‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 31 sur 118 · DE LA FIÈVRK PSEUDO-CONTINUE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRK PSEUDO-CONTINUE

Les médecins qai ont exercé dans les pays Aiarécageux ont remarqaé depuis longtemps qu*il existe dans ces localités des fièvres continues simples on s'accompagnaut de quelques accidents pernicieux qui reconnaissent la même origine que les fièvres intermittentes et rémittentes, et cèdent, comme ces dernières, à Tadministration des préparations de quinquina. Ce sont ces affections fébriles qui constituent les fièvres pseudo-continues^ ainsi dénommées parr^ qu'elles simulent tout à fait par leur marche les maladies franchement continues.

A iM. le docteur .Maillot re\ient tout le mérite d'avoir rappelé Tattention des médecins, surtout celle des médecins militaires, sur ce point de la science presque oublié et clairement indiqué pourtant dans maints auteurs classiques, notamment ûans Sydenham et dans Torti.

La fièvre psendo-oontinue est la forme la plus rare des maladies par infection paludéenne. Rien, en effet, de moins conmiun que de voir naître, sous Tinfluencc des émanations marécageuses, un mouvement fébrile présentant une continuité parfaite, c'est-à-dire sans intennittence ni rémittence appréciables. Mais je n'entends parler ici que de notre climat, car il n'en est pas absolument de môme sous d'autres latitudes. M. Maillot a vu, en effet, qu'en Algérie, et surtout à Bone, il n'existe au mois de juin que des fièvres intermittentes et des fièvres pseudo-continues; la rémittence et la subintrance ont complètement cessé ; cependant ces affections se rattachent au même principe, car le sulfate de quinine a une égale efficacité contre elles.

Symptômes. — La fièvre MÉt être continue dès le début on bien ne le devenir que peu à peu. Elle commence alors par des accès intermittents quotidiens, qui se rapprochent et s'enjambent ; enfin, toute apparence de paroxysme cessant, la maladie ressemble tout à fait à une pyrexie continue. Il est infiniment rare pourtant, malgré l'apparence delà continuité la plus complète, qu'on n'observe pas, au début du moins, les redoublements périodiques plus ou moins marqués que la fièvre avait en commençant C'est ce qui m*a fait dire précédemment que la fièvre pseudocontinue franche était excessivement rare; car du moment que des paroxysmes réguliers existent, la fièvre doit appartenir à la classe des rémittentes. Dans la fièvre pseudo-continue, il n'y a souvent qu'un mouvement fébrile simple; d'autres fois, comme je l'ai déjà dit, il sunient en- outre quelques-uns des accidents graves des fièvres pernicieuses, surtout des symptômes cérébraux.

Marche. — La fièvre pseudo-continue, pour peu qu'elle se prolonge, a une grande tendance à se compliquer d'accidents typlioîdes. La langue alors se sèche et brunit, les dents s'encroûtent de fuliginosités; la prostration est extrême; les idées s'embarrassent ; il survient du délire, du coma et des soubresauts de tendons ; presque toujours la maladie a une issue funeste. D'autres fois, soit spontanément, soit sous riufluence d'un traitement approprié, la continuité de la fièvre est brisée . par des paroxysmes réguliers ou par une véritable intermittence.

Diagnostic. — Si la fièvre est continue d'emblée ; si, dès le début aussi, quel que symptôme grave, pernicieux, fait explosion, on est très exposé à méconnaître la véritable nature de l'affection, qui se termine alors promptement par la mort. Dans ces cas, le pays dans lequel on observe et la nature des maladies régnantes sont les seules circonstances qui peuvent quelquefois éveiller l'attention du pralic/ea, car on ne peut saisir dans la marche des symptômes aucune particularité

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