‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 38 sur 118 · DE LA CONGESTION SANGUINE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA CONGESTION SANGUINE EN GÉNÉRAL

On doit donner le nom de congestion (de congerere, amasser), d'hypérémie ou de pléthore locale, à raccumulation du sang eu plus grande quantité qu*ci Tétat normal, dans une partie quelconque du corps.

On a distingué deux variétés ou espèces de congestion: i* une congestion active ou sthénique, dans laquelle on a supposé une augmentation dans la vitalité des parties : ce serait celle qu'on devrait désigner sous le nom de fluxion ; 2*» une congestion asthénique ou pa^siS, c'est-à-dire par relâchement ou atonie des vaisseaux, soit que cette congestion arrive spontanémont, soit qu'elle résulte d'un obstacle mécanique à la circulation veineuse. On pourrait rapprocher de cette dernière espèce les congestions dites cadavériques, c'est-à-dire celles cpii se forment après la mort ou dans les derniers instants de la vie.

i» De la confçesiion active ou sthénique.

Anatomie pathologique. — Lorsqu'un organe est congestionné, la quantité de sang qu'il doit contenir normalement est augmentée. Par suite de cette accumulation, son volume est devenu plus considérable, et l'on remarque aussi un changement dans la coloration du tissu, qui est rosé, rouge ou noirâtre. L'augmentation de volume est non-seulement produite par la grande quantité de sang contenue dans les vaisseaux, mais encore par une infiltration de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire ; car les congestions, pour peu qu'elles se prolongent, se compliquent souvent d'œdème, lequel est produit probablement par la stase du sang et par la difficulté avec laquelle ce liquide circule dans la partie hypérémiée. La congestion peut occuper tout l'organe ou bien n'être que partielle. Si la partie congestionnée est formée de deux tissus ou de deux substances d'une vascularité inégale, comme le sont le cerveau ou les reins, on trouvera presque toujours que la congestion est plus considérable là où normalement il existe un plus grand nombre de vaisseaux. Toutes choses égales d'ailleurs, la congestion est presque toujours plus marquée dans les parties déclives; ce qu'il ne Caut pas toujours attribuer à un eiïet cadavérique, ainsi qu'on pourra s'en convaincre plus tard, surtout par rapport aux poumons. Un tissu simplement congestionné n'a subi aucune modification de consistance ; si parfois on trouve celle-ci diminuée, cela tient à la grande quantité de liquide dont il est imprégné ; mais si on exprime le sang et la sérosité qu'il renferme, on lui rend presque toujours sa densité normale ; il suffit également de le laver ou de le faire macérer quelques heures dans l'eau pour le décolorer: on obtiendrait le même résultat en injectant ce liquide dans les vaisseaux. Tout cela prouve que, dans la congestion, le sang ne fait que stagner dans les capillaires, sans être combiné avec les tissas. Il est inutile de dire que, dans un organe qui est congestionné, les vaisseaux doivent paraître plus considérables. Leur tension peut même devenir telle, que parfois ils se déchirent, et alors se forment des hémorrhagies circonscrites ou diffuses, suivant l'abondance du sang, le volume des vaisseaux et la texture des tissus. La dilatation des vaisseaux dans les parties congestionnées paraît d'ailleurs être presque toujours consécutive, puisque l'examen microscopique, fait au début de la congestion, prouve, ditH>n, que les capillaires

^k^ DE LA CONGfeSTlOR.AAMGUINE EN GÉNtEAL. 17S

U d*où résulte une diiBifiutioa dans le calibre des capilaim et une proportionnée dans le courant drcnlalfrire ; car 3 eit pnmvé, en phys on liquide marchant dans ia tube avec nue certaine fiteMe, oebi-d vieil à se rétrécir sans que la fQ|pc d'impabion soit diminuée» le liquide derra

couler beaucoup plus vite. Cet état de contraction des capillaires ; souvent il cesse si rapidement qu'il paraît manquer. M. Dubois, a également conclu de ses recherches microscopiques que, dans la conte sang se borae à distendre les capillaires de premier ordre, c'est-à-dire qn aont cominns et intermédiaires aux artères et aux veines ; tandis que, hnqw les cqriBairespKtt. ténus et natureDement blancs s'engorgent à leur tour, rhipéiéinie tourne à rhémorrhagie ou à l'inflammation. Il est inutile de prémunir k lectcnr qnl dbit accepter avec réserve cette opinicy^, ainsi que toutes celles qui ■e s'appuient que sur dés résuluts microscopiques. Dans l'hypérémie, il n'y a ilifiinnitnt aucun changement dans la constitution du sang

Ln caractères anatomiques des congestions, précédemment décrits, se dissipent quelquefois très rapidement dans les derniers instants de la vie : c'est oe qui explique pourquoi l'on ne trouve plus à l'ouverture Ae certainii^cadavres les traces des congestions diagnostiquées pendant la vie, et qui ont produit néanmoins de graves acddents.

^^mpiomaiologie. — Une congestion peut se former brusquement ou peu à peu; de pent être précéàée ou accompagnée de symptômes généraux et sympathiques curtoement Tariddes ; mais elle est surtout caractérisée par des trouUes locaux qsi dHRrent suivant une foule de circonstances et surtout suivant l'organe qui est b âCge de la congestion. Ainsi, lorsque la partie hypérémiée est extérieure, on la reogir et aoginaiter de volume ; sa température semble s'élever, et les artères la Uifersent battent arec plus de force que de coutume; SouTent aussi les Y éproofeot un sentiment de chaleur, une douleur obtuse ou une sensation d'cngoardissement Les fonctions de l'organe sont également plus ou moins perverties, et cela varie depuis un trouble à peine marqué jusqu'à la suspension conqdèle de la fonction, comme on l'observe, par exemple, dans certaines congestions cérébrales qui, ainn que nous le durons sous peu, peuvent tuer rapidement et presque instantanément

Marche^ durée^ terminaisons. — Les symptômes propres aux congestions peavenft arriver brusquement k leur summum d'intensité ; d'autres fois ils offrent pendant jqndqae temps une marche ascendante. Cependant leur durée est générakmenC courte; il est rare qu'elle dépasse, en effet, trois ou quatre jours. Elle peut séanmolns se prolonger parfois pluaeurs mois comme ne durer que quelques ■wnwif* ; mais ce sont le des cas exceptionneb. D'ailleurs on ne peut établir aucun rapport entre la t iolence de la cmigestion et sa durée. Une congestion peut, en effet, cesser dans un point et se refmiduire dans un autre : c'est ainâ qu'on p^t voir en quelques heures ou en quelques jours les organes les plus éloignés, internes ou externes, être pris d'un mouvement fluxionnaire. M. Trousseau, ^i a obserré pinsienn faits de ce genre, dit que cette variabilité dans le siège des congestions ne se remarque guère que chei ks.chlorotiques. •

Dons la plupart des cas, la congestion se termine par délitescence ou par résohition. Celle-ci est parfois accompagnée de quelque mouvement critique du cAté de la peau ou du tube digestif; d'antres fois l'hypérémie se juge par une hémorrfaagie qui se fait dans Toigane congestionné ou è son voisinage; enfin, dans les castes plus rares, on voit survenir une inflanunation phis ou mcHnsgrate.

I tTA MALADIES PAH UN VICE DK PROPOBTION DU SANG.

IIgsI p«ude maladies ((ui suient plus Kujirllesïrùcidivc ([ii('lcHli;|)i;'ii'iiii<.')i. Ou

I I dit avec raisou <|iic les coDgestious appelait-'iil d'autivs cungnslioiiii, vy tjui!, lots- 1 qu'un organu t'itsl 11uu»niiiJ uuo Toi», il a beaucoup du Icudatice à le devenir [ 00001*6. Il e»t des individus clinx luMquelu cusJiypéL-ëniieti se font loujours vers la

nu^iue poinl, et celi i Aes intervalles plui ou moins rapprocliés, et ipielquefoii

réguliers. La reproduction fréquente des coogËStiuns (tan» un mûme organe Onil

par produire diverses lésions cotiséctilives, telleN qu'une vascuIarttË plus ^l'ande,

et plus lard une auguieniatiou du volume ou uue liy|)er[ropliie. Il n'est nullement

démontré, au contraire, que les parties qui sont souvent affectées d'Iiypi-réiiiie

deviennent plus riéquemineot le âége de lésiuus organiques et de producUonii

aceidentclliu. Toutefois il arrive fréquâumienL que, dans le lu-iu d'un tissu cliro-

, Biqucmenl affecté, il se fonuedo temps enismpsdes congestiuiis sanguines actives

I qui ont pour effet d'augmenter nioinentanL^ment les souffrances et d'imprimer ims

1 marche plus rapide i la lésion organique.

Oiagnaitic. — Il est parfois difficile de distinguer une hypérËmie d'une plileg-

Basie commençante oii d'uue liéiuorrbagie interstitielle. Il nous est impossible de

r tracer I ce sujet aucune riigle générale de diagnostic ; mais en traitant de cluque

I hypérÉmie nous anrous soin d'e\poser les dillicullés des cas pariiculieiv, et nous

[ rechercherons comment on peut en iriouqiher,

i'nmoitie. — Le pronostic varie suivant la forme de la congi^iiuo et sa [tersis- RWace, suivant l'importance de l'ui^aue affecté, enlio selon ses uxkIcb du terminai' I, etc. ; c'est ce qui s'expli(|ucr'a niieiu par la suite à l'iKusion de chaque bypérémie en paiticuUer.

Étiologie. — Tous les organes peuvent se congestionner ; mais la fiéqni^nce des

hfpérémies dans chacun d'eux est presque toujoura en i-aison directe de la quantité

de vaisscaui qu'ils contiennent ; ainsi l'utérus, le cerveau, les poumons, le foie, la

rate et les membranes muqueuses sont les orpties qu'un voit se cougeslionfier le

is souvent. \jia hypérémies se forment à tous les Ages, et aussi facilvmeni chei

llwsujettdéUUtésel ayant un sang appauvri, que chez cent qui sont àtan les cou

I ditious opposées : rnais l'ige exerce la (dut grande influence sur La si^ge des cou-

BBslions, ainsi que sur leurs symplôuiee. L'àlal pléthorique et une grande irriu-

biiité nen'euse sont les deux conditions organiques qui ivédisiMuent le plus aut

congestions. Celles-ci se déclarent le (dus souvent spontanément sans qu'un puisse

saisir aucune cause déterminante; d'autres fuis elles sucuileni manifestement à

quelque cause d'excitation locale ou générale; fréquemment aussi l'alHij); du sang

vers une partie tient A des variations brusques dans la pression atiiioqdiérique ou

bns la tempéraluie.

Quant i la cause intime du phénomène, nous ne jtouvons la saisir. ËxpIiqtUTi

I «Cet, la coi^;e»tion par nu spasme des veines, diâ artères, duc4eur, etc., c'est

«oc hypullièse gratuite que rien jusqu'à présent ne peut justifier.

Traitement. — Les congestions stliéiiiques rédaïueui mi traitement actif, tel que saignées gèuérales, dérivatifs puissant», comme le sont tous les révulsifs cutanés, les purgatifs di'sstiques, et inËme les diurétiques. (Quelquefois, pour ' l'organe plus coniplétement, on doit recourir aut saiguées locales, et surtout sangsues, qu'on applique en grand nombie, aliu de pimliiire un écouleineot dÊrable ; si l'on agissait autremi^t, les sangsues pomraieut avoir uu effet contn Enlia, il est des raugestiuiis tellement rebelles ou ijui se i-eproduisent ment, qu'on est obligé, |K)UI' les combattre et en prévenir le retoui', permanenceun large esijMKlointluiiaiBtotilâcouBesiioa se fait. Uu peut ai

Page 1