‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 117 sur 148 · DE LA DIPHTHÊRITE CUTANÉE · texte numérisé non relu

DE LA DIPHTHÊRITE CUTANÉE

siégeant daus les bulbes des cheveux. Cependant Saavages, Murray, Mahon,. considèrent la maladie comme étant plutôt une altération des follicules sébacés. Mahon surtout combattit Fid^e si généralement répandue , que le (avus était primitivement constitué par une pustule. Baudelocqùe, dans un travail inséré en 1831 dans la Revue médicale^ insista sur ce point, rétablit d'une manière plus précise ; nuds il eut tort de placer dans le follicule lui-même l'origine de la sécrétion spéciale qui forme la concrétion faveusc. Tel était Tétat de la question en 1836, lorsque M. Letennenr, alors interne distingué des liôpitaux, publia dans sa thèse inaugurale le résultat de nouvelles recherches, et établit que le siège du favus n'était pas dans le foHicnie, mais à l'extrémité du canal pilifère. Il croit que les organe primitivement malades sont les petits cryptes disposés autour du goulot du follicule , et qui sont destinés à lubrifier le cheveu. Ces cryptes, par suite d'un travail probablement de nature inflamniatoire, sécrètent alors une matière qui , vu sa consistance, constitue les croûtes faveuses sqr la formation desquelles nous avons longuement insisté. La localisation de la maladie à l'orifice du canal piliFùfe explique, et l'altération constante des cheveux, et la facilité avec laquelle on les a^rrache, et l'alopécie incurable qui suit si souvent la maladie. D'autre part, on a I4 déuionstration que le follicule reste étranger à la maladie quand on voit les cheveux continuer à être sécrétés.

Pourquoi la concrétion faveuse se cieuse-t-elle en godet? Cette disposition si remarquable, si insolite, a i=a raison anatomique dans l'adhérence du cheveu à l'épiderme. A mesure, en eiïet, que la matière faveuse s'accupute et se eon-« crête, l'épiderine se prête, se distend, s'élargit à la circonférence, tandis que , retenu au centre par la résistance du cheveu, il forme nécessairement en ce point une dépression en godet; colle-ci persiste ensuite nonobstant la chute (lu poil, parce que la matière faveuse a fini par se concréter et a conservé ainsi son empreinte primitive.

La inatière faveuse ayant été soumise à rinspeclion microscopique, les auteurs eu ont déduit une théorie qui n'a pas encore reçu l'assentiment des pathologistes. Schoenlein et (leniack à Beriin, MM. Gruby (1), Lebert, (3) et Robin (3), i Paris, ont soutenu que le favus était constitué par un corps complètement étranger I la peau, que ce n'était rien autre qu'un végétal parasite. M. Caxenave a réfuté loor guement cette doctrine {k). Cependant, il ne me paraît pas contestable qu'il existe dans le favus des moisissures S|)èciales; il est fort douteux seulement qu'elles constituent l'élément essentiel de l'afTcction; elles ne sont probablement, en effet, qu'un accident de la maladie. En attendant, nous conclurons encore avec M. Caxenave : !• que le favus est une lésion de sécrétion ; 2*" qu'il sié^e à l'extrémité du conduit pilifère; 3' qu'il est constitué par une hypersécrétion du liquide contenu dans les cryptes et destiné à lubriCer le |)oil; 4" qu'il est accompagné de phénomènes inflammatoires ; 5<» qu'il n'y a de favus que là où il y a des poils.

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