QUATRIÈME GENRE DE FIÈVRES
DE LA FIÈVBE BÉMI1TEWTE.
On entend par fièvre rémittente une pyrexie dont les symptômes persistent sans interruption comme dans les fièvres continues, mais avec cette différence qu'elle présente, à des intervalles déterminés, des rémissions plus ou moins complètes, bientôt suivies d'un paroxysme qui a le plus souvent le type quotidien ou tierce. La fièvre rémittente n'est autre que la fièvre congestive de plusieurs auteurs.
HiUcrique, — La fièvre rémittente est, de toutes les pyrexies, celle qui a été le plus anciennement décrite; c'est elle, en effet, dont parie Hipi)ocrate dans ses livres des épidémies, ainsi que M. Littré l'a parfaitement démontré (1). Les fièvres hippocratiques, dont il est, en effet, absolument impossible de reconnaître le caractère, lorsqu'on les compare à toutes celles que nous observons dans ce climat, se dassent au contraire très bien lorsqu'on les rapproche des fièvres rémittentes et pseudo-continues des pays chauds. C'est ce dont on peut se convaincre lorsqu'à l'exemple de M. Littré on établit un parallèle entre les observations et les descriptions laissées par Hippocrate et celles qui ont été récemment publiées par M. Maillot sur les fièvres d'iVfrique,parTwining sur celles du Gange, par Stewardson sur celles du continent américain. Enfin le séjour de l'armée française en Morée a encore démontré, d'après le témoignage de deux médecins distingués, MM. Roux et Pallas (2), qu'après vingt-deux siècles la Grèce était affligée des
(i) OEuvreê d* Hippocrate^ édit. de Liltré, t. If, p. 538. Argument.
(2) Hiêtaire médic» de l'armée française en Morée pendant la campagne de 1838, par M* Roux* Paris, 1829. — Réfexions iur Cintermittence, par Pallas. Poris, 1839.
niOnics fièvres qu*au tcinps d'IIippocratc, cl (|iit' ces liiMcs, inconnues à Paris, mais identiquesavcc celles des climats chauds, ne sont antres ({ne les fièvres rémittentes et pseudo-continues.
Anatomie pathologique, — \ons ne ixisscdfcns encon» aucune notion précise sur les altérations que laisse après elle la fièvre rémittente, lorsque le docteur Stewardson, l'un des médecins les |)lus distingués de Philadelphie, est venu combler celte lacune en publiant dans Thn Amcriran Jonnwl avril I8/1I et avril I8'i2) un travail remarquable, fruit des observations recueillies par lui à Phopital de Pensylvanje. Chez les sujets emportés par la lièNre rémittente, on ne trouve aucune lésion spéciale ou constante dans les centres ner\eu\, ainsi (pie dans les organes de la respiration et de la circulation. Mais il n'en <>st pas de même des organ(*s abdominaux, qui, comme W foie^la rate et Testomac, sont constamment ou pres(pie constamment le siég(i d'une altération [)lus ou moins profonde. Ainsi, chez toqs les sujets, M. Stewardson a trouvé la rat(> ayant acquis un \olume double, triple ou quadruple de l'état normal, et ramollie jus(pi'à (lillluence de son tissu. \a\ Um a présenté des altérations plus remanjuables encore, puisqu'elles semblent, «Miellet, spéciales, et constituent, à proprement parler, le caractèn» anatomi(pie de la maladie. Cet oi^ane est généralement augmenté devolume, il l'est parfois à im dei^ré considérable, et sa consistance est moindre (pi'à l'état normal. Sa couleur est aussi constamment modifiée : ainsi sa coloration propre, rouge brun, est remplacée par une teinte bronzée, ou par un mélange bronze et olive ; plus souvent elle est d'un gris de plomb, mélé(» à unc^ couleur vert-olive. Cette altérali(m de coulem* est généralement répandue uniformément dans tout l'organe, et envahit h la fois les deux substances. On trouve ordinairement la bile en quantité considérable, l/eslo mac est aussi prescpie toujours altéré dans la fièvre rémittente : il le serait, d'après Stewardson, cinq fois sur six, et cette altération consisterait dans l'injection, l'épaississement ou le ramollissement de la membrane muqueuse. Toutefois la description de l'iiabile médecin américain a laissé quelques doutes dans notn* esprit; apr(*s l'avoir attentivcouîDt lue, nous ne saurions aflirbicr que phisienn» àv ces altérations ne sont pas cadavériques ; et à supposer qu'elles se soient déve-* loppées pendant la vie, nous ne croyons pas, avec l'auteur, qu'elles indiquent une phlegmasie de la membrane nmqueuse. Le tube intestinal ne présente dans la fièvre rémittente aucune lésion particulière; on a retrouvé seulement parfois la membrane muqueuse de l'intestin grêle ramollie par places, et les follicules de Brunner dans le duodénum un peu plus dé\clopi)és.
En résumé, dans la fièvre rémittente deux ou trois organes, la rate, le foie, et peut-être Pcstomac, seraient constamment altérés. Les résultats de M. Stewanlson sont en cela parfaitement d'accordavec ceux de son compatriote, le docteur (îerhanl, et jusqu'à un certain point avec celles de Twining, qui afïirme qu'à Calcutta la fièvre rémittente produit constamment des congestions viscérales, et, si celles-ci IM'rsLstent, de véritables inflammations. Les oi-ganessiW^cialement attaqués seraient, d'apr(»s ce dernier, l'estomac, les nitestins, le foie, la rate, le cerveau et les |K)umons. Mais les recherches cadavériques faites par Twining manquent de précision et nous inspirent |)cu de confiance. Quoinpril en soit, on voit par ce qui |)récède que les lésions de la rate et de l'estomac n'offrent rien de s|K»cial, car on les rencontre dans le ccmrs de plusieurs autres maladies ; mais l'altération de coideur du foie serait plus six'ciah'h l'afTecticm dont nous traitons: aussi M. Stewardson est -il porté à la considérer comme le seul caractère anatomique de la fièvre rémittente. Toutefois ï auteur américain, n'ayant pas encore à ce sujet une conviction complète,
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désire qae ses proini(Ts ivsiillats soicut œufirinés par de Douvelles observations. En tout ras, il rocoiinaît (|ii(> TaltcTation du foie, pas pins qu'aucune de celles que rMurerture des ca(1a> ros déinoiitro, ne peut expliquer ni les accidents îqu*ou obsene pendant la vie, ni la terminaison si^uveiit fatale delà maladie. On est donc obligé d'invoquer encore ici une altéralion spéciale du sang, qui, à supi)Oser qu'elle eiisle, est encore indétemiinéc. C(>tte alléralion, d'ailleurs, ne porterait pas sur la quantité des principes constitutifs du sang, car il résulte du travail de MM. Léonard t^Folley, pr^nté à l'Institut eu 1845, que dans les fièvres rémittentes et pseudoomtinues de TAlgérie, la fibrinr, les globules et les fartions solides du sérum restent dans leur proportion normale.
Symptômes, — La fièvre est parfois rémillenle dés son début ; dans d'autn>s cas, bfs malades commencent par présenter tous les sympjomes d'une fièvre intermittente ordinaire ; puis les accès, se prolougeanl et se rapprochant de plus en plus, finissent juir se confondre ; le caractèi (> rémittent se révèle alors. Enfin, il est des malades qui n'ont d'abord qu'un appareil fébrile, franchement continu, et ce n'est que [lar degrés que celui-ci prend ensuite la forme rémittente. Dans ces cas, o>mnie dans ceux où la fièvre estprimitiNement rémittente, la maladie débute par au état de langueur, par de l'oppression à la région précordiale, par de la débilité nu seulement par des lassitudes, et par une (lonlem* derrière le cou, qu'Hippocrate 3\»t signalée et ique M. Twining a également notée dans les fièvres du Bengale.
Lorsque la fièvre rémittente est parfaitement établie, on constate un apjmreil (iSMÎle intense, s'accompagnant, chez la plupart des maladies, de tension et d'une doulenr plus ou moins vive à l'épigastre, ou vers l'un on l'autre hypocliondre, ^ialenient à gauche ; symptôme qui, note d'abonl par llippocrat(* chez le ti(^rs (Îp ses malades, constaté par Twining dans une proportion égale, a existé presque toujours, ou dix-neuf fois sur vingt, chez lés malades traités par le docteur Siwardson. ToUs les auteurs, depuis tiippocrate, ont noté aussi la sécheresse de '\à langue dans la fièvre rémitK^nte, symptôme qui se développe rapidement du <i«ru\iùme au quatrième jour, c'(>sl-li-dire beaucoup plus tôt que daîis aucune des maladies aiguës que nous ol)$er\ons dans notre climat, sans en excepter la fièvre i\phoîde. La soif est modérée et l'appétit nul; dans la plujiart des cas, il sur\ient ■iî-^ le troisième jour, tantôt plus tôt, le plus souvent plus tard, des vomissements «<^àtres ; les selles sont ordinairement régulières ; d'autres fois il y a constipation r»u diarrhée. La partie du ventre située sous les hypocliondres est souple et t(Hit à fait indolore; la sécrétion urinain* ne présente rien de remarquable. Ces accidents, fl surtout la fièvre, existent d'une manière contimu; et à un dc^ré variable; mais ît» s'exaspèrent régulièrement, et cette aggravation, semblable <i un accès de fièvre intermittente ordinaire, s'annonce i>ar des frissons ou par un simple refr()idiss<'ment du corps surtout marqué aux extrémités, où la |H*au prend souvent une coloration bleuâtre ou livide. Ce dernier symptôme, qu'on retrou\e dans un tiei-s des obser- ^atidiis consignées dans les épidémies d'Hippocrate, a été également mentionné |)ar rniniii;; et Stewardson, et pei*siste son>ent plusieurs heures pendant toute la durée <ln |)aroxysinc. C'est pendant ces exacerbations (ju'on voit souvent apparaître quelqui-s-iiiis des accidents pernicieux dont nous avons précédemment i)arlé, surtout ij.s sunptumes cérébraux, comme le délire, le coma, accidents notés dans les ol>s4'nations d'Hip|M>crate sous les noms de phrenitis et de léthargie; ou bieu il y a deb symptômes de pneumonie caractérisant la fièvre rémittente pneumonique. D'ailleurs, l'état de la constitution et de la santé antérieure peut apjwrter des modifications importantes thns h physionomie des paroxysmes. Sxû&\^ cYifixV^
100 DES Mt\HES.
îndividuii (lûbilcs. usûs par des travaux pénibles ou par des cxct-s, le ponlit eni tes gcnciies ont une teinte bleuàirc, la Tace a la pâleur du radavri.', les citréi restent fniidm et violacées pendant toute la durée du paroxysme, durant 1< aussi la poitrine et la tële sout couveiles diyueurs Truidcs. tilicz les ihdWj robustes, la réaction est franche et portée à un haut degré, la chaleur est cnns rable, le pouls est vibrant, la face injectée, leii douleurs aux hyiwcbondres sont' vives et les vomissements fréquents.
Ces exacerba tîon s, qui ont lieu communément le matin ou le soir, frappent 1^ loudaincment les malades; elles ont toujours une durée de plusieurs lieureii, ', el se terminent, comme les accJ's de fitvre inlermitlcnle simple, par de la sueur ou par uue simple moiteur. Mais les rémissions ne sont pas toujours aussi marquées que je le dis ici ; quelquefois, en effet, [elles sont 1res obscures, et peuvent même passer inaperçues; lA malades présentent aloi's un élal typhoïde qui lirait contiiui.
Marche, durée, terminaitons. — Dans la fièvre rémittente il n'y a jamaU d'apyroxie, mais seulement une diminutiau périodique dans les accidents, et surtout dans la liëvre. Il arrive quelquefois que ci'llc-ci , après avoir persisté quelque temps 11 l'état rémittent, devient fraticbemcnt in tcrtnit tente ; d'autres fols, au coutraire, les exacerbations périodiijues cessent, l'inlenniltence est, pour ainsi dire, absorbée, détniile, et il ne reste plus qu'un appareil fébrile continu qui se lie souvent alors à quelque inflammation viscérale. Quoi qu'il en soii, lorsque la fièvre a été d'abord intermittente, elle reprend souvent sa forme primitive avant de se terminer par la guérison.
On dit généralement que la lièvre rémillenle peut se présenter sous les principaux types des fièvres intermittentes : cependant on l'observe rarement sous le type quarte, el le type tierce n'est même pas très comtnuii. Dans la plupart des cas. lus fièvres rémittentes ont des accès quotidiens ou doubles-quolidieus ; mais on n'en observe jamais ayant plus de deux accès par jour.
La prédominance de quelques accidcuts, en donnant à la maladie une physionomie spéciale, permet d'en distinguer trois formes, qui sont: t la rémitientceommune ou vulgaire, dans laquelle on n'obsene que les symptômes ordinaires de la maladie, et dans leur degré accoutumé ; 1° la rémittente bilieuse, dans laquelle les sym|)tômes gaslri(]ues prédocuinetit, et qui se rapprodic jilus ou moins de la fièvre jauuc ; 3" la rémittente fiernicieuse, caractérisée par uu des accideuts graves qui se montrent dans les fièvres pernicieuses ordinaires.
La fièvre rémittente oITre encore ceci de remarquable dans sa marclie, qu'elle peut avoir une durée très longue, comme Ircnie ou quarante jours ; que d'autres fois, au contraire, elle se juge en trois ou quatre par la santé ou par la morL Sa durée moyenne, d'après M. Stewardson, serait de quinze jours. Lorsque la terminaison est favorable, le rétablisse ment est assez prompt, et la convalcuence est courte.
Si la maladie a une issue funeste, la mort arrive après un plus on moins grand nombre de paroxysmes ; toutefois, comme Tsviuing l'a \ u, quelques malades débiles sont emportés dès le premier accès. Le même auteur a prouvé qu'il y avait dans chaque paroxysme deux ntoments dans lesquels le danger était le plus grand : c'était l'époque de la réaction, pendant laquelle quelque viscère important se congestionne ou s'enflamme, et l'insUni on l'excilalion fébrile diminue, car alors beaucoup de malades lombcut dans un étal de cullapius ou de syncojH; dont ils ne peut eut souvent plus se relever.
DE LA FlkVRE RÉMITTENTE. 161
, Les 0è\res réniittcnlcs récidivent très touveDt, mais un peu moins fréquemment pourUiil que les fièvres intermittentes.
Diagnosiiç. — Il est souvent difficile de déterminer si la fièrre est réellement rëmicteote. Ou pourrait, en eiïet(| confondre avec elle les exacerbations parfois véguGèrcs qu'on observe dans le cours d un grand nombre d'affections aigu(^s. Cependant ces exacerbations n*ont guère lieu que le soir ou pendant la nuit, tandis qne dans les flèvres rémittentes on peut les observer h toutes les heures du jour. Celles-ci sont presque toujours caractérisées par les trois stades des fièvres intermînentes, tandis cpie, dans les simples exacerbations des maladies aiguës, on ne Toit ni le frisson, ni les autn^ phénomènes qui marquent le début des premières, ni les soeurs qui les jugent Cependant il ne faudrait pas croire que dans toutes le» ûèvres rémittentes on rencontre les trois stades ^u jours bien dessinés; dans quelques cas, en effet, l'un d'eux manque, ainsi qu'on l'a vu pour les fièvres intermittentes.
^ Pour établir le diagnostic, on aura encore égard à la marche de l'affection : ainsi lorsque la maladie a débuté \^s^r être intermittente, cette circonstance éclairera le médecin sur le véritable caractère de la rémitteuce qu'on observe, et sur la iiièilKKle thérapeutique qu'on devra employer. Enfin l'existence simultanée d'un çxand nombre de fièvres intermittentes, le pays et la saison dans lesquels on ubsene, seront encore des circonstances qui devront être prises en considération dans les cas incertains. (Pour le diagnostic différentiel d'avec la fièvre jaune, voir phis haut, page 72.)
En disant précédemment qu'à Paris il fallait suspecter la fièvre intermittente à accès rapprochés, c'était dire qu'il devait en être de même, à plus forte liaison, dn type rémittent; on peut même avancer que la fièvre rémittente des pays chauds, qui règne accidtotellement aussi dans quelques codtrées marécageuses de la France, pendant l'été et l'automne, est à peu près inconnue à Paris ; en sorte que lorsque nous nous trouvons ici en face d'un mouvement fébrile rémittent, simple ou |ktnicieux, nous devons bien moins supposer une infection miasmatique que Texistence d'une des causes nombreuses que nous signaUons aux pages 156 et 1.57 comme pouvant déterminer des accès fébriles intermittents; avouons même que la plupart de ces causes, et surtout que les suppurations et les infiltrations unneases, produisent plus souvent un mouvement fébrile rémittent que franchement intermittent. Terminons en disant qu'il n'est plus possible aujourd'hui, à l'exemple du célèbre Dumas, de Montpellier, de rapprocher de la fièvre rémittente et de la fièvre subcontinue de Torti ces accidents fébriles, à redoublements souvent réguliers, qui surviennent du septième au dixième jour chez les individus qui ont subi qnelque opération grave, et qui ne reconnaissent d'autre cause qu'une infection purulente du sang. Le quinquina, quoi qu'en ait dit Dumas, échoue ici constammenu (Voir l'article Phlébite.)
Pronostic, — Le pronostic varie suivant une foule de circonstances. Pour l'établir, on aura égard à l'intensité des exacerbations et aux symptômes qui prédominent fx^ndant ({u'elles ont lieu. Les accidents cérébraux entraînent surtout beaucoup do danger. Le refroidissement des extrémités sunenant dès le début, et s'accompa- ^nant surtout de la couleur bleue cyaniquede la peau, est d'un très fâcheux augure. Les fièvres rémittentes sont des affections graves qui em|)ortent souvent plus de la moitié des individus qu'elles atteignent; elles sont une des causes principales de la mortalité dans les climats chauds. Il paraîtrait pourtant qu'à Philadeljiliie aïics ne tueraient guère qu'un dixième des individus. Toutefois il y a k cje ^\i\«X 4^
r# /. — 7*" Mdit. • \\.
^^^^1 grantles (lilTi^icnci» d'iiii lii'ii ii un autre, et, dana U's uiiiiiies pays, d'une aiiiife ^^^^1 et mOiiie d'uue saison h uni? atiii'e.
^^^H /■.'lioltijiie. — NuuB ne sajous rien autrp sur IV'iiiili^ie de la maladie, si cti n't-s^ . ^^^H que celle-ci est propre auT cliiiiais cliauds, ui f l'elle ttévii dans les lieni nianka-^ ' ^^^H geut. Ou la retrouve Burtout dam les Indes oiieiiialcs; eu Afrique, ihiiw loulesles' , ^^^H provinces soumises à notre dnminalion. et surtout sur lus ùHits ùccidcnlaleti, oà ^^^^P nu ICuropéen passe raremeut une sauëe uns en «éprouver une attaque: c'est ce ^^^^ que d6uioiitreut du moins les statistiques puMiéei en Angleterre. La luiladie i-6gae r encore dans une foule de localiii^'s de l'Atii^>nque, spécialement dans les Anlille*.
i On la rencontre dans les Oamlincs et i la Louisiane ; en Europe, enfin, daus les
^^^ ÉtaU les plus méridionaux, surtout en tiréce, et inônie dans <juelques-uns de nos ^^^H dépanemenis où eiisient beaucoup de marécai;es; mais on ne l'obsene (Hiiut ou
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k peiae à Paris. Dans les pays où r^gue la maladie dont je parle, on la voit sévir surtout du mois d'aodl au mois d'actobl'<^ Bare avant seize ans, elle atteint surtout les adultes, i-t se développe soui enl sans cause appréciable ; mais fh'uiuenunent elle se déclare aussi ii la suite d'une insolation prolongée, surtout lorsque les individus ont été soumis ensuite h l'iofluence de l'humidité. On ae sait rien de précis sur l'action des autres causes.
Traitement, — Le sulfate de ([uinine est le seul remède spécifique des fièvres rémittentes. On le donnera, dans les cas ordinaires, ï la dose de 75 centigrauimes; dans les cas graves , pemicieni, à la dose de 2 à 3 grammes. On dtoûïit. pour administrer le remède, le momenl de la rémission, c'est-à-dire l'instant oil le pouls mollit et tombe, et où la peau a de la tendance à s'humecter, l'oulefois, s'il ciiste des accidents pernicieux, comme le péril peut Glre prochain, il faut duaner le stl de quinine dès qu'où «it appelle fiit-tM? intime pendant l'vxacerbillon. l.e suir.ile de quinine a pAir elfel ordinaire de prévenir, ot4tOUl au nuùus 4e rendre moin» intense le paroxysme suivant. Disons pourtant que les préparalious
[pûnquiua n'ont |>as, contre la fièvre rémittente, l'efficacité qu'elles ont contre iuterniillenleij. Il est. en elTet, des épidémies et des saisons dans tesquelles la quinine agit faiblement, leiitcment, ou même éclioue tout à fait ce qui la fait très ï tort considérer par quelques médecins comme éUnt abralun inutile.
Le traitement de la fièvre rémittente comprend encore quelques autres ino] qui ne sont ordinairement qu'accessoires, et qu'on a égatemt^ot vantés cumm* ctiratifs. En première ligne se placent les émissions sanguines générales et locales. Les premières sont pourtant presque toujours funestes ; car A quelque éjioqu* qu'on les pratique, elles sont ordinairement suiviesd'un état de collapsus, au milieu duquel les malades suc^ombeiu. Les saignées locales ont quelquefois lu niéuie ittConvénieBl ; mais elles l'ont à un degré bien moindi-e. Si d'ailleurs le sujet est fort, si la douleur et la tension des hypocitondres et de l'éptgasire sont considérâmes, il peut éire vraiment avantagenx d'appliquer sur cm parties quelques ventouses scarinî^cs; on essaiera en outre de contltattre les accidents cérébraux |>ar des sangsues derrière les oreilles ou par des ventouses à la nuque., lA perte de sang, cumme le dit Twining. n'est manifestement utile qu'au commencement du premier on du deuxième paroxysme ; faite plus lard, c'est un remède d'un eiïet 1res douteux ; il faut eu être très avare, et ne l'employer d'ailleurs que hrs()u'elle est impérieuse me ni commandée par quelque congestion on inllammation grave; mais même alors on devra agir avec circonspection, et surveiller avec une grande jlie»tii»H l'étwidement sanguin. Les médecins français qui ont exercé en Morte,
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MM. Rofix et Pallas surtout, ont insisté survie danger que pouvaient faire courir : . les émisious sanguines nicinc locales ; ils recommandent de ne les employer qu'avec b pfas ^grande circonspection. Les révulsifs externes, unis au sulfate de quinine, mi|,.«tt fipntr^irc, au rappori de I\l| Pallas, produit les résultats les plus décisifs et loaiem inespérés. M. Stewardson a, de son côté, reconnu des avantages à la médicatk» révulsive. Ainsi, lorscj[ue la stupeur est grande, il conseille l'application d'un véwatoirP i la nuque ; le même médecin a également reconnu l'utilité d'appji^ qoer cet exotoire sur les hypochondres et h l'épigastre, toutes les fois que les dpukat% de ce$ régions sont vives et loi'squ'il existe de l'oppression et une grai)de irritabilité de l'estomac A l'intérieur, les malades useront modérément de boissons acidulés, gaxeuses, fraîches, ou même glacées. On entretiendra la liberté du ventre par les lavemeats ou par de doux cathartiques ; mais 11 faut s'abstenir de purgatifs râUnis, tels que ceux qu'emploient trop souvent les médecin» anglais. Le calomel lui-même, cette sorte de panacée pour nos voisins d'outi^Alailche, ne paraît jouir « daucane efficacité.
Sature, — D'après tout ce qui précède, il est inutile d'insister pour prouver ridentité complète des fièvres rémittentes et intermittentes; les unes et les autres recrmnaissent en effet les mêmes causes , elles out des symptômes communs, elles suivent U D]éltt^ marcbe et sont combattues le plus souvent avec succès par le quinquina. Il semlile que ces deux genres d'affections ne diffèrent entre eux que par U degré. Cooime Baumes l'a dit avec raison dans son Traité des fièvres remit'* tentei, il faut quelque chose de plus pour créer une fièvre plutôt rémittente qn utenuittente. Cet auteur faisait, en effet, dépendre la première de l'activité plus grande des causes morbides. D'autres, avec .MM. Ncpple et Maillot, ont eiptiqné la rémittence de la fièvre par quelque iniU^ion ou inflammation viscérale, qui perust^ait après les accès. Cependant IdNi^cherches d'anatomie patho' Vigique ne justifient pas tout à fait cette opinion; car nous avons vu précédemtuent que du côté de l'estomac les lésions n'étaient pas assez graves pour expliquer l'appareil de symptômes qu'on observe, et d'ailleurs il n'est pas prouvé que ces Ir^Ds ne soient pas le plus souvent cadavériques. Enfin, les reclierclies de MIL l^nard et Foliey sur la composition du sang excluent toute idée d'un tra- Tail pbleginasique. Fera-t-on de la fièvre réuuttente une maladie symptomatique delà lésion de la rate et du foie? Mais à cette manière de voir on peut opposer toolies les raisons qu*on obJecU; à ceux qui veulent localiser les fièvres intermittentes dans la rate, c'est-à-dire que la lésiion de ce viscère peut exister, même h un haut degré, sans exciter la fièvre; quelle manque souvent dans les premiers temps ; cfu'eUe s'accroît quelquefois quand la fièvre diminue, et même lorscju'elle a complètement disparu. On doit donc regarder l'augmentation de volume et le ramollissement de la rate comme une conséquence, une suite, et non |)as comme une cause de la fièvre. Personne, je pense, n'oserait soutenir que la cause des dûordres fonctionnels et de la fièvre réside dans l'altération du foi(>; celle-ci, en tffet, n'a certainement \vïs plus (jue la lésion de la rate une origine inflammatoire, f A'iUr impossibilité où l'un est de pouvoir rattacher la fièvre à la lésion d'un solide a [lorié les autetuï à supposer une causé plus générale, et à regarder la maladie co:jimc liée à une infection ou à une altération particulière du sang, altération qui rcagirail à la fois sur tout l'organisme.