‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 37 sur 118 · HALADIES PAR UN VICE DE PROPORTION DU SANG · texte numérisé non relu

HALADIES PAR UN VICE DE PROPORTION DU SANG

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btdes du sang,' comme étant rexpression; "de Tétat normal (1). Plus récemment encore, dans leur Traité de chimie pathologique, les moriios auteurs contestent que la pléthore soit due à Taugmentationde Télément globulaire du sang, attendu que des accidents de pléthore peuvent avoi|| lieu aussi bien quand les globules sont en exc^sque quand ils font défaut. .Revenant à l'idée ancienne et que nous partageons, ils ne voient dans la pléthore qu'une augmenlalion dans la masse du sang. Cependant l'augmentation de Vêlement globulaire ne joue-t-elle i)as aussi un rôle important? C'est là une question qui mérite d'être étudiée de nouveau et sur une plus grande échelle qu'on n'a fait jusqu'à présent.

Symptômes. — I>es signes de phléthore peuvent se développer peu à peu ou brusquement à l'occasion de quelques-unes des causes occasionnelles que nous mentionnerons plus tard. |]||ns la pléthore, on observe une sorte de rougeur et de tuméfaction de toute renvelo|)pe cutanée, due à la réplétion du système capillaire. Cet état est surtout appréciable à la face, aux mains, dont les mouvements de flexion sont didiciles, et aux pieds, qui sont comme engourdis et comprimés \^r les chaussures. Le pouls est large et dur ; les battements du cœur sont énergicpies; mais il est rare qu'ib s'accompagnent d'un bruit morbide, ainsi qu'on l'avait cru longtemps. Toutes les veines sont en outre distendues, et la circulation se fait lentement dans ces vaisseaux. Souvent aussi cm peut se convaincre par la percussion, ainsi que M, Piorry l'a noté le premier, que les principaux réservoirs du sang, et surtout que le cœur et le foie, occupent un plus grand espace ; les poumons euxmômes sont parfois un peu engoués à leur partie postérieure, comme le prouve la diminution de sonorité et de l'expansion vésiculaire dans ce point. Toutes ces circonstances révèlent (]ue la masse totale du sang est augmentée.

L'individu pléthorique éprouve des lassitudes et une sorte d'engourdissement général ; il est paresseux ; son travail est pénible ; il s'assoupit dès qu'il est au repos, et son sommeil est lourd, agité par des rêves ; le réveil est diflicile. La tête est pesante ; il y a des vertiges, des bourdonnements d'oreilles ; hi face devient momentanément plus rouge; les malades se plaignent d'y éprouver un sentiment de chaleur incommode : c'est ce qu'on nomme des honfféeê de chaleuf\ En même temi)s rap|)étit est diminué ou perdu ; les selles sont rares, les urines sont rouges, les sueurs plus abondantes ; il y a quelquefois un peu d'oppression.

Marche, durée, terminnison. - — Ces symptômes peuvent persister un ou plusieurs jours, une ou plusieurs semaines, ou plusieurs mois, en présentant des alternatives; puis ils diminuent et cessent spontanément D'antres fois , c'est une hëmorrliagie, tme sueur abondante, un flux urinaire ou intestinal, une fièvre éphémère, qui jugent ta maladie. M. Chomel fait obsen-er avec juste raison que dans cette affection les rechutes sont rares, tandis que les récidives sont très fréquentes. La maladie se reproduit alors avec les mêmes symptômes, et elle se termine toujours de la même manière.

La pléthore est une cause prédisposante ou efficiente de plusieurs maladies : c'est ah)si que des congestions sanguines, des hémorrhagies actives, une fièvre synoque, ne reconnaissent parfois d'autre cause qu'un état pléthorique. On a dit aussi que la pléthore prédisposait aux inflammations; mais cette opinion n'a été émise

(4) MM. Beo^uerd et Rodler reproeheai à MM. Amiral et Gavairet de n*avoir pas donné une moyenne pour chacun des tciei. Procédant aatreuient, ils !ont iviDcé qae la proportion des globolet était moindre chei la femme. D*aprèt ces auteurs, le chlifre moyen sérail chez elle de 427, le maximum de 437, le minimum de 443, tandis que poar 1*homme ils auraient ûvaré iâà poar moyenne, 451 jpDor maxinram et 484 pour minlmam.

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qM par aualogic, et par suite des idée^'.^'on 8*était faites sur la oompoaitioii du Hig, qn*oii croyait tK*s riclic en fibrine. M. Andrai, d'ailleurs, s'est assuré par l'observation clinique que cette opinion fi*avalt aucun fondement. Mais si la plétiiore n^ngendrc pas la phiegniasic^elle complique souvent celle-ci, aggrave alors les syiiipiôiiies de réaction et force à insister davantage sur le traitement antiphlopstique. 11 y a par contre antagonisme entre la pléthore et les affections chroaîqoes.

Diagnostic, — Le diagnostic de la pléthore offre rarement de la diOiculté. Il bat juger cet état par Tensemble des troubles qu'elle produit, et non pas seulement par le poub, qui peut tromper. Il est, en effet, des pléthoriques qui, ayant les radiales petites on profondément placées, présentent un pouls grêle et qui frappe molleiiieut le doigt ; et, d*autre part, il est Ix'aucoup ^'individus, un grand nombre de TîeîUards surtout, dont les artères sont roides ou ossifiées, et qui ont alors un pook ample, dur, vibrant, sans que iK)ur cela ils soient pléthoriques. Nous rappelons seulement ici, et nous dirons plus tard avec quelques détails, que beaucoup de médecins confondent, surtout chez les femmes grosses, la pléthore et certaines fonnes de la chlorose ; mais à Toccasion de l'anémie nous' indiquerons la manière d'éviter une erreur toujours très préjudiciable.

Pronostic. — Le pronostic de la pléthore n'est presque jamais fâcheux : il le deviendrait pourtant si la pléthore, récidivant fréquemment, s'accompagnait d'un état de congestion permanente du côté de quelque viscère important

Étiologie. — La pléthore, rare dans l'enfance et l'adolescence, est plus commune dans la période moyenne de la vie; les femmes y sont plus sujettes que les hommes, ce qui s'explique par leur vie sédentaire, par les troubles delà menstruatk», et enfin parce qu'en raison de Thémorrhagle mensuelle qu'elles ont, la sangnification est beaucoup plus active chez elles. La grossesse est généralement regardée comme une cause extrêmement fréquente de pléthore pour la femme; ce quon attribue à la suppression d(*s rf*gles, au défaut plus complet d'exercice, à une alimentation plus abondante ; mais il ne faut pas oublier qu'on a exagéré cette fréquence et rattaché à la pléthore des accidents qui lui sont étrangers. La pléthore atteint rarement les hommes robustes qui se livrent à des travaux rudes. Elle affecte au contraire fréquemment les sujets sanguins, replets, obèses, au visage coloré, qui ladgneDt |)eu, qui usent piMi leur intelligence, qui dorment beaucoup et ont une nourriture abondante. Le printem|y$ est la saistm qui semble favoriser le plus la pléthort'. Cet état se dévelopix; parfois à l'occasion de quelque cause qui excite la dnnilation, telle que l'exposition à ime température élevée, l'immersion dans un bain trop chaud, un excès de table, une émotion morale, la suppression d*une héfflorrhagie, ou l'omission d'une saignée habituelle. Il est enfm des individus qui héréditairement, ou en vertu d'une disposition innée ou acquise, fabriquent, quoi qu'on tasse, plus de sang qu'ils ne peuvent en déi)enser, et sont atteints d'une sorte de diathèse pléthorique dont les effets sont très variés.

Traitement. — La saignée générale est le moyen par excellence pour combattre la pléthore; on y joindra l'emploi de quelqties laxatifs, des boissons délayantes, diurétiques, et un régime doux.

Si la pléthore récidive fréquemment, il faut astreindre les individus k un régime sévère : ainsi leur alimentation sera surtout composée de végétaux herbacés et de viandes blanches ; ils s'abstiendront de prendre des liqueurs spiritueuses et des vins généreux; ils entretiendront la liberté du ventre par des lavements; ib feront tous les jours de l'exercice à pied, ih exciteront la transpiration ; «nteîb toratt.

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