‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 53 sur 148 · DE L* ANEMIE · texte numérisé non relu

DE L* ANEMIE

qu'oo perçoit lorsqu'on approche de roreille un gros coquillage univalve. D'un timbre \ariable , tantôt sourd, souvent sonore, il devient parfois aigu, et se transforme même en un bruit musical , ou en une espèce de chant monotone roulant »r deux ou trois notes plus ou moins soutenues (Barth et Roger) : c'est le phAomène <x>iiou depuis Laiinuec sous le nom impropre de chant des artères ou chant modulé. Il a plus ou moins d intensité , il se suspend et se reproduit d'un instant à l'autre. Le bruit dont nous parlons est une simple modification du murmure continu.

Le murmure continu est rarement seul; le plus souvent, en effet, il coexiste avec le souflDe intermittent dont nous avons parlé en premier lieu. On entend alors an bruit de souffle continu plus faible, un peu sourd, qui est renforcé de temps ep temps par un autre bruit plus fort, isochrone à la diastole artérielle. C'est la réupioo de ces deux brujts qui constitue le phénomène connu en auscultation sous le$ noo)^ de souffle continu à double courant^ ou bruit de diable^ parce que, dans son 4^Ktf le plus élevé , il rappelle, par le ronflement qui le caractérise, le bruit partiç^)iQr que iait entendre, lorsqu'il est en mouvement, le jouet d'enfant que l'on 9pp^U|î diable. Cette comparaison , qui appartient à M. Bouillaud , est de la plus grande fiactitude. Ce bruit, d'ailleurs, offre une foule de nuances, il peut subir toutes les inodiGcations du murmure simple | comme celui-ci, il est plus fréquent à (|roite. qu'^ gaucbe.

Jusque dans ces derqières années on avait placé dans les artères le siège dq bruit de souflle continu; mais, en 1837, le docteur Ward {Gaz, méd, de Londres), ft, deux ans après, Hope, dans son ouvrage, établirent que le phénomène se passait luiquement uans les veines jugulaires interne et externe. ]^|. Aran , dans un bqn travail publié en 1863 dans les Archives, a défendu cette théorie d'une manière remarquable et presque convaincante. Ainsi, il a établi que, lorsque le bruit était nperficîel et paraissait se passer dans la jugulaire externe, il suffisait de presser légèrement la veine avec le doigt au-dessus du stéthoscope pour faire ceçser le normure à l'instant , et qu'on le faisait ainsi paraître et disparaître à volonté en idefant ou en abaissant le doigt. Il ajoute que, si le bruit plus profond se pas^e dus la jugulaire interne, il suffit de placer légèrement l'index sous le bord antérienr du stcrno-mastuîdien, au-dessus de la partie moyenne du cou, sur le trajet delà veine jugulaire interne , située là assez superficiellement, pour faire cesser^ riostant le murmure continu. Si, dans ce cas, il y a un souille à double courant, (a proBÎon faite comme je l'indique supprime le soufllc qu'on dit appartenir au^ fâiiesp c'est-à-dire le souffle continu, taudis que le souffle intermittent qui se passe sans nul doute dans l'artère persiste seul. M. Beau a , dans ces derniers temps , contesté ces résultats, et soutenu avec talent {Archives, ISUb) l'ancienne théorie, qui veut que tous les bruits dont nous parlons soient essentiellement artériels. Soas nous rangeons aussi à cet avis; car ayant, dans ces dernières années, étudié cette question chez un grand nombre de malades , nous nous sommes convaincu que tonte interruption de la circulation dans la jugulaire par la compression, non seakmenl ne faisait pas disparaître le souffle continu, mais que souvent elle le rendait plus bruyant ; dans presque tons les cas, cependant, le bruit morbide n'était point modifié. La raison qu'on donne, que la continuité de la circulation des veines peut seule expliquer un bruit continu, n'est pas valable, puisque la circulation est non moins continue dans les artères que dans les \eines; d'ailleurs la lenteur de la circulation des veines, comparée à la rapidité du courant sanguin dans les artères, révèle et indique à /iriori, indépendamment de toute expérimentation, quel doit être le siège dies bruits morbides dont nous parlons.

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