DE L* APOPLEXIE PULMONAIRE
on Toît alors se développer en même temps que la pleurésie aiguë tous les signes d*un hydro-pneumoiborax. M. Gendrin paraît avoir observé un ciemple de ce genre (1). Si le foyer ramolli comn>unique largement avec les bronches, on entendra du gargouillement, et Ton aura tous les signes des cavernes: c'est ce que MM. Roussetet Guencaude Mussy ont observé. Enfui, les parois devieiineol-elles gangreneuses, on notera tous les signes caractérisant la mortificalion pulinonaire. (Voir cette lâaladie.)
Diagnostic. — Le diagnostic de l'apoplexie pulmonaire est très difficile, ou plutôt il est impossible de l'établir lorsque, les noyaux étant petits et disséminés, il n*y a d'autres symptômes de la maladie que Toppression, la toux et le cracbement de sang. Mais si, indépendamment de l'expectoration d'un sang noirâtre, se prolongeant pendant plusieurs jours, on constate, dans un ou plusieurs points circonscrits de la poitrine, de la niatité et du ràlc muqueux ou sous-crépitant, il sera rationnel de raitacbcr ces divers phénomènes à l'existence de noyaux apoplectiques. Suivant Billard, l'oppression, rétouiïement, la suffocation avec matité plus ou moins étendue, et l'expulsion de mucosiiés sanguinolentes, sont des symptômes qui, lorsqu'ils existent chez les nouveaux-nés, devraient faire soupçonner chez eux Texistence de la méinc aliération. Enfin, on soupçonne que le sang a déchiré larr gement le poumon, et qu'il s'est épanché dans la plèvre loisque, dans le cours d'une hémoptysie, on voit survenir brusquement, dans un côté du thorax, une matité plus ou moins étendue, avec absence du bruit respiratoire, et lorsqu'on observe en mémo temps tous les symptômes qui accompagnent les hémorrhagies graves, et qui le plus souvent ne pourraient être expliqués par la petiie quauiité de sang qui est rejetéi* par les malades. 11 peut enfin se faire que, indépendamment des signes d'épanchement qui existent à la base de la poitrine, on constate, en outre, à la partie supérieure de celle cavité, un sou tympanique avec aflaiblissemént du murmure ^ésiculaire; ce phénomène peut dépendre d*unc extravasalion d'air dans la plèvre, consécutivement h la déchirure du poumon. D'après tout ce que nous venons de dire, il est é\ident que l'apoplexie pulmonaire ne saurait jamais Glre confondue avec une pneumonie, ni avec les épancliements pleurétiques. La pneumonie s'en distingue surtout par la fièvre, par la nature de l'expectoration, par la crépitation fine et sèche. Si une partie ou la totalité d'un lobe était envahie, il y aurait une matité, une absence de bruit respiratoire ou un souflUe qui pourraient faire croire h l'existence d'un épanchement pleurélique ; mais il n*y a jamais dans l'aiioplexie la douleur vive de côté qui accompagne la plupart des pleurésies, l'égophonie fait probablement défaut, les résultats d'auscultation et de percussion sont fixes et ne |)euventse déplacer en variant la position des malades, enfin le rejet d'un sang noir enlève tous les doutes qu'on pourrait avoir.
Pronostic. — L'apoplexie pulmonaire est une afleclion toujours grave ; on a vu qu'elle pouvait produire la mort presque subitement. La gravite du pronostic sera en rapport avec l'abondance de l'hémorrhagie. La rupture delà plèvre avec épanchement de sang dans celle séreuse est ub accident des plus graves ; la mort a presque toujours lieu en peu d'inslanls ; un des malades a survécu plusieurs jours h ces désordres; on cite un seul cas de guérison : il a été rap|)orté par M, Gendrin, mais peut-être ici le diagnostic n'était pas tout 5 fait certain.
Étiologie. — La pléthore, l'impression du froid, la suppression des hémorrhagies constitutionnelles, sont regardées comme les causes ordinaires des apo-
(i) Traité de mééteine pratique, U I.
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pl^xies puîmonaires; mais le plus souvent, pourtant, cette maladie est symptomatiqpe d*un obstacle au cours du sang, obstacle qui réside pre^que toujours dans le cœur. C*est ainsi que tous les cas d'apoplexie pulmonaire que j*ai observés, ati nombre de plus de trente, ont été vus chez des sujets ayant diverses maladies organiques du cœur, spécialement un rétrécissement des orifices des cavités giaches. On a supposé que Thypcrtrophie du ventricule droit était une cause très active d'apoplexie pulmonaire, en raison de la violence avec laquelle le sang était projeté du côté des poumons. Mais cVsl à tort , car sur vingt-sept cas d'hypertrophie avec dilatation du ventricule droit, 4ont M. Louis a recueilli rhisloire, il n*y eut jamais d*apoplexie pulmonaire, quoi(|ue chez six il existât une hypertrophie avec dilatation de Tarière pulmonaire et de ses divisions priocipales, preuve que le sang avait été projeté avec une certaine violence. Ainsi Tapoplexie symptomatique d'une maladie du c^ur n'est pas pnxiuite activement par suite de Timpulsioi insolite du sang, mais elle a lieu passivement, et lorsqu'un obstacle existant di cdté des orifices gauches, surtout à la valvule mltrale, le sang stagne dans Foiig^Be, . et consécutivement dans les p<mmons. L'apoplexie pulmonaire est encore use lésion assez conmiuiie dans certaines maladies générales caractérisées par nae grande tendance aux hémorrhagies ; c'est ce qui a lieu, par exemple, fréquemmedl dans le purpura et dans la fièvre jaune.
Traitement, — L'apoplexie pulmonaire sera combattue par les moyens qn'oi oppose ordinairement aux hétnopt\sies graves. On insistera surtout sur les saignée générales et sur les révuisirs : notamment sur les purgatifs énergiques, sorhi ventouses sèches appliquées sur le thorax , sur les lombes et aux membres inférieurs, sur les sinapismes enfin, moyens auxque!s on associera les diurétiques, et notamment le nitrate de potasse. Lorsque Thémorrhagie est opiniâtre, on a an» recours aux Vomitifs ; on donne la préférence à Tipécacuanha, qu'on administre i doses fractionnées de manière à exciter plutôt des nausées que des voroissemenu Chez le nouveau-né il y a aussi indication à tirer du sang; on le fait en appliquant une ou deux sangsues dans chaque aisselle, où les plexus veineux qui s'y troareot communiquent largement avec les vaisseaux de la cavité thoraciquc. L'enfant ne sera pas serré |)ar un maillot; car, en gênant la dilatation du thorax, on ponmit augmenter la congestion pulmonaire. Chez l'adulte, l'administration du tartre stibié à haute dose, qui a été |)lusicurs fois tentée, n'a produit aucun résultat avantages! et qui puisse nous décider à y recourir.
Lorsque Thémorrhagie se prolonge, on a donné, dit-on, avec avantage, dei afTusions froides, moyeii perturbateur dont l'emploi ne peut être justifié que park danger dans lequel les malades se trouvent , et parce que des moyens plus rationnels ont complètement échoué. (Voir, comme complément, le traitement de rhémo])tysie.)