‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 115 sur 148 · DE L*HERPÈS · texte numérisé non relu

DE L*HERPÈS

le liquide que celles-ci contiennent, d'abord transparent , se trouble ensuite; la dessiccation s*opère plus tard; enfin les croûtes tombent ; la maladie est alors ter« minée, et il ne reste pins qu'une rougeur Yive, qui disparaît lentement. Le ceqtit de l'anneau, où pourtant ou ne voit jamais de vésicules, mais qui a été le siégt d'une rougeur plus ou moins vive , s'exfolie quelquefois.

Vherpes circinnâius est une affection trè$ béuigne, ne produisant qu'un ptodt cuisson et dç prurit} sa durée moyenne es( de huit à dix jours : cependant», t'il exbte un grand nombre d'anneaux et s'ils se sont développés successivement, li maladie peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires.

Diagnosiic. ^-^ Le diagnostic ne peut présenter , en général , aucune dilBculté s^euse. Nous verrons plus tard que si l'aspect de l'éruption herpétique, à certaiafif p^ÎQdeB, lui donne un peu de ressemblance avec la /éy/i*e, le iichen cireon^criphn ^i le porrigo scutulata, cependant il y a dans les caractères extérieiirs de cei ifliMr tions assez de dissemblance pour qu'un ceil attentif les distingue aisémeoU

Etiolùgie. — Vherpes circinnâius affecte souvent les enfants et les jeunes ptiv soooes; les filles blondes, dont la peau est fine et blanche, y sont très sujettes. Ltf amieaux herpétiques peuvent se développer ^ur toutes les parties du corps; mais oo les voit surtout sur les joues et au menton.

Traitement. — Des lotions alcalines ou légèrement astringentes avec l'alun , le sulfate de zinc et le sous-acétate de plowb sont le seul tr|itement qu'il convient d'opposer à cette affection légère.

3* Herpès phlycténode.— On donne le nom A* herpès phi ycténoîde, phlycténode oamiVinire, à une éruption de vésicules agglomérées en plus ou moins grand pombre sur une peau enQamméc et disposée en plaques plus ou moiAs irrégulières.

Symptômes, -r Dans les points où l'éruption doit se développer, on voit d'abord se former un certain nombre de petits points rouges presque imperceptibles, groupés et très rapprochés entre eux. Le lendemain , cette surface plus ou moins îrrégulière , et variant, pouf l'étendue, depuis celle d'une pièce de 2 francs jusqu'à celle de la paume de la main, est couverte do vésicules dures, très petites pour Is plupart; quelques unes, cependant, acquièrent le volume d*un pois. Parfaitement transparentes à leur début , elles se troublent rapidement , et souvent douxe ou f ingt-quatre heures après leur formation , le liquide qu'elles contiennent est déjà lactescent. Vers le troisième jour, l'éruption se flétrit; au huitième, elle est tout à fait affaissée. On trouve , en outre , des croûtes , et çà et là quelques ulcérations superficielles. Enfin, du douzième au quinzième jour, quelquefois plus tAt, quelquefois plus tard, la guérison est complet , et il ne reste plus de l'éruptioa qu'une âdoraiion rougeâtre de la peau, qui disparaît lentement. L'herpès phlycténode ns produit, en général , que la douleur prurigineuse ou la cuisson qui accompagne presque toutes les éruptions herpétiques. Cependant , s'il existe un grand nombre de plaques, et si celles-ci sont très étendues, on peut observer de la fièvre ou un état de malaise, et divers dérangement des organes digestifs, accidents qu'on remarque quelquefois pendant un ou deux jours couime prodromes.

Diagtwstic. — La réunion de vésicules nombreuses sur une surface enflammée, disposée par plaques, caractérise assez la maladie pour qu'on ne puisse jamais la confondre avec aucune autre affection vésiculeuse ou huileuse.

Etiologie, — Les causes de la maladie sont très obscures : cependant l'herpès phlycténode, plus fréquent dans les climats chauds, affecte surtout les jeunes gens. Oo a dit qu'il se développait souvent à la suite d'une insolation prolongée, ou après des f cilles oo des excès dans le régime.

568 DIS JMI.AMMAJION^.

Traitement. — il est rare que la lièvre soit assez inleiise ^ur exiger rcmpkii de la saignée : eu général, des boissons délayantes et acidulés, quelques bains, des lotions narcotiques et émollientes , et plus tard alcalines et résolutives , sont le seuls remèdes à opposer à une maladie qui est toujours bénigne.

4** Herpès iris, — C'est une forme très rare de la maladie : Bateman Ta indiquée le premier. Elle consiste dans de petits groupes de vésicules entourées de quatre anneaux concentriques, érythémateux, de nuances différentes, ce qui fait que les malades comparent quelquefois leur éruption à de petites cocardes.

L*herpès iris occupe de préférence les parties saillantes , comme les malléoies, ou bien la face, les mains, le coude, les pieds, les doigts, le cou. La maladie débote par de petites taches circulaires formées par des zones de couleurs dilKreotes; dès lé deuxième jour, il se forme , indépendamment de ces tacbçs , une véâenle bientôt entourée d'autres vésicules plus petites qu'elle. Après deux ou trob joon, la vésicule centrale est aplatie , son liquide est trouble ; on distingue alots quatre anneaux érythémateux : le plus interne est d'un rouge brun, le second d'un blaoc jaunâtre , le troisième d'un rouge foncé, enfin le dernier a une teinte rosée qui se confond peu à peu avec la couleur de la peau ; cependant ces nuances ne sont p« toujours aussi distihctes. Chacun de ces anneaux peut se couvrir de vésicnles; mais celles-ci se développent surtout sur le premier. L'herpès iris se termine par desquamation vers le dixième ou le douzième jour.

Les causes de l'herpès iris son( inconnues; on parait l'avoir surtout ohsené sur les sujets jeunes et blonds. Le traitement de V herpès circirmaius lui est applicable.

5' Herpès tonsurant, — M. Cazcnave a signalé , en 1843, dans les Annales des maladies de la peau et de la syphilis, sous le nom à* herpès tonsurant^ une variété de l'herpès circinné, aiïection très curieuse entrevue déjà par llibert, parfaitement décrite par Mahon jeune , sous la dénomination de teigne tondante^ et qui est caractérisée par des plaques arrondies siégeant sur le cuir chevelu , et dans lesquelles la peau, inégale, parsemée d*aspérités, est recouverte de cheveux rompus très également à 2 ou 3 millimètres au-dessus du niveau de l'épiderme , de manière à former une véritable* tonsure ayant parfois l'étendue d'une pièce de 2 ou de 5 francs et même plus. Tantôt uniques , souvent multiples , ces tonsures ont un développement excentrique et progressif ; aussi voit-on parfois plusîeon d'entre elles se réunir de manière ù envahir alors la plus grande partie de la tête. D'après les observations de M. Cazenave, cette maladie débuterait {)aV une éruption de vésicules ; mais ce caractère serait éphémère : c'est ce qui explique pourquoi je n'ai jamais pu le constater dans les cas nombreux que j'ai eu occasion de voir au Bureau central pendant l'année où je fus chargé de la sur\'eiliance du traitement de la teigne. £n effet, lorsque la maladie remonte à tine époque un peu éloignée, on trouve des plaques tondues plus ou moins larges, recouvertes de déteis grisâtres, pulvérulents, semblables souvent à du mortier ou à de la farine très ténue et d'une teinte un peu bleuâtre. Lorsqu'on les a détachées du cuir chevelu, celui-ci parait être à ce niveau plus épais, plus dense ; il est roide, dur, d'ooe couleur bleuâtre, et sa surface est hérissée de petites inégalités, de petites aspéritrs. que Mahon a comparées avec bonheur à la chair de poule ou «i la peau du chien de mer. Il regardait ces aspérités comme formées par la saillie des follicules qui. altérés dans leur structure , ne sécréteraient plus de matière onctueuse : aussi les cheveux, secs et sans éclat, se brisent-ils ù quelques millimèti*es de leiir origine. M. Cazenave affirme que, dans un grand nombre de cas, c'est-àniire quatre U»

sur cimf, il a trouvé concurreiiinienravccrherpL's luiisiiraiit des dis(|ues d'herpès circiuné développés sur des points plus ou moins éloignés du cuir chevelu , mais apparaissant le plus souvent sur le cou et sur le front , fait important à signaler et qui semblerait révéler la forme anatomique primitive de la maladie qui siège sur le cuir chevelu. '

L*herpès tonsurant a une marche lente : Mahon l'a vu persister quinze ans, et il est rare qu'il dure moins de deux à trois mois ; il a peu de tendance à se terminer spontanément. Lorsqu'il guérit, la peau perd son asjpect farineux; elle devient plus douce, plus unie, les cheveux poussent rapidement et bientôt il devient impossible de reconnaître la place que la maladie a occupée.

Diagnostic. — Cette affection curieuse ne peut être confondue avec aucune autre maladie du cuir chevelu, elle n'a surtout aucune analogie avec les affectioûs postcrieuses que nous étudierons plus tard. Le psoriasis , la lèpre vulgaire et l'eczéma squameux sont peut-être les seules maladies qu'on pourrait confondre avec eUe. Yoici coniment M. dazenave établit leur diagnostic différentiel dans son récent Traité ries maladies du cuir chevelu. Dans le psoriasis et la lèpre, dit-il, si arrondis d'ailleurs que soient les disques de cette dernière, nous savons que les squames sont larges, très sèches, dures, blanches, comme chatoyantes, les cheveux sont arrachés çà et là comme entraînés par la chute des squames elles-mêmes ; ceux qui restent sont grêles, clairsemés, ternes, cassants. Dans l'herpès, au contraire» il n'y a qu'une desquamation farineuse, mais continue, il n'y a pas arrachement du |K)il, mais seulement tonsuœ, et l'on peut toujours constater la présence des cheveux si près coupés qu*ils soient. D'ailleurs les disques de la lèpre vulgaire, rares sur le coir chevelu, et qui seuls pourraient inspirer un instant quelques doutes à cause de leur forme arrondie, sont sains au centre. Quant à l'eczéma squameux quelque sec qu'il soit, toujours on trouvera quelque part un peu de suintement qui lui est particulier, tandis que l'herpès n'offre pas de trace d'humidité ; l'eczéma est disposé par plaques irrégulières, tandis que les disques de l'herpès sont bien arrondis. Enfin les produits squamoso-lamelleux de l'eczéma sont toujours mous et jaunâtres, et ils n'ont aucune analogie avec la desquamation farineuse de l'herpès tonsurant.

Pronostic, — L'herpès tonsurant n'est jamais grave, il ne produit jamais l'alopécie ; mais il est opiniâtre, et l'on ne saurait en préciser la durée.

Causes, — L'herpès tonsurafnt peut affecter les divers points du cuir chevelu , mais on le trouve préférablement à la partie postérieure et sur la face pariétale. A peu près inconnu chez l'adulte, il atteint presque exclusivement la première et la seconde enfance : aussi n'est-il pas rare dans les pensionnats. Cette affection paraît être contagieuse.

Traitement, — On ne sait encore rien de bien précis. Les frères Mahon emploient la médication que nous exposerons plus bas en traitant du favus. M. Cazenave établit d'abord en principe, qu'il faut rejeter comme nuisibles tous les topiques actifs, irritants. Les préparations qui lui ont réussi le mieux, sont : 1" une pommade faite avec l'onguent citrin (20 grammes) et le goudron (10 grammes) ; 2* une pommade au tannin (1 à 2 grammes pour 30 d'axonge) ; il a aussi fait des pommades au sulfure de chaux. M. Cazcnave fait encore des lotions fréquentes avec l'eau savonneuse, et il prescrit en outre quelques bains alcalins.

Vu le caractt re contagieux de l'affection, il est important que les bonnets et les? peignes des malades ne servent à personne : il ne paraît pas qu'il soit nécessaire de Séquestrer tout à fait les individus.

NçJure, — Eu résumé, Taltération si remarquable des cheveux, b formaiiQD dt petites tumeurs solides à la surface du derme, (a forme extérieure de la malaiie, sa marche, sa durée, son incurabilité presque absolue lorsqu'on rabaodoiuM à dWméme, son caractèrç contagieux, établiraient des diflëreoces très grandei «aire kl affections herpétiques et la teigne tondante; aussi si je n'avais eu égard qii*^«i que j'ai vu moi-même, je n'aurais pas fait de cette dernière une vartété de rberpès ; mais comme les observations de M. Cazcnave, juge si compéteat en cette Wèr tière, ne sont pas conformes mx miennes , j'ai dQ plutôt me fier à loi qo'à mol Voilà pourquoi j'ai« provisoirement du moins, classé la maladie parmi les eflèction vésiculenses.

En quoi consiste cette affection et quelle est sa nature 7 II est imposBihle de répondre sur ce point d'une manière précise; quelques micrograpbes |KH|r|ai(, hL Gruby entre autres, ont rattaché cette maladie à la présence d'oi) rryptmi dont le développement dans l'intérieur du poil ferait perdre ï oeloî-çî son ijntiçité, sa cohésion ; mai^ c'est là une opinion que M. Caienavi» n'a pis cry deieir acçf^pter encore, et nous imiterons nous-méme sa réserve.

STROinniv. ^ Parlr« iqaameVM hoaida, <Urtr« vivt, |aU «fndAniqBe, «tc^ Hnii «l« iaiQwM, ^^

t^fêCO,

Le mot eczéma^ employé par quelques anciens pour désigner des inflaoïmatioiis phlycténoîdes légères , a été consacré par Willan à dénommer un des genres df^ affections vésiculeuses caractérisé par l'émption de vésicules très petites» ^S^ naérées en grand noipbre sur des surfaces généralement larges et irrégoU^reii vésicules dont le plus grand nombre se déchirent et sont suivies 4*6icorÎ9tiQq| superficielles» d'une exhalation séro-purulente, et de la formation de squafiies 9i de furfnre.

Depuis Biett, l'eczéma a été divisé en aigu et en chronique. L^ecséma aigu présente lui-même trois variétés principales , qui sont: l'eczéma simplex^ l'ecièaia rubrum^ et l'eczéma impetiginodes.

i"" Eczéma simplex, — Cette forme apparaît ordinairement sans prodromeSi les malades éprouvent seulement un prurit plus ou moins incommode sur op peiot où la peau conserve sa couleur ordinaire, mais où l'on ne tarde pa^ \ dbtinguer os grand nombre de vésicules très petites, très rapprochées entre elles, pfirani un aspect brillant à cause de la sérosité transparente qu'elles contiennent. Il fautparfail s'armer d'une loupe pour pouvoir les distinguer. Bientôt le liquide se trouble et prend une teinte laiteuse. Tantôt alors il est résorbé, et tantôt il s*échappe apiii la rupture de la vésicule. Dans le premier cas, il en résulte une desquamation iosensible de l'épiderme ; dans le second, on voit se former de petites squamies qui te détachent et ne laissent aucune trace sur la peau. Le prurit est le seul symplôqe incommode qu'on observe. On ne remarque le plus souvent aucun trouble dans la santé générale, excepté pourtant dans les cas où l'eczéma est très étendu, lorsque, |iar exemple, il occupe d'emblée ou successivement presque toute la soHacedi corps, ainsi que Biett l'a vu plusieurs fois chez de jeunes enfants. Il existe alors <k la fièvre, de la soif, de l'agitation, de l'insomnie et des troubles divers du côté des organes digestifs. L*eczéma simplex parcourt ses différentes phases en six ou iqK jours; mais comme il se forme généralement plusieurs éruptions socceirifeii 8

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