‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 118 sur 148 · DE LA MPHTIIÊRITE CUTANÉE · texte numérisé non relu

DE LA MPHTIIÊRITE CUTANÉE

M. Bretonneau a consacré le mot de diphthérite |)our dénommer l'inflammation pelliculaire du tissu muqucux, c'est-à-dire cette inflammation contagieuse ana-

(i) CompUB rendM des téanca dt VAcaiémit dea iciencM, p. 73, année 18&1. — (2) PAyêwiogie pathoiogiqiu, U II, p. 477. — (3) Dea végétaux qui eroiuent iur l'homme et leê ani" % Psrii, 4847. •- (4) Tfaité dss maUdiet du âuir ehevâtUf p« MU»

tomiquenient caraciérisée parla formation d'ooe fausse ivNBmbiane qui tend sans ces3e à envahir de nouvelles surfaces, et dont le croup et Tangine coaeiinetne forment les espèces les plus graves et les plus fréquemment obserrées. Cependant la peau peut elle-même, à l'instar des muqueuses, être le siège de pareilles concrétions. M. le professeur Trousseau a, dans lés Archives d*afaord et plos tard dsinsle Dictionnaire de médecine (1), appelé l'attention des médecins sorte point.

Nous allons présenter dans les lignes suivantes une courte analyse de son travaiL

Une condition qui parait essentielle pour que la diphthérite cataûée se dévdoppe, c'est que la peau soit privée de son épiderme, qu'elle soit érodée» nlcérée, plosoa moins profondément M. Trousseau dit avoir vu dans le cours d'nne épidémie dci piqûres de sangsues, de légères coupures, des herpès survenant à la suite d*un accès de fièvre, des vésicatorres, des gerçures du sein, des excoriations du scrotnm^des oreiller, du cuir chevelu, du nez, de ranus,'des plaies diverses, devenir roccasioD du développement de la diphthérite cutanée.

^ Une solution de continuité quelconque de la pean devient-elle le siège d*nne concrétion diphthéritique, on voit sa surface devenir d'un rouge violacé on Uabrde, et se recouvrir bientôt d'une concrétion grisâtte, mollasse et d'une èpaiasenr variable ; les bords de la plaie s'élèvent bientôt, et un érysipèle s'étend pirfois tout autour; sur la surface de cette éruption l'épiderme peut se soulever sur plosieun points, et si l'on c^ève les vésicules, on voit la surface du derme reconverte déjà d'une couenne grisâtre : <:'est de cette manière que ia maladie peut s'étendre de proche en proche sur de grandes surfaces; c'est ainsi que M. Trousseau a va la diphthérite, débutant par une excoriation légère du cûir chevelu ou de la partie postérieure de l'oreille, envahir ia peau de proche en proche jusqu'aux tombes. Les concrétions dont nous parlons, d'abord assez minces, acquièrent bientôt une épaisseur qui peut s'élever à cinq ou six lignes. Dans ce cas il y a eu sécrétioii successive de plusieurs fausses membranes qui se sont ainsi superpcKsées les unes aax autres; la plus interne est unie intimement au derme, mais les plus superficielles, baignées par la sérosité et en contact avec l'air, se ramollissent, noircisseot, tombent en détritus et exhalent une odeur tellement infecte, que l'idée de gangrène vient aussitôt à l'esprit, mais le plus ordinairement il n'en est rieo. M. Trousseau a vu pourtant dans un cas une portion circonscrite de la peau do ' bras se sphacéler.

La diphthérite cutanée peut donc rester circonscrite au point primitivement envahi et y rester indéfiniment concentrée, ou bien s'étendre de proche en proche, comme nous l'avons dit, et presque toujours alors de haut en bas; ou bien enfis on la voit se montrer dans des points très distants les uns dès autres sur tontes les parties des téguments accidentellement dénudées, et sur quelques mnqaeoso comme dans la gorge, dans le larynx, dans la bouche, dans le nez, dans le oondoii auditif.

On comprend que l'état général est en rapport avec l'étendue de la maladie. Lorsque celle-ci est circonscrite, il y a peu de troubles fonctionnels et la fièvre surtout manque généralement; il n'eu est pas de même lorsque la concrétion envahit de nombreuses ou larges surfaces : la fièvre alors peut être vive, les individus soit accablés, et présentent bientôt l'ensemble des symptômes propres aux fièvres graves, ou bien la maladie ayant une marche chronique, les malades s'étiolent« roai-

(1) Archive» ginéraU$ de médecine, t. XXÎ,p. 5A1 , et Dictionnaire de mééecine^ t. X, p. 3S9.

DES HÉMOKKHAGIES luN (;£.XLKAL. 597

grisseut et lombeut daiis une sorte de cachexie. Cependaut la dipbtbérile cutaDée reYét fort rarement une gravité pareille. Qa peut même dire d'une mani{îre générale que cette afTection, bornée à la peau, est presque toujours bénigne ; elle est parfois opiniâtre, mais elle n*a que fort rarement une issue funeste. Cependant elle indique une disposition fâcbeuse de Téconomie, une infection spéciale, et cotinie la même production peut se répète^ vers le pbarynx ou dans les voies aériennes, le niédecin doit soumettre le malade à une surveillance sévère et ne pas basarder un pronostic trop favorable.

Les causes de la dipbtbérite cutanée sont eu général fort obscures; la misère, les mauvaises conditions hygiéniques de toutes sortes en iavorisent certainement la production. Nul doute que la maladie ne soit contagieuse ; cependant M. Trousseau, quid*aillenrs croit la maladie transmissible, n*a pas réussi dans une expérience dlooculation pratiquée sur lui-même.

Traitement, — La médication topique est celle qu'il convient de mettre tout d'abord en usage. On devra chercher en outre à modifier les surfaces malades par la caaténsation avec Tazotate d'argent, a[\ ec le nitrate acide de mercure, ou avec l'acide cfalorhydrique fumant M. Trousseau a grande confiance aussi dans les prépara-r lions mercuridles : ainsi il conseille de saupoudrer les surfaces avec du calomcl ou aTec un mélange de onze parties de sucre pour une de précipité rouge. Le trai- Usaient général devra d'ailleurs venir en aide au traitement local ; lorsque, en effet, la dipbtbérite s'étend et se généralise, ou bien lorsqu'elle résiste et que les forces ae prostrent, il faut donner les ferrugineux, le quinquina, les boissons amères et le Tîn.

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