DE LA PESTE
. ^ PesUUmtiat lue*, eontagimm, morbus contagiosus, Fièrre du LeTinU Typhus d'OrienU IHviv BdéBo-acrveaM. «te
Définition. — La peste est une maladie aiguè, ordinairement épidémique, qui, indépendamment des phénomènes qui lui sont communs avec les autres maladies pp^iientielles, présente en outre pour symptômes particuliers des bubons, des anthrax, des charbons et des pétéchies gangreneuses.
Hiêtorique et bibliographie. — Les livres sacrés, les auteurs grecs et latins tfjQt mention d'un grand nombre d'épidémies meurtrières qu'on rapporte ^éuéral^oient à la peste, mais dont il est impossible pourtant de bien lixor la nature, puisqu'elles ont été décrites presque uniquement par des historiens ou par des poètes. <> n'est qu'à dater du milieu du vr siècle qu'on a possédé quelques i enseigne- T>-nts [)récis. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, on a obsené un nombre [rf^ffue infini d'épidémies daus toutes les provinces de l'ancien continent : mais i-rs filus générales et les plus meurtrières sont celles qui ont régné aux x\% xvr et XVII' siècles; la peste noire du xiv." fut celle qui exerça les plus affreux ravages.
\jà peste a été l'objet d'une foule de travaux importants. Nous distinguerons sjiéciiilemeut le Traité de Diemerbroek, qui décrivit la peste de Nimègueen 1635, h» ouvrages de Bertrand, Chicoyneau, Veniey et Deidier, qui ont fait connaître IVpidéiiiic de iMarseilIe de 1720; ceux de l\lertens et de Samoïlowit/., qui ont Uïité de la peste qui, çn 1771, ravagea xMoscou. Desgenettes, Larrey, Louis Krauk, et Pugnet surtout, ont donné des notions précieuses sur les pestes qui nièrent en Egypte de 1798 à 1800 ; plus récemment, plusieurede nos com|)atriotos, ayant obsené la cruelle é|ndémic qui, en 1835, a ravagé l'Kgyple, ont publié sur elle des documents précieux^ et qui ont fait entrevoir la maladie sous une face toute nouvelle. On consultera surtout avec fruit les livres de .>IM. Bulard, tlM-Bcy, Aubert-Rocbe, Brayer, et le Mémoire lu par. le docteur Lachèze à r\cadémie de médecine, dans l'année 1836. Knfin, Prus, organe d'une commission nommée par l'Académie impériale de médecine, a rédigé, d'après tous les docnmeats qui existent, et après une enquête sévère, un rapport remarquable nui
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est devenu le texte d*unc discussion iinpottantc ù la stiilc de la([ucllc out été modifiées, au grand avantage du commerce, les lois quaranteuaires. Il est juste de proclamer ici que c*est eu grande partie aux eiïy|ts persévérants de M. le docteur Âubert-Roche qu'on doit le triomphe des idées nouvelles. Son nom ne saurait être oublié, car il a rendu un éminent service à la science et au pays.
Anatomie pathologique. — Les anciens ne nons avaient rien appris de positif sur les lésions qu'on trouve chez les sujets emportés par la peste. Cette lacune importante a été comblée par les médecins français qui ont observé les différentes épidémies qui ont régné de 1833 à 1838 en Egypte, à Smyrne et à Conslantinople. Bulard et Clot-Bey sont ceux qui ont tracé avec le plus de soin le tableau des altératious cadavériques: aussi est-c^ à louvragc de ces deux auteurs que j'emprunterai la plu()art des détails qui vont suivre, détails qu'ils ont recueillis de concert avec les docteurs GaAany-Bey et Lachèze.
L'habitude extérieure des cadavres ne présente de remarquable que b persistance di;s i)étéchies observées pendant la vie, et l 'affaissement des bubons et des charbons. La physionomie n'est pas sensiblement altérée ; en général, il y a peu de roideur cadavérique. Le cerveau et la moelle n'offrent d'autre altération qu'un léger piqueté et une diminution de consistance de leur tissu ; les sinus de la duremère sont goi*gés de sang. I^es ganglions du trisplanchnique seraient rouges et indurés, d'après M. Auk'rt. L'appareil res{)iratoire c*st rarement enflammé; les |X)uinons sont seulement engoués. Le cieur, souvent ramolli, est généralement distendu par du sang noir caillel)otté ou fluide et d'un aspect vineux. L'appareil digestif est généralement friable. L'estomac contient souvent un liquide noirâtre, mélanique, et sa surface interne est le plus communément recouverte de ])étéchies parfois coufluentes et semblables à celles de la peau. I/)rsc(ue la mort arrive à une période avancée de la maladie, on trouve quelquefois dans cet organe des ulcérations linéaires, lividi» ou noirâtres, situées entre les replis de la muqueuse et n'intéressant que l'épaisseur de cette membrane ; ces ulcérations n'existent jamais dans l'intestin grêle. Celui-ci est moins souvent ramolli et ecchymose que l'estomac Le gros intestin n'offre qu*une distension gazeuse; les follicules de Brunner et ceux de Peyer sont sains. Le foie est gorgé de sang noir et fluide; il ne présente en général rien de notable dans sa couleur, dans son volume ni dans sa consistance. La rate, au contraire, a acquis un volmne trois ou quatre fois plus considérable ; sou tissu, gorgé de sang noir, est friable et se réduit, à la moindre pression, en un détritus pulrilagineux. Les reins, souvent ecchymoses à leur surface, ont presi{ue toujours le double ou le triple de leur volume normal ; ils sont remplis de sang.
On voit |)ar ce (|ui précède que les visciTes ne sont pas le siège fréquent de gangrène et de cliarbons, comme les anciens l'avaient prétendu, et comme l'avaient dit aussi apri's eux la plupart des historiens de la dernière peste de .^larseille (1720). Bulard paraît |)ourtant avoir observé cette dernière lésion sur le foie de quatre pestiférés. Mais L'altération la plus profonde, la moins connue, bien qu'elle soit presque constante, est celle qu'on rencontre du coté du système lymphatique.
Nous verrons bientôt que des tumeurs particulières, nomméi» bubons, se développent pendant la vie dans plusieurs endroits du corps, spécialement dans les aines et K*s aissi;lles. Ces tumeurs siègent dans les ganglions lymphatiques. Ceux-ci ontac(]uis un volume qui varie depuis celui d'une pistache jusqu'à celui d'un œuf d'oie ; ils ont une coloration grisâtre, café au lait, livide ou noire ; leur cousis-
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peac égaler celle du squirrhc, ou bien leur mollesse est telle qu'onles réduit m poCrilage à la moindre pression, (.orsque les bulMMis occupent la région ingoi- ■aie, les ganglious abdominaux qi s'étendent de l'arcade crurale au plexus solaire pirtkipeac à la même altération, ils ne forment plus entre eux qu'une masse compacte, boiselée, tandis qu'une exhalation sanguine infdtre les mailles du tissu oduiaire ambiant et reflète une couleur violacée ou noire à travers le i)éritoine. fi les babonsMégent dans l'aisselle, les ganglions abdominaux sont intacts, tandis fie ceux de la r^jon axillaire sont volumineux, noirs et friables ; on y rencontre wmi des épancbements sanguins. Ces diverses altérations se propagent sous la fftfre, en suivant le trajet des vaisseaux lymphatiques jusqu'au canal thoracique, adehg;raiide veine lymphatique suivant le côté malade. Les vaisseaux ]ymplia-> tipm ne semblent pas participer à Taltération des ganglions ; ceux-ci ne sont ■ahdes que dans quelques points isolés , mais jaifiais dans toutes les régions I b km, Bidaid regarde les différentes lésions des ganglions que nous venons de et qu'un autre médecin, M. Lachèzc, a également toujours reconnues étant la lésion essentielle el primitive de la maladie. Al. Ciot les a même cbes des individus morts avant l'apparition des bubons. Le canal thoracique a
■jonra été, trouvé sain.
Frodromtê, — La peste débute souvent brusquement, mais souvent aussi elle
I précédée pur quelques signes avant-coureurs, comme du malaise, de l'inappéflortout par des douleurs dans les aines et les régions pourvues de lymphatiques, douleurs tantôt vives, tantôt obscures et vagues. Ces doutam afliectent parfois un grand nombre d'individus ; dans quelques épidémies, prasqne toute la population s'en plaint; elles atteignent surtout ceux qui, ayant N jadis la peste, portent à l'aine ou ailleurs la cicatrice d*un bubon suppuré. Si ret accident n'annonce pas chez les sujets qui le présentent une invasion procluioc de peste, il dénote au moins Tinflueuce de la cause pestilentielle chez ces iadividus, il doit révéler chez eux Texisteace d'une prédisi)osition plus grande Ik ^t(T frappés par l'épidémie.
6^mpionéûtologie. — Les malades éprouvent d'abord une lassitude extrême, (ks frissons irréguliers, une céphalalgie plus ou moins >ive, avec \ertiges, étourèièements. La maladie date à peine de quelques heures que déjà la prostration est atrème ; la station et la marche sont impossibles ; la figure exprime l'abattement (M la 'Stupeur ; les malades sont tourmentés tantôt par une insonmic opiniâtre, d autres tombent dans le coma, quelques-uns ont des songes effrayants, des visions ; «afin, il en est qui sont agités par un délire paisible ou furieux, comme on i'ob< ktnè coQununément dans la peste de Digne, en 1629. Le pouls est en général béqoent, petit, misérable; le sang tiré par la phlébolomie, (J'un rouge obscur, aibez dense, ne se rétouvre jamais de couenne (Bulard et Lachèze) ; la peau est diaude et sèclie, et la respiration accélérée. I^ langue est humide et blanche, la Mfif nulle ou inextinguible. Il y a des vomissements ou de simples régurgitations d^ matières aqueuses, ou bien jaunes, vertes, et quelquefois sanguinolentes; uniôt il y a de la constipation ; tantôt, au contraire, les malades ont des selles irud«!S, jaunes, nbires. L'urine varie iK'aucoup dans sa couleur et sa quantité. ImK'pendamment des symptômes qui précèdent, on voit, à une époque indéterminée de la maladie, apparaître dans divers points du corps des bubons, des uitlîrax, des charbons et plusieurs exanthèmes. P Bubons. — Le bubon pestilentiel est une tumeur ronde ou oblongue, lisse ou U rooge» fiolacée, ou sans changement de couleur à la peau» d'un >io\miy<»
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est devenu le texte d*une discussion importante à la suite do laquelle ont été modifiées, au grand avantage du commerce, les lois quarantenaires. 11 est juste de proclamer ici que c*cst en grande partie aux eiïttgts persévérants de M. le docteur Aubert-Rocbe qu'on doit le triomphe des idées nouvelles. Son nom ne saurait être oublié, car il a rendu un éminent ser\ice à la science et au pays.
Anatomte pathologique, — Les anciens ne nous avaient rien appris de positif sur les lésions qu'on trouve chez k« sujets emportés par la peste. Cette lacune importante a été comblée par les médecins français (pii ont observé les différentes épidémies qui ont régné de 183o à 1838 eu Egypte, à Smyrne et à Conslantinople. Bulard et Clot-Bey sont ceux qui ont tracé avec le plus de soin le tableau des altérations cadavériques: aussi est-ce à Touvrage de ces deux auteurs que j'emprunterai la plu|)art des détails qui vont suivre, détails qu'ils ont recueillis de concert avec les docteurs GaAauy-Bey et Lachèze.
L'habitude extérieure des cadavres ne présente de remarquable que h persistance dqs pétéchies observées pendant la vie, et l'affaissement dos bubons et des char])ons. I^ physionomie n'est pas sensiblement altérée ; en général, il y a peu de roideur cadavérique. Le cerveau et la moelle n'offrent d'autre altération qu*un léger piqueté et une diminution de consistance de leur tissu; les sinus de la durement sont gorgés de sang. Les ganglions du trisplanchnlquc seraient rouges et indurés, d'après M, Aubert. L'appareil respiratoire est rarement enflammé; les |)oumons sont seulement engoués. Le cœur, souvent ramolli, est généralement distendu par du sang noir caillebotté ou fluide et d'un aspect vineux. L'appareil digestif est généralenicnt friable. L'estomac contient souvent un liquide noirâtre, méiani([ue, et sa surface interne est le plus communément recouverte de |)étécliies parfois confluentes et semblables à celles de la peau. Lorsifue la mort arrive à une péi'iode avancée de la maladie, on trouve quelquefois dans cet organe des ulcérations linéaires, lividi^ ou noirâtres, situées entre les replis de la muqueuse et n'intéressant que l'épaisseur de cette membrane ; ces ulcérations n'existent jamais dans rintestin grêle. Celui-ci est moins souvent ramolli et ecchymose que l'estomac. Le gros intestin n'offre qu'une distension gazeuse; les follicules de Bninner et ceux de Peyer sont sains. Le foie est gorgé de sang noir et fluide ; il ne présente en général rien de notable dans sa couleur, dans son volume ni dans sa con8istanc<>. La rate, au contraire, a acquis un volume Imis ou quatre fols plus considérable ; son tissu, gorgé de sang noir, est friable et se réduit, à la moindre pression, (^n un détritus putriiagineux. Les reins, souvent ecchymoses à leur surface, ont pres<(ue toujours le double ou le triple de leur volume normal ; ils sont remphs de sang.
On voit })ar ce qui précède que les viscères ne sont pas le si('*ge fréqu(*iit de gangrène et de cliarbons, comme les anciens l'avaient prétendu, et comme l'avaient dit aussi après eux la plupart des historiens de la dernière pe.ste de Marseille (1720). Bulard |>araît |)ourtant avoir observé cette dernière lésion sur le foie de cpiatre pestiféré». Mais L'altération la plus profonde, la moins connue, bien qu'elle soit presque constante, est celle qu'on rencontre du coté du système lympliatiqne.
Nous verrons bientôt que des tumeurs particulières, nommées bubons, se développent pendant la vie dans plusieurs endroits du corps, spécialement dans les aines et K^ aisselles. Ces tumeurs siègent dans les ganglions lymphatiques. Ceux-ci ontaafuis un volume qui varie depuis celui d'une pisUiche jusqu'à celui d'un œuf d'oie ; ils ont une coloratioo grisâtre, café au lait, livide ou noire ; leur cousis-
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peec éffier celle du squirrhe, ou bien leur moUesBe est telle qu'on les réduit m poirilage à la moindre pression. Lor8(|ue les bubons occupent la région ingninie, les ganglions abdominaux qim s'étendent de l'arcade crurale au plexus solaire prtidpeiit à la uiénic altération. Ils ne forment plus entre eux qu'une masse couh picie. hcMwHée, tandis qu'une exhalation sanguine infiltre les mailles du tissu eriUaire ambiant et reflète une couleur violacée ou noire à travei*s le i)éritoine. files bubons siègent dans l'aisscUc, les ganglions abdominaux sont intacts, tandis fMcem: de la r^ion axillaire sont volumineux, noirs et friables ; on y rencontre IHB des épancbements sanguins. Ces diverses altérations se proi)agent sous la fifre, en suivant k trajet des vaisseaux lymphatiques jusqu'au canal tlioracique, aidelagrande veine lymphatique suivant le côté malade. Les vaisseaux lympliane Kinblent pas participer à l'altération des ganglions ; ceux-ci ne sont cpie dans quelques points isolés , mais jartfais dans toutes les régions Ik Mil Bnbnl regarde les différentes lésions des ganglions que nous venons de et qu'un autre médecin, M. Lachéze, a également toujours reconnues étant la lésion essentielle et primitive de la maladie. AI. Clôt les a même cbei des individus morts avant Tapparition des bubons. Le canal thoracique a éti trouvé sain.
FrodrùmeMn •— La peste débute souvent brusquement, mais souvent aussi elle
l précédée par quelques signes avant-coureurs, comme du malaise, de l'inappésurtout par des douleurs dans les aines et les régions pour\'iies de lymphatiques, douleurs tantôt vives, tantôt obscures et vagues. Ces douknn affipctent parfois un grand nombre d'individus ; dans quelques épidémies, prasqœ tonte la population s'en plaint; elles atteignent surtout ceux qui, ayant M jadis la peste, portent à l'aine ou ailleurs la cicauice d'un bubon suppuré. Si cft accident n'annonce pas chez les sujets qui le présentent une invasion prochaine de peste, il dénoie au moins Tinflueuce de la cause pestilentielle chez ces jadivîdus, il doit révéler chez eux l'existence d'une prédisi)Osition plus grande à ^Hn» frappés par l'épidémie.
Sjfwptomatologie, — Les malades éprouvent d'abord une lassitude extrême, des frissons irréguliere, une céphalalgie plus ou moins vive, a\ec vertiges, étour* dÏMîemenls. La maladie date à |)eine de quelques heures que déjà la prostration est titrèine ; la station et la marche sont impossibles ; la (igure exprime l'abattement ou la «stupeur; les malades sont tourmentés tantôt par une insoumie opiniâtre, d autres tombent dans le coma, quelques-uns ont des songes effrayants, des visions ; tikûn, il en est qui sont agités par un délire paisible ou furieux, comme on Tob- Mîna conmiunément dans la peste de Oigne, en 1629. Le pouls est en général fréquent, petit, misérable; le sang tiré par la phlébotomie, 4*un rouge obscur, aftez dense, ne se rétouvre jamais de couenne (Bulard et Lachèze) ; lu peau est chaude et sèclie, et la respiration accélérée. La langue est humide et blanche, la wif nulle ou inextinguible. 11 y a des vomissements ou de simples réguigiiations dp matières aqueuses, ou bien jaunes, vertes, et quelquefois sanguinolentes; Untôt il y a de h constipation ; tantôt, au contraire, les malades ont des selles (êiides, jaunes, nbires. L'urine varie beaucoup dans sa couleur et sa quantité. Indépendamment des symptômes qui précèdent, on voit, à une époque indéterminée de la maladie, apparaître dans divers points du corps des bubons , des anth'rax, des charbons et plusieurs exanthèmes.
1<> Bubon». — Le bubon pestilentiel est une tumeur ronde ou oblongue, hsse ou bosselée» rouge, violacée, on sans changement de couleur à la peau, d'un volume
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variant depuis celui d'une amande jusqu'à celui d'un gros œuf. Ces tumeurs sont parfois indolentes, mais le plus souvent elles sont le siège de douleurs plus ou moins vives. Les bubons sont formés par le^ganglions lymphatiques; on les observe le plus souvent dans le pli de l'aine, un peu moins fréquemment dans le creux de l'aisselle, plus rarement encore dans les régions cervicale et parotidienne ; enfm les bubons du creux poplité sont lés moins communs. En général, on M rencontre isolément dans Tune des régions que je viens de nommer ; quelquefois on en voit se développer dans plusieurs points à la fois ; mais il n'y en a jamais dans les lieux privés de ganglions lymphatiques. Leur nombre varie de 1 à /i chei le même individu : leur développement est en général rapide : quelques-uns arrivent promptement à maturité et laissent échapper, quand on les ouvre, un pus sanieux ; d'autres sont à \ycu\e développés qu'ils disparaissent ; enfin, il en est qoi restent longtemps stationnaires.
2* V anthrax de la peste a la forme d'une tache rouge, très donlonreuse, ayant 3 ou 4 doigts d'étendue, occupant le dos, les épaules ou les aines, et se terminant par résolution ou par gangrène.
3" Le charbon, que la commission médicale du Caire a proposé avec raison de nommer pustule gangreneuse^ est formé par une ou plusieurs pustules entourées d'une auréole rouge, remplies d'une sérosité brune ou noirâtre, qui, après avdr atteint le volume d*une aveline, se déchirent et laissent à nu une surface com|détement gangrenée. La mortification fait bientôt de nouveaux progrès et pénètre plus ou moins profondément ; si la gangrène se limite, l'eschare finit par se détacher. Les charbons pestilentiels se développent ordinairement sur le tronc et sur les membres ; parfois c'est sur les parties génitales,, sur le cuir chevelu ou à la face ; on en a vu jusque sur des bubons (Chénot). Il y en a rarement moins de '3, mais leur nombre ne dépasse guère 12.
û* Exanthèmes, éiniptions, etc. — Enfin, la peau peut présenter encore des plaques érysipélateuses, mais surtout des pétéchies discrètes ou confluentes, rosées» violettes ou noires, et ayant de 1 à 5 millimètres de diamètre.
Ces quatre symptômes, bubons, anthrax, charbons et pétéchies, peuvent exister simultanément ou isolément. Les premiers sont ceux qui manquent le plus rarement; on les voit, dans quelques cas bénins, constituer à eux seuls presque toute la maladie, et n'être poiut accompagnés de fièvre; celle-ci, du moins, est si légère et de si courte durée, que les malades ne sont \as même obligés de s'aliter et continuent de pouvoir vaquer à leurs afl'aires. Cependant, le plus ordinairement, des symptômes généraux fort graves coïncident avec le développement des lésions que nous venons de décrire. Ainsi les traits sont décomposés ; il y a des soubresauts des tendons, et parfois des mouvements convulsifs; la voix est altérée ou éteinte, les sens sont abolis ou pervertis ; la langue est sèche et couverte de fuliginosités ; il y a des hoquets, de la dyspnée ; le pouls est inégal, irrégulier, insensible ; il y a des syncopes ; le sang s'échappe par diverses voies ; toutes les excrétions exhalent uqe grande fétidité. C'est au milieu de ces désordres que la mort arrive.
Marche. — En général, la peste a une marche toujours ascoûdante ; on observe rarement dans son cours des rémissions et des exacerbations alternatives.
Durée, terminaisons, — La durée moyenne de la maladie varie entre cinq et huit jours; d'autres fois la vie se prolonge jusqii 'à la fin du deuxième septénaire, tandis que dans quelques épidémies, telles que celle de Marseille en 1720, beaucoup de malades succombent au bout de vingt-quatre ou trente heures. Enfin, on
- DE U nSTK. «1
iditqBelafMStc poin ak Tnipper comme laliCniBnet.tnersnlHtemeiit desiodiTidat
I foi jnoiKuicut en apparence de là mdHain nnïl'i ôoais ce bit cA hàm A'ttn
rnoan prouTé. «
^J«nqur la niabdic a one heureuse issue, les sfiAptMAi gnvei l'amcodait peo
: s'il y a eu gangrène qadque part, l'eschare est éliminée, les bubons se
Il ou suppurent ; dana ce dernier cas, le pus est généralement de bonne
. -Le petit ooRibre,dB malades qai échappent à l'aOëetion reprennent lente-
H leurs forces; leur inUl^nce est affaiblie; quelques-uns restent langoiasaoti:
[ il mit parfois privés de l'onge d'un sena, d'autres sont paralysés d'un on de
s membres.
meâ. — Lc3 auleiin ont digtingiié phuieurs formes de peste. Ib ont décrit
s inflammatoire, gastrique, nerveuie, putride, snivant que les pbénootènei
natnires. bttieii!^, nerreoi, etc. , prédominaient. Hais ces distinctioas sont
ôipariaotes, et il suffit, pour la pratique, de reconnaître qu'il y a nne fonne
r ÏMi'jnr et une forme grave on maligne.
Eii g('-iiéral. la pcsie n'atUqoc qu'une seule fois la même personne ; cependant ■obiier^e «le nombreus|B exceptions i cette règle : ainsi, on a vu quelquefois nn V inilitidu être atteint plusieurs fois de l'affection dans le cours d'une seule nie Pendant la dernière peste de Mandlle, Bertrand contracta jusqu'à trois ia U maladie.
OiiffftuMtic. — Il importe tnie chaque médecin soit bien fiié sur les symptômes Kigaostîques de celte terrible affection, car 4b cette connaissance pourra dépendre Matrnt le salul df provinces entières. GboW remarquable, dans presque toutes ks éfâdénnes qni ont en lien, la nature de la maladie fut méctHiniie dans les comn^cemenlB ; et celte erreur a été commise par des médecins d'oa grand mérite, (t en particulier par N. Hassa, J. Hercnrialis, Chicoynean et Veroey. D'autres fois, m a annoncé comme pestilentielles des maladies qai n'avaient pas ce caractiïre, erreor noo œnos funeste qae la première, qui a jeté tout un pays dans la consternation et canaé le plus grand dommage aui fortunes privées et publique.
QtMÙqD'il n'y ait ancnn symptAme qui soit palhc^omoniqae de la peste, cepen- ^t il y a nne réunion de caractères qui font aisément distinguer celte maladie de toutes celles avec lesquelles elle peut avoir quelque ressemblance. Ainsj, nne mbdie fébrile dtinUnt en général bmaqnement, sévissant sur nn grand nombre d'JndÎTÎdas i h fob, et qai, an milieu de symptômes typhoïdes graves, s'accomp^ne de babons, d'authras, de pustules gangreneuses, ne peut être que la peste. Si, la maladie, mal caractérisée d'abord, on avait quelque iucertitude sur sa nature, il faadiait, comme le conseille Kl. Chomel, dans son Traité des fièvret, ÏMler les malades, ainsi que les personnes qui les soignent, et toutes celles qui, dans le même lien, offriraient des symptômes suspects : on concilierait ainsi tous les inlérêls.
Nocn avons dit précédemment que les personnes qui avaient en la peste jadis «prtHJTâent souvent des douleurs dans les cicatrices des bubons et des charbons pendant et même, quelque temps avant rËpidéml& Il faudrait tenir grandement compte de cette drconstance, car c'est jusqu'à présent, d'après M. Prus, le ineil> lenr moyen de découvrir ai ime consdtution pestilentielle existe ou est imminente. Prtmattie. — Lapest^eatundesplus terribles fléaux qui puissent affliger l'espèce bumùne : elle enlève qnelqoefois la moitié des habitants d'un pays, die interrompt le commerce et tDos les rqiports sociaux ; elle expose souvent celui qu'elle épargne k toQles lei horreara de la ipisère et de la famine. La mulalité varie dans lei ^' '
férentes épidéaiies, et ne saurait Ctre calculée. Il paraît, toiiU's choses égales (railleurs, que la peste qui sunient pendant uuc saison luiinide et chaude, celle qui sévit au sein de populations pauvres et entassées^esl plus grave. La plupart des auteurs ont également reconnu que les sujeLs vigoureux et pléthoriques étaient plus rapidement enlevés que les indi\idns d'une constitution moins forte. Quant aux signes pronostiques, il n'y en a aucun qui ait une valeur certaine ; et, comme Ta dit avec raison J. Morello, dans la peste, les sens, la raison, les apliorismes d'Hippocrale, tout nous trompe, et un signe favorable dans une épidémie devient pernicieux dans un autre. Cependant, règle générale, les charbons, la gangrène, les syncopes, la prostration extrême, le refroidissement du corps, la décomposition des traits, les convulsions, les urines sanguinolentes, sont des signes qui indiquent une mort presque certaine el i^uninente.
Étiologie, — La ))este est endémique dans plusieurs pays d*Oricnt, spécialement en Egypte, en Syrie et en Turquie, ainsi que dans quelques autres contrées d'Afrique et d'Asie : on Ta même vue naître s|K)ntanémeut dans plusieurs provinces d'Europe. Les opinions les plus diverses ont été émises sur les causer qui président au développement de la maladie. Dans les paN s où elle est endémique, la plupart accusent avec raison des causes locales d'insalubrité, telles que foyers d'infection produits par la décom|)osition des matières végétales et surtout animales, débordement (le fleuves, humidité, encombrement des populations, misère, malpropreté, etc. Ces causes d'insalubrité sont réunies chaque année dans la basse Egypte, aussi la peste y est-elle endémique : (m l'y voit presque tous les ans sous forme sporadique, et tous les dix ans environ sous la forme épidémique (Prus). Beaucoup cependant pensent (juc ces causes locales d'insalubrité, qu'on rencontre à peu près partout, ne sont point suffisantes pour la génération de la peste ; suivant eux, elles n'ont point d'autre influence que de favoriser l'extension de la maladie et de la rendre beaucoup plus grave. L'impossibilité où l'on est souvent de rapporter le développement de la peste à l'existence de causes locales a fait sup|)oscr à quelques personnes, cl en particulier au docteur Clot-Bey, que la maladie naissait alors sous Tinfluencc de ces causes générales, probablement météorologiques, qui président au développement de la plupart des autres épidémies, et dont il nous est impossible de déterminer la nature. Quoi cpi'il eu soit, il est incontestable, ainsi que Ta fort bien établi Prus. d'après des documents nombreux et autlientiques, que la peste s'c*st toujours montrée avec les principaux caractères des maladies épidémi(ïues, toutes les fois (pi'elle a sévi avec violence en Afrique, en Asie et en Europe. Elle s'étend, se propage alors sur des points souvent très éloignés, par la seule influence des causes occultes générales répandues dans l'air, et sans qu'il soit possible d'accuser aucune communication suspecte, soit par les personnes, soit par les choses.
La doctrine de la contagion de la peste, adoptée depuis Fracaslor sans contestation, a subi des modifications importantes depuis le siècle dernier. On sait que niée par Sloll, i>ar Verney et Chicoyneau, etc., elle a trouvé, dans les docteurs Clot-Bey et Brayer, deux adversaires.
Cependant tous les raisonnements qu'on peut faire, et tous les cas d'immunité qu'on rapi)ortc chez des individus qui, s'étant exjwsés à la maladie, ne l'ont point contractée, ne sauraient infirmer les faits nombreux favorables à la contagion. Ainsi, lorsque la peste se déclare sur notre littoral, c'est toujours dans des lieux qui ont eu des relations avec les contrées où la maladie existait déjl li est certain que, dans les pays ravagés, on parvient souvent à se préserver du fléau en s'isolant
DE LA PESTlL 6i
iei peiaonts infectées. Mertens dans la pMède llospoa, Billard et M. Lachèie b dernière épidémie d'Ésvpte, ont to lift ^fi^. nombre d'établinements
Mes
être entièrement préseMSs par llsolènieik»'''1l|ii||il 4u*aa dehors le fléan
it tes ratages. La science possède quelqtieflf cas wb peste a été inoculée
9i des criminels ou à des prisonniers de guerre; et si plusieurs
ont pa slnociiler impunément le pns des bubons, d'autres ont payé de
fie cet andadenz^q^ériment Cependant, parmi les faits de transmission
dObânK ou peu concluants, et il serait nécessaire de répéter des indhidus placés loin du foyer épidémtque ; c'est ce qui été id( jâMp'^ présent On a cru généralement que la transmission de asfiinit MMrat par le contact immMiat ; qu'elle pouvait aussi avoir lieu et ki liardes a)rant appartenu au» pestiférés, et jamais par les cette doctrine a été réfutée dans le rapport de l'Académie, où il MâA qna le contact immédiat de milliers de pestiférés est resté sans danger qol l'ont nercé à l'air libre ou dans des lieux bien ventilés, et qu'aurigouredse ne démontre la transmissibilité de la peste par le seul dfls malades on gar les vêtements et les bardes qui leur ont appartenu. La ilé parles marchandises a également été contestée. Mais il est reçpnnu éindémiques, la peste est transmissible par les miasmes qu'exha- Ib fjjBfiffi^s et par les foyers d'infection qui peuvent en résulter. Elle est transamsi de h même manière hors des foyers épidémiques, soit sur les navires ; mit dantf nos laurets. On conçoit, en eiïet, que des pestiférés, en viciant localités dans lesquelles ils résident, puissent créer des foyers d'infection pstîleBiidB susceptibles de transmettre la maladie à des distances plus ou moins ^andesL On a établi par contre que les malades atteints de peste sporadique ne poovairat produire des foyers d'infection assez actifs paur propager la maladie. Qnoî qn'H en soit, la peste importée dans un pays ne pourra s'y transmettre et y de grands ravages qu'autant qu'elle trouvera dans le climat, dans Tatmo- H les haintants, des oomlitions favorables à son développement (Prus). On a reconnu qu'une température humide et chaude, que la faiblesse de la conaitatioa, l'âge adulte, lé sexe féminin, les fatigues, la terreur, la misère, les grands rnsemblements du peuple dans les cérémonies publiques, étaient tout autant de drenslances qui favorisaient la propagation de la maladie. Dans certaines épidémies, on a Tn que des personnes exerçant certaines professions en avaient été presque exemptes, mais il n'y a encore à ce sujet rien de bien démontré. Il y a aussi tes tontes les pestes un certain nombre d'individus qui, vivant sans cesse dans le favcr de la contagion, sont respectés par la maladie sans qu'on puisse savoir la cause et cette immunité.
Pmqne tout ce qui précède s'applique à la peste épidémique, mais nullement à qtn se montre si souvent à l'état spoiadique dans les pays d'Orient. Celle-là, qui pent régner tonte l'année, ne paraît pas être jamais contagieuse, et die ne ae lie pas, comme celle qui est épidémique, à un changement dans la connàutîoB médicale du pays.
Les anianrs estiment qu'il se passe d'un à sept jours entre le moment où le Mn» est introduit dans l'économie et celui où ses premiers effets se développent M. Aubert-Roche,qui a étudié la question de l'incubation avec le plus grand soin, a établi qne la durée la plus longue de cette période était de neuf jours. Enfin, la Tummissinn de FAcadémie, étudiant cette importante question avec tout le soin (|a'cie ■ftrilalr. i conclu qne si Ton ne peut assigner une limite fixe et absolue à la
86 DES ^Jfc VRES.
nerveuK et les symptômes généraux d'infection qui caraclériscni la inalailic. Celte opinion est non-seulement ingénieuse, mais elle^ de plus poin elle une certaine vraisemblance, et compte en outre en sa fa\ curies résultats d'anatomie patiiologique : cependant on ne saurait avoir à ce sujet aucimc cx)iivicti()n. Il reste d^ailleurs prouvé |)ar les ouvertures dès cadavres que la peste n'est point constituée par une inflanmiaticm viscérale quelcon([ue, pas plus par une gastro-entérite que (Kir une inflammation des ganglions du trisplanclmi(|ue.
DEUXIIv\*K GENRE DE FIÈVRES
DES F|fc¥RES ÉRIJPTIVES.
Sykonymie r.T éttmologie. — Petite vvrole ou picote, — Variole vient de varus^ bourgeon, oa de •varias^ à iniscui de la diversité' docuulciir ({uc la pt-au prdRcntu dans celte inuladie.
Définition, — La variole est un exanthème contagieux dont l'éruption est précédée de prodromes pendant doux ou trois JoUi-s, et qui est caractérisé d*al>ord {)ar desélevures dures ou vésiculeusesqui se transforment bientôt en pustules ond)iliquées à leur centre, lesquelles, après avoir copiplétement suppuré, se dessèclient et laissent à leur place des taches qui s'effacent |)eu à ])eu, ou bien des cicatrices irrégulières, de forme variable et indébiles.
Historique. — Tous les documents historiques que Ton peut consulter prouvent que la variole a été complètement inconnue desGfccs et des Romains. Ce fut.dil* on, en Tannée 622 de notre ère que Aaron ou Aaroun indiqua pour la première fois la variole sous le nom de djidri; mais ce n'est que vers le x* siècle que la maladie fut un peu convenablement décrite par Rhazès (1). Originaire de quelque province de l'Asie centrale, la variole a été importée par les Sarrasins en Afrique d'abonl, et plus tard dans toutes k*s provinc^es méridionales de l'Europe qne ces barlKires ont envahies. 1>a maladie s'étendit ensuite assez lentement vers le uonl, et ce ne fut guère qu'h Tépocpie des croisades que ce fléau infecta toute l'Europe. Enfln, ce sont nos vaisseaux qui l'ont transi)ortée dans le nouveau monde et dans toutes les îles de l'Océan, où elle était complètement inconnue avant l'arrhéedcs Européens. On voit donc que, dans sa propagation, la variole a constamment suivi le mouvement des populations.
11 faudrait un volume entier pour énumérer tous les travaux entrepris sur la variole ; nous citerons dans le courant de cet article quelques écrits spéciaux qu'on |)ourra consulter, mais nous renverrons surtout le lecteur à l'immortel ouvrage de Sydenhaiu, à ceux non moins remarquables de Morlon et de Horsieri ; enfin, parmi 1(^ traités modernes, nous recommandons si)éciaiement les Maladies de la jteau^ du docteur Rayer.
0) Son véritable nom est Abu-Bccker-Mohamiuod, né à Rpy, ville de Plrack, en Perse. C'est (lu lieu àv Si naissuucc que lui est venu par corruption le oom de Rhazé^ Son Traité de la parwàr, d'un médiocro Iklèrél, est traduit à la fin du tome !•' des OEuvi^ de Mead.
I)E LA ViMtlOLE. 87
Diii>ion. — Ou a di\isc la variole en cinq' périodes dislinctes, qui sont : Vincutoio'i, Vutcasion, V éruption, la suppurai ion et la desquamation.
Première période, on inadJÊHon. — L'incubation est riutcrvalle qai s*écoule depuisip inoinent uii le virus rst introduit dans Téconomie jusqu'à ce que le premier niidaise coinuioncc. Pondaut Tincubation, il y a toutes les apparences de la s»té. La durée de cette é(HMpie >ane: elle serait de cinq à sept jours suivant StoU et Boerhaave, de dix à vingt suivant 31. llayer ; die était de sept «i Iniit jours dans la variole inoculée.
JJeujrihnfi période^ ou invasion, — L'invasion est nian[uéc pardi»s symptômes plus ou moins graves. Il y a des frissons violents arroinpagnés de fi-équence du pouls, de chaleur et de sécheresse de la peau ; les malades accusent une céphalalgie vive, du brisement des membres, (fcs doitkun parfois atroces dans les lomkes^ une sensibilité vive à l'épi^astre ; ils ont des nausées, des vomissements biiieiix et pénibles; quelques-uns ont du délire ou tombent daus le coma, quelques cflliuits éprouvent des convulsions. Enfin, dans les cas les plus graves, des hémorriiagies diverses ont lieu spécialemciit |)ar la miupieuse des organes génito-nrinaires ou bien dans l'épaisseur des téguments ainsi ([ue dans le tissu cellulaire sous-cutané. (m a vu des malades succond)er dans cette jMM'iode, dont la durée moyenne est de deui ou trois jours.
Troisième jiériode, ou éruption. — L'éruption a lien communément le deuxième ou le tn>isiènie jour des prodmmes. Il est très rare qu'elle iw. se manifeste que le quatrième ou le cinquième jour; une seule fois je l'ai vue n'apparaître que le septième. On commence par aperc^ivoir si la face, et surtout sur le menton, ainsi que sur la surface cutanée des lèvres, des taches rouges, au centre desquelles est une petite éievure papideuse, dure et pointue. Parfois on y reconnaît dés son apparition un point vésiculeux. L'éruption envahit successivement après la face, le tronc, les membres supérieurs et inférieui-s; elle s'ellcctue ainsi en deux, trois ou quatre >junL I.C nombre des saillies, toujours très c(msidérable, varie pourtant beaucoup. L'éruption est quelquefois si al)ondante, surtout à la fac(%que les élevures sont très rap|)rocliées, et même confondues par leur circonférence ; on dit alors que la variole i-st confluenteou cohérente. Dans d'autres cas, la confluence, au lieu d'être générale, n'a lieu (Jue par places et |)ar groupes : ce sont les varioles en curymhes; parfois enfin réruption est disséminée : la variole est dite aiov» discrète. Uneéruptiiin semblable à celle de la peau se faisant sur la voûte palatine, sur le voile du palais, sur ses piliers et dans le pharynx, on aperçoit sur tout(;s ces parties des saillies miliaires, blanches et dures ; en même temps les malades éprouvent de la chaleur dans la bouche, de la dilliculté à avaler et ils sont pris d'un ptyalisme ])lu8 ou moins abondant Une toux rauque, déchirante, une v(»ix voilée, indi(|uent qu'une éniption semblable s'est faite aussi dans la partie su|)érieure du larynx.
Kn général, les symptômes incommodes cpi'on observait pendant les prodromes
riiriiinuent ou cssentdès que l'éruption est complète; la fièvre même s'apaise.
( t^HMidant, lorsque la variole est confluentc^ ou grave, les malades continuent à être
d;:ités et à se plaindre, la lièvre augmente, le jmuls est débile, la chaleur acre ;
< est dans cette période que la température acquiert son maxiumm d'intensité (fiO de-
:;r.''s d'après M. Roger) : souvent il y a du délire ; des hémorrhagies ont lieu par-
f'>i^ : elles ont dans certains cas le caractère actif, mais presque toujours elles sont
:iiut à fait passives. Klles se font par le nex, ou bien l'i^xhalation s'opère sur les
muqueuses gastro-intestinale et génito-urinaire; plus sou>ent encore ou observe
de larges ecchymoses rt des ffctéchies entre IvspusWlvs ; celles-ci de\ienncnlpaivlov&
88 DES FJÈVREi ^
noirâtres par suite d'une exhabtion sanguine qui se faildaus leur cavité. On voit quelquefois encore se développer à celle période diverses plilegniasies viscérales, notamment des pleurésies, des pneumonies ou d4f péricardites même ; ces inflammations sont ordinairement litenteB, et, opérant une sorte de révulsion fâcheuse, elles s'opposent au développement de l'éruption cutanée, qui est alors flétrie, affaissée et cesse de se faire sur de nouvelles surfaces.
Dans les quatre premiers jours de Téruption, les papules de la variole s'agrandissent, elles sont entourées d'une auréole rouge ; leur sommet offre bientôt une vésicule présentant une dépression circulaire ombiliquée à son centre. Cette disposition existe on générai pour toutes les vésicules, dès le troisième jour de l'éruption. Lorsque la variole est très confluente, il est impossible de voir la disposition ombiliquée, car alors toute la figure du malade semble recouverte d'une pellicule blanchâtre et presque uniforme. L'aspect des pustules varie d'ailleurs suivant les régions : volumineuses à la face, petites sur le scrotum, elles sont larges, un peu bombées et non ombiliquées à la paume des mains; elles forment partout une certaine saillie, excepté à la plante des pieds, où, en raison de l'épaisseur de i'épiderme, elles ont ras]>ect de simples taches circulaires. A cette époque, c'est-k-dire du troisième au cinquième jour, il existe un ptyalisme qui paraît être en rapport avec l'éruption buccale; ce symptôme est moius constant chez les enfants chez lesquels il semble être souvent remplacé par de la diarrhée. Vers le quatrième ou cinquième jour, la peau de la face offre une intumescence qui s'accroît les jours suivants et qui devient souvent aussi considérable qu'elle Test dans un érysipèle, les paupières recouvrent alors complètement le globe oculaire. Cette intumescence manque dans les varioles anomales, nous verrons bientôt que c'est là un signe d'un bien fâcheux augure. Cette période, pendant laquelle beaucoup de malades succombent, finit du septième au huitième jour.
Qvotrième période, ou de suppuration. — Cette période est caractérisée par l'intensitédela fièvre, qui, calmée ordinairement après l'éruption, redouble à cette époque et prend le nom de fièvre secondaire. En même temps le gonflement des parties augmente. Cette tuméfaction peut être considérable, même lorsqu'il n'y a pas beaucoup de |)ustu1es; eUe est surtout très marquée au visage. Les pustules, contmuant à s'accroître, se remplissent d'un liquide opaque, purulent ; les malades salivent oicore, mais moins abondamment. En général, la salivation cesse vers le neunème ou le dixième jour ; le gonflement de la face diminue peu après, et parfois il est remplacé alors par un gonflement douloureux des pieds et des mains. Lorsque la variole est grave, on peut observer la plupart des accidents que nous avons notés déjà dans les périodes précédentes. Dans ces cas, les pustules, dont la suppuration est imparfaite, s'affaissent, se rident, prennent une teinte violacée ; quelques-unes se remplissent d'un sang noirâtre, ou bien des pétéchies se forment dans leur intervalle, et diverses autres hémorrhagies ont lieu. Ce sont surtout des épistaxis, des hématuries, et chez les femmes des ménorrhagies ; enfin, la mort survient au milieu d'une agitation et d'une anxiété extrêmes. 1^ période de suppuration est celle pendant laquelle on voit survenir le plus grand nombre de complications; c'est c4î qui explique pourquoi la plupart des individus qui sont victimes de la variole succombent dans la période dont nous parlons. Deux des phénomènes prédominants de cette époque, l'enflure et la fièvre, reconnaissent bien pour cause principale la formation du pus; mais il y a néanmoins dans ces deux symptômes, dans le second surtout, quelque chose de spécial et presque d'indépendant de la suppuration ; car,
IDE LA TARIOtB. 89
ainsi que Halle l'a démontré (1) il suffit de gaelques boutons pour les produire à im assez haut degré. ^
Cinquième période. — La de^catioQ des pustules 'Commence k avoir lieu dès If huitième ou le neuvième jour. On l'observe d'abovd \ la (ace, lA eDe est sou-
Tcut terminée avant même que les pustules des membres soient parvenues à leiur
Biaturité; elle se fait successivement sur le reste du corps et suivant révolution
. des pustules ; aussi elle n*cst complète que du quatorzième au seizième jour.
\a dessiccation se fait de deux manières : tantôt les pustules se déchirent et le
pis qui s'en échappe se concrète au contact de Tair ; ou bien la pustule se ride,
s'ifEusse et se convertît en une croûte grise ou brunâtre, exhalant une odeur nau-
saboode toute particulière. Les malades éprouvent alors sous les croûtes un scn-
daMat de tension et un prurit qui les porte à se gratjpr, à s'arracher. Dans les cas
tnliiiaires, les croûtes, plus humides dans les varioles confluentes que dans celles
fu 5ont discrètes, après avoir persisté quelque temps, tombent spontanément du
famième aa vingtième jour de la maladie, et sont le plus souvent remplacées par
«fes écailles qui peuvent se renouveler plusieurs fois. Dans quelques cas, les pus-
Hks s'ulcèrent, et Tulcéraiion détruisant une partie ou la totalité du derme, il en
risuiie des plaies saignantes, grisâtres, recouvertes par des croûtes humides noi-
ritn-s, et qui produisent sur le visage ces cicatrices couturées et ces brides qui
icfigureut quelques individus. Dans la plupart des cas, la chute des croûtes ne laisse
qu'une teinte vineuse, plus ou moins uniforme, qui disparaît lentement; c'est
ilors qu'on aperçoit plus complètement ces cicatrices lenticulaires plus ou moins
Bombreuses qui sont les stigmates indélébiles des sujets qui ont eu la variole.
Les pustules que nous avons dit se développer sur quelques muqueuses ont une marche plus rapide que les pustules cutanées ; il n'y a pas à proprement parler de d^fssiccation, mais la pseudo -membrane formée sous l'épithélium se détache vers le 'ioquième ou le sixième jour, et laisse une petite ulcération ou plutôt une légère érosion qui guérit promptement sans laisser de cicatrice appréciable.
\>\\ ers accidents peuvent survenir pendant la i)ériode de dessiccation : ainsi on ^'jii quelquefois les pustules s'aiïaisser, se flétrir tout à coup; en même temps les aialades tombent dans la prostration ; ils ont des frissons irréguliers, du délire et du coina, de l'oppression, de l'anxiété; la fièvre redouble; la langue se sèche, elle iKtircit; un dévoiemcnl fétide a lieu; en un mot, on voit survenir des symptômes r?\\ font soupçonner une infection purulente ou putride. Dans cette même période, ijiK^ques uiaiades succombent brusquement, soit par syncope, soit par une sorte d'empoisonnement; d'autres sont emportés par un dévoiement colliquatif, par des accidents cérébraux, ou par une pneumonie intercurrente, et beaucoup plus raremetit par une laryngo-trachéite simple, ulcéreuse ou pseudo-membraneuse.
Kn résumé, on voit que la variole peut se montrer sous la forme bénigne ou sous la forme grave. Il ne faudrait pas croire que les varioles confluentes sont les seules fini s'accompagnent de symptômes fâcheux ; on rencontre, en effet, parfois, surtout en temps d'épidémie, des varioles discrètes qui sont foit graves et qui ont une i^sue funeste : fiorsieri et xMorton en ont vu des exemples.
On vient de se convaincre que les varioles, comme presque toutes les autres maladies, ne se présentent pas toujours sous la même forme symptomatique : ainsi, on voit tantôt prédominer les phénomènes inflammatoires ; d'autres fois, ce sont lU-s symptômes adynamiques, ataxiques ou bilieux.*Ges accidents varient beaucoup
( 1 ) Mémoire» de ia Société royate de médâeinCf L VII, p. A23,
suivant les saisons, les pays, les constitutions médicales ou épidéiniqucs, suivant les individus, etc.
Suites de la maladie. — La variole peut la|^r après elle des maladies ou des infirmités plus ou moins graves. Je ne dirai' rien des furoncles, des pustules d*ecthyma, ni des érysipèles ; mais beaucoup de malades sont aiïeclcs d'otorrhée purulente, s*accompagnant parfois de la perforation de la membrane du tympan et de la carie du rocher; d^aulres, en plus grand nombre, conservent des ophthalniics rebelles, avec ulcération du bord libre des paupières et chute des cils. Ces ophthalmies datent ordinairement de la troisième i)érioile : elles sont souvent suivies d'opacité de la cornée ; d'autres fois celle-ci se ramoUit, se perfore avec autant de rapidité que dans Tophtlialmie blennorrhagique. L'œil se vide alors complètement, ou bien un staphylôn^j s'établit Avant Timmortelle découverte de Jeûner,^ sur cent cas de cécité on en comptait environ trente-cinq qui étaient consécutifs à la variole. A la suite de cette affection, on voit encore survenir, dans différentes parties du corps, des abcès nombreux qui se forment rapidement d'un jour à lautre* et presque sans douleur. Il y a chez ces individus une sorte de diathèse qui fait que du pus se produit prom|)tement et en abondance par suite de la plus légère excitation locale. Enfin il est des malades qui, après avoir échappé à la variole, succombent h une diarrhée opiniâtre ; ceUe-ci se lie le plus souvent k des ulcérations ou à un ramollissement avec destruction de la muqueuse du côlon ; d'autres individus, enfin, deviennent phthisiques.
(iCpendant, dans quelques cas, rares d'ailleurs, la variole a guéri certaines maladies rebelles, ou modifié avantageusement certaines constitutions débiles. On Ta vue surtout amener fréquemment la guérisou d'engorgements gangUonnaires et d'éruptions chroniques à la peau. M. Legendre a cité récennnent, dans ses Recherches anatomO'pathologiqiies sur quelqueè maladies de lonfance^ des cas d*eczéma, d'imjjf'figo figurata, de lichen et de prurigo chiY)niques guéris, chez des enfants, par réruption varioleuse. Dans ces cas, on verrait communément les pustules varioleuses être plus nombreuses et même confluentes là où la maladie cutanée est le plus prononcée. La variole, à son tour, parcourt plus rapidement, dans ces points, ses diverses périodes. Ici la contagion variolique a agi à titre d'agent substitutif en modifiant la vitalité des tissus malades depuis longtemps. Parfois la variole agit par un autre mécanisme ; c'est ainsi que la révulsion violente, qui s'établit sur la peau |>endant l'éruption, a quelquefois suffi pour faire avorter ou pour arrôter brusquement des plilegmasies viscérales, conune la pneumonie : M. Andral en cite un exemple curieux dans le tome III de sa Clinique (obsen*. 6* de la U* édition). Enûn, MM. Ililliet et Barthez ayant fréquemment rencontré des tubercules à l'état crétacé chez les sujets emportés par la variole, ou succombant quelque temps après cette éruption, en ont conclu que cette maladie tendait à guérir les tubercules en leur faisant subir la transformation crétacée. Mais cette conclusion ne paraîtra pas sans doute très rig(»ureuse. D'ailleurs, l'opinion de ces médecins ne nous semble même avoir aucune vraisemblance; car on ne peut supposer avec eux qu'il puisse suffire de quelques jours ou de quelques semaines au plus pour opérer dans la constitution du tubercule un changement qui d'ordinaire ne s'effectue que |)ar un travail de plusieurs années.
Hf'cidives, — En général, la variole n'atteint qu'une fois les individus dans tout le cours de la vie. dépendant le« ras de récidives ne sont pas fort rares; quelquesuns les évaluent approximativeinenl à un cinquantième; Gaultier de Claubry dit qn'elles sont dans la proportion de 1 à 63.
Anatomie pathologique. — Ix)rsquc i eraption variollque n'est encore qu'à l*état fupulfux, I cpidcriiic est déjà ramolli et presque séparé du derme; bientôt une ciiulation de sérosité se forme, ÉUs tard c'est une production concrète. £n disséipant. vn efîet, la pustule varioliquc, ou trouve, sous un épiderme qui a conservé îpeu prés son épaisseur, une pscudo-mcmbraue d'un blanc mat, assez ferme, un peu frûblo. ayant la forme d'un cône tronqué, de 1 millimètre d'épaisseur, et déprimée k son centre Ce disque adhère plus à Tépidermc c{u'au derme. Au-dessous de cette production pseudo-membraneuse, le derme est (inement injecté ou ecchy- ■osé. Lorsqu'on examine les pustules à une époque plus avancée, on y trouve du |MB jaunâtre et consistant. On a dit que la forme ombili()uée des pustules était produite par uniilament ccUuleux qui s'étendait de l'épiderme au derme; d'autres -b font dépendre de la traction exercée sur i'épidcriye par les conduits excréteurs à» gbades cutanées. .Mais, d'après ce que j'ai dit, on voit que la disposition om- Uiquée dépend de la forme même du disque.
On trouve des pustules sur phi$iom*s des muqueuses, telles que la conjonctive cl la pituitaire, sur la muqueuse de la vulve, du prépuce, de la bouche, et beaucoup ■oins souvent sur celle du larynx, de la trachée et des bronches, plus rarement encoii' /)eut-Otre à la surface de l'œsophage, de l'estomac et du rectum, peut-être jiiiiab» dans les autres parties du tube digestif. I^s pustules qu'on rencontre sur ifs mijquoiisi*s sont en général affaissées, vides de pus; elles sont parfois remplacées, surtout sur la muqueuse du larynx, par des ulcérations arrondies, grisâtres, |4ds ou moins confluenles.
<.hi'z les sujets emportés par la variole, on ne trouve aucune lésion constante dans les organes intérieurs. Les plus fréquentes sont le ramollissement partiel de b muqueuse gastro-intestinale, des pétéchies, des congestions sanguines vers les poDinoiis, quelquefois Thépatisation, la splénisation de ces organes, qui peuvent ïuvii être le siège de noyaux d'a|)oplexie ou d'abcès métastatiques commençants. l.i'rœur est nas<|ue, ramolli ; le sang est pâle, séreux, diilhient, ce qui (>\))li([ue la fitilit»'' avi*c laquelle il pénètre les parois des vaisseaux, qu'il colore en ruiige ou •n noir. Kiilin, du coté des centres nerveux, on ne trou\e guère qu'une injection à*^ méiiin^^f's et du ceneau, avec un é|)anchemeut séreux qui est généralement en rap;M>rt avec la longueur de l'agonie (pour l'état du sang, voir plus bas, Mature ''fré fi^'cres firuptiiyea).
IUttffuustic, — Parmi les symptômes prodromiques que nous avons énumérés, \\ n'en c*st aucun qui indique sûrement une éruption prochaine de variole Aussi 4>t-»n exposé à œnfondre souvent la variole à son début avec une autre affection, surtout avec lUie fièvre ty|)hoïde. Cependant un api^areil fébrile intense, débutant prfHtqui* toujours brusquement chez un sujet non vacciné, et s'accompagna nt de rr|)halaigie, d^envies de vomir, et. surtout de douleurs très vives dans les lombes, H'»ii tain* soupçonner une variole plutôt que toute autre affection. L'éruption, dès auVJIe c»st visible, est caractéristique, et ne pourrait être confondue avec une autre .'ilT*:ction ciue par une {KTsonne ignorante. D'ailleurs nous verrons plus tard en i|ijiti l'éruption varioli([ue diffère de la varicelle, de la rougeole, de la scarlatine, de .. T\"*ip«'le, etc. (voy. plus bas l'histoire <le ces affections).
Dans la vari(»le, l'éruption n'est (ïu'un des éléments de la maladie ; cependant r» u>st que d'après elle qu'on peut établir le diagnostic de Taffection. On dit [«Mirtaut qu'il y a des varioles dans lesquelles l'éruption manque tout à fait, et qui lit.' sont caractérisées que jwir des syni|Uùmes généraux. Cette idée malheureuse a(i|)artient àS>'def}i/^z», qui, en donnant à la Éiùvrc putride de la constituliou de \&^1
92 DES FIËVIŒS.
le nom de viarioleuse^ inspira aux auteurs Tidée d*un morbua variolicus sine jDu^^tj; opinion qui jusqu*à ce jour a été généralement acceptée comme vraie, mais cela sans examen et sans qu*ofl puisse inAquer aucun fait clinique en sa faveur. Peut-on dire, en effet, qu'on individu a eu la variole lorsque, s'étant exposé à la contagion, il éprouvera seulement des frissons, du lumbago, de la céphalalgie, des vomissements, et une fièAre intense et continue pendant deux septénaires ? Y a-t-il dans ({uelques-uns de ces symptômes ou dans leur ensemble quelque chose de caractéristique, et ne rencontre-t-on pas le même apf)areil symptomatique au début ou dans le cours d'une foule d'autres maladies? Ainsi donc, je le répète, la variole ne peut avoir d'autre caractère essentiel, pathognomonique que Féruption ; la maladie ne peut exister ou du moins être diagnostiquée sanselie. •
Pronostic, — La variole est une maladie grave. Des calculs nombreux ont prouvé qu'elle avait fait beaucoup plus de ravages que la peste elle-même, puisque, avant la vaccine, elle enlevait à elle seule la quatorzième partie de l'espèce humaine. £lle fait périr du sixième au huitième des individus qu'elle attaque ; et, quand elle règne épidémiquement, la mortalité peut s'élever au quart et même au tiers.
Lu grand nombre de circonstances individuelles ou extérieures influent sur le plus ou moins de gravité du pronostic. Nous allons énumérer les principales.
L'âge des individus entre d'abord comme élément important dans le pronostic ; ainsi on peut établir que les enfants et les jeunes gens surmontent les dangers de la maladie plus facilement (jue les adultes, et surtout plus aisément que les vieil* lards. Il faut excepter les enfants très- jeunes, nouveau-nés ou à la mamelle, qui succombent, en effet, presque tous, pour peu que la variole soit conflucnte. 1^ grossesse est également une circonstance très aggravante, car l'avortement ou l'accouchement prématuré a presque toujours Heu, et il est rare que la malade survive à un. pareil accident. Ainsi, sur vingt-sept femmes qpi; dans le cours de la grossesse, furent atteintes de variole, i». Serres en a vu vingt-trois avorter et une seule survivre ; trois n'avortèrent pas et guérirent (1). La maladie, toutes choses égales d'ailleurs, est aussi beaucoup plus fâcheuse en temps d'épidémie et quand elle règne pendant la saison froide, ou bien encore lorsqu'dle affecte des femmes ou des individus débilités par une cause quelconque. C'est ce qu*on voit journellement, dans les hôpitaux, chez ceux qui contractent la variole dans la convalescence d'une affection grave.
Un grand nombre de symptômes ou d'accidents de la maladie ont également une haute valeur pronostique. La violence de la céphalalgie, de la douleur lombaire, Tintensité de la fièvre, la* prostration des forces, les vomissements opiniâtres n'annonceront pas toujours une variole confluente ; ces accidents peuvent, en effet, précéder une éruption discrète et bénigne. Cependant c'est un cas purement exceptionnel, et il faut se préoccuper lorsque la fièvre est vive, lorsque le pouls est débile et fréquent, lorsque les individus sont agités, inquiets et dans un grand état d'angoisse ; lorsque les douleurs propres à la maladie ont un surcroît d'intensité, et surtout lorsqu'il en existe d'anomales ; telles sont ces douleurs pleurétiques, ischiatiques, coliques et autres étrangères à la variole, et qui, d'après Bor-
(i) Mead prétend que si la femme n'avorte pas, Tenfant est ciempl de la variole pour le reste de ses jours, à moins qu'il ne vienne au moude avant la maturité des boutons. Cest là un fait aurieui qui reste encore à vérifier.
DE LA TAIIOLB. 9S
, aanoocent le plus souvent une variole anomale et maligûe. Ulnt ae méfier le éruption prompte qui, en moins de Miante bearea, ooiivre mûfonnément la Cace. L*éruption effectf|e, on voi^ en général ^diminaer oq OMer la , le délire et Tagitation. La persistaqm'ipb ces &ymptOmes,'. ^ k pina forte lear aggravation, est d'un très fâchetix présagé; un délire violent dans les premiers jours, et aussi, comme Ta dit Rhazès, la fièvre augmentant ou peraa même degré après réruptiou , doivent inspirer les craintes les plus sur llasue de la maladie.
La graTité est généralement proportionnée au nombre des pustules : c'est ainsi la variole coniluente doit èlre considérée comme une des maladies les plus % doDt Iliomme puisse être atteint L*aspeci de Témption fournit aussi au des éléments précieux. On augurera bien je pustules fermes, tendues ^ séparées par une peau d*nn rouge plus vif, semblable à la couleur de Damas (1). On sera par contre préoccupé si les pustules sont flasques, aiiécs, et si, dans leurs interstices, la peau est pâle ou livide ; la mort est presque table si elles deviennent noires et s'il se forme des pétéchies. Les hémorrbapar quelque voie qu'elles se fassent, constituent toujours un symptôme des fâcheux. S'il survient des défaillances, on ne doit, dit Rhazès, presque plus er d'espoir. Il en est de même de toutes les complications phlegmasiques ^i se font du cOté des cavités splanchuiques. Au contraire, Sydenham reganlait b salivation, le gonflement de la face, celui des pieds et des mains, comme étant d'an bToraMe auguré. Il signalait la non-manifestaàlMi des deux premiers phénomènes, oo leur cessation prématurée, coname une circonstance très fâcheuse, ainsi l'Hippocrate anglais considérait comme voués à la mort tous ceux chez les^ qneb le ptyalisme, cessant au onzième jour à partir du débui^ n'était pas suppléé parle gonflement de la face, qui doit persista mcore à cette époque, ainri que par une tuméfaction analogue qui commence à envahir les pieds et les mains. Des faits Dombrêiix ont prouvé qu'on ne pouvait pas accepter dans toute sa rigueur la propositioo de Sydenham, pour ce qui conqeme du moins la tuméfaction des mains, qui peut manquer ou être peu appréciable ; mais il n'en est pas de même de la tuméfaction de la face, et, pour ma part, j*ai constamment vu succomber les iodiîîdus chez lesquels ce symptôme avait fait défaut ou avait prématurément eesaé. Tous les accidents cérébraux ont de la gravité, mais surtout les convulsions, bien qne Sydenham, Cullen, Mead et d'autres aient prétendu que, survenant dans les prodromes, elles indiquent que l'éruption sera bénigne. Le conui, le délire violent et persistant se lient paiement aux formes graves de la maladie ; le délire est surtout fâcheux lorsqu'il se déclare à une période voisine du début Ainsi Frcind n'a jamais vu guérir aucun des malades qui avaient commencé à délirer au quatrième jour de l'éruption.
La période la plus critique est sans contredit la période de suppuration. La fièvre secondaire qu'on observe alors sera un excellent thermomètre. Est-elle bénig;De, elle fera présager une heureuse issue. Est-elle violente, elle inspirera de ^ives inquiétudes, alors même qu'on ne constaterait aucun symptôme fâcheux du côté des principaux appareils.
Étiologie, — La variole affecte les individus de tout âge, de tout sexe, de toute constitntimi ; cependant l'enfance, surtout après six ans, la jeunesse et le sexe féminin y prédisposent davantage. Elle sévit également dans tous les climats et sur
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