TROISIÈME CLASSE DE MALADIES
DEM HfFI^AimiIATIOlVft.
DE l'inflammation EN GÉNÉRAL.
Les mots inflammation, phlegmasie, phioyose, sont des expremons métaphoriques (1) consacrées dans la science depuis un temps immémorial pour déBigner un état morbide, le plus commun de tous, pouvant affecter presque tous les ttesos vivants, et qui est caractérisé localement par la rougeur, la douleur, la cfaaleiir et la tuméfaction d'un^gartie, dans laquelle se produit aussi presque toujours <|aelqae modification importante du travail nutritif, et souvent une sécrétion anonoikL Cette maladie, pour peu qu'elle soit étendue ou qu'elle affecte un organe easeolkl, excite un appareil fébrile plus ou moins intense, et augmente alors constâmtiieBt la proposition de la fibrine du sang.
Phénomènes locaux de rinflammation. — 1* Rougeur. La rougeur, qui forme un des caractères de l'inflanmiation, varie depuis le rose tendre jusqu'au pourpre le plus foncé, et même jusqu'au rouge bleuâtre et vineux. Elle est généralement %%utant plus intense que la phlegmasie est plus violente et que l'orçane affecté eA plus vasculaire. Bornée d'abord à un petit espace, elle devient ensuite plus ou moi»
(i) Inflammation, de infiammare, soit à cause de la chaleur des parties (Van-Swieteo), toit par snile de la ressemblance qu*on a trouvée entre celte maladie et les effets de la brûlure (Bor« sieri). — Phlegmasie, f >iy(*«o«a (Hippocrate), de yii'r», je brûle. — Pblogose, flôy^^vt; (Galien}» de f )oÇ, flamme.
DE r/lNFLAMMATlON EN (iÊNÉnAL. 193
diffuse, ou bien elle est disposée par plaques, par zones, par arborisations, ou sous forme d'un pointillé plus ou moins (in. La couleur rouge peut être également intense partout et cesser brusquement; mais, le plus souvent, plus prononcée dans un poiut que dans les autres, elle va en diminuant peu à peu du centre à la périphérie jusqu'à ce que les parties reprennent leur coloration naturelle. L*inflammatîofi aflecle-t-elle un tissu membraneux, comme la peau ou une muqueuse, la presBion du doigt fait momentanément cesser la rougeur ; mais celle-ci reparaît presque aussitôt qu'on a cessé de presser. La rougeur, dans Tinflammation, s'explique par Tafflux plus considérable du sang ; il en résulte une augmentation du volome des petits vaisseaux sanguins et Taccroissement du nombre de ceux qui derieDDent perméables aux liquides : c'est là un fait que Hunter a mis hors de doute dans son admirable Traité de l'inflammation. Ays^ni, en effet, sacrifié un lapin, après avoir fortement enflammé une de ses oreilles, Hunter injecta la tête de l'ani mal. et s'assura, aprt*s dessiccation, que l'oreille qui n'avait pas été enflammée était transparente, et qu'on pouvait voir parfaitement les vaisseaux qui se ramifiaient dans sa substance, taudis que l'autre était épaissie, opaque, et avait des artère^ beaucouj) plus considérables. Vogel, dans son Anatomie pathologique^ a donné nue idée de la quantité de sang qui engorge une partie enflammée, lorsqu'il a dit qae les capillaires devenaient deux ou trois fois plus gros, et que le nombre des globules augmentait dans leur intérieur au imint d'être huit à dix fois plus considérable que dans l'état noimaL La rougeur de l'inflammation dépendrait aussi, d*après M. Lebert, de ce que les globules accumulés et tassés dans les vaisseaux apillaires perdent une partie de leur matière colorante ; le sérum s'en empare, et transsodant à travers les parois vasculaires, infihre les tissus et leur donne une rougeur diffuse.
2* Douleur. — La douleur qui accompagne l'inflammation varie depuis le plus Irger accroissement de la sensibilité jusqu'aux souffrances les plus aiguës. Son ca* nclère diffère beaucoup suivant les organes affectés. Ainsi, elle est généralement poBgitive et très aigué dans l'inflammation des séreuses, obtuse et gravative dans cdie des parenchymes, moins vive dans l'inflammation des muqueuses que dans cdle da tissu cellulaire, où elle a un caractère lancinant, ainsi que dans celle de hpaia, où elle est remarquable par un mélange de brûlure et de prurit. Rareamt intermittente, pres(]ue toujours continue, elle offre des exacerbations et des lènissioos qui n'ont en général rien de régulier. Il n'y a aucun rapport entre la lensibilité normale d'une partie et la sensibilité morbide qtfe celle-ci acquiert pendant qu'elle est enflammée. Il est même remarquable que des organes qui à léiat sain ne sont point sensibles, ou le sont à peine, deviennent le siège des doufeon les plus violentes lorsqu'ils sont enflammés ; c'est ce qu'on voit notamment pour les membranes séreuses. Les douleurs, dans l'inflammation, s'expliquent par la distension, par la pression ou par tout autre changement encore inconnu que les filets nerveux de la partie malade éprouvent. Indépendamment des douleurs propres à l'inflammation, les malades ressentent dans les parties affectées des baiteocnts artériels plus violents que de coutume : mais il n'est pas vrai, ainsi qu'on l'a dit quelquefois, que ces pulsations soient plus nombreuses que les contractions do cœur. La force insolite des battements tient au plus grand volume de la colonne ungnine, et probablement aussi à une augmentation dans Taclion propre des artères. Enfin, dans les plilegmasies, la sensibilité spéciale des organes phlogusés est en général plus ou moins eutièremenl abolie ; c'est ainsi que dans le conza le malade cesse de percevoir les odeurs. Ailleurs, au contraire, la sensibilité spéciale est très
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