de ce moyen. N'est-il pas permis d'espérer qu'on obtiendrait de meilleurs effets de l'emploi de l'hydrothérapie, qui peut agir et comme un agent énergique de révulsion et comme un reconstituant des plus puissants ?
DE LA SPERMATORRHËE.
SviiollTMiE. — PullationR , perlfli tëminales.
Sous le nom de spermatorrhée, on doit comprendre les écoulements plus ou moins abondants et répétés de sperme se faisant hors des circonsUnces qui les provoquent ordinairement (coït et masturbation), et s'opérant spontanément sans aucune excitation ou par l'eiïet d'un stimulant qui serait insuOTisant dans l'état de santé. Cependant, comme les eiïcts fâcheux qu'on observe sur la constitution sont les mêmes, quelle que soit la manière dont l'excrétion du sperme s'opère, que celle-ci soit spontanée comme dans les pollutions, ou qu'elle soit provoquée par
808 DES SÊCRÊTIOM HOmiWS.
des excès de femmes ou par la mastarbaliiB,^«» rtunirons dans cet article lou» * ' les accidents qui peuvent résulter des abM lUéririw, (\g quelque manière qu on
s'y livre.
Historique. — Les accidents qu'enMk^è leur suite les excès vénériens ont fixé de tous temps Tattention des obMmKn. Ainsi Hippocrate eu a donné une description succincte dans son deuxièBW V^Sêmorbis, s^is le nom de cotmnttfttion dorsale. Celse ne les a pas ouhHte M |iM dans son livre sur la consfT\ation de la santé ; mais le tableau le ph» eSwyÉlt (pi^on trouve dans l'antiquité (st celui qui a été tracé par Arélée. (^e sujet imi)ortant fixa plus spécialement Taitmtkm des médecins pendant les deux derniers siècles: ainsi Hoffmann, Sénar. de Gottcr, Van Swieten, Stûrck, Gaubius, s'en sont occupés. Tout le monde connaît la célébrité du livre de Tisso% mais c'est avec raison qu'on a reproché à c^^t auteur d'avoir exagéré les fâcheux résultats de la masturbation, en présentant comme (l**s effets ordinaires les accidents les plus graves, (|ui n'arrivent foil heureusement que dans des cas exceptionnels. Par conséquent, la lecture du livre de Tissot ne |)eut être utile pour le médecin, et elle est pernicieuse pour Tonaniste, qui, ne ressentant pas ordinairement les incommodités que Tauteur signale, croit qu'on a \oulu seulement reiïrayer. I^ traité que Deslandes a publié sur le même sujet n'uiïre pas les mêmes inconvénients, et il a le mérite d'être peut-être un peu plus scientifique que celui de Tissot. On ne peut ici passer sous siletce une dissertation que >Vichman publia en Allemagne en 1782, et qui était presque oubliée même dam . son pays, lorsque Sainte-Marie en donna une traduction française en 1817. Mais le livre le plus remarquable que nous ayons eu jusqu'à présent est sans cf>ntr«dit celui de Lallemand sur les pertes séminales. Cet ouvrage, dans lequel l'auteur a trop souvent donné essor à sa brillante imagination, et où les vues si)écnlati\i*s rt les inductions remplacent quelquefois l'observation directe, n'en est pas mnirb une œuvre d'une grande portée, l'œuvre d'un esprit éininent, et qui fourmille dt* faits pratiques, d'aperçus ingénieux, de pensées généreuses et éminemment philosophiques. Ce livre, que quelques personnes ont à tort essayé de discréditer, ont été d'une lecture encon* plus attrayante si l'auteur avait mis un |>oii plus d'ordn* dans la distribution de son sujet, et surtout s'il ei)t été plus sobre de diKri*ssi(iiis, dont la plupart offrent néanmoins l>eaucoup d'intérêt.
Anatomie pathologique. — Nous ne |)ossédons aucun renseignement précis sur l'état des organes génitaux chez les sujets qui succi>mbent à la s|XTniatorrhéf. lallemand a prétendu {)ourtant qu'on trouvait chez eux des traces d'inflamniatitM) dans les vésicules séminales, dans la prostate et les canaux éjacnlatetirs, et dos érosions, des ulcérations ou des cicatrices à l'orilice de ces conduits, etc. Mais le< faits, au nombre de neuf, rapi)ortés par l'ancien pmfesseur de Montpellier, ne sont pas concluants, puisque rien ne prouve qu'une spermalorrhée ait existé sur annm d(»s individus dont les organes génitaux intern(*s ont présenté divei*sos altérations, toutes consécutives ii des phlegmasies anciennes.
Symptômes, — Il est des pollutions utiles: ce sont celles qui se manifestent d»* temps en temps {Mandant la nuit, dans les rêves lasri(|î, chez les adolescents et l(s adultes qui vivent dans la continence ; elles remédient alors à \\\\(^ pléthore s|v»nnatique, et sont généralement suivies de soulagement et d'un sentiment de bienH>itv. On a même cité des états graves de l'éconorme qui a\ aient |)romptement réilé ;jpi; s une ou plusieurs de ces polhitions (P. Frank, Sainte-Vlarie). Vfnis il n'en ,»sî plus de* n)ême si les ém'issums iV. s\wt\v\ç,svi ^\iv\\.^ii vVvs\vv\.<îi-\alles ra[)prorliês, soit que /a perle de scmeuc.' aU feu vVau^ V ^ç.\& ^x\ ^ovv wi v\cw mW ^w ^v^ >^xv\sv>Kvj3j;tv >^-o: U
DE ht mMATimRHÊE. 809'
masturbation, mit eoûn qu'elle s'ojpln qmdmémcDt connue dans les cas de poK iutions. Celles-ci peuvent^urvenir pl^lMfWient chez les individus continents ; plus souvent elles se déclarent cliei te penones qui ont abusé du commerce des femmes ou qui se sont livrées immodérAmC k la masturbation. Elles commencent presc|ue toujours par avoir lieu |)0BdMM[nBft seulement ; mais, à mesure qu'elles
se ré|)ètcnt, les phénomènes dVxdMiBHpii les précédaient et les accompagnaient autrefois diminuent ou cessent. L'éaMb de k semence se fait alors spontanément sans être prov(K]uée par rien, mii que k verge soit en érection complète ; souvent même le ])énis reste tout II fait flasque, réjaculation est faible, ou bien le sperme s'échapp(* en l)avant saiLs que le malade on ressente le moindre plaisir. Au lieu de s*écouler au dehors, le liquide |)eut s'épancher en totalité ou en partie dans la vessie et être rendu plus tard pondant la premièrof^mission d urine : c'est ce qui arrive quand il existe un n*trécissement considérable de Turèthre dans les portions bulbeuse ou prostatique, ou lorscjue, par suite de cicatrices ou d'adhérences vicieuses, rorifjce d(îs conduits ôjaculateurs est dévié et i)orté en arrière. Dans tons ces cas, les accidents sont les mômes ; eu effet, que. le sperme se soit écoulé au dehors ou qu*il se soit épanché dans la vessie, son émission hoi's des vésicules séminales s*accompagnc de brisement dans les membres, d'une grande faiblesse, de céphalalgie, de tor|)eur et de somnolence; les individus à leur réveil sont cour-
■k baturés et inaptes à se Ii\'?er à leurs occupations, si celles-ci nécessitent qu(*Iques
^^iïorts intellectuels ou musculaires.
Cependant ce n'est pas seulement pendant la nuit que les pollutions ont lieu ; on les obsene, en eiïet, fréquemment dans l'état de veille ; elles se font alors surtout pendant la défécation ou durant l'émission de l'urine. Chez d'autres, elles sont provoquées par ré(|uitation qu par les efforts, par le moindre attouchement ou par le plus léger fmttement du gland. Dans ces c^s, le sperme peut être facilement reconnu h sa consistance, h sa couleur et à son odeur; mais h mesure (pie les pollutions se ré|)i>tent, la liqueur séminale change d'aspect et devient pins ou moins séreuse : il importe donc de déterminer la nature du liquide à l'aide du microscope. L'emploi de cet instrument est surtout indispensable dans l(*s cas où le sperme s'échappe pendant l'émission do l'urine. On a dit qu'on pouvait alors reconnaître l'existence de la spcTinatorrhée par la nature du dé|><H qui se formait dans le vase où l'urine avait été rendue. Ainsi, suivant Lallomand, on verrait d'alwrd des corpuscnh» transparents, irrégniioremont sphériques, d'un volume variable et assez semblable h des grains de s(Mnoule; mais si la maladie est ancienne, on ne trouve plus ces granulations; il existe seulcMnont alors un nuage épais, homogène, blanchâtre, parsemédi* petits ])oints brillants cpii occupent les couches inférieures, et qu'on a c^n^parés au dépôt qui se forme dans une décoction d'orge ou de riz un peu concentrée. Comme on le conçoit bien, ces dépots n'ont ri(Mi de caractéristique; aussi faut -il s'aider du microscope et rechercher s'ils ne contiennent pas des animalcules spennatiques.
L'examen microscopicpie fournit d'ailleurs des résultats intéressants : ainsi l^llemand a vu que, lorsque la spermatorrhée était tout(* récente, le fluide séminal consenait encore ses propriétés, et que les zoosiHîrnies no présontaiont rien de remarquable sous le«rapjlbrt du nombre et du volume. Mais il n'en est plus de même lorsque, par la répétition et l'alvondance dw perles séminalos, le sperme est devenu moins consistant et presque sén.'ux ; car alors, d'après le même observateur, les animalcules sont moins \i\ aces, puisqu'on les tmuvc morts peu de minutes seulement après leur expulsion : ils sont (>arrois d'un quart ou d'ua
810 DES Sf^iCRÉTUiat! HOIIUDES.
ticrn plus |)etils qu'à Tétat normal ; leur quMt est difficile à dislioguer avoc un grossissement de trois cents fois ; |ilas 1^ eilGorc les aoimalcules de^iounent rarc^ et peuvent disparaître, <|uoiqiia h liqueur conserve encore Todeur sfiennatique; alors, à la place des zoos|>6niieuHi ae trouve plus que des globules ovoïdes ou spiiériques. Faut-il admclflL *vec M. Donné, que des cristaui d*oxalate de chaux se rencontrent conulMBeul dans rqrine des s|>vrinaliques tu raison d une excitation sympathique deiIreiBiI C'est là un fait qui n*est pas enconi établi suffisamment.
tn des|>remiers accidents des polIntioM nodarnes ou diurnes est une diminution dans rénergic, dans la longueur des érections et dans la rapidité avec laquelle Téjaculation se fait; enfîn, |>eu à i)eu les érections sont impossibles, les malades» sont alors devenus tout à f«^ m puissants.
(!lei)endant les pertes séminales, en se reproduisant, finissent par produire sui Téconomie tout entière des eiïets fâcheux : ainsi les malades pâlissent et maigrissent, ils penlent leurs forces, ils tremblent des membres, ils ont des pesanteurs de tête, des vertiges, des éblouissements, des l)ourdonnements d*oreilles ; quelques-uns ont (le temps en temps des congestions cérébrales, qui ordinal reuit'Dt sont légères et fugaces, mais qui parfois sont alarmantes. I^ur vue est allai blie ; ils sont tristes, mélancoliques; leurs digestions sont lentes, accompagnées d*aigreur>, de llatuosités: ils sont essoulHés, asthmatiques, tourmefttés |)ar des palpitations, et leur voix est faible. Quelques-uns épnmvent des convulsions on de véritables^ ' accès d'épiîejxsie ; d'autres ont un ou plusieurs de leurs membres roides, contractures ou paralysés ; enfm, à un degré pins avancé, les malades tombc^nt dans un eut de c4)nsom|)tion connu sous le nom de tabès dorsalis. Pâles, amaigris, se soutenant à |)eine, ces individus ressetublent à des cadavres ambulants ; épuisés au ph\sic|ue connue au moral, leurs pieds s'inhltrent, leurs cheveux tombent, leurs sens H surtout la \ ne s'éteignent; ils ont du dévoienient, alternant avec de la constipation; enfin, ils succombent dans le dernier degré de marasme, et quelques-uns, pi*ofondément découragés, ont recours au suicide pour mettre un ternie à leurs lf>ngues soulTrances. Au milieu de Tappareil de symptômes graves que je \ iens dt' dé|)eindre, les malades sont sans fièvre; c'est un(? circonstance reniarc|uable déjà notée par Ilippocrate, et sur laquelle I^Ilemand a iM'aucoup insisté. Les tabescents sont en effet sans fièvre, non-seulement au début, mais encore à une période avancée. Lu ap|)arcil fébrile, quels que soient d'ailleurs ses caractères, qui se déclare à une époi|ue quelconque de la spermatorrhée, est presque toujours l'indice d'une complication.
Marche^ durer, terminaisons. — Les |)ollutions ont toujours une marche très irrégulière, très inégale. Tantôt elles offrent des variations journalières tout à fait inexplicables : d'autres fois celles-ci tiennent à l'influence manifeste de quelque cause extérieure : ainsi les malades se trou\ent conumniémenl mieux d'un tem|)s humide, pluvieux, tandis que la plupart souffrent da\antage lorsque le ciel est pur et sec. D*après Lallemand, le printemps agirait d'uue manière fâcheuse sur presque tous les tabescenls, et cette exaspération des symptômes tiendrait é\idenunenl à Taugmentation des pertes séminales. li'automne est la saison la plus favorable. Beaucoup de ces individus éprouvent un redoublement dans leurs maux. |«r suite d'une congestion hémorrhoïdaire, par la présence d'ascaridi^s dans le rertinu. ou quand la constipation se prolonge, etc. ; mais la maladie préstMite. en outre. imv foule d*oscilUl\m\s (\v\i \\avaissent inexplicables, quehjue attention «pitm incite à en rcc\icrc\\ev Va viAvxsvi, \3^\vs\vki cii&Vïè»\^\^^
1)£ Lk ftPBUUTOBRHÊb. 811
(^^ oscillulioiis sunt journalières (>t |)cii proDMicées; la niarclu; |)eiU être alors rapide * et coiuiiK^ coiitinu(\ f|iiuiqiio toujoA irrigullriv. Ces s])erniatorrh^'es mérite- • raieut dï'lre appelées a'ujiih si leur curée n^était encore fort longue. Quant à celles dont les rémissions on I(^s interirittences sont plus tranchées, on conçoit (|ue leur inlhience sur 1 économie dîmir' » dans la même proportion. Les suspensions les plus complètes et les plus proi^ £e8 sont évidemmenl celles qui sont plus favorables à la conservatMU des forces e^rialé||;rité de la constitution, (l'est alors que la maladie peut être regardée comine éminemment chronique ; ces tabescents |K'u\ent (:onser\er pendant vin^l, trente ans et plus pres(|ue toutes lei» apparences de la santé. Ces cas se confondenl d*nne manière insensible a\ec ceux des pertes séminales, qu'on ne peut plus regarder connne morbides, puis<|u'ellcs n'allérenl pas la constitution.
La spermalorrliée a peu de tendance à s(> terminer spontanément. Il semble que les progrès de l'âge, en ralentissant la sécrétion spermali(|ue, devraient diminuer la fréquence et l'abondance d(^s |iollutions. Cela est généraleuK'ut vrai; mais la moindre évacuation de Ii(|neur séminale dans la vieillesse ])roduit beaucoup plus de faiblesse qu*an\ autres périodes de lu ^ie; de sorte que, quoique la maladie ait diminué, ses effets constitutionnels restent à peu près les mêmes. Beaucoup de |H)llutions cMent quand on fait disjiaraître certaines causes d'excitation qui les eu- 1rc*tienncnt ou qui leson^fait naîtn». Knfm, on voit qu'elles se dLssi|)ent peu à peu F^par l'usage régulier du coït ; cela n'a guère lieu qu'au début, lors([ue les fonctions ^ue sont pas encore alléréi's, et (|ue les pollutions sont l'efTet de la continence : mais aussitôt <|ue la consomption est >érital)lement établie, les rap|)orts sexuels sont plus nuisibles <|u'uliles (liippocrate, Lallemnnd). Kn résumé, dit Lallemand, les pertes s(Mninales, arrivéïrs au point de constituer une maladie, ont plus de tendance à s'aggraviT (pi'à diminuer spontanément; Thabitude seule suffirait pour en rendre la guérison de plus en plus difficile.
L'épuisement causé par les pertes MMuinales peut êlre i)orté au i>oinl d'occasionner la mort. Ces malades succombent alors par syncope on avec les symptômes d'une congestion cérébrale ; toutefois ces faits sont excessivement rares. Presque tous les tal)escents, après être restés lon^^temps languissants, sont emportés par une maladie aiguë ou clironi((ue intercurrente, (pii généralement alors suit une marciie beaucoup plus rapide, en raison i\v Téial constitulionnel du sujet.
Accidents cotw'mfifs. — On exagérerait les (îlTels ))ernicieux des abus \énériens, si on les regardait comme des causes très acti\es de lésions viscérales graves. Il ne me paraît pas, en elf(^t, (pie la s])ermatorrhée produise soii\ent, comme cm l'a dit, comme semble aussi le croire Doslandes, des aiïeclions organiques du ccrtn-, du ccneau, de l'estomac, etc. Les troubles fonctionnels qu'on observe v(;rs ces organes sont presque toujours purement nerv(Mix. Les excès vénériens sont, en (;ffet, une caus<î très active de névroses, c'est-à-dire, de c^'tte classe d(; maladies (|ui consistent dans un trouble profond dc^ fonctions nerveus(>s d'uu ou de [)lusienrs organes, sans que ceux-ci soient le siège d'aucune lésion matérielle. Ainsi la masturbation, chez les enfants el les adolescents, occasioime souvent l'épihîpsie et la chorée; à un âge plus avancts les pertes séminales peu\ent produire la manie, la lypémanie, la démence et rh>pochondrie, indépendamment des autres troubles nerveux, cxjunne les palpitations, l'essoulllement, la gastralgie, la dys{>epsie, la paralysie des sens ou des membres, et les contractures nmsculaires, (pii ne se lient non plus à aucune lésion organique, comme le prouve leur cessation rapide aussitôt que la si)crmatorrhée est guérie.
B12 DES SÉCRÊ1KHII HOBBIDES.
Diafjnosticy — Le diagnostic des perteiJrtiiuiulos présente souvent bcaiicou|i d*obsciirité. Peu de malades les dissiinnlomiiiaiB il en^t beaucoup qui on i^^iurent rcxistcnce, et qui, rattachant 5 d'an^Pi cames les accidents qn*ils ^'prouvent, induisent souvent le médecin ou erreur.
Les pertes séminales ne peuvent être BHwidnes avec les écoulements clininiqucs de Turèthre, de la prostate on d^phades de C^y^per ; car ceux-ci sont lents^ continus^ uniformes, tandis que dK ks pertes séminales, lo spernif* st^rt subitement en quantité notabk' cliaqne fois, et «i des intervalles plus ou nlnitI^ rapprochés : dans aucun cas, on ne le voit s*.écouler d'une manière continue ou goutte à goutte (Laliemand). Lors(pie (\q.< perles séminales viennent conipli(|UtT d(*s écoulements chroniques de Turèthre, on voit alui-s un suintement continuel; puis, soit si)ontanénient, stijl à Toccasion dun eiïort, etc., un écoulement plus abondant se fait tout à coup. Celui-ci a une odeur particulière, il est sui\i des symptômes qui accompgnent chaque excrétion morbide de sperme; enfin, Texamen microscopique fait cesser tous les doutes en démontrant Texistence dc> zoospermes.
lorsque les pollutions sont internes, c'est-à-dire lorsc]ue le sperme, en rai>ou surtout d*un rétrécissement de Turèthre, en avant de roriftce des cpnduits éj.iculateurs, n*est plus expulse'^ au dehors, mais s*éi)anche dans la vessie, on pourrait aisément méconnaître Texistence de la maladie. Cependaitt, lorsque chez un individu qui s'affaiblit, qui maigrit et devient impuissant, on ne trouve aucune kSion organique pour expliquer ces accidents ; lorsqu'on apprend ))ar l'interrogatoire du malade qu'une ou plusieurs fois le jour, à la suite des efforts de défécation, ou bien le matin à son réveil, il éprouve ce malaise, cette céphalalgie, ces étourdissements, cette faiblesse, ce brisement des membres, qui accompagnent les émissions morbides de sperme, on devra soupçonner cette afTection, et pour éclairer les doutes il faudra recueillir l'urine, la laisser déposer, et, après l'avoir décantée, examiner au microscope la nature du déi>ôt qu'on trouve au fond du vase. On agira de ménK chez les libertins et les masturbatenrs qui ne se rétablissent pas, quoiqu'ils aient cessé de se livrer h leurs exc(>s ou à leur coupable habitude; car, dans ces cas, il est très connnun que le rétablissement de la santé soit emi>éché par des peites séminales qui se sont souvent établies à l'insu des malades.
Nous avons \u que les sujets atteints depuis longtemps de pertes séminales fmissaient par éprouver de la dyspnée, des paI[)itations, des étourdissements, de la dys|>epsie, de la paralysie des contractures des membres, accidents qui ont souvent donné lieu à des erreurs de diagnostic et ont fait croire à l'existence de maladies du cœur, des poumons, du cerveau, de la moelle, de l'estomac. I^lleniand, dans son important ouvrage, parie d un grand nombre de malades qui, par suite de ces méprises commises souvent par des hommes très expérimentés, eurent à soulTrir des traitements longs et douloureux, et qui ne faisaient ([u'empircr leur état Un ne commettra pas des eiTCurs aussi préjudiciables si Ton s'habitue de bonne heure à ne jamais néglig(»r d'étudier les phénomènes qui se passent du coté des on^ano génitaux. Le diagnostic de la spermatorrhée une fois établi, il faudra recliorcher |j cause qui l'a produite et (jui l'enl retient.
Prunnstic. — Les jx^les séminales constituent t(Hijonrs une afTection gra^e, <u raison des atteintes que la sanlé générale en éprou\e, o\ parce qu'elles produiront souvent l'iuîpuissanc^. D'ailleins la gravité du pronostic sera pmjmrtioniiée à l'ancienneté delà ma\aûu\\\ V*\v\^w^wç.vi VlvLsou moins fâcheuse que celle-<i a exiTCiV .sur la consliluliou, cV c\\Vvu'A\îkl^c^\V\i wt^\w^^\^i^'tvi^^
DE U Hm|àTORRHÉE. 813
la cause qui a produit TalTcctioa Lnpèrtll diurnes sont toujours graves et incompatibles avec Tétat de sauté. ^
. Etiologie. — Les perto sémiadc^^^oaHMissent une infinité de causes. On les observe fréquemment chez des indMdriitfai se sont livrés à la masturbation ou qui ont abuse du commerce des femoiei. ? / * eicès vénériens sont sans contredit une des causes les plus elTicaces de la Mfim^^ fûét ; c'est ce qu'on observe également chez les animaux. C'est ainsi que MMsMi^ vAérinaires reconnaissent que les pol- ' lutionsqui aiïectcnl les étalons dépfJwi fHique toujours des saillies trop prolongées ou trop rapprochées. La condMnce, fortout chez des individus qui ont le sens génésique très développé , amène souvent le même résultat. La maladie est parfois TefTet de causes directes, c'est-à-dire de causes qui agissent immédiatement sur l(*s organes génitaux : tels sont l'accumulation des fèces dans le rectum, l'abus des drastiques, la présence d'un grand nombre d'oxyilfîesou d'hémorrboîdes, une induration squirrheuse du rectum, affections qui, toutes, semblent agir en excitant les contractions des vésicules séminales. D'autres fois, ce sont des maladies qui produisent un état d'excitation sur les conduits éjaculatetm), et qui, en se propageant ensuite jusqu'aux vésicules séminales , les provoquent à se débarrasser du sperme qu'elles contiennent : tels sont l'accumulation insolite de la matière sébacée du prépuce, V herpès prœntitialis, l'inflammation chronique de l'urèthre, surtout celle de sa portion prost^ique. Enfîn, les pertes séminales peuvent sunenir chez ' des sujets affaiblis par le jeûne et les veilles, par les méditations profondes, par les l^hagrins, ou bien encore chez les individus qui nourrissent sans cesse leur imagination d'idées lascives. On trouve dans l'ouvrage de Lallemand des faits qui dé-* montrent la réalité de chacune des causes que je viens d'énumérer.
Traitement, — La première indication est de faire cesser les causes qui donnent lieu à la spermatorrhée. C'est ainsi qu'il existe des faits uoinbreux dans la science qui prouvent qu'il a suffi de vaincre une constipation opiniâtre, d'expulser des oxyures , d'exciser des hémorrhoîdes ou une bride du rectum , de guérir un herpès prœputialis , d'empêcher l'accumulation de la matière sébacée autour du gland, etc. , etc. , pour faire cesser presque aussitôt des perles séminales qui existaient depuis longtemps et avaient souvent exercé la plus fâcheuse influence sur la constitution. Lallemand a également prouvé que les peiies séminales qui dépendaient d'une inflammation chronique de la membrane muqueuse uréthrale, surtout de sa portion prostatique, guérissaient lors(|u'on modifiait cette surface par la cautérisation avec le nitrate d'argent. Dans ces cas, pourtant, l'amélioration n'est pas toujours immédiate ; elle n'arrive, en effet, souvent que plusieurs semaines après : aussi ne doit-on recourir à une nouvelle cautérisation qu'au bout d'un mois et même de six semaines. Ce traitement convient surtout dans les cas où les |>erles séminales ont été consécutives à des blennorrhagies. Ou constate l'état maladif du canal à l'aide du cathétérisme : le bec de la sonde, (mi effet, en arrivant sur la portion de la membrane muqueuse qui est altérée, y excite une u\e douleur. J..es révulsifs puissants sur le périnée pourraient-ils, dans ce cas, être utiles? Je ne sais. Cependant Huzard rapporte avoir guéri promptenient un étalon atteint de s{)ermatorrhée, en portant un bouton de feu au périnée. .M. Kauia dit , dans sa thèse (année 18^6), que le même traitement a été employé également avec succès en Italie.
Il faut commencer aussi par éloigner tout ce qui jmurrait provo(|uer l'excitation des organes génitaux : on renoncera donc aux lectures erotiques, et l'on évitera la société desfemmes. Cependant, dans quelques cas, il srra utile que les malades se
815 DES aËClfiTlOHt HOUIM».
di^ riiistinct génital csl alors portée an pool ^|w liill.imninri at prhc rn aiersion, 01) dégoûl.
y a-t'il chez^ In femme des pollutim^^BlÊlêgueB j;jur lê9 eff<rl$ ê la s/j. .■..'torrhée? — Pierre Frank a réjK)ndu^^|^rHativcmcDt à cette question, \\m\\v. est porté également à l'admettre ; enGiJl diédeciu des hôpitaiiv , M. Gnil>jni . .< publié en 18^7, dans V Union médical^DMi ohsenation concliiniito. Ou sut(|ij . pendant le coït , la vagin et la vulve êvIBal lont lubriOs par un ]ihicii> ploN oi moins filant ; ce fluide , spécialement fomi par les glandes vulv(i-v;i;;inalt>s . • ^ quelquefois extrêmement abondaot, et il fNNik a\ec une inslaiiiauLMté idlc (|ii «i. peut dire qu*il est projeté par une ^acnhtioB véritable. In rêve éroti(|ue. U i;: >turbation, et chez les femmes ardentes, le contact, la vue, le s(>u\(Miir d'une pisonnc, la marche même, snOiseut pour déterminer cette excrétion, rjui. niv répétant, amène les même#incommodités, les mêmes troubles que la spermatoiriit > produit chez l'homme.