‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 5 sur 118 · PREMIÈRE CLASSE D£^ MALADIES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CLASSE D£^ MALADIES

Les fièvres formeiit une classe importante de maladies, que des auteurs systé-

miques ont cherché vainement à rayer du code uosologique pour les rejeter

taies dans les inflammations. Il est fort peu de personnes aujourd'hui qui défeu-

dem une pareille doctrine : presque tout lo monde reconnaît, au contraire, qu'il

ni^te des maladies dans lesquelles la fièvre, qui en forme le caractère prédominant,

ne se* lie à aucune altération locale; ou que si les solides sont quelquefois atteints,

Icnn lésions sont postérieures au mouvement fébrile, incapables de l'expliquer,

cl suot, aussi bien que la fièvre, l'eiïet, la conséquence d'une cause plus générale.

Mib avant de donner la démonstration de cette vérité, et d'assigner aux fièvres

\nr^ caractères distinctifs, nous devons faire connaître en quoi la fièvre consiste,

Tiiuinérer les phénomènes qui la caractérisent, soit qu'elle représente à elle

^ûf. toute la malade, soit, ce qui est beaucoup plus commun, qu'elle ne soit

Çu an symptôme de diverses altérations saisissables, el particulièrement un sym-

^'Ubi des phleginasies.

l'De lA flésTre en séoéral. — Les iiiots flhre{V)^ fnjrexio (2) ou état fébrile^

-^«rut à désigner un état morbide caractérisé surtout par la chaleur contre nature

fc la pi'aii, par l'accélération du pouls, par un état de malaise et par des troubles

ii^r-n» d'' quclc{ues autres fonctions.

L augmentation de la chaleur du corps, que les anciens et Hippocratc le pre-

.'T. regardaient comme caractérisant la lièvre, est, en eiïct, le phénomène le plus

•-'4fcunt de cet état morbide, sans en être pourtant un indice ceitain. La chaleur

r.ihle est plus ou moins vive : les malades en ont ordinairement la conscience,

4 ji^n du médecin la perçoit, mais on ne peut la mesurer exactement qu'à l'aide

tj thennomèlre. Cet instrument, placé dans l'aisselle, fera constater une élévation

1 Fu'tre^ febris, dérive du mot fervere^ bouillir, ou de firvai\ rirervesccnce, parce qu'on

''ri^vjit que dans la fièvre les humeurs étaient en mouveniciit, à !:w manière des liquides qui

'- >:it t:n ebuilition. D'autres donnent le mot fièvre comme dérivé de fcbruure, purger* puri-

»r. ^icv qu«^ la tiètre éluit regardée par beaucoup de médecins comme une opération salu-

Af ùr; la nature.

:. Pyrtjrie, mot usité chez les Grecs pour désigner la fièvre, vient de ttvo, nvpiTo,-, feu, >4^ exprimer la chaleur, qui est, en elTet, un des caractères prédominants de l'état fébrile. biï i-Kore.le uon de pyréîologie, qui est ceUe partie de la nosologie qui traite spécialement

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2 DES PIÈVBES.

de température qui variera de 1 k 7 degrés au-dessus de la température normale (1). Il n'y a pas toujours un rapport exact entre l'intensité de la chaleur et la sensation éprouvée par les malades; ceux-ci, en eiïet, accusent quelquefois une chaleur ardente, tandis que le thermomètre indique à peine une élévation d'un degré ; d'autres fois les malades accusent un froid intense, tandis que le thermomètre s'élève au-dessus de la température normale : c'est ce que nous verrons notamment dans le stade de froid des fièvres intennittentes. La chaleur morbide, quoique générale, paraît souvent plus intense dans quelques points du corps ; elle peut même, comme on le voit dans des cas rares d'accès de fièvres anormales (fièvres topiques), être limitée k quelques parties, tandis que le reste de la peau conserve sa température naturelle. La chaleur fébrile peut être fugace ou continue; elle peut diminuer, puis s'accroître, ci^sser et reparaître ensuite à des intervalles fixes ou irréguliers, suivant la cause de la fièvre. La chaleur peut être primitive ; ' mais le plus souvent on voit le début de la fièvre être marqué par une sensation de froid qui peut ensuite se reproduire plus ou moins souvent dans le cours de la maladie. Aussi variable que Test la chaleur, le froid n'est le plus souvent qu'une perversion de st'nsatiou des malades; car la main du médecin, appliquée sur la peau, perçoit presque toujours le contraire, (;t le thermomètre, mis dans l'aisselle, fait constater une augmentation plus ou moins considérable dans la températura Le froid, qui marque si communément le début de la fièvre, ne consiste tantôt qu'en une simple sensation, sans aucune secousse ou agitation du corps: c'est le refroi-dissemeut ; ailleurs, c*est Vhorripilation avec saillie des bulbes des poils (chair de poule); enfin à un degré plus élevé, le corps est agité d'un tremblement involontaire, il y a souvent claquement des dents : c'est le frisson proprement dit L'accélération du im)u1s est un des phénomènes les plus constants et les plus certains de la fièvre; c'était même pour Boerhaave son caractère essentiel. Il peut pourtant manquer dans quelcfues cas, mais cette anomalie ne se remarque guère qu'à certaines périodes de quelques maladies graves, et elle n'a presque toujours Heu que dune manière passagère. La fréquence du jmuls, quelque importante qu'elle soit, ne saurait cependant à elle seule caractériser l'état fébrile, attendu qu'elle existe fréquemment d'une manière permanente dans certaines conditions de l'économie, notamment après des pertes de sang considérables, dans la convalescence des maladies graves, etc.

Le degré de fréquence du pouls, qu'on ne \)QUi apprécier exactement qu'avec montre k secondes, varie beaucoup. Souvent il n'existe que quelques pulsations de plus qu'k l'état physiologique ; d'autres fois leur nombre est doublé ou triplé; le pouls peut même être tellement fréquent, qu'il devient absolument impossible de le compter. Mais, pour juger sainement de l'étal de la circulation, le médecin doit connaître les variations que la fréqiiena* du pouls présente aux différents âges de la vie. Ainsi, on ne doit pas oublier que, d'après les recherches de MM. I^uret et Mitivié (2), le pouls des vieillards est plus fréquent que celui des adultes, puisque chez les premiers on trouve |X)ur moyenne 73 ou 7^ pulsations k la minute, et 65 seulement chez les seconds : résultats presque identiques avec ceux qu'a obtenus en Amérique le docteur Pennock (3). Mais, malheureusement, on n'est: pas encore

(1) L'expérience a prouvé que r»is»ellc donne au Uiermomètre, à peu de choie près, la même température que les cavilés internes, où la caloricité est à son maximuau

(1) De la fréquence du pouls chei les aliénés, Paris, 1832.

(3) American Journal de i8Â7, et Archives générales de médeeJMf miBéro deoofcmbreiSASf p. 8Â5.

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