‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 58 sur 118 · I. — 7' KDIT · texte numérisé non relu

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en outre divoMs inoommodités; ainsi eUc peut finir par altérer gravement la phonation ; mais elle n*a jamais une issue funeste, et quoi qu'en ait dit le docteur Green, elle ne peut jamais dégénérer en aucune lésion organique.

Causes, — L'angine granulée est beaucoup plus fK>quenle chez les hommes que chez les femmes. Rare au-dessous de quinze ans, on la rencontre surtout chez les adultes, et débute le plus souvent, d'après Ae docteur Green, de vingt-cinq à trente- cinq ans. C'est une affection qui parait parfois être héréditaire, et qu'on observe plus spécialement chez les sujets Iblteints d'aiïections herpétiques sur divers points du tégument externe. jM. Choii îI et îM. Gueneau de Mussy ont beaucoup insisté sur cette corrélation. M. Chonir-^egarde la maladie comme étant plus commune chez les individus qui, ayant les narines naturellement étroites, sont obligés de respirer presque exclusivement par la bouche pendant leur sommeil, d'où résulte une sécheress^Ubituelle de la bouche et de la gorge. L'angine dont nous parlons est plus commune dans les pays où par suite des variations atmosphériques on voit régner plus qu'ailleui^s les phlegmasies pulmonaires ; elle atteint plus spécialement tous ceux qui se livrent à l'exercice de la parole, cpii abusent du tabac et qui ont été fréquemment atteints de phegmasies aiguës de la muqueuse pharyngée.

Traitement. — Les individus seront places dans d'excellentes conditions h\ giéniques ; ils éviteront les refroidissements, proscriront les mets épicés, excitants, les boissons alcooliques et l'usage du tabac. Le séjour momentané dans les pays méridionaux est parfois indispensable.

Parmi les moyens curatifs se place en première ligne l'usage des eaux sulfureuses prises aux sources. On a préomisé tour à tour les eaux d'£nghien, celles de Luchon et les Eaux-Bonnes. L'expérience n'a pas prouvé la prééminence* d'aucune d'elles. On les administrera en gargarisme, et les malades en boivent en outre un ou deux verres par jour. Ces eaux sont d'autant mieux indiquées que l'altération du pharynx coexiste le plus souvent avec des boutons d'acné, avec la cou|)erose et d'autres éruptions chroniques de la peau, comme si ces diverses lésions étaient l'expression de la même diathèse.

On a encore administré à titre de modificateurs et comme agents altérants les mercuriaux, le chlorhydrate d'ammoniaque, l'iode, spécialement l'iodure de potassium. Ce dernier a réussi quelquefois, mais on n'y aura recours que lorsc|ue les eaux sulfureuses ont échoué.

Dans les cas où les moyens généraux n'ont pas réussi, on a conseillé l'emploi d'une médication topique. On a cherché ^ modifier l'état de la membrane muqueuse par la cautérisation ; on pratique celle-ci, soit avec l'azotate d'argent, soit avec l'acide chlorhydrique. (iles cautérisations sont plus ou moins répétées ; on li^s fait à des intenalles plus ou moins rapprochés, suivant les résultats obtenus. On a conseillé aussi avant la cautérisation, ou concurremment avec elle, de fain* des insufilations avec diverses poudres, et surtout avec le bismuth, ou mieux encore; avec l'alun. Quant aux révulsifs, qu'on a quelquefois employés sans ménagement, l'expérience a prouvé qu'ils n'avaient aucune utilité.

De l'œsophagitc, on inflammation de l'oiophage.

L'inflammation de l'oesophage, signalée par Fenici, et peut-être même avant ce médecin célèbre, n'a été convenablement décrite que depuis environ vingt-cinc) ans» époque à laquelle un regrettable observateur, le docteur iVlondière, inséra

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[ éum In toiucs WIV et \\V des Arc/nues de médecine on travail d*nn grand intérèr.

Ou^etireê miatomiques. — l/iiillainmation produit dans Tcesophage des allénjdoos tout à fait identiques avec celles que nous avons rencontrées dans la bouche et le pharynic. C'est ainsi qu'il existe une opsophagile simple^ caractérisée par la iMBBur, répaississeineni, lo rainoidssement, Tulcération de la membrane mu- ^■em. D'autres fois, l<^ foUiruleR nenflammeut isolément {ofthifies), ou bien niiflauiniatiou est surtout caractéri^4/e par une sécrétion morbide comme celle éê muguet (œsopbagite crnneuse) ooMe la diphthérite (œsoplia^itc pseudo-mtm- AmwiiM). Dans ces cas, les lésionsat^^'œsophage sont presque toujours consécufifes h celles de la bouche et du pharynx. Knlin, la phlegmasie |)eut gagner le tissu celliilaire sousmuqueux, qui alors s'indurc et suppure. On pourrait donner à celte forme de maladie le nom de p/tiegr/wneuse. "^

L*œ9opfaagite peut exister aussi à Tétat chronique ; mais sous ce nom on a trop 09iHlvent confondu des lésions organiques très diverses : aussi est-il impossible, dans Tétat actuel de la science, de tracer ses caractères anatomiques et de préciser les 9%mptOmes qui peuvent la faire distinp;nor.

Symptômen^ mnrche^ tcrminimuus . — L'histoire symptomatique de l'onophagîte aiguë est encore très incom])lète : cependant voici quels sont, d'après la phipart des auteurs, les princi|)aux phénomènes f(ui peuvent aider à la faire refonnâhre.

Ln malades accusent constamment une douleur plus (m moins vive, ((ui est rapportée à la partie inférieure du pharynx, parfois à Tépigastre ou bien au milieu (la dos, entre les deux épaules ; elle semble occuper parfcMs toute la longueur de Tosophage. Le siège de la douleur n'indique pas d'ailleurs toujours exactement rrloî de la lésion. Cette d<uileur, plus ou moins vive, augmente par la dti|;lutition, >•: peut devenir intolérable lorsque les aliments ou les boissons sont en contact aiec la |>artie phlogosée. Soiiveni alors l'œsophage se contracte convulsivement snr eux, etaprt's quel(|ues eiforts de vomissement ou plutôt de régurgitation, ces imbstances s<mt rejetées fwir la Iwuche ou les narines. C'est encore d'a|)rès h? même mécanisme que la plujKirt des malades expulsent une certaine quantité de matiferes glairenses ou de fauss<>s uKMUhranes sf>crétées par les surfaces ennammées. L'inflammation ayant souvent |)Our effet de diminuer notablement le calibre de l'œsophage, il s*ensuit que les aliments subissent alors à ce niveau un temps <rarrét dont les malades ont la conscience. Si le rétrécissement est très considérable, les aliments cessent d<; |)ouvoir le franchir; ils s'accumulent au-dessus de ce ()oint, et «int rejelés ytow de temps apn»s avoir été avalés. Toutefois de pareils accidents mnt excessivement rares dans l'cesophagite aiguë ; on ne les observe guère cpie dans la forme chronique, et plus encore dans les rétrécissements orgaiii(|iies. (Quelques malades atteints d'cpsophagite ont aussi accusé la sensation d'une houle qui, remontant de l'épigastre, s'arrêterait au ui\eau du larynx; d'autre.s, en plus ^rand notnbre, sont tourmentés par des hoquets. On a dit aussi a\oir obsené, en pareil cas, l'hydrophobie ; mais il y a encore doute à c^t égard, f^uoi qu'il en v»it, il (M rare de noter dans l'cesophagile des symptômes de réaction un |>eu vi\e.

(.ette maladie paraît se tenniner presque t(uijoors par résolution, rarement elle est suivie de suppuration, prescpie jamais de gangrène, quelquefois enfin les tissus s'ulciTent ou sont frappés d'induration ; on dit alors que la maladie a passi; à l'état chronique.

Lorsqu'un abcès se forme dans l'œsophage, le pus est évacué par la boncbe, on

bien, descendant dans rcstomac, il se inélc aux matières qui y sont contenues, et est entraîné dans les selles.

Les symptômes pouvant indiquer une nicéraiion de lœsophage sont encore très incertains. On a signalé comme lui appartenant une douleur plus vive que dans l'ccsophagite aiguë, et qui s'accompagne quelauefois de dysphagie et de la régurgitation de matières glaireuses et sanguinolcltes. Mais ces accidents, communs à plusieurs lésions de l'cesophage, sont insÉFisants, suivant nous, pour indiquer l'existence d'une ulcération, et surtout pouifKclairer sur sa nature.

Diagnostic. — Une douleur plus ou mois vive sur le trajet connu de l'œsophage, augmentant par Tingestion des alj^Mnts et des boissons ; la difficulté ou même impossibilité que ceux-ci éprouvent pour arriver dans l'estomac ; l'expulsion de fausses membranes jiar des efforts de régurgitation ou de vomissement, et surtout le rejet, presque wR>ilôt leur ingestion, d'aliments encore peu altérés, doivent faire croire à une inflammation de l'œsophage. Mais il est bien rare que la maladie se révèle jamais par des symptômes aussi tranchés : aussi l'œsophagite est-^ elle presque toujours d'un diagnostic obscur. Les maladies du larynx et de la trachée pourraient quelquefois, par la douleur que la déglutition des aliments provoque, faire croire à l'existence d'une œsophagite ; mais dans celle-ci la respiration est libre; il n'y a pas de toux, nulle sensation de chatouillement, |)oint d'aphonie ni aucune altération du timbre delà voix; enQn la déglutition, souvent (*mpéchce, produit une douleur presque toujours plus vive. Il faut savoir encore que, chez quelques rhumatisants et chez dt^ individus atteints de névroses, spécialement chez quehjues hystériques, il sunient parfois de la dysphagie; mais celle-ci est sujette à des intermissions ; elle cesse souvent tout d'un coup après les premiers efforts, et le malade n'accuse aucune douleur dans l'intervalle des repas.

On verra plus tard en quoi Tcesophagite se distingue de l'œsophagismc et des rétrécissements organiques. (Voir ces maladies.)

Pronostic. — Le pronostic n'est grave que lorsque l'œsophagite est générale, ou bien lors(]u'elle est pid^moneuse et qu'elle produit un rétrécissement mnsïdérable du conduit, ou bien encore lorsque la maladie se termine par suppuration ou par induration.

ttiologie. — L'cesophagite reconnaît toujours des causes directes, teJles que l'ingestion de substances irritantes , corrosives, de boissons bouillantes ou glacées, de corps étrangers à surface inégale. Enfin, le plus ordinairement, la maladie n'est qu'une extension de l'inflammation de la muqueuse du pharynx, et elle revêt alors la même forme anatomique que celle de cette dernière.

Traitement. — Si l'œsophagite est peu intense, le traitement doit consister spécialement dans l'emploi de boissons douces, mucilagineuses, et dans l'abstinence d'aliments solides. On administrera quelques bains tièdes; enfin, on opérera une révulsion sur les extrémités, à l'aide de pédiluves irritants, et surtout avec des lavements purgatifs.

Dans la plupart des cas, et pour peu que l'oBsophagite soit grave, il conviendra de tirer du sang. I^ fièvre est rarement assez intense pour nécessiter la saignée» générale ; mais des sangsues ou mieux des ventouses seront appliquées utilement sur le trajet de l'œsophage, spécialement au niveau de la douleur. En pareil ( as« les anciens donnaient la préférence à l'ouverture des veines ranines, sans que cette prédilection soit bien justifiée. Plus tard on aura recours aux révulsifs puissants, tels que sinapismes, frictions ammoniacales, et vésication le long de la colonne vertébrale ou à la partie inférieure du cou. Les malades garderont le repos et

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»alis4ieiidroiil inOnie (!<* parler, car les inoiivcineuls de la langue, ainsi (|ue Mondiçfc Ta établi, se propagent jnsqu^ù l'crsophage.

Lorsque par Tobstacle absolu cpie la déglutition éprouve, et par la durée de TaEection, on redoute l'existence d'un aba>s, convient-il, ainsi qu'on Ta conseillé, et anoder le canal, dans l'espoir ^\ crever le foyer, comme il en existe un cicn4ile dans la Gazette de saw/c' di^ 1823? C'est un conseil que je n'oserais dooner; car je craindrais que la sondr^, en heurtant contre des parties ramollies par le travail inflammatoire, ne se fourvo it dans les tissus et ne fit fausse route.

Lorsque la phlegmasie est devei>^hroniqne, il faut surtout insister sur les rnmlsîfs, et choisir même les {)lns énergiques, tels que cautères ou moxas et donner k rîutérieur l'iodure de potassium et les eaux alcalines. (Voir dans le tome H R Rétrécissement de VœsopUnqo,) '^

rartkle Rétrécissement de VœsopUngr,)

l>e la gastrite aignft.

C>n désigne sous le nom de gastrite l'inflammation aiguë ou chronique de l'esjitomac.

Historique et fréquence, — La gastrite est une maladie c|ui a été signalée des feufance de l'art; on l'a regardée comme étant plus ou moins fréquente, suivant lerûleplosou moins actif que les théories physiologiques de l'épocpie faisaient jouer à l'estomac ; mais nulle part et dans aucun temi)son n'a exagéré la fréquence de la gastrite, comme on l'a fait eu France sous le règne éphémère de la doctrine physîologîque. On vit alors cette maladie dominer toute la pathologie, puisque non- «olement on rapportait à elle toutes les affections de l'estomac, mais on prétendait en outre faire de l'inflammation de cet organe le point de dé|>art de toutes les autres maladies. Kn un mot, on rattachait alors à un travail phlegmasique de la moqueuse stomacale toutes les altérations de circulation, de sécrétion, do nutrition et d'innervation dont l'estomac pouvait être le siège, et même les eiïets sympathiques si nombreux qu'on observe du côté des ^oies digestives dans la plupart des maladies. Cependant une observation rigoureuse a depuis longtem))s fait justice de ces idées , et eUe a en outre démcmtré que cette gastrite aiguë ou chronique, loin d'être aussi vulgaire qu'on le disait, était par contre une des maladies les plus rares du cadre nosologique, une de celles dont il était surtout le plus difficile de tracer l'histoire. On sera même peu surpris d'apprendre que les travaux sortis de Técoie de Broussais ne sont d'aucune espèce d'utilité pour l'étude que nous allons faire, puisque le mot de gastrite n'a été, dans le langage de ces systématiques, qu'une de ces expressions vagues, indéfinies, sous lesquelles ils ont confondu les maladies les pins disparates. Ce sera surtout dans les écrits de >!>!. Louis, Cruveilhier et Andral que nous trouverons les notions les plus exactes sur la gastrite, considéK*e sous le point de vue anatomique. Mais, je le répète, dans l'état^ctuel de la science, l'inflammation de l'estomac, en tant qu'afi'oction s|)ontanée, est excessivemc^nt rare, et personne encore n'a pu en tracer une histoire satisfaisante ; c'est la maladie dont on a le plus parlé dans ce siècle, et dont l'histoire pourtant est encore une des moins connues.

fJicisions. — La gastrite est divisée, quant à sa marche, en aiguè et en cfironique ; quant k son étendue, en générale eienpnrtieile, Knfin, relativement à ses causes, on distingue toujours celle qui est spontanée de celle qui est toxique, c'està dire qui résulte de l'introduction d'un poison. Cette dernière sera étudiée à l'occasion des causes qui la produisent (Voir Empoisonnement», )

ff

Caractères anatomiquesde la gastrite a/gf/r'. — Dans la gastrite aigiiti gôiiéral*', on obsone communément une diminution plus ou moins consi(lrrai)lo dans la capacité de restomac. Ia membrane interne de ce \ isrère oiïre une roloralion qui vaiie depuis le rouge clair jusqu'au bnm foncé, coloration cpii est produite par une injection tantôt uniforme, tantôt dis|>offe par arborisations, par plaques, ou par un pointillé très fin; quelquefois enfnwe sang extra\asé entre les tuniques forme de petites ecchymoses, dépendant c& diverses nuances, lors même qu'elles résistent à une macération prolongée, ne s4' t'aient, dans aucun cas, caractériser à elles seules un travail inflammatoire, pu^[^il est prouvé que divei-ses causes, comme un ol)i»(acle mécanique à la circulation, \c, travail de la digestion, l'abstinence, et même le simple contact de l'air ntmospliérique, ainsi que les lois de la pesanteur, peuvent produ^^le même. vD'vL H faut en conclure que, pour déterminer sûrement sur le cadavre l'existence d'une gastrite, il faut nécessairement que la membrane nmqueuse ait subi certaines modifications dans sa nutrition. C'est ainsi (|ue, dans la gastrite, on trouve» la mn(|ueuse épaissie, ou bien aminrief toujours plus friable, et souvent tout à fait ramollie. Ce ramollissement varie depuis la simple diminution de consistance jusqu*-) cvi état où la muqueuse s'enlè\(* sous forme de bouillie rougeàtre. Les ramollissements muges sont les seuls qu'on puiss(* raisonnablement rap|)orter à Tinflammation ; |>cut-ètre aussi doit-on rattacher à la même origine ces ramollissements incolores^ mais entourés de toutes parts d'une injection \ive. Quant aux ramollissements pulpeux, gélatiniformes, et absolument incolores, qui surviennent dans une foule de circonstances, nous croyons ({u'ils ue sauraient caractériser une gastrite ; nous les décrirons plus tard connne constituant une affection distincte. Enfîn, tout porte également à croire (pie les ramollissements de la nmqueuse gasti'O-intestinale, qui, d*apr6s les belles recherches de 1^1. I^)uis, surviennent si fréquemment à la suite de tous les états fébriles un pini prolongés, ne reconnaissent point |)our cause immédiate un travail inflammatoire (1).

f.es ulcérations sont une terminaison fort rare de la gastiîte aiguë ; lorsqu'il en existe, elles sont généralement petites et peu uombreuscs. Elles aiïectcnt c^innnunément la muqueuse elle-même, mais quekiuefois eUcs n'intéressent que Tapi^areil folliculaire. (i*est ce que Billard a eu occasion d'observer assez souvent chex les très jeunes enfants. Pour tenniner, nous dirons que, dans la gastrite, la sécrétion de la membrane muqueuse est modifiée; c'est ainsi qu'on trouve communément les |)arties phlogosées tapissées par un mucus consistant , albumineux et souvent rougeàtre. D'autres fois il existe des cx)ncrétions crémeuses, connne dans le muguet, ou des |)seudo-membrane8, comme dans la diphthérite ; mais il est rare que celles-ci soient l'effet de la propagation d'une phlegmasie de la gorge. Presque toujours ces

(1) Afin (le bten apprécier les lésions cadaTériquen, il importe de savoir que la muqueui^e de restomac n*oflV« pa^ partout ni la m£mi> consistance ni la même épaisseur. Onjuxera de la consistance de la membrane par la longueur des lambeuui qu*ello iburoira. Ainsi, lorsqu'uprès ravoir incisée afcc le scalpel, on la saisit avec les doigts ou les mors d*une pince, de mnnière à la détacher, on obtiendra des lambeaux de 3 à 6 centiroèlres de longueur sur l:i petite courbure, de 1 ccntiiniMre j/2 à 3 centimètres sur la grande courbure : ils seront de 4/3 centimètre h la région pylnrique, et de 2 à 9 millimétrés à la région splénique. M. Louis, qui a fixé le« mesures précédcnies, a également apprécié d*une manière rigoureuse répalsseor de In muqueuse duns les divers points de Pestoroac. Ainsi on a trouvé que, le long de la grande courbure, la muqueuse a une épaisseur de 3/4 de millimètre ù 1 millimètre; de 1/3 à 8/& de millimèire le long de lu petite; de i/à à 3/5 seulement dans le grand cul-de>sac. Le maximum ù^épaisscur de la muqueuse est dans la région pylorique. Nous estimons que dans ce point elle est de 1 à 1 millimèlre 1/2.

I)K hk GASTRITE AIGUB. 26S

fausses membranes sont consécutives aux gastrites qui succèdent à Fempoisonnemoii par les acides concentrés. Dans l'inflammation derestomac, le tissu ceQulairc à la muqueuse est ({uekiuefois infiltré de sérosité et de pus ; celui-ci même parfois réuni en foyer ; mais dans ce cas, qui d'ailleurs est excessivement

l^abcès offre toujours un très%etit volume. Telles août les altérations proprei% la gastrite aiguë spontanée. Il existe bien encore quelques autres lésions de r4turo inflammatoire ; mais comme on ne les ohieiTe qu'après Faction de certains ^visons, nous en renvoyons l'examen à l'article des Empoitonnements in'itants. *j

Symf^ômes, marche. — La gastmt peut débuter brusquement ou bien être précédée des prodromes ordinaires aux maladies aiguës. Lorsque l'affection est bien caractérisée, les malades accusent une d()uleu>;jg|rfois obtuse, mais ordinairement vive, lancinante, siégeant au creux épigastrique, augmentant toujours par la pression, par les mouvements du tronc et souvent par l'ingestion des liquides. ^ li y a une inappétence complète ; les malades sont tourmentés par une soif vive : la langue est couverte d'un enduit blanc ou jaunâtre; elle est parfois collante, vècbe et rouge, dit-on, à la pointe et à ses bords. Il y a des nausées et des vomissements diflSciies, douloureux ; ceux-ci sont spontanés, mais l'ingestion de la boiswn la plus douce suffit aussi pour les provoquer. Ils sont composés de matières aqueuses, bilieuses, jaunâtres et quelquefois sanguinolentes. £n même temps la dialeor du corps s'élève ; le pouls est accéléré ; il y a de la céphalalgie, de l'insomnie, de la dyspnée, une respiration saccadée, accompagnée d'une petite toux lèche et d*une grande anxiété : ces derniers symptômes n'existent guère toutefois que dans les cas oti la gastrite s'accompagne d'une douleur très vive.

La description précédente se rapporte à la gastrite grave, mais qui n'est pas la suite d*iin empoisonnement par des substances irritantes. Cependant, dans le plus grand nombre des cas, la maladie n'a pas cette intensité. Ainsi, le plus souvent, la douleur est seulement obtuse, la soif est peu vive; l'appétit n'est pas complètement perdu ; lc»s malades peuvent prendre encore quelques aliments, qui toutefois sont rarement digérés. Presque toujours, en effet, ces substances réveillent des douleurs plus ou moins vives, et fmissent par être rejetées par le vomissement, après avoir provoqué des rapports nidoreux : c'est la gastrite subaiguê légère ou érythémateuie des auteurs.

Comme on vient de le voir, dans la gastrite qui ne dépend pas d'une cause toxique, les symptômes |)euvent avoir uue certaine intensité : mais on n'observe [las ces accidents formidables d'adynamie et d'ataxie, de délire et de coma, qui, d'après les partisans delà doctrine physiologique, accompagneraient fréquemment la gastrite intense ou suraiguë, spécialement celle qu'on a nommée phleymoneuse, en raison de la propagation de la phlegmasie au tissu cellulaire subjacent. Cetu* dernière forme de la maladie est d'ailleurs tellement rare, ([u'on en rencontre à t>eine quel(|ues cas dans le cours de la pratique la plus longue et la plus ocxiupée.

Terminaisons. — Pres(|ue toujours la gastrite a une heureuse issue. La résolu lion est sa terminaison la plus ordinaire. Loi*sque celle-ci a lieu, les symptômes déclinent et s'amendent peu à peu : cependant, même après leur cx^ssation complète, l'estomac conserve souvent pendant encore longtemps une grande susceptibilité; les digc^stions sont douloureuses et difliciles. Quelquefois, enfin, ce n'est qn'apri'S plusieurs recnidescences de l'état aigu que l'estomac reprend défînitiveinent ses fonctions. Souvent aussi, le malaise se prolongeant indéftniment, la gastrite passe à l'état chronique. La maladie ne se termine par la mort qu'autant

26a DES INFf.AMMATIONS.

que la plilegmasio a eu pour effet de raïnollir et do délruire uno grande |)arlie de * la muqueuse >toniacale, et d'apporter ainsi un obstacle à la nutrition. On conçoit aussi que la mort puisse dépendre d'une péritonite suraiguë, par suite de la perforation de restomac ; cette lésion pourtant n\>st presque jamais Teffet d'une gastrite aiguë simple ; mais elle succède le#)lns communément à la gastrite par cause to\ique. Il en est d(* même de la gaiwène, qui reconnaît presque toujours une cause spt'^cifique pustule maligne, poislis caustiques, etc.).

Durêt. — La gastrite a une durée varialR>; |)our peu qu'elle ait de l'intensité, il est rare que les malades soient rétablis a\as^ (in du second septénaire ; souvent la convalescence si» prolonge pendant un temp^ort long et tout à fait indéterminé.

/^intjtitistir. — 1^ gastrite aiguë doit surtout être distinguée du ramollissement atonique de Festomac, de^l^barras gastri((ue, de la gastralgie, des vomissements nerveux, de Thépatite, de la péritonite, des coliques hépatique et néphrétique, etc. ; j'établirai ces diagnostics diiïérentiels lorsque je traiterai en particulier de chacune de ces maladies. Mais on peut résumer ainsi les caractères distinctifs* de la gastrite, en disant que dans cette affection il existe une douleur vive à l'épigastre, augmentant par la pression et s'accompaguant d'une soif vive, de nausées, de vomissements et de la non-tolérance des aliments et des boissons. La rougeur de la langue est un phénomène exceptionnel qui, d'ailleurs, n'a par lui même aucune valeur. C'est en étudiant ainsi l'état local, et en le comparant aux autres symptômes, qu'on ne prendra pas |)our une gastrite aiguë les troubles de l'estomac qui sont sympathiques. Dans la variole, par exemple, nous avons vu qu'il existait souvent au début des nausées, des vomissements et une vive sensibilité à l'épigastre ; mais les autres symptômes, comme le lumbago, la fièvre intense, l'état d'anxiété, l'accablement extrême, souvent le délire, phénomènes qu'on ne rencontrera point dans la gastrite spontanée, ne permettront jamais le moindre doute.

Promiitic. — La gastrite spontanée est généralement une maladie peu grave chez l'adulte ; il n'en est pas de même chez les enfants très jeunes et chez les vieillards.

Causes. — La |)lus grande incertitude règne encore sur les causes de la gastrite aiguë. Tout ce qu'on a dit de l'influence du sexe masculin, de l'âge adulte, des climats chauds, de l'alimentation, des excès alcooliques, des émotions morales, etc., comme favorisant la manifestation de la maladie, est loin^'être encore démontré. Dans la plupart des cas, du moins dans ce climat, l'inflammation de l'estomac succède Il une cause traumatique, comme une plaie, un coup sur l'épigastre, l'introduction d'un corps étranger, ou de substances irritantes et corrosives.

Iraitnyient. — Pour peu que la gastrite soit intense, on devra recourir à une ou plusieurs émissions sanguines ; il suflira presque toujours d'appliquer un plus ou moins grand nombre de sangsues à l'épigastre ; en même temps on recouvrira cette partie de cataplasmes émollients. Les malades seront mis dans des bains tièdes très prolongés ; on administrera des 1[)oissons douces, mucilagineuses, acidulés; cellc*s-ci seront prises en très petite quantité à la fois; on les donnera tièdes ou fraîches, ou même tout à fait froides, si l'on ne parvenait pas à modérer les vomissements. On devrait également ne jmis hésiter à prescrire une petite quantité d'opium, si les douleurs étaient trop vives ou si les malades étaient tourmentés par l'insomnie. On ne commencera l'alimentation que lorsque tous les accidents aigus aunmt été calmés. On débutei*a toujours par les substanci^s li*s plus (lonces, cmnmele lait, le bouillon de poulet, etc. ; puis on augmentera en raison directe de la tolérance de l'estomac et des forces digestives. Quelquefois celles-ci sont

DE I.A OASTRITi: CHRONIQUE. 265

cagoordies ; il faut alors les ranimer doucement par l*euiploi de la |)epsine, des ;izeuses, des boissons amures et des révulsifs externes, tels que les vésicales pommades émétisées sur Tépigastre, etc. (iCs derniers nioyeiLs conviend'aîlleurs après l'emploi des antiphlogistiques pour hâter la résolution et ler le passage de la gastrite à laétat chronique. (Voir, comme complément,

Farticle /ianioliissement de l' estomac Adans le tome II. )

'H l>e la gaaff te ohroniqne.

Caracièret onatomigues. — De ^fÉ^e que la gastrite aiguë, la gastrite chroniiliie est caractérisée par des changements dans la coloration et la nutrition de la meflnbrane muqueuse ; fréquemment aussi on obscrve^^ changements dans Tarnpleur et dans la forme du viscère. Celui-ci |HMit ètl^tellement revenu sur luimême, lorsque la maladie s'est prolongée, qu'il égale parfois à peine le volume eu gras intestin. Dans la gastrite chronique, la membrane muqueuse est rarement colorée en rooge ; mais le plus souvent elle est grisâtre, ardoisée ou brune. Ces colofations sont uniformes, ou bien disposées par zones, par plaques, plus rarement par pointillés, etc. ; mais, quelle que soit leur distribution, et quelle que soit la nuance de la teinte, on ne peut jamais, d'après ce seul caractère, établir rensleDce de le gastrite chronique ; car ces colorations se renc(mtrent fréquemment chez des sujets qui ne présentent aucim trouble du côté des fonctions digestifes. D'ailleurs, ainsi que cela résulte siutoul des recherches de M. Louis, les cobrations diverses de la membrane muqueuse indiquent bien moins une phleg- ■asie actuelle que l'existence d'uuc inflanunation ancienne. Dans la gastrite chro- ■qoe. indépendamment de ces altérations de couleur, on trouve la membrane ■oqoense épaisssie, plus consistante, ou bien ramollie, et ce ramollissement coexiste soment avec un amincissement du tissu. D'ailleurs l'épaississcment, l'atrophie ou i'hy|)ertrophie de la muqueuse ne sauraient jttniais, à en\ seuls, caractériser Tinflammation ; car ces lésions peuvent survenir sous l'influence d'une simple altération de nutrition encore inconnue dans son essence, mais ([ue rien démontre avoir son point de dé|)art dans im travail inflammatoire. Il en est de des tissus subjacents à la muqueuse, et surtout des tuni(|ues celluleuse et mnscnlaire, qu'on a trouvées quelquefois hypertrophiées isolément ou simultanément avec la membrane muqueuse, et dans une étendue plus ou moins considéraUe. Sans contester que la gastrite chronique puisse produire un pareil eflel, il ne faudrait pas néanmoins, en présence d'une semblable altération, et en n'ayant qu'elle comme élément de diagnostic, conclure tout de suite à l'existence d'une phlegmasie.

Il est une autre variété d'hypertrophie de la membrane muqueuse connue sous

le nom d'état mamelonné^ lésion que M. Ix)uis, qui le premier l'a bien décrite,

considère comme étant aussi un résultat de l'inflammation. Dans les points où cette

altération existe, la membrane muqueuse présente une foule de saillies plus ou

moins arrondies, de 5 à 7 millimètres de diamètre, assez semblables aux bourgeons

charnus des plaies en suppuration, mais un peu plus décolorées qu'eux, et séparées

les unes des autres par des sillons étroits, dans lesquels la mu(pieuse est légèrement

amincie. Celte lésion, rarement générale, occupe surtout la i-égion pylorique et le

voisinage de la grande courbure. Je ne crois pas qu'on puisse être encore bien

fixé sur sa nature. Il est possible qu'elle se dévelopi)e exclusivement par suite d'im

travail inflammatoire ; mais, s*il en est ainsi, il faut reconnaître que la lésion peut

266 DES INFLAMMATIO^S.

persister encore longtemps après que la phlegmasie est coinplétemeiit (Hciiite. Tous ' les jours, en effet, noa& ouvrons des cadavres chez lesquels cet élat nianielouni?'* existe au plus haut degré, bien que pendant la vie on ifait observé aucun trouble appréciable du côté de l'estomac. Je conclus donc ((ue Fétat mamelonné, coexistant même avec une coloration ardoisée, ne saiMail caractériser sûrement une gastrite chronique actuelle : mais ces deux altératio/S sont l'indice ou le vestige d'un travail pathologique ant('rieu7\ IndéjKïndannnenRde cet état mamelonné, la muqueuse stomacale peut présenter encore diiïén^ntfî, saillies ou végétations à bnse large, ou pédiculées, non friables, comme le sont l<iP "végétations cancéreuses, et dans lesquelles on reconnaît la texture propre dfa#iiHiqueusc hypertrophiée ou devenue fongueuse; ailleurs c'est l'appareil folliculaire qui, plus développé que de coutume, forme de petites tumeurt^^rondies et blanchâtres, (k's divers états, qu'on rencontre fréquemment sur (tes estomacs sains, me paraissent être tout à fait indépendants de l'inflammation.

Une des formes les plus remarquables de la gastrite chroni(|ue est la forin» ulcéreuse. Dès 1830, M. Cniveilhier décrivait l'ulcérc de Testomac qu'il séparait nettement du cancer (1) ; ce n'est qu'en 1839 que M. Rokitansky, de Vienne, a publié des recherches iin|>ortantes sur la même affection et confirmé les travaux de l'illustre pathologiste français.

Les ulcérations de l'estomac, qui ne sont ni tuberculeuses ni cancéreuses, sont assez rares en France, tandis «{ue, d'après M. Rokitansky, on les observerait très souvent à Vienne. Klles ont le plus ordinairement une origine inflammatoire ; fort rarement elles sont la suite d'une gastrite aigu{^, mais elles caractérisent plutôt une forme de la phlegmasie chronique. On observe spécialement ces solutions de continuité vers les deux courbures, suilout près de la petite; elles siègent h peu près toujours dans la moitié pylorique de l'estomac. Ces ulcères ont pour la plu|)art des bords durs et saillants, coupés à pic ou en talus ; leur fond est grisâtre, également induré; mais ils n'ont ni l'aspect ni la texture des ulcères carcinomateux, et, comme le note M. Ouveilhier, on ne trouve pas même à leur base cette hy|)ertrophie de voisinage qui accompagne presque toujours le cancer et qu'on a prise si souvent pour la dégénérescence cancéreuse elle-même. D'autres ont une surface égale, des bords lisses, déprimés, tantôt adhérents, tantôt décollés. Ils ont un diamètre fort variable ; il en eiit qui égalent h peu près en étendue une pièce de 1 à 2 francs, d'autres sont larges comme une pièce de 5 franco: on en voit même qui ont deux ou trois fois plus de surface. La plu|)art sont circulaires ou elliptiques, mais les plus vastes ont des contours fort irréguliers. Il en est de même lorsque deux ou trois ulcérations, convergeant entre elles, finissent par se réunir. Les ulcérations dont nous |>arlons peuvent n'atteindre que la muqueuse, tandis que les couches subjacentes sont hypertrophiées; d'autres fois, au contraire, le travail ulcératif les envahit toutes jusqu'au péritoine lui-même, et il en ré.sulte une perforation. liorsque le travail d(*stnicteur a rencontré et atteint une artère considérable, on trouve quelquefois l'estomac distendu |>ar un énorme caillot de sant^ noirâtre qui s'est moulé sur sa face interne, et au fond de l'ulcération on distingue l'orifice béant du vaisseau divisé. C'est l'artère splénique qui, d*apr{'S M. Cniveilhier, a été le plus souvent la source des gastrorrhagies foudroyantes qu'on obser\e parfois dans la gastrite ulc4!>reuse.

Lorsqu'il y a |)erforation, l'eslomac peut comnmniquer largement avec le péri

(i) Voyci 40« et 20' livraisons de son ouvrage A*Anatomie pathologique, — Voyez la Reruc miiieaU de 1838, et Archive» générale» de mdéeeine, année 1896,

DE LA GASTRITE CHROmQaB. 367

'm\ d*autres fois rouverture morbide est obturée par vn des mcèm voisins, jL «faut contracté une adhérence iniime avec les bords, empêche ainsi les maimtes'épaocliei* clans le venire. Le foie, le pancréas, le côlon, le diaphragme, |Khs organes «lu'on a vus le plus souvent remplir le rôle d*obtmntears; il peut |lin alors que, le travail destruf|<:ur continuant, ceux-ci soient à leur tour Il en résulte alors des désowres énormes; mais cela se renc<mtre bien

dans les ulcères simples dont imis parions que dans ceux qui sont carcino- (Voir t II» Cancer de rest^ac.) laginéral, il n'existe qu*unc sei»lulcération : c*est ce que M. Rokitansky a Slètpir exemple « soixaute-deux «MJ^ir soixante-dix-neuf. Cependant, queique- Hil } en a plusieurs; on en a compté jusqu'à cinq, six, et plus encore. Ces ÉUmide continuité se forment probablomont suiv^^^e même mécanisme que les dtèntions spontanées de la plupart des muqueuses, e^en ne prouve l'exactitude flM opinion de M. Rokitanski, qui les considère comme sucoMant à un ramd- %MKHt drcxynscirit ou à une eschare.

Ln ulcères de l*estomac peuvent se cicatriser. Si la perte de substance est peu

mdèraUe, la cicatrice sera marquée par une simple dépression lisse et Uai-

(Uttre; si la mort arrive un peu plus tard, ce tissu de nouvelle formation se

Mttnde niveau avec les parties voisines ; mais elle se distinguera de la muqueuse

Bonode par nne teinte plus mate et parce que la membrane de nouvelle forma-

lioiiie présentera ni villosités ni follicules. lx)rsqueVestomac a souffert une large

ahtioQ de continuité, il se forme alors une cicatrice inégale, froncée, irrégu-

Ir, Gbreuse dans quelques pointe, dont les éléments seront fournis par les tuni-

^iatestinaies qm restent, et, en cas de perforation, par l'organe ou les organes

fRwrvent d^obturateurs. Dans ces conditions, Testomac a toujours subi un ch'an-

IBMDt dans sa forme ; il est plus ou moins rétréci transversalement. Le pylore

pat être coarcté ; d'autres fois c'est le milieu de l'estomac qui est resserré sous

hse d'anneau.

Lesdcatrices dont nons parlons peuvent, api^ plusieurs années, cHre détruites fhsoa moins rapidement par un nouveau travail ulcératif , elles peuvent encore dnadr cons^'tcutivement le point de départ de diverses transformations organiquei^ f M» fois enfin elles se déchirent dans un effort ou par une pression brusque ior kmtre, ou bien lorsque l'estomac a été soumis à une distension trop considérable. Sfnpiômes^ marche, • — L'inflamination chronique simple de l'estomac est pcMpie toujours primitive ; rarement elle succède à l'état aigu. Dans le premier es, les digestions commencent à être pénibles; elles s'accompagnent de malaise, de douleurs épigaslriques et de céphalalgie; il y a des renvois acides, et souvent des vomîsseinents. Ces accidents diminuent ou cessent lorsque les malades s astreignent ^ un régime sévère, lorsqu'ils s'abstiennent de certains aliments. Cependant la difficulté des digestions 0nit par être permanente ; chex presque tous les sujets, il eûste une douleur épigastrique, tantôt faible, compressive, d'autres fois forte et lancinante, bornée à un petit espace, ou bicit diffuse et s'irradiant parfois jusque dans le dos ou à la base du tliorax. Elle augmente communément après l'ingestion des aliments et des boissons stimulantes ; quelquefois, si l'estomac est vide, elle ne sp réveille que par la pression extérieure ou pendant la digestion, quelle que soit d'ailleurs la nature des substances ingérées. C'est surtout alors que la douleur, devenue plus vive, et présentant les caractères d'une crampe^ s'accompagne d'un sentiment d'angoisse des plus pénibles ; elle ne cesse souvent que lorsque les malades ont vomi. L'appétit est très variable; rarement il est conservé ou absoh-

268 DKS INFLAMMATIONS.

meut ùteiiU, mais pres(|ue toujours il esl sciisihloiiitMil diininur. On nobsorvo * peu l-(^tre jamais dans la gastrite chroni(|ue le pica (M la boulimie, (|ni sout au contraire des symptômes très communs dans les uiH roses de resioniac. La soif est le plus souvent nulle ou |)eu vive, excepté pendant la digestion. Les vomissements qu'on obsene dans la gastrite chronique n'oiit presque jamais lieu à jeun, mais seulement pendant le travail de la digestion Mis sont formés par des licjuides acres, brûlants, amere, par des aliments plus ou iKins digérés. Indépendamment de ces matières liquides, b(»aucoup de nïalades exfl jsent aussi des gaz inodores ou ayant la fétidité de l'hydrogène sulfuré. Parmi cei^'Mdividiis, les uns n'éprouvent aucune saveur, d'autres ont toujours un goût aÉll^ûcide ou poivré dans la bouche. La langue est |)resque toujoui-s naturelle, et l'on observe bien rarement cette rougeur de la pointe et des i^n^s, et le développement des papilles, que quelques auteurs ont signalés comme un symptôme h peu près constant de la maladie. Enfui, presque toujours il existe une constipation opiniâtre, ou bien il y a des alternatives de diarrhée» et de constipation. Cependant les fonctions de Testomai^ ne peuvent être perverties longtemps sans que la nutrition en souffre d'une manière notable; aussi presque t(nis les malades palissent et maigrissent. Beaucoup n'ont pas de fièvre; cependant il en est un grand nombre chez lesquels on constate, durant le travail pénible de la digestion, de l'accélération du pouls, de la chaleur à la peau, de la soif et du malaise ; enlin on en a même vu qui présentaient tous les symptômes de la fièvre hecliciue et qui finissaient par succomber dans le marasme.

Lorsque au lieu d'être simj)le la gastrite chronique est ulcéretise des symptômes particuliers peuvent être observés. Ainsi, indépendamment den troubles digestifs précédemment décrits, les malades accusent des douleurs épigastriques très vives ayant le caractère névralgi(fue, elles sont compîrées par les malades à une brûlure, à une morsure, à une déchirure, elles surviennent en général pendant le travail de la digestion. La douleur est presque toujours circonscrite vers l'appendice xiphoïde et s'accotnpagne souvent d'une douleur de même nature dans le |>oiiit corres|)ondanl du rachis. Ces deu\ points douloureux sont aggravés ])ar la pression. La douleur dont je parie disparaît peu à peu ou tout à coup après une durée variable et est remplacée par cet état de malaise épigastrique qui accompagne la gastrite chronique simple. Mais un accident non moins important de la gastrite ulcéreuse est la gastrorrhagie, soit que les malades rendent par le vomissement des flots d'un sang plus ou moins noirâtre, soit qu'ils ne rejettent par le vomissement et par les selles qu'une matière noirâtre et plus ou moins analogue au marc de café ou à de la suie délayée.

Durée., terminnison. — I^ gastrite chronique est ime maladie d'une durée toujours longue, rarement moindre de deux à trois mois. Elle se prolonge souvent des années entières. Elle guérit, le plus souvent, après avoir présenté de nombreuses exacerbations ; d'autres fois elle a une issue funeste. Cependant il est très rare que la gastrite soit la seule cause de la mort; celle-ci s'explique, le plus souvent, par quelque maladie intercurrente ou par un accident de la gastrite elleinêine, comme une hématémèse ou une perforation. Si cette dernière n'est {>as bouchée par un organe voisin, elle produit aussitôt une péritonite suraiguë et promptement mortelle. I^a gastrorrhagie, si elle est considérable, tue également, tantôt alors le sang est rejeté par le vomissement tantôt il est retenu dans l'estomac, qu'il distend d'une manière parfois énorme.

Il est prouvé anjonrd'hui que le cancer de l'estomac a*e8t ni une variété ni un

bgistrite; cependant il est incontestable que^diei dei individus prédisun cancer peut se développer dans i'estonuicà la aoile d*ane ioflammation, qn'on voit quelquefois le cancer de la mamelle succéder à une phlegtnmmatiqne de cet organe. i)*ailleurs, il existe dans la science quelques faits démontrent qu^un cancer a oiuahi les |^>arois de restomac à la suite d*une phlegmasie, développée |)aJLl*nigostion dans ce viscère d'une certaine d*aclde snlfuriqueou nitriqulAÉvidemmcnt, en pareil cas, riuflanunation le rôle d'une cause déterininaut<|wdiiiaire qui n*agit qu'en vertu d'une préantérienre du sujet. BeauJJp d'individus atteints de gastrite chronique hypochondriaques.

DiagmoÊiic, — Nous verrous plus tard les nombreux points de contact de la gpMrilechiiMiique avec la gastralgie, la dys[)epsie et^^aucer de l'estomac (voir

maladies). Nous dirons combien il est souvent iRITicile de la distinguer de cctia daniière affection.

La gntrite chronique une fois établie, nnus ne croyons pas possible de déter- \

ielle est générale ou partielle, et, dans ce dernier cas, dans quelle région

circonscrite. Tout ce qu'on a dit à ce sujet n'est fondé que sur des idées Noos ne croyons pas non plus qu'il soit absolument possible de diagnoaliiiner sûrement la nature des altérations. Par exemple, nous ne pensons pas qo*OB poisse annoncer d'une nianiôn^ cetiaine, pendant la vie, l'existence d*am idcération, attendu que le plus souvent cette lôûon ne produit d'autres syaplôroes généraux et locaux que ceux que pro\o{]uentla plupart des autres alténtious caractéristiques de l'état chronique. Cependant il est des symptômes qui, par leor réonion, doivent faire craindre l'existence d'une ou plusieurs ulcérations ; a soot surtout la cardialgie, des douleurs d'estomac très vives siégeant surtout vers rifipendice xiphoide et retentissant dans le dos, dans le point opposé et circonscrit à un très petit espace comme en avant, enfin ce sont des vomissements et des déjections noirâtres ou bien des vomissements de sang pur.

Prohoêifc. — 1^ gastrite chronique n'est pas généralement une aiïection très grave, à moins qu'elle ne se prolonge longtemps et qu'elle n'empêche la nutrition de ae taire. La foi me ulcéreuse est la plus fâcheuse, surtout en raison du danger d'one perforation et d'une liémorrhagie foudroyante.

ÉiMogie. — I..es causes de la gastrite chronique sont plus obscures encore que ceiki de la gastrite aiguë, et il est impossible, dans l'état actuel de la science, d'émettre sur ce point aucune opinion certaine. Cependant on sait que la maladie, rare dans l'enfance, est plus commune dans la |)ériode de vingt à cinquante ans et an deb (1). Tout porte à penser ({u^elle est fréquemment le résultat d'écarts dans le régime ou l'effet d'une nourriture trop excitante ou insuffisante ; cependant ces propositions ne pourraient encore s'appuyer sûr aucune série de faits bien observés : ce sont de simples propositions plus ou moins probables que {observation poorrait bien démentir un jour.

Traitement — lx)rsquela douleur est vive, continue, il convient de commencer le traitement par une ou plusieurs applications de sangsues à l'épigastre, et d'administrer en même temps des boissons douces. la diète absolue est rarement nécessaire ; elle serait même nuisible. Il faudra donc alimenter tout doucement les ma-

(1) Sar 79 cas d'olcérolioiii nimples de Teslomac réunis pir \f. Rokitantky, 30 ufaient lieu chez de^ sujcU âgés de plus de cinquante ans, Si chez des individus uyant moins de trente ans; les autres avaient des Ages lalenDédlalres ; & avaient de seize à dii-neuf ans. Sur ees 79 sujets, on cfMDplaii AS femmes et 33 bommcs.

iadcs : le lait, le bouillon, les gelées végétales et animales, les férules, les fruits cuits scrout d'abord employés; puis, aidé de la pepsine, un peruiellra l'usage d'altmeuts solides, en ayant soin de choisir ceux qui, par leur nature ou en raison de ridiosyncrasic des sujets, seront le mieux supportés. On administrera aussi avec quelque avantage certaines eaux minéijles, si)écialeinent l(>s eaux de Cautc*rels, d'Knis, de Bussang, de Plombièrespde >Viesl)adeu, de Vichy , etc. ; ces deniières seront surtout utiles lorscpie K malades sont tourmentés par des aigreurs. Lorsqu'on soupçonne dos nlc^iiP^His, >ni. Cruveilhier et Rokitansky s'accordent pour conseiller la diète lacté|l-\lls donnenl |)our unique aliment du lait pur ou coupé avec l'eau de ehanx (t^jjÎÉIlW^eau minérale; ce liquide est pris froid ou chaud, frais ou l)ouilli, suivant qu'il est pins on moins bien digéré dans CCS divers états. 11 est de^nalad<.'s cependant qui ne peuvent en suppin'ter l'usage : on le remplaceras par des panades ou par des décoctions mucilagineuses. Si les douleurs sont très\ives, il faut chercher à les calmer [wr l'usage de l'opium à l'intérieur ; on ])ourra même administrer ce médicament avant o^ après le repas, sans craindre de ralentir le travail delà digestion. Dans ces cas, Topium nous parait plus utile et d'un eiïet plus constant que le sous-nitrate de bismuth, qu'on a également conseillé, et (|u'(ui peut donner à la dose de 5:) centigrammes à 1 gramme au connnencement des repas. Les malades seront en outre soumis, sous tous les rapports, à une bonne hygiène. Ils seront couverts de flanelle, et l'on cherchera par des frictions, par le massage et ()ar quel(|ues bains sulfureux, à exciter les fonctions de la peau. Si la maladie résiste, il faudra ne ps hésitera recourir à une médication révulsive locale; ainsi on appliquera un V(*sicatoire à l'épigastre, et s'il ne soulage pas, on le remplacera |)ar un ou deux cautères, ou même par un séton. Ces moyens sont surtout conseillés par M. Kokitansk> dans les cas de gastrite ulcéreuse, dépendant il arrive une époque où, bien que l'état phlegmasiquc soit éteint, l'estomac néanmoins ne reprend i)oint ses fonctions ; il semble alors que ce viscère soit frappé d'atonie. C'est dans ces conditicms qu'il convient de prescrire une nourriture légèrement stimulante : en outre, ou donnera les préparations de kina,* et les fcrruginenx, etc. ; mais on ne de^'ra jamais employer ce moyen qu'avec prudence et comme à tâions/jUMpi^h cà* qu'une amélioration évidente ayant suivi leur emploi, ou puisse les prescrire avec plus de confiance. Je ne dirai rien ici des solutions arsenicales, ni du nitrate d'arg<>nt, ni du sulfate de fer, que les médecins préconisent dans les cas de gastrite chronique ulcéreuse ; car ces moyens sont irrationnels, et l'on conçoit qu'ils puissent pmduire de graves accidents. C'est donc une raison de s'en abstenir désormais.

De l*entérite et dm la eolitc aiguës.

I^ mot entérite semblerait devoir exprimer toute inilamination siégeant sur un point quelconque de la membrane muqueuse du tube intestinal ; mais l'usage Ta surtout consacré pour désigner la phlegmasie de l'intestin grêle, et surtout celle qui occupe le jéjunum et l'iléon. L'inflammation du duodénum a reçu le nom spécial de duodénite^ comme celle du gros intestin prend -le nom de colite on de rectite, suivant que la maladie occupe le colon ou le rectum. Il n'est pas jusqu'à l'inflammation du caecum qu'on n'ait désignée par uo mot spécial, celui de typhliie,

L*entérite est caractérisée par les douleurs de ventre plus ou moins vives, et ordinairement mobiles, s'accompagnant de selles liquideB, muqueuses ou bilieuses en nombre plus ou moins considérable.

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