‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 33 sur 118 · CINQUIÈME GENRE DE FIÈVRES · texte numérisé non relu

CINQUIÈME GENRE DE FIÈVRES

LA FIÈITBR HECTIQUI-:.

Stsovvmis. — Febficmla; nèrre leote.

Sons le nom de fièvre hectique^ on désigne une fièvre continue ou rémittente d^une durée longue, incertaine, et offrant comme symptôme des plus remarquables nn amaigrissement progressif qui va souvent jusqu'au marasme.

166 DES FIÈTRES. >]

Symptômes. — Les auteurs ont dîtisé cette fièvre on trois périodes. Dans la *'• première (feMs inchoata), il n'y a de remarquable qu'une diminution dans Tap-' petit, dans les forces et Tembonpoint. Le makdc est pâle, et il a des alternatives de froid et de chaleur. Celle-ci, acre, mordicame, est surtout marquée à la paiime des mains. La fièvre se révèle surtout, du moins elle augmonte peu après Tingestion des aliments, circonstance sur laquelle les anciens auteurs avaient beaucoup insisté. Dans la deuxième période (fchris adulta), l'amaigrissement fait des progrès; la peau, généralement décolorée partout, oiïre pourtant assez souvent, au niveau des pommettes, une rougeur plus ou moins vive; la digestion est rarement pénible, et à moins que les organes digestifs ne soient le point de départ de la fièvre, on voit, en général, l'appétit persister et les digestions se faire régulièrement. A la fin, cependant, beaucoup ^e malaoes vomissent, un plus grand nombre ont un dévoiementcolliquatif qui ajoute à leur faiblesse Dans cette période, les forces diminuent, cependant les malades se lèvent et beaucoup vaquent à leurs occupations. Cbose ^ remarquable, les fonctions génératrices, si cutn|)létement abolies dans les maladies aiguës, persistent parfois avec une certaine activité : ce cas pourtant, quoi qu'on en ait dit, est très exceptionnel.

La fièvre hectique est continue, mais elle oiïre des redoublements chaque soir Ou vers les deux ou trois heures de l'après-midi ; souvent même il y en a deux en tingt-quatre heures, et leur déclin est marqué par des sueurs souvent excessives. Les symptômes que nous venons d'énumérer s'aggravent bientôt de plus en plus, la maladie est alors arrivée à sa troisième et dernière période. Chez ces malheureux les yeux se cavent, les tempes s'enfoncent, les côtes font saillie, le ventre se déprime, toutes les parties molles enfin 8'atro|>liient, la pe||i se sèche et se couvre de crasse, les cheveux tombent, les extrémités s'infiltrent,éune éruplion pseudomembraneuse tapisse la muqueuse buccale, et les malades expirent dans le dernier degré de marasme. La durée de la fièvre hectique est toujours très incertaine ; il est rare qu'elle soit moindre de deux ou trois mois. La mort est le résultat presque constant de la maladie.

Diagnostic. — D'après ce que j'ai dit précédemment/ que b fièvre hectique était prcsqtte toujours symptomatique, il faudra, toutes les fois qu'elle existe, rechercher avec soin la cause qui l'a produite et qui l'entretient. Dans quelques cas pourtant, il est difficile de rattacher la maladie à une lésion déterminée, en raison A\ï petit nombre de symptômes locaux qu'on observe. Cependant, si Ton se ra|)pelle que les tubercules pulmonaires sont la cause la plus ordinaire de la fièvre hectique, si l'on sait que cette lésion organique produit à elle seule plus de fièvres hectiques que toutes les autres causes réunies, on sera naturellement ainduit à en soupçonner l'existence toutes les fois que la fièvre ne trouvera point son explication dans quelque lésion locale manifeste ; on la recherchera même lorsqu'un chagrin violent, des excès répétés, ou des évacuations excessives, sembleraient devoir expliquer la cx)nsomption.

En écrivant cela, j'ai en vue surtout ce qui se passe dans ce climat ; mais dans les pays chauds, en Algérie, par exemple, il faut s'enquérir plus qu'ailleurs de l'état du foie. Rien, en eiïet, n'est plus commun que de voir des abcès de cet organe ne produire d'abord aucun symptôme local, et ne se révéler que par un mouvement fébrile continu ou intermittent

II est inutile de dire que la fièvre hectique se distingue aisément des fièvres

intermittentes prolongées, si remarquables par leurs accès réguliers, par leurs

stades, parles cames qui les produisent et les lésioits consécutiyes qu'elles amènent

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