‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 41 sur 148 · DE LA PLÉTHORE, OU POLYÉMIF · texte numérisé non relu

DE LA PLÉTHORE, OU POLYÉMIF

Dans le langage des anciens médecins, le mot pléthore (de ttXxOojjxx, réplétitm) servait à désigner la surabondance réelle ou présumée de certains liquides, comme le sang, la lymphe, la bile, le sperme, le lait, etc.: mais aujourd'hui ce mot est réservé exclusivement |)our exprimer, suivant les uns, que la quantité de sang contenue dans le système circulatoire est beaucoup plus considérable que ne le comportent les besoins de Téconomie, suivant d*autrcs qu'il y a seulement surabondance de globules.

D'après cette définition , la pléthore constituerait toujours un état morbide assez bien défini : cependant on admet généralement , avec M. le professeur Chomel , qu'il existe une pléthore permanente et constitutionnelle ((ui est , pour certains individus, un état physiologique ; car elle est compatible avec l'exercice régulier de toutes les fonctions. Dans le cas contraire, la pléthore est dite morbide. Quelques personnes admettent aussi une pIMiore aque\i»e on cachectique , c^iractérisée par

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rai^inicntatiou considérable du sérum. Mais comme c'est là une aiïectîoii essenûeUcmeut distincte de la pléthore , nous en parlerons ailleurs. (Voir plus bas l'arlide Anémie,)

Anafotnie pathologique. — Toute Fanatomie pathologique de la maladie se korne à Tétude des altératioqs du sang. L'opinion la plus générale, la plus ancien- Mmeiit admise , est que, dans la pléthore , il y a augmentation dans la masse du sag. Cela est infiniment probable, Tobservation clinique le prouve ; mais il est iDpoasible d'arriver à la démonstration rigoureuse du fait.

Si IHM18 étudions quelles sont les qualités physiques du sang des pléthoriques ,

BODS trouvons que ce liquide extrait de la veine fournit un caillot volumineux ,

d'une fermeté médiocre , ne présentant jamais de couenne, mais parfois seulement

me pellicale transparente ou des irisations éparses. MM. Andral et Gavarret ont

pnHivé, contrairement à une opinion généralement reçue , que dans la pléthore la

fibrille restait dans les limites de son état physiologique, puisque sur trente et une

sâgnées ik ont trouvé pour moyenne de ce principe 2,7 (le maximum normal est

de 3 1/2). Ils ont eu outre établi que le sang dont nous parlons était i*emarquable

par la quantité moindre d'eau qu'il contenait, et surtout par l'augmentation du

nombre des globules, qui de 127, moyenne normale, peuvent s'élever jusqu'à 15^,

ctoat poor moyenne, dans la pléthore, le chiffre 1/il. U y a quelques années,

XM. les docteurs Becquerel et Rodicr ont contesté l'exactitude de ces résultats

iua b Gazette médicale de 184& ; ils ont soutenu , en effet, que dans la pléthore

k nombre des globules n'était pas augmenté , et ils ont considéré les chiffres

que MM. Andral et Gavarret ont donnés, touchant la proportion des globules du

nog, comme étant l'expression de l'état normal (1). Tout récemment encore,

dans leur Traité de chimie pathologique , les mêmes auteurs contestent que la

rJéibore soit due à l'augmentation de l'élément globulaire du sang, attendu que

àes accidents de plétliore pourraient avoir lieu aussi bien quand les globules ^nt

ei excès que quand ils font défaut. Revenant à l'idée ancienne et que nous parta-

^eoBS, ils ne voient dans la pléthore qu'une augmentation dans la masse du sang.

(^pendant l'augmentation de l'élément globulaii-e ne joue-t-elle |)as aussi un rôle

important ? C'est là une question qui mérite d'être étudiée de nouveau et sur une

j/in grande échelle qu'on n'a fait jusqu'à présent.

Symptômes. — Les signes de pléthore peuvent se développer peu à peu ou briîqiiement à l'occasion de quelques unes des causes occasionnelles que nous flMotionnerons plus tard. Dans la pléthore, on obsene une sorte de rougeur et de tuméfaction de toute l'enveloppe cutanée, due à la réplétiou du système capillaire. Cet état est surtout appréciable à la face , aux mains , dont les mouvements de lexîon sont difficiles , et aux pieds , qui sont comme engourdis et comprimés par les chaussures. Le pouls est large et dur ; les l)attcments du cœur sont énergiques ; mail il est rare qu'ils s'accompagnent d'un bruit morbide , ainsi qu'on l'avait cru kNigtemps. Toutes les veines sont en outre distendues , et la circulation se fait lentement dans ces vaisseaux. Souvent aussi on i)eut se convaincre par la percussion, ainsi que M. Piorry l'a noté le premier, que les principaux réservoirs du sang, et nrtout que le cœur et le foie, occupent un plus grand espace ; les poumons eux-

(1] MM. Becqaerd et Rodicr reprochent à MM. Aiidral et Gavarret de n'avoir pas donné une ■oyfDDe poar ehaeuo des sexes. Procédant autrement, ils ont avancé que la proportion des giobilcs éuit Boiiidre cbet la femme. D*après ces auteurs, le chifTre moyen serait chez elle de 127, le imiaiiiin de 487, le minimum de ilS, tandis que pour Thommc ils auraient trouvé ihi pour noyeniie, IH pour maximum et 131 pour minimum.

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