‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 54 sur 148 · MALADIES PAR UN VICE DE PMOPOR TION DU SANG · texte numérisé non relu

MALADIES PAR UN VICE DE PMOPOR TION DU SANG

Il est jm|x)ssible, dans l'état actuel de la science, de donner nue tlicoric satisfaisante des bruits dont nous venons de parier. Il esti)ieii certain qu'ils ne se lient à aauin des états anatomiques du système vasculaire qu'on avait sup|)Osés. On sait, ei^iïet, que les uns, avec M. Yernois, ont pensé que, dans l'anémie, les vaisseaux i*evenant sur eux-mêmes, il se formait à leur face interne des plis qui coostituaient tout autant d'obstacles pour le sang; d'autres ont prétendu, avec tout aussi peu de fondement, que la diminution du calibre des vaisseaux tenait à une inriUi*alion séreuse du tissu cellulaire situé entre les deux tuniques internes, surtout au niveau des éperons; enfin le rétrécissement est attribué par quelques uns à un spasme du tissu artériel, (le sont Ik autant d'idées hypothétiques. D'autres médecins ont prétendu trouver l'explication des bruits dont nous parlons dans une altération du 'sang : ainsi, pour M. Beau, l'anémie ou la chlorose étant une pléthore aqueuse, les bruits résulteraient du frottement déterminé par l'excès du liquide ; mais cette assimilation de l'anémie à la pléthore nous semble insoutenable en clinique , et d'ailleurs rien de semblable n'a lieu dans la pléthore véritable telle que nous l'avons décrite plus haut. Pour M. de la Harpe , au contraire {Archives de 1838), le frottement du sang contre les parois artérielles serait étranger à la formation des bruits ' morbides, mais ceux-ci résulteraient plutôt d'oscillations sonores produites par les molécules sanguines dans les cas où le fluide circulatoire a mmus de densité , et lorsqu'il est animé d'un mouvement plus rapide. Quoi qu'il en soit, si Ton ignore le mécanisme de leur production, on sait, à n'en pas douter, que les phénomènes dont nous parlons sont l'expression d'une altération du fluide sanguin , consistant dans la diminution des globules. M. Andral a trouvé, par exem|)le, que les bruits ne manquaient jamais dans les cas où l'élément globulaire était tombé au-dessous de 80 , tandis qu'au-dessus de ce chifl^re le bruit de soufile peut bien se produire, mais il cesse alors d'être constant.

Les sujets anémiques présentent presque constamment des troubles variés du côté des fonctions digestives : ainsi ils ont de l'anorexie, des appétits bizarres , des douleurs gastralgiques ; leurs digestions sont pénibles; il y a ordinairement de la constipation ; les urines, ainsi que M. Becquerel Ta constaté, sont pâles et ont peu de densité, par suite de la diminution des matières solides tenues en dissolution dans ce liquide. La plupart accusent de la céphalalgie, et de temps en temps diverses douleurs névralgiques, qui siègent ordinairement aux tempes et à la face (névral^e faciale), à l'estomac (gastralgie) , ou dans les parois thoraciques (névralgie intercostale), quelquefois dans les membres, comme Hoflinger l'obsen'a chez les mineurs de Schemnitz. Les anémiques éprouvent souvent des vertiges , des bourdonnements d'oreilles; ils sont paresseux, nonchalants, incapables d'aucun travail intellectuel; quelques uns deviennent amaurotiques ; d'autres ont des visioBs bizarres, des hallucinations et du délire ; quelques uns enfin sont pris de paralysie plus ou moins étendue. On a surtout observé, dans ces cas, une paraplégie , qui n'offrait évidemment rien d'organique , puisqu'on l'a vue se dissiper eu même temps que les autres symptômes de l'anémie. Ajoutons que c'est là un accident assez rare.

Lorsque l'anémie est portée un |)eu loin , les malades ne peuvent sup|X)ner aucun exercice; leurs yeux sont languissants, cernés ; la face est bouffie ; enfin , k une période avancée, les extrémités s'infiltrent, et de la sérosité s'épanche dans les principales cavités séreuses, ce qui dépend probablement de ce que, outre ses globules, le sang a perdu aussi une partie de son albumine. Malgré cet appauvrissemeii^du sang, le cor|)s conserve sa temfiéraUire normale (Andral). Dans l'un et

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t'aotre seie, les organes génitaux participent ordinairement à Tatonie de toat le s^-stème. Chez la femme, les règles sont peu abondantes, difliciles, douloureuses , oa même complètement suspendues, et remplacées presque toujours par delakunirrhée ; chez d'autres, au contraire, i*écouIement menstruel est plus abouRnt qoe de cootume ; chaque éfioque est même marquée par une véritable métrorrhagîe ou par nue hémorrhagie supplémentaire , comme une épistaxis. Ces écoulements , «jui aggraTent toujours Tétat des malades, ont le caractère passif.

Marche^ durée, terminaisons, — La pâleur, la langueur et les troubles cardiaques sont généralement les premiers symptômes de Tanémie : cependant on a vu quelquefois la maladie être marquée à son début par des troubles intestinaux , comme coliques vives ou diarrhée (épidémie d*Anzin), ou par des douleurs excesnves daDsles membres ou les lombes (épidémie de Schemnitz de 1777).

L'anémie suit une marche plus ou moins rapide, suivant la cause qui Ta dévelo|ipèe. Lorsqu'elle est produite par une hémorrhagie abondante qui désemplit soudaioement le système sanguin , son début est nécessairement brusque, et die arrire aussitôt à son summum d'intensité. Si , au contraire, elle est l'efTet d'une 00 plusieurs causes qui agissent lentement, elle a le développement et la marche d*aoe maladie chronique. Dans le premier cas, sa durée peut être excessivement courte ; dans le second, elle peut se prolonger pendant des mois, et même durant des années entières. La convalescence des malades est toujours longue. L'anémie est très sujette ï récidiver. On dit que , lorsqu'elle se prolonge , elle favorise le déreloppement des scrofules et des tubercules ; mais on ne sait encore rien de précis à cet égard.

L*anémie peut se terminer par la mort : quelques malades meurent de syncope ; d'antres sont emportés au milieu de mouvements convulsîfs, accident très fréquent chez les sujets exsangues ; quelques uns s'éteignent paisiblement ; enfm, il y en a qui meurent d'une maladie intercurrente peu grave , et à laquelle ils eussent certainement résisté s'ils avaient eu plus de sang.

Diagnostic. — L'anémie offre des caractères tellement tranchés, qu'il est impomMe de la confondre avec aucune autre affection. >'ous n'avons point à nous occuper ici de son diagnostic différentiel d'avec la chlorose ; car nous prouverons bientôt que celle-ci ne diffère point de l'anémie , et qu'elle n'en constitue, tout au plus , qu'une variété. L'anémie et l'hydroémie déterminent la même pâleur des tissus et les mêmes troubles fonctionnels : cependant on a prétendu qu'on pourrait distinguer ces deux états l'un de l'autre par le pouls, qui serait mou, faible dans l'anémie, résistant et quelquefois dur dans l'hydroémie. Dans celle-ci, les veines sont en outre saillantes, tandis que, dans la première, elles sont affaissées et ont presque disparu. Toutefois ces caractères distinctifs appartiennent plutôt à deux degrés différents d'une même maladie qu'à deux affections séparées. D'ailleurs , qu'il y ait anémie ou hydroémie, les troubles fonctionnels et le traitement ne varient pas; mais le pronostic peut-être devrait offrir plus de gravité dans la première que dans la seconde.

l^es accidents cardiaques que présentent si constamment les sujets anémiques pourraient en imposer et faire croire à une lésion organique du cœur. Cette méprise est souvent commise» il importe d'autant plus de l'éviter que le pronostic et le traitement sont très différents dans les deux cas. L'état de décoloration et la couleur jaune-cire de la peau, le petit volume du cœur, mesuré par la percussion, les bruits artériels, les troubles digestifs et les accidents nerveux si variés et si nombreux cpi*on observe, permettront toujours d'établir ^u*il y a auéime..C«Uft<i

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