‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 34 sur 118 · DE LA FIËVRE HECTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA FIËVRE HECTIQUE

(eogcirgeiiieut spléniquc, coloration jaune, hydropisies). Cependant la fièvre hec- ^. dqoe peut, au début, parla r<^gularité de ses accès, simuler une ûèvre intennitteale légitime; mais, comme nous Tavons déjà exposé plus haut, elle s en distingue pvdes accès qui reviennent pre!r|uc toujours le soir, qui résistent au sulfate de quinine, et ne sont jamais aa-ompagnés d'intumescence de la rate.

Pronoitic. *— Le pronostic de la fièvre hectique est toujours grave, mais il est nécenairemeut subordonné à la nature des lésions dont la fièvre est un f^mptôme.

Causes, — Depuis Hippocratc jusqu'à nos jours on a parlé de la fièvre hectique. Les anciens la considéraient comme étant le plus souvent essentielle ; mais les travaux modernes ont prouvé, par contre, que presque toujours elle était symptomatiqoe de qudque lésion viscérale : c'est ce que Culjcn avait d'ailleurs lui-môme parfaitement établi. Les maladies qui entretiennent le plus ordinairement la fièvre hectique sont : les tubercules, et avant tout les tubercules pulmonaires ; les vastes ' suppurations, surtout lorsque le pus croupissant acx|uiert des qualités putrides; la carie des os; l'inflammation chronique des membranes muqueuses intestinale, aérienne et génito-urinaire ; c'est ainsi que des diarrhées chroniques, des cystites, dis pyélitcs, des bronchites avec sécrétion très abondante, ou de simples leucor- Hk^, produisent parfois la fièvre hectique. Si l'on parcourt la savante monograpliie de Tmka et la thèse inaugurale de Broussais, on voit que la pyrexie dont BDDS parkma pourrait être également consécutive à la sécrétion exagérée d'un fluide nalorel, tel que l'urine, la sueur, le lait, la salive, ou bien succéder à des hftnorrhagics abondantes. Les émotions de l'âme, les chagrins, la nostalgie, les fatigoes excessives, jm douleurs violentes, comme dans certaines névralgies rebelles, la privation^^liments ou une nourriture insuffisante, sembleraient aussi pouvoir la produire. ^lais aucun des faits cités par les auteurs n'est concluant ; souvent on a cru à l'existence de la fièvre par cela seul que le pouls était plus accéléré, circonstance fréquente chez les sujets affaiblis. Dans les cas, cVailleurs, où la fièvre hectique existait, ou n'a pas recherché si elle n'était pas sous la déix?ndance d*une tuberculisation intercurrente. Nous verrons, en effet, plus tard que le diabète, que la galactorrhée, la spermatorrhéc, la nostalgie et toutes les causes débilitantes, sont fréquemment suivies de la production de tubercules pulmo- DÛres. C'est donc cette liaison qu'il faut rechercher avant tout, toutes les fois que dans une maladie de la nature de celles que je viens d'énumérer on voit survenir dfia phénomènes de consomption. 1^ tubercule est de tous les produits accidentels le seul qui provoque la fièvre hectique. Le cancer est, en effet, une maladie apyrétique à toutes ses périodes, à nraids qu'il n'excite autour de lui une suppuration aiioodanle. Si quelques productions, comme les kystes acéphalocystes, sont parfois accompagnées d'étisie, cela tient à l'inflainmalion suppurative de leur cavité. C'est probabkuiient de la même manière qu'agissent certains corps étrangers qui, introduits dans les voies aériennes, produisent également la consomption.

L'état de grossesse peut-il, chez quelques femmes, exciter par lui-même un appareil fébrile continu avec des exacerbations nocturnes, et simulant tout à fait une fièvre symptomatique de la tuberculisation pulmonaire ? fiums, et M. Jacquemier dans son Traité d* obstétrique, citent un fait de ce genre ; moi-même j'en ai rencontré im, il y a quelques années. La femme, amaigrie, minée par la fièvre et par des sueurs nocturnes, a vu les accidents cesser aussitôt après l'expulsion d'un fœtus de sept mois, et elle a recouvré depuis toutes les apparences de la santé la plus florissante. Les faits dont nous parlons sont rares ; il est surtout |^vl couxnuivi

168, MiiLADIES PAR UN VCCE DE PROPORTION DU SAN(i.

de voir Ja fièvre débutor avec la grossesse et persister j)eiHlani tout son cours ; le plus souvent les accidents cessent vers Icjquatrièine ou le cinquième mois.

D'après l'énnmération qui précède, doit-on encore admettre des fièvres hectiques essentielles, c'est-à-dire des Oèvres qui ne peim'iii s'expliquer par aucune lésion matérielle saisissable des solides ou des liquides? C'est là un fait fort douteux : s'il existe, il doit être sans doute fort rare. Cependant lM. Chomel a vu deux fois une fièvre hectique occasionner la mort sans que l'autopsie ait fait constater aucune lésion capable de rendre compte des symptômes observés pendant la vie (1), et Boisseau cite également un cas analogue (2).

Traitement. — Le traitement est variable. On ne peut rien opposer à la fièvre elle-même ; mais tous les moyens dont l'art dispose seront dirigés contre les aiïections dont la fièvre hectique est le symptôme, ainsi qne contre certains accidents prédominants. L'art est presque toujours impuissant contre la tuberculisation viscérale, mais il intervient utilement dans un grand nombre de suppurations ou d'affections des os.

Parmi les symptômes qu'il faut combattre, nous citerons la fièvre elle-même, quand elle a des accès réguliers, les sueurs, la diarrhée. Aux accès fébriles, ou opposera le sulfate de quinine; mais il faut savoir qu'ils en sont très rarement modifiés, et si parfois ils cessent, ce n'est que pour un temps fort court. Contre les sueurs, ou a surtout vanté l'acétate de plomb, l'agaric blanc, le tannin, le quinquina, moyens rarement efficaces; à la diarrhée, on oppose les mucilagineux, les opiacés par la bouche et en lavements, le bismath, les astrittgents. Les malades seront alimentés autant que possible ; s'il en est besoin, l'énergie de restomac sera excitée par la série de moyens que nous énumérerons tome II, à l'article dyspepsie.

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