DLS 1\H.AM.MAT10NS
cvaltiV : niiiM, dans ru|)lilh:iliiiie, el surtout dans Tintis cl la rt*liiiile« rimpression de la liiiimTO réveille les douleurs les plus vives.
3" Cli(dcw\ — J.c uialade éprouve dans les parties affeciées le sentiment d'une chaleur cpic le médcrin apprécie par le touclier, et qu'on mesure exactement par le ihermomèlre. Toutefois l'appiicaiion de cet irstruinent n'a pas encore fourni des résultats hien unirornies. Je ne parlerai pss ici des expériences de Hunter, qui n*avaiteu, il est vrai, en son pcuvoir que des instruments grossiers et qui néanmoins avait signalé une augmentation léellc de la tem]ératurc, mais je fixerai pluiAt Tattention sur les résultats plus précis de MM. Andral et Ga\arret, qui ont trouvé que la température des parties enflammées augmentait, mais qu'elle ne s'élevait point au-dessus de celle (ju'ont \cspnrties profondes. Ainsi un thermomètre a|>- |)liqué alternativement sur un doigt atîecté de panaris et dans J*aisse11e s'élc\ait à la même hauteur, tandis que, mis comparati\eir.ent sur le doigt malade et sur un doigt sain, on observait une chaleur plus grande dans le premier que dans le second. Les expériences de MM. Becquerel el Breschet, que la Gazette médicale de 183.1 a fait cor.naftre, tendraient également à faire croire à une élévation assez considérable de la température dans les |)arties phlogosées. C'est aussi un fait qui ressort des recherches très nombreuses que M. Roger a exposées en 1865 dans le» Arcfiives. Il est inutile de dire que lorsque rinflammaiion a pour eiïet d'allumer la fièvre, la température générale s'accroît également ; mais si les sujets sont rachitiqaes ou affaiblis par diverses causes, la température, d'après M. Roger, atteint bien rarement les maxima que Ton constate d'ordinaire dans des cas semblables chez des sujets plus robustes. Non seulement la température est plus ou moins accrue dans l'indammation, mais Hunier a prouvé en outre, par une expérience concluante, que ce travail morbide communique à la partie qu'il aiïecte une grande puissance de calorificalion, et partant beaucoup de résistance au refroidissement. Cet illustre observateur, ayant en eflet congelé l'oreille d'un lapin , y dévelop])a ensuite un travail inflammatoire ; puis l'ayant soumise encore une fois à un froid aussi intense et aussi prolongé que dans la première expérience, il ne put parvenir à la congeler de nouveau. L'élévation de la température des parties enflammées, qui d'ailleurs n'est jamais aussi considérable que le feraient croire l'application de la main et les sensations éprouvées par le malade, s'explique plus naturellement par l'afllux du sang dans les parties affectées que par suite d'une action occollc de la force vitale. Nous ne dirons rien de l'étal électrique des parties phlogosées, parce que les expériences^u'on a faites jusqu'à présent ne présentent encore aucun degré de certitude.
6° Tuméfaction, — La tuméfaction, |h'u marquée dans les tissus membraneux, comme la peau et la muqueuse, nulle même peul-étre dans l'inflammation des séreuses , est considérable dans celle (|ui affecte le tissu cellulaire nu les organes parenchymateux ; elle dépend d'abord de la |)lns grande quantité de sang que les parties enflammées contiennent et plus tard de Tindltration des tissus subjacettls par de la sérosité et par une substance atbnmino-fihrineuse noinmée lymphe CM^ gulable,
5" Modifications du travail nutritif. — Les orçanes enflammés augmentent de volume, comme nous venons de le dire ; ils sont plus lourds et plus durs au toucher, à cause de l'infiitralion et de répanchement de la lymphe coagulable dans les interstices et dans les mailles du tissu. Nonobstant cette dureté , cette résistance plus grande, le tissu est devenu plus cassant, plus friable, ou bien il est manifestement ramolli et plus ou moins désorganbté. Ce dernier effet est d'autant plus mar^
DK L^iNFLAMMATlON EN (GÉNÉRAL. 195
que etsnnîcnl d'aulant plus rapidement, que Torgaue contient moins de tissa celfalaîrc ; c'est ce que nous vermns. par exemple, pour le cerveau.
>ous devons également sigiiaicr la rupture des capillaires, et la présence du aig cil assez grande quantité dans plusieurs produits excrétés, c'est ce qui a ilcn ooiammcnl dans la pneumonie et dans la dyssenteiie.
6" S^réti(m$ morbides. — Le pi-cmier effet de l-inflammation des organes sécrétrars est de diininner ou de suspendre leur sécrétion nalureile; t'est ainsi que la peau , les maqneuses, les séreuses présentent un état de sécheresse fort remar* qoaUe an début des phlegmasies ; les reins cessent de sécréter l'urine, etc. Mais bientôt le travail de sécrétion ou d'exhalation se ranime et peut devenir excessif. €e sont alors tantôt les humeurs naturelles qui ont subi certains cliangements; le piBS souvent ce sont des produits nouveaux, nés du travail inflummatoire : ainsi dn sang ou quelques uns de ses éléments, comme la matière colorante ou la fibrine, peavent être exhalés. Mais dans la plupart des phlegmasies il y a , comme nous rivons va, production d'une lymphe plastique, fibrino-albuminense, qui se présente KM» diflérents aspects, suivant les tissus. Dans les séreuses, elle forme des masses locoooenses qui nagent dans une sérosité trouble ; dans les muqueuses, elle se concrète sous forme de plaques membraniformes ; enfin, épanchée dans Tépaisseor des pirenchymes, elle en augmente l'épaisseur, la densité, et fait que, lorsqu*oa iacîse ces parties, la surface de la section ressemble à celle d'un citron. L'iuflaiti- BMion poursuit-elle encore sa marche, un autre liquide très important à connaître al produit : c'est le pus^ dont nous parierons bientôt
De tous les phénomènes locaux que nous venons de passer en revue , il n'eu est aucun , si ce n'est la production de la lymphe plastique et du pus , qui , pris inlément, puisse caractériser une inflammation, car chacun d'eux peut exister indépendamment de tout état phlegmasique.
Pour terminer maintenant tout ce qui se rapporte aux phénomènes locaux de rirflanioDation , noua allons faire connaître les résultats fournis par l'examen microKopique.
Expériences microscopiques, — £lles ont été entreprises d'abord par ^it. Mipa (i), pois par Thompson (2), par Charles Hastings (3), par Kaltenbrunaer(4), Koch(5), récemment |)ar M. Lebert (6) et par M. Dubois, d'Amiens (7). On s'accorde généralement à trouver au début des phlegmasies les phénomènes ■icnMCopiques que nous avons indiqués précédemment comme survenant dans iMMc congestion , c'est-à-dire contraction des capillaires dont le calibre, d'après H. Lebert, diminuerait de plus d'un tiers, accélération des courants sanguins,
■§« et presque aussitôt après, dilatation de ces mêmes vaisseaux , et ralentissedn cours du sang, puis enfin stase sanguine. M. Dubois, qui a étudié cette lion avec tout le soin qu'elle mérite, a reconnu pourtant que, dans une inflamqoi s'établit, il n'y a pas toujours, comme on l'avait prétendu, tnais seuleaent quelquefois, accélération dans les courants capillaires. Mais quoi qu'il en soit, dans UHU les cas, on voit ces courants éprouver un ralentissement de plus en plus ■uifcMe; plus tard, enfin, on observe dans le mouvement circulatoire une rémitleuce plus on moins marquée. Ainsi, au lien d'une projection uniforme et continue,
(I) A treatiu of fébrile dheatet, — (3) Traité de l'inflammation^ trad. dp Jourdan et Bois* «att. — (8) Afxkhft» de médecine^ 4825. — (4) Mperf. d'anat, et de physioL, de BreKhrt, t. IV. — (5) Bit. dans Archiveide 1883. — (6) Physiol. patkoiog., t. î. — (7) Préleçonê dû piiMfis MSfirimmttdu
les globules sauguios avancent par saccades isochrones au mouveutent du cœur, puis s*arrêtent un instant pour avancer de nouveau. Mais il arrive un moment où la colonne sanguine , ainsi que Kaltenbruuner l'avait parfaitement établi déjà , éprouve des mouvements d'oscillation ou de va-et-vient isochrones à la systole et à la diastole ; néanmoins, même à cette période, le sang continue encore à avancer, mais bientôt les oscillations deviennent de moins en moins perceptibles, puis tout mouvement cesse dans cette partie du système capillaire où les globules s'accumulent et se tassent. Ces résultats, à Taide desquels on s'élève focilement à une théorie de l'inflammation, s'obtiennent en plaçant sous un microscope le mésentère ou la membrane interdigitale d'une grenouille qu'on irrite avec l'ammo^ niaque, le sel, l'eau bouillante, etc. Ils sont opposés à ceux qu'a déduits de ses expériences M. Robert Latour, qui a essayé de prouver, mais à tort suivant nous, que l'inflammation ne pouvait se développer sur les animaux à sang froid. Quoi qu'il en soit, c'est, lorsque le sang est ralenti dans son cours, et qu'il est dans un état de stagnation , que s'accomplit dans les mailles des tissus, ou à la surface des séreuses, l'exsudation de sérum et de lymphe plastique dont nous avons parlé plus haut, et qui est le dernier degré, l'expression la plus. complète du travail phlegmasique.
L'inflammation n'a pas seulement pour efl'et de produire l'oblitération des capillaires. Mais elle fait aussi naître des vaisseaux nouveaux ; c'est ce que l'inspection microscopique révèle. Kaltenbrunner est l'auteur qui a peut-être le mieux étudié leur mode de développenient. D'après cet observateur, on verrait, lorsque la circulation est accélérée, des globules de sang sortir tout d'un coup d'un canal capillaire, tomber dans le parenchyme environnant, s'y frayer un chemin et arriver à quelque autre canal de même nature. La formation de ce nouveau conduit se fait souvent en peu d'instants; ce phénomène, se répétant sur plusieurs points, finit bientôt par donner lieu à un riche réseau de capillaires nouveaux.
La formation de vaisseaux nouveaux est nécessaire pour remplacer ceux que l'inflammation oblitère et laisse toujours imperméables. L'oblitération des capillaires est produite par une masse rougeâtre, dans laquelle on reconnaît encore les contours des globules; mais ceux-ci sont comme cimentés par un liquide fibro* albumineux. La stase se prolongeant , on cesse bientôt de distinguer les globofaf sanguins (Lebert).
Symptômes généraux et sympathiques de l'inflammation, — L'inflammatioii, pour peu qu'elle soit intense ou étendue , excite un mouvement fébrile qui offre des caractères très variés dans les divers genres de phlegmasies , ainsi qu'on s'en convaincra par la suite. L'appareil fébrile précède dans quelques cas l'altératiot locale : c'est ce qui arrive , par exemple , pour quelques érysipèles et quelques angines; mais presque toujours la fièvre naît consécutivement à la lésion locale; d'autres fois enfin il y a simultanéité : c'est ce qui a communément lieu pour ki inflammations des séreuses et du poumon. Indépendamment des troubles fonc» tionnels qui accompagnent tout mouvement fébrile , on pourra également en observer quelques uns de spéciaux et qui dépendent de l'influence sympalhiqiie exercée sur telle ou telle partie par l'organe enflammé. L'état dynamique dans Tîn* flammalion varie et mérite de fixer l'attention. Ainsi les forces sont tantôt excitées et tantôt elles sont anéanties : dans le premier cas, on observe l'appareil de symptômes propres à la fièvre inflammatoire ; dans le second, les malades tombent dans l'état de faiblesse et de prostration qui accompagne l'afl'ection typlioîde. Cette distinction est im|)ortante, sans contredit, pour le traiteniont ; mais. il ne faudrait pat
DE l'inflammation EN GÉNÉRAL. 497
croire pourtant que ia maladie ait pour cela changé de nature. C*es( toujours, en effet , uoe inflammation ; mais par Teiïet de quelque complication ou d*un état iDlérienr da sujet , elle se présente avec une physionomie spéciale , escortée de irmptônnes particuliers.
Etai du gang. — Hunier, Thomson, Scudamore, Thackrah et plusieurs autres aatears avaient signalé depuis longtemps que dans Tinflammation la quantité de fibrine do sang devenait plus considérable. Mais ce fait important était presque Miblié lorsque MM. Andral et Gavarret Tout de nouveau mis en lumière. Ces professenre ont reconnu en effet, après de nombreuses cx|)ériences, que toute inflammatioo aigoê et accompagnée de fièvre avait pour effet constant d'âDgroeoter là proportîou de fibrine du sang. Ainsi ce principe, qui, comme nous Tavons déjà dit, ■e s'élèTe pas à plus de 3 parties sur 1000 dans le sang normal, peut, dans les cas d'inflammation , montera 5, 7, 9, et même jusqu*à 10; il oscille ordinaire- BMnt entre 6 et 8, et dépasse rarement 9; mais le chiffre le plus inférieur de l'état phlegmasiqne ne serait pas au-dessous de 6. Cet accroissement de la fibrine, qu*on retroave constamment dans les phlegmasies qui frappent l'honune et les animaux des classes supérieures, a lieu indépendamment de toutes conditions d*âge, de sexe, de constitution, de tempérament, de force. Elle est généralement en rapport avec Fintenaité des symptômes généraux et locaux ; elle paraît avoir lieu, du moins dans b plupart des cas , consécutivement à l'altération locale : car MM. Andral et Gavarrel, ayant examiné le sang dMndividus qui contractèrent une inflammation un joor seulement après avoir analysé leur sang, ont trouvé que ce liquide, qui n'était pas altéré à la première saignée, offrait à la seconde, pratiquée peu d'heures apfès riarasion de la phlegmasie , une notable augmentation de la fibrine. L'élément globolaîre du sang ne subit, par contre, aucun changement pendant le cours des phlegmasies ; parfois pourtant il diminue, ce qui s'explique par le traitement déhi- Etant auquel on soumet les malades. L'albumine, enfin, augmente quelquefois dans kl phlegmasies, mais cela n'a pas nécessairement lieu. Les résultats obtenus par ISI. Becquerel et Rodier ne diffèrent guère des précédents. Ces habiles expéri- Benlateurs ont, en effet, constaté l'augmentation de la fibrine, et la diminution des globules après l'emploi des débilitants; ils signalent seulement, comme un fait BOBveau, l'augmentation de la cholestét ine, qui est quelquefois doublée, et la dimilotîon de l'albumine, les autres principes restant les mêmes {Gazette médicale de iUft). Les résultats que nous venons de faire connaître sont à peu près les mômes cha tous les sujets, qu'ils soient vigoureux ou qu'ils soient débilités. Chez ces demierSy on admet seulement que le chiffre des globules est très diminué ; ce qui lient, non pas à rinHammation existante, mais à l'état constitutionnel antérieur.
L'accroissement de la fibrine est, de toutes les altérations que nous venons de âgnaier, la plus remarquable et sans contredit la plus constante; on pourrait peuttee expliquer par elle ces troubles variés de l'organisme, consécutifs à Taltération locale, et qu'on attribue généralement à des irradiations sympathiques. Cet excès de flirine par rapport aux globules explique aussi les propriétés physiques que présente dans les inflammations le sang qu'on a extrait d'une veine : ainsi, tandis que BOUS a%ons vu dans lespyrexics le caillot être volumineux, mou, incomplètement séparé do sérum» ici nous le trouvons au contraire rétracté, plus consistant, dense, el recoorert d'une couenne asscs épaisse, poun n toutefois que le sang ait coqlé convenabiemenf.
Li couenne a une grande valeur séméiologique. Il résulte, en effet, des re* cbercbes de M. Andra} , que sur 1800 sfiignées qu'il a fait pratiquer d^T\« \^ co^\%
198 DES IKFLàMMATIONS.
des affectious les plus diverses, il n*a trouvé la couenne que dans doux états morbides, dans les phlegmasies, où elle est constante, et dans rauénoie et la chlorose, où, comme nous Tavons déjà vu plus haut, on la rencontre fréquemment (1). il suit de ce qui préc^'de que si la couenne n*esl pas d'une manière absolue un signe certain d*inflammaliou, elle u*cu constitue pas moins un caractère excellent pour dénoter l'existence de cet état morbide, puisque, si le sujet n'est point anémique, on doit admettre, ^and elle existe, qu'il y a quelque part un travail inflammatoire. Cependant Tabsence de la couenne sur le caillot ne devrait pas porter à croire que le malade n*est atteint d'aucune phlegmasie, attendu que la couenne, dans les inflammatioDS les plus vives, peut ne pas se former par suite de plusieurs circonstanced Eortiiîtes, comme lorsque la saignée a mal copié ou a coulé par un jet trop fin, ou bien lorsque le sang est tombé'de trop haut, ou bien encore lorsque le vase est trop étroit et trop profond. Ces circonstances font que chaque molécule de sang se concrélant isolément, la fibrine n*a pas le temps de se séparer des globules et de se coaguler au-dessus d'eux pour constituer la couenne, dont la nature fibriii^u$e est également démontrée et par l'analyse chimique, et par l'examen micros^ copîque.
F^a production spontanée d'un excès de fibrine dans le sang est, ainsi que Fa pmuvé M. Andral, indépendante des divers états dans lesquels peut se trouver Téconoiuie chez les individus atteints de pbiegmasie aiguë : ainsi nous avons vu qu'elle pouvait sunenir môme dans l'alTection typhoïde, c'est-à-dire daiis une maladie qui, à l'inverse de l'iiiflammation, tend à diminuer la proportion de la fibrine. Mais comme, dans ces cas, il y a action de deux forces contraires, il s*cn'> suit que la phlegmasie intercurrente ne produit jamais une élévation aussi coosi* dérable de l'élément fibrineux que si l'inflammation était survenue en dehors de l'état typhoïde. Dans ces cas, en eflet, iM. Andral n'a jamais trouvé son maximum plus élevé que 5 1/2, qui est un des chifl'rcs inférieurs de l'état phlegmasique. L'excès de fibrine dans le sang persiste pendant un temps variable; on le constate généralement pendant toute la durée de l'état fébiile, à moins pourtant quc^ la maladie, résistant pendant longtemjis, n'amène un grand degré de marasme. Dans un cas pareil, M. Andral a vu la fibrine, d'abord augmentée, revenir plus lard à son cbiffix' normal
Le sang ne parait subir aucun changement notable dans les parties enflanuoécs; c'est du moins ce que Hunier a établi expérimentalement. Peul-élre est-il un peu plus rouge que celui qui ciicule dans une partie saine, ce qui provient sans doute de la plus grande proportion de sang artériel contenu dans les capillaii*es do tisn phlog()sé.
Elat de la lymphe. — M. le professeur Bouissun a établi, dans un mémoire lo en 1845 à l'Académie de médecine, que, lorsqu'une inflammation atteint un de nos oi:ganes, la lymphe qui circule dans la partie malade subit d'impoilantes modifications. Ainsi ce fluide admet d'abord de la matière colorante rouge ; il se charge aussi d'une plus grande proportion de fibrine et devient plus abondant. De là l'augmeo-
(1) On a aussi noté depuis longtemps lu rréquencc de la couenne sur le sang des femmet enrcintes. Cependantf ainsi que Rasnri Ta vu, ce phénomène n*est pas aussi commun qu*on le croit. Les nclierches récentes de MM. Andral et Guvarrcl ont, en outre, prouvé que la IbroMtion de la couenne dan» Tétat de grossesse lenail ù une augmentation de la fibrine, qui, conscr^ vaut d'abord la moyenne physiologique, et quclquerois lui étant inférieure, a*aecroU dam les trois flcrniert mois, et allcinl, û l'époque de raccuucbenieut, le diilTrede /i,'l. LVtat couevneox di^ sang diei beaucouy^de (emoics grosses se lie ù un élot chlorotique.
DE l/lNFLAMMATION E\ GÉ.NÉRAL. 199
tatiou des gauglions auxquels aboutit la lyuiphe; de Ih encore les dé|)ôts plastiques qui s*opère:it dans les voies que parcourt le liquide ainsi altéré.
Marclw des inflammations ; modes de terminaison, — Les syniplumes locaux cl généraux de riuflammation ont, comme dans toutes les maladies, leur ])ériode (faccroissenient, d*é(at et de relâche, périodes qu'on distingue à Taidc de symptùiues généraux et locaux; car, dans la plupart des cas, il y a corrélation intime entre les uns et les autres. En régie générale, on doit plutôt juger de l'intensité et lie la loarchc des pblegmasies d'après les symptômes de réaction qjie d'après l'état local : celui-ci, en effet, reste souvent stationnaire en apparence, quoique la fièvre diminue puis disparaisse ; c'est ce que nogs verrons notamment dans la pleurésie et dans la pneumonie. Le contraire a bien plus rarenient lieu, et même on peut établir qae lorsque la fièvre redouble en même temps que les symptômes locaux s'amendent, presque toujours on en trouve la raison dans une maladie intercurrente. L'examen dn sang pourrait encore, indépendamment de la fièvre, donner la mesure du degré de la plilegmasie, puis'qu'on voit la quantité de fibrine augmenter lorsque la maladie est en progK'S, rester stationnaire lorsque la lésion locale cesse de s'accroître, et revenir enfin progressivement à son chiffre normal depuis le déclin des accidents jiisqu*à la convalescence.
Commençant en général sur un point circonscrit, l'inilammation s'étend ensuite presque toujours de proche en proche ; plus rarement on la voit débuter simultanément sur plusieurs points distincts, éloignés, qui, en s'agrandissant, convergent \ts uns vers les autres, et finissent par se réunir. L'extension se fait tantôt en surface, tautôt en profondeur, souvent dans l'un et l'autre sens : c'est ce qu'on ol)scrvc notamment pour les parenchymes, tandis que dans quelques tissus membraneux, comme les séreuses, la ph!egmasie ne s'étend qu'en surface sans se propager dans In tissus snbjacenis. L'inilammation, suivant qu'elle occupe un espace restreint ou qu'elle envahit de larges surfaces, est dite circonscrite où diffuse, 11 est impossible ie reconnaître suivant quel mécanisme cette extension s'opère, ni pourquoi ni com- ODeot la maladie se circonscrit. Cependant différentes c^iuses naiurelles .semblent qoclqucfuis borner une inflammation qui paraissait devoir s'étendre encore : ainsi on voit souvent celle-ci être circonscrite par des sillons et des enfoncements que la ulure a dispo.sé& h In surface de quel(|ues organes, comn)e le poumon, le foie, etc. ; liUeurs c\*st une aponé\rose, un tissu cellulaire condensé qui forme une barrière. 0.1 peut dire aussi en règle générale que lorsipie la plilegmasie se développe dans des organes composés de parties dissimilaires, elle reste souvent limitée au tissu priiDÎtivemcnt affecté sans se communiquer aux autres, (/est ce qu*on voit, par temple, pour les intest irs, dont les tunicjues muqueuse et séreuse |)euvent être et sont presque toujours isolément enflammées. Le contact est également une cause qui limite beaucoup d'inflammations. Ainsi nous dirons ailleurs (jue plusieurs fois nous sommes parvenu à limiter une phlébite en exerçant ù une certaine dis ance une rompressîou sur la \eine, de manière à rapprocher les parois, à les mettre en rap- IKHt. Cependant, dans quelques cas, le contact de deux surfaces enflammées a l'inronvénient d'entretenir l'inflammation indéfiniment : ainsi certaines posthites 'inflammation da prépuce), certaines vaginites, avec sécrétion purulente abondante, sont certainement entretenues par le contact de la muqueuse avec ellem^me, car il suffit de Fempècher, en interposant un morceau de linge sec, |K)nr tarir rapidement la sécrétion, et faire disparaître la rougeur et les autres caractères de h phlegmasie.
Aprî^ avoir parcouru plus ou moins rapid'Miirnt toutes ses périodes, l'inflamma-
200 DES INKLAMMATIONS.
tiOD se (eni)iiic par délitescence ou y^^v résolution^ ou bien elle produit jdi vers effcfs morbides qu'on décrit improprement sons le nom de terminaisons. Ces phénomènes consécutifs sont: la 5e//>/7i/ra^(on, la gangrène^ Vulcération, V induration ou \t passage à Vétat chronique,
La résolution est la seule terminaison heureuse de la maladie. Elle peut être définie, avec Thomson, une terminaison dans laquelle tous les symptômes locaux et généraux se dissipent graduellement, sans qu'aucune évacuation sensible ait lieu ; a partie enflammée reprend alors son état normal sans aucun dérangement dans son organisation ni dans ses fonctions. La résolution ;subite de l'inflammation, son avortement, quand elle n'a pas encore parcouru ses périodes, sa disparition rapide, sans laisser aucune trace dans les tissus, a reçu le nom de délitescence. Si dans ces cas on voit une maladie analogue ou tout autre accident se développer sur un point plus ou moins éloigné, on dit qu'il y a eu métastase, La délitescence n'est qu'une terminaison par résolution, survenant seulement beaucoup plus rapidement que de coutume, mais exigeant néanmoins encore un certain temps pour s'effectuer. C'est avouer par là que nous ne saurions admettre la délitescence telle qn'on la définit généralement, c'est-à-dire comme pouvant être un mode de terminaison de l'inflammation vraie, confirmée. £n eiïet, un tissu gonflé, induré, ramolli, ne peut, d'un instant à l'autre, reprendre son état physiologique. La délitescence ne peut ^'opérer que tout à fait au début, et lorsqu'il existe plutôt de l'hyperémie qu*une inflamma* tion véritable.
La supputation est une suite tivs fréquente de l'inflammation dans quelque partie du corps qu'elle se développe. Elle est caractérisée par la formation d'un liquide particulier nommé pus, qui tantôt est exhalé à la surface iXas membranes libres, comme les muqueuses, les séreuses, ia cavité des vaisseaux, et qui plus sou\ent est produit dans l'épaisseur des tissus, où il forme une collection plus ou moins considéi*able qui a reçu le nom d'abcès. Les auteurs regardent généralement la formation du pus comme étant annoncée par un redoublement dans la douleur, qui devient pulsative à tel point, dit Hunier, que le malade peut compter son pouls, en dirigeant seulement son attention sur la partie enflammée. La suppuration une fois déclarée, la douleur se dissipe en partie, elle devient obtuse, et des frissons se déclarent. Ces phénomènes se passent, en efl'et, dans les inflammations franches du tissu cellulaire ; mais on cesse de les retrouver dans tous les cas d'inflaramition membraneuse, et même dans presque toutes les phlegmasies des parenchymes ; car si l'on excepte l'hépatite et certaines formes de la néphrite, maladies dans lesquelles la suppuration produit lessymptômesordinaires du phlegmon, onneretroofe plus dans les autres ni douleurs lancinantes, ni frissons, comme indice d'une suppuration commençante ; c'est ce que nous verrons notamment pour l'inflammation des poumons et même pour le cerveau.
Le pus provenant d'une inflammation franche est d'un blanc jaunâtre, plus ou moins opaque et homogène ; il est formé d'un liquide incolore, servant de véhicule à des globules qui paraissent avoir une composition fibrino-albumineuse ; ils sont blancs, sphériques, un peu frangés sur leui^ bords, comfue tomenleux à leur surface, qui paraît crénelée, ponctuée ou ridée. Ils ont, d'après M. Donné, un centième de millimètre de diamètre ; ils diffèrent, par conséquent, des globules du gang par leur plus grand volume, comme par leur forme et leur coloration, et des globules du lait par leur défaut de transpai once au centre. Ils sont formés par une anvelop|)o renfermant è son intérieur 1, 2, 3 noyaux et quelquefois davantage, U (thn^nulon de cf s dernlerf» rarje, d*aprèsM, rebv»rt, enirc 0"»"» ,0025 cl 0'"*" ,005 ; ib
DE l'inflammation EN CÉMCUAL. 2(>t
renferment quelquefois un nucléole ; on les rond plus visibles |)ar Tacide acétique. M. Lebert décrit aussi dans Je pus d'autres globules qu'il nomme pyoldes ; ils diflèreot des gîobules purulents dont nous venons de parler en ce ([u'ils ne contiennent pas de noyaux, mais seulement dans une substance transparente plutôt soSide que liquide on trouve de 4 à 10 granules moléculaires irrégulièrement disséminés; Les caractères microscopiques sont les mômes, quelle que soitla nature de la suppuration. Le pus est le plus souvent neutre, parfois il est alcalin. Il a une pesanteur spéciGque d'environ 1030 à 1033; il a par conséquent moins de densité que le sang, et un peu plus que le sérum. Insolube dans l'eau et l'alcool, soloUe dans Fammoniaque, il contient sur 100 parties 80 à 90 d'eau et 10 à 15. de matières solides, c'est-à-dire de la fibrine, de l'albumine, des matières grasses, snrtoilt de la cholestérine, des sels de chaux, de magnésie, de soude et des traces de fer. Le pus est généralement sans odeur quand il n'a pas encore eu le contact de Tair ; il faut en excepter pourtant celui qui provient d'abcès situés dlhis le voisinage des Yoies digeslives, depuis la bouche jusqu'à l'anus. Ces collections, en effet* quoique n'ayant en apparence aucune commtinicaiion directe ou indirecte, soit avec l'atmosphère, soit avec le gaz contenus dana les orpnes digestifs, contiens Dent néanmoins un pus fétide exhalant tout à fait une odeur stercorale des plus repoussantes. Il est très probable que, dans ces cas, il a dû s'opérer quelque phénomène d'endosmose à travers les membranes d'enveloppe du foyer. Le pus renferme souvent accidentellement diverses substances : ce sont surtout la matière colorante du sang, ou ce liquide même en nature ; des débris de tissu cellulaire ou des organes au milieu desquels le pus s'est formé ; ou bien encore divers produits de sécrétions naturelle ou morbide, etc. Le pus fétide contient en outre de l'hydrogène suifun» ( Bonnet, do Lyon ), de l'ammoniaque et de l'hydrosulfatc d'ammoniaque. Knfm, il est des pus particuliers, ne diiïérant pas des pus ordinaires, ni par le microscope, ni par les réactifs chimiques, bien qu'ils contiennent un principe viraient : tel est le pus de la morve, de la syphilis, les pustules varioleuses et vaccinales, etc.
On a beaucoup discuté sur l'origine du pus : mais la seule opinion raisonnable consiste à regarder ce liquide comme un produit de sécrétion formé par les surfaces enflammées; il ne résulte donc pas, ainsi qu'on Ta dit, ni de la fonte des solides, ni d'une transfonnation du sang, et surtout d'une transformation de ses globules on de la graisse. Mais, de même que cela a lieu pour toutes les sécrétions du corps, c*est le sang qui évidemment fournit les matériaux du pus; il le fait aux dépens du sérum, qui, transsudantà travers les parois du réseau capillaire, éprouve aussitôt la roijdification qui le transforme en pus. Tout porte à croire que les globules purulents sont constitués aux dépens de la ûbrine qui est tenue en dissolution dans le sérum, ou qui s'est épanchée dans les tissus dès le début de l'état phlegmasique. Le pus ne peut se produire qu'autant qu'il y a stase dans les capillaires et inflammation du solide.
Nous avons dit précédemment qu*on rencontrait le pus tantôt infiltré, tantôt réuni en un ou plusieurs foyers. Les abcès que nous trouverons dans quelques viscères sont remarquables surtout par la rapidité avec lequclle le pus s'enkyste ; en effet, à peine Tabcès date-t-il d'une semaine, que souvent les parois sont déjà tapissées par une membraue pyogénique, très dense, formée aux dépens du tissu celhu laire et de la lymphe coagulable, qui s'est épanchée dans la premiOi c période de rinflammation. Inutile de dire qu'on retrouve toujours celte membrane dans les collectîouf qui ont suivi une marche chronique, û$ abcès (|ui ap]^^TV\ev^u^\i\\^^
202 DES INFLAMM4T10>S.
pathologie tuterne, en r;iison de leur siège profond, se fraient peut-être moins sou* ^eut une issue directe au dehors que par l'intermédiaire d*un organe creux. Dans quelques cas fort rares, le pus iuliltré ou môtne réuni en foyer peut ôtre résorbé ; non que j'admette alors que les globules purulents sont repris en nature, supposition inadmissible quand on a égard à leur volume considérable, mais il y a probablement, comme le croit M. Bérard, un travail de dissolution qui les liquéfie et en permet Tabsorplion. Le pus retenu dans de vastes foyei's, ou bien la suppuration coutinuaut à se faire dans des foyers ouverts, peut amener la mort, en produisant tous les symptômes de la fièvre hectique. Il n*y a pas alors, comme on k dit, résorption purulente, mais résorption putride par suite de Taltéralion que le pus éprouve.
Gangrène, — La gangrène est un accident assez rare des inflammations qui sont du domaine de la pathologie médicale. La gangrène s'explique quelquefois par la \iulence de la phlegmasie ou par l'obstacle qu'une compression extérieure a mis à son développement; mais presque toujours il faut invoqtier Taction d'une catise spéciale ou spécifique. ( Voir l'article Gangrène. )
Ulcêratioih — C'est une lésion consécutive des phlegmasies que Hunter, le premier, a étudiée avec soin. L'ulcération consiste en une solution de continuité produite presque toujours dans les tissus membraneux ( peau et muqueuses), par une absorption interstitielle. On peut dire de l'ulcération ce qne nous disions tantôt de la gangrène, qu'elle est rarement la conséquence d'une inflammation franche. Presque toujours, en effet, celle-ci n'est produite que lorsque l'inflammation survient dans le cours de certaines diatlièses, ou bien lorsqu'elle a dans sa nature quelque chose de spécifique.
Induration, — L'induration n'est autre qu'une résolution incomplète de l'engorgement inflammatoire. La douleur cesse, ou bien elle est alors moins continue (l surtout moins vive; k*s signes de réaction s'éteignent; les malades peuvent reprendre les habitudes de la santé, à moins pourtant que la lésion n'attaque un organe important. De toutes les phlegmasies qui sont du ressort de la pathologie médicale, l'inflammation de l'utérus est celle peut-être qui est le plus souvent suivie d'une induration du tissu.
Enfin, la rétraction est, ainsi que M. le professeur Gcrdy l'a surtout bien démontré, un effet fréquent de l'inflammation (1). Ces rétractions des tissus mous dépendent souvent aussi du retrait qu'éprouvent les matières organisables 'é|\anchées dans leur épaisseur. C'est ainsi qu'une des gloires de la Faculté de Montpellier, Delpech, a prouvé que les tissus des cicatrices, que les fausses membranes étant très rétractiles , devenaient la cause d'une foule de déformations des membres, d'obstructions des conduits, etc. Ce sont surtout les inflammations chroniques qui ont pour résultat de condenser, d'indurer, de raccourcir les tissus.
Variétés de l' inflammation, — Les variétés de l'inflammation sont relatives «i sa marche , à sa nature spécifique ou non , et à son siège.
1® Relativement à sa marche , l'inflammation est distinguée en aiguè cl en rhronique. L'inflammation aiguè est remarquable par l'intensité des symptômes généraux et locaux, et par la rapidité de sa marche : c'est à elle qu'il faut rapporter tout ce que nous avons dit jusqu'à présent ; mais on a en outre distingué dans l'inflammation deux autres degrés, qu'on désigne sous les noms d'inflammation ntraigvë et suhaiguè, La première n'est autre que le degré le plus élevé de
(1) Chirurgie prûtifjtte. t. Il, p. 61 à 108.
ni- l/lM-LAM.MAIlON KN G^liNÉllAl.. 203
riuflatuiuaiîuji , c'est-à-dire caraclùres aiiatuniifjues Irès tranchés, \iolence des accidents, inarclic des plus rapides; nous en avons vu précédemuieul un exemple daus la |)critunite consécutive à la ()erroration intcstinaJe. L'iuflainmatiou, au cou-traire, csl dite sifZ^a/^u^ lorsque les symptOmes oiïreut peu d'intensité , et lorsque leur marche csl moins rapide que dans les inflammations ordinaires. L*élat subaigu fonue, |X)or ainsi dire, la transition de Tinflammation aigué à rinflammation chronique.
L'inflammation chronique est celle dont la marche est lente , et dont les sym-r {Mômes généraux et locaux sont très mcnlérés. Tantôt primitive, tantôt consécutive à h iorme aiguc , Tinflammatiou chronique est uu état morbide dont on a beauc'Mip parlé, et auquel on a rapporté pendant longteoips la plupart des lésions de uutritioo, les transformations des tissus et presque toutes les productions morbides ; cepcudant rien n*est moins bien défmi que ces mots : inflammation chro^ aique, C*est ce qui explique pourquoi les uns eu voient presque toujoiirs , tandis ([ue d*aiilres, tout aussi peu sages, n*en trouvent nulle part et en contestent JiisqD*à Texistence. Il est impossible, dans Télat actuel de la science, de faire cesser une pareille incertitude. Nous dirons seulement que, pendant la vie, Tinflammation (liTOuiquc, quand elle est simple, ne produit pas une augmentation de la fibrine; U fièvre est souvent nulle ou peu intense, sujette à des >ariations nombreuses, et ijoand elle existe d'une manière permanente , elle oiïre les phénomènes et la marche que nous avons tracts précédemment en parlant de la lièvre hectique. Lmflammation chronique trouble constamment les fonctioiis.de Torganc qu*elte aflecle ; mais ces troubles n*ont, en général, rien de pathognomonique , car des iôsious bien diiïérenies peuvent les faire naître. 11 en est de même de la douleur, qui j)cul manquer ou être intolérable sans néanmoins pouvoir fournir par elleiiiéine aucune indication bien précise pour le diagnostic. £iilin , la inaixhe des ^rcidenls n oiïre non plus rien de caractéristique, et ne |k*uI donner que des pré- "omptiuns. Les tissus chroniquement entlaïuinûs ont perdu, pour la plupart, leur ruuleur normale; ils sont ordinairement noirâtres, bleuâtres, gris ardoisé. Mais, (iv mùuieque la rougeur de l'état aigu, ces diverses colorations ne sauraient jamais caractériser une phlegmasie existante ; elles ne peuvent signifier rien autre , si ce u'cbt que la partie a été, «i une époque plus ou moins éloignée, le siège d'une forte hypcréniie, et probahlement d'une inflammation aigué; car la couleur bleue ou noire est une transformation de la couleur rouge, et résulte, comme l'a prouvé limiter, du changement que le sang subit toutes les fois que ce liquide cesse de se mouvoir. Les tissus chrouiquement enflammés ont tous éj)rouvé quelque changclueiit important dans leur nutrition. La plupart sont augmentés de volume : ils sont judurés, plus résistants, très cassants, parfois ulcérés ; maison retrouve toujiHirs tous les éléments coiistitutifs de l'organe , et il est (possible encore de les recoimaitre et d'en déterminer la structure. Sous ce rapport, les désordres produits |)ar rinflammation chmnique sont essentiellement dilTérents de ceux qu'entraînent rertaines transformations organiques qui détruisent l'organe et mettent à sa place un produit accidentel £nfin, l'inflammation chronique peut produire la suppuration ; Je pus est toujours alors réuni en foyer.
L'inflammalion a été aussi divisée en simple et en spécifique. Une intlammatioii csl simple , dit Thompson dans son Traité de Vinflatimuitiuiu lorsqu'il n'y a rien de particulier daus la constitution de la personne qui en est aiïectée, ou dans la luture et le mode d'action des causes excitantes qui l'ont produite. Dans le cas contraire, rinflammation est dite spécifique. Ainsi les pustules varioleusps, le^
chancres syphititiqucs peuvent ôtre considérC's comme des phlegmasîes S})écifiqiies, eu raison de la cause qui les fait naître, à cause de leur marche et de la propriété contagieuse du pus qu*elles produisent. Les phlegmasies diphthéritiqQes , comme Tangine couenneuse , doivent encore ôtre rangées parmi les phlegmasies spécifiques, non seulement en raison de la production pseudo-membraneuse, qui est un phénomène déjà insolite par lui-même , mais à cause aussi de la marche de Taffection , des symptômes généraux qui l'accompagnent , de sa propriété contagieuse , de 89 reproduction facile , et de refficàcité de certaines médications. C'est aussi en raison de la cause spéciale qui les fait naître, de leur marche et du traitement qu'elles réclament, qu'on doit regarder comme spécifiques les inflammations qui accompagnent les fièvres intermittentes anomales; car elles suivent la même inarche et sont attaquables par la même médication. Ainsi les innammations spéciGques, au nombre desquelles ou doit aussi comprendre la dyssenterie, et peutêtre quelques autres encore, sont remarquables en ce qu'elles ne peuvent guère être produites par les causes générales des inflammations ordinaires; quelques unes ont une marche fixe, une terminaison invariable , et ne sont jamais modiûées par le traitement , qui réussit généralement contre la plupart des phlegmasies. Mais doit-on aussi, comme le croit Thompson, classer dans les phlegmasies spécifiques celles qui, nées pendant certains états constitutionnels ou par leur influence, reçoivent de ceux-ci quelques caractères spéciaux , et exigent des modifications dans le traitement? Nous nfe le croyons pas; car, dans les cas dont nous parlons, rien ne prouve que l'inflammation soit d'une autre nature que les phlegmasies simples. Rien, en effet, n'est changé dans son essence : seulement sa physionomie présente certaines particularités en raison d'une altération générale , d'an état constitutionnel ou d'une diathèsc ; il y a seulement ici complication, mais non pas précisément changement de nature.
Les inflammations diffèrent encore beaucoup entre elles relativement \ leurs symptômes et à leur march,e, suivant les tissus et les organes qu'elles affectent : c'est ce dont on a pu juger précédemment , mais on s'en convaincra mieux encore par la suite. Des considérations à ce sujet devant nous entraîner trop loin , nous nous bornerons ici à faire connaître les difl'érences anatomiques qui distinguent les inflammations dans quelques uns des principaux tissus où nous les rencontrerons plus tard.
Dans les membranes muqueuses l'inflammation produit toujours une colorafkm insolite d'un rouge plus ou moins vif si la pblegmasie est aiguë , d'un noir TÎolàcé ou grisâtre si elle est chronique. Cette dernière est permanente : la mort ne h diminue point, tandis (et ceci est incontestable) que la couleur rouge peut diminuer plus ou moins dans les derniers instants de la vie , de manière à laisser pen de traces sur le cadavre. Pour peu que rinflammalion ait une certaine durée, elle entraîne après elle diverses altérations dans la nutrition du tissu membraneux; celui-ci devient friable , ramolli , parfois aminci ; plus souvent il est épaissi, grenu, mamelonné à sa surface, laquelle peut être tapissée par une exsudation crémeuse, couenneuse ou purulente. Enfin , il peut exister des ulcérations qui tantôt siègent sur le tissu membraneux lui-même, et tantôt n'affectent que l'appareil folliculaire. Il est aujourd'hui incontestable que les membranes muqueuses enflammées peuvent sécréter du pus sans être ulcérées , mais toutes ne produisent pas ce fluide avec la même facilité» Ainsi il en est qui , sauf les cas où elles sont ulcérées , ne laissent peut-être jamais exhaler du pus : telle est, par exemple, la muqueuse des organes digestif», Au iM>atraire , le conduit auditif, la caisse du tympan , 1e« ^Inua
DE L*J?«FLAMMAT10!S' £M GÉNÉRAL. 205
delà face, les Toîes pulmouaires, la conjonciivc, le \agia, et surtout la muqueuse orétrale, sécrètent du pus avec une grande faciliir.
L'inflammation des muqueuses, queicfuc intense qu*ellc soit, ne détermine probablement jamais des adhérences contre nature ; celles-ci ne sont produites que dans le cas où il s*cst formé quelque solution de continuité. Hunter parait contester Fexactltnde de cette pro|)osition ; car il a avancé que , quand la pblegmasie est violente, elle amène une exsudation de lymphe coagulable qui produit TadhésioD des parois entre elle». Il dit Tavoir oI)scrvée plusieurs fois dans Tinlestin , notamment à la face interne d'une anse intestinale qui avait été étranglée dans une hernie. Mais est-il bien prouvé que, dans ce cas, la muqueuse n*eût pas subi une solution de continuité?
Les membranes mufjucuses, détruites par Tinflammation, peuvent se reproduire aux dépens du tissu cellulaire subjacent. La membrane nouvelle, plus pâle on bien bleuâtre, n'a jamais la couleur de Tancicnne ; elle est dépourvue de velouté et de follicoleSt elle est lisse et ressemble à une membrane séreuse. Mais, au bout d'un temps plus ou moins long, elle acquiert toutes les propriétés des muqueuses » et II défiait impossible de distinguer alors la membrane de formation nouvelle d'avec In parties environnantes. Ainsi, la cicatrisation des ulcérations des muqueuses ne K fait jamais par rapprochement des bords, de manière à rétrécir l'étendue de la cavité. Ce mode de guérison n'a lieu que lorsque la perte de substance frappe en même temps les tissus subjacents; telle serait, par exemple, pour l'intestin et l'estomac, la destruction des tuniques muqueuse, cellulcuse et musculaire.
L'inflammation des membranes séreuses est essentiellement caractérisée par la sécheresse, et plus tara par la sécrétion d'un liquide purulent , ou d'une sérosité tronble , contenant eu plus ou moins grande abondance une matière albumino-: fibrineuse. Il n'y a ni épaississcment ni rougeur; i'épaississement qu'on a cru exister quelquefois n'est qu'apparent , et dépend de la concrétion de la matière fpanchée ; il suffit , en effet , de la détacher pour trouver au-dessous d'elle la véreuse parfaitement lisse et polie. Si on l'examine en place, la membrane paraît véritablement rouge et injectée , mais cette coloration ne lui appartient pas; elle dépend , en effet , du ti&su cellulaire subjacent ; car si l'on détache la séreuse avec nifl, sans entraîner le tissu cellulaire qui la double, on ne parvient à découvrir aocon réseau vasculaire. Cependant je n'oserais affirmer qu'il en soit toujours ainsi, car maintes fois il m'a paru que l'injection sanguine avait pénétré le tissu nême de la membrane; cela se remarque surtout dans les phlegmasies anciennes. D'ailleurs il résulte d'une pièce pathologique vue par M. Roux , en Italie , et des recherches récentes de M. Bourgery, que les membranes séreuses sont susceptibles d'injection, c'est-à-dire qu'on i)eut voir d'une manière distincte des vaisseaux sanpins dans leur épaisseur (Dubois, d'Amiens). L'inflammation qui rend quelques férewes friables et cassantes (arachnoïdes, |)éritoine) n'altère |H)int la consistance de quelques autres (plèvre et peut-être péricarde). La phlegmasie des séreuses est itieUement adhésive. Les adhérences se font au moyen de la matière fibrino- I, qui se concrète; celle-ci se pénètre rapidement, parfois au bout de peu de jours, de vaisseaux sanguins; elle subit à la longue diverses transformations, et flnit enfin par constituer des brides celluieuses et fibreuses qui réunissent entre eux les points opposés de la séreuse. D'autres fois, elles ne forment que des plaques opaques ayant beaucoup d'analogie avec l'albumine de l'œuf, plaques qui aoavent ne sont qu'appliquées sur la membrane, car on peut les soulever et les détacher entièrement sans détruire le poli de la séreuse. I.es inflammations dont je
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IKirk* sont oiicore rcmaniuablos par racuilé do leurs sunplûiues , parleur marche rapide et par leur peu de tendance à produire des ulcérations ou la gangrène.
Nous ne croyons pas devoir pousser plus loin l'étude de riuflaintnation dans chaque lissu ; car plus tard nous consacrerons des articles spéciaux aux phlegmasîes des lissus nerveux, artériel, veineux, musculaire, etc. Quant aux inflammations parcnchymatenses, elles se présentent avec des caractères si variés, en raison de la diversité d'organisation des parties, qu'elles ne peuvent se prOter h aucune généralité. Enfui, rinflammation de plusieurs autres tissus, comme celui des os, ne doit point nous occuper, et rentre dans le domaine de la chirurgie.
Diagnostic. — Les phlegmasics extérieures sont toujours d*un diagnostic facile : il n'en est pas de même de celles qui sont profondément cachées, caf quelquefois elles i^e trahissent leur existence que par di'S troubles sympathiques, comme l.i Gèvrc, sans exciter aucun symptôme local. Dans ces cas obscurs, on peut tirer grand avantage des recherches de MM. Andral et Gavarret sur le sang: ainsi, lorsqu'on trouve que la proportion de fibrine est plus considérable, lorsiiue le sujet n'étant poitU chlorotiquc on voit le caillot se recouvrir d*une couenne épaisse, il faut en conclure qu'il existe une phlegmasie quelque part ; on cherche à en préciser te siège par l'exploration attentive de tous les organes.
Sur le cadavre, il faut bien se garder de conclure h l'exîstcucc d'une inflammation d'après la considération d'un seul caractère : nous avons dit et nous répétons encore ici que la rougeur, quelque vive qu'elle soit, est un signe trompeur et tou> jours insnflisant. Au contraire , une exsudation plastique fihrino-albumineuse t*st un signe certain, pathognomonique. Je n'ose en dire de môme de la suppuration ; car le pus n'indique pas nécessairement la préexistence d'un travail inflammatoire dans le lieu où on le trouve. Quelquefois , en effet, il semble n'y avoir été que déposé : c'est ce qu'on voit pour une foule d'abcès symptomatiques.
Ce serait le lieu de dire ici en quoi l'inflammation diffère de l'irritation, mot qui pendant quinze ans a fait la fortune d'un système. L'irritation était définie par Broûssais : la contractiwi portée au delà de certaines limites ; par M. Roche, l'iiii de ses élèves les plus distingués : une augmentation de l'action organique moléculaire d'tm tissu. L'irritation était un état maladif résultant de la propriété qu'ont les tissus vivants d'être impressionnés par les stimulants. Ainsi lorsque , introdoi* sant 5 centigrammes d'émétique dans l'estomac , on excite la sécrétion fulliculaire de la muqueuse et la contraction de la tunique musculaire , on produit le phénomène de l'irritation. Celle-ci était un état pathologique primordial qu'on ^«ît partout et par lequel tout s'expliquait, suivant le point où on le faisait agir. L'irritation n'était pas encore l'inflammation, mais elle en constituait le premier degré; car lorsque, agissant sur les capillaires sanguins, elle déterminait les phénomèncsi locaux qui caractérisent l'état phlngistiqiie, on disait que l'irritation était inflammatoire. L'inflammation était, en d'autres termes, l'irritation avec appel plus considérable de sang que des autres fluides : tandis que la subinflammalfon était l'irritation avec appel plus considérable de fluides blancs que des autres fluides. Je ne poursuivrai pas davantage la démonstration de ces idées, aujourd'hui vieillies d'un siècle, et qui ne peuvent plus que figurer dans l'histoire des erreurs de h science. J'ai seulement voulu définir à ceux qui entrent dans la carrière le mot qui avait seni à un homme d'un talent prodigieux à n^volutionner toute la mé* decine ; mot qu'ils entendront encore quelquefois prononcer par quelques rares Adeptes. Mais aujourd'hui , où tant de sévérité est exigée dans les recherches et le Hngage sdentifiqnes , on ne doit plus se servir do mot irritation^ qui n'indîqiie
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à l'esprit rien de défini , par cela souI qu'on l'a appliqué ^ tons les phénomènes pathologiques.
Pronostic. — Le pronostic se calcule surtout d*a))rt'S Timportance de l'organe affecté, rétendue êe la phlegmasîe, sa nature, sa tendance naturelle vers telle ou tHIc terminaison, ou vers telle ou telle suite; enfin on tiendra également compte de l'état des forces, de la violence des symptômes généraux et sympathiques, de l'âge et de la constitution des sujets , et de l'époque à laquelle le traitement est commencé.
Causes de f inflammation. — Les causes des inflammations sont très nombreuses. Les unes agissent directemeut : telles sont toutes les violences extérieures, l'applîcation des substances irritantes et caustiques; les autres agissent indirectement et d'une manière à peu près inexplicable : c'est ce qui arri\e, par exemple, lorsqu'un n^roidissement des pieds détermine une angine, un coryza, etc. Parmi les causes fréquentes de l'inflammation, on doit ranger encore toutes les substances qui, donaces intérieurement, vont agir loin du point où elles ont été appliquées : tel est le mercure, qui, pris à petites doses, peut enflammer la muqueuse buccale. O'autt^es fois, il est diflicile de dire si ces substances agissent conséculiiement à leur ahsorplion , ou si l'ûiflammation qu'elles provoquent ne résulte pas d'une action svaipathique exercée par l'organe avec lequel elles ont été mises en contact : tdies sont, par exemple, toutes ces affections inflammatoires de la peau, qui nais^ sent après l'ingestion de certains fruits, de certains coquillages ou de certains poissons. A côté de ces causes indirectes viennent encore se ranger tous les poi- M>Ds morbides, comme la plupart des virus, dont tes tins agissent surtout sur le point de contact, tandis que d'autres ont leurs effets lès plus considérables consécathrement à leur absorption. La plupart des inflammations ordinaires non spécifiques naissent sans le concours d'aucune cause déterminante appréciable; on les dit alors sponianées. Quelques unes reconnaissent , au contraire , l'intervention d'âne cause excitante. Les écarts de régime, les fatigues e\cessi\es, les émotions norales vives, et surtout faction brusque du froid sur le corps échaulTé, sont les circonstances que nous invoquerons le plus souvent pour expliquer le développett des phlegmasies. Le froid est , eu effet , la cause occasionnelle la plus corn- , et une des plus puissantes; mais beaucoup de personnes en ont encore l'importance en lui rapportant le développement de toutes les phlegmasies de l'appareil respiratoire. J'ai prouvé h la page 168 do mon Traité de la pneumonte que la source de cette erreur résidait dans un interrogatoire insuffisant ou ■al dirigé.
L*iDflaminatioQ reconnaît une foule de causes prédisposantes; c'est ainsi que nus verrons l'agc, le sexe, les climats prédisposer à difféi*entes phlegmasies. Pendant longtemps on a considéré une constitution forte et robuste, et l'état de pléthore» comme prédisposant beaucoup aux phlegmasies ; mais une observation plus ciacte a démontré que cette croyance était erronée, et il est reconnu aujourd'hui qoe la faiblesse prédispose bien plus aux inflammations que l'état opposé, probablement parce que dans le premier cas les individus sont plus attaquables et résistent moins aux causes. Mais si iëtat de force et de pléthore ne prédispose pas à l'inflammation, cette circonstance a pour effet d'augmenter l'intensité des symptômes de réaction. Enfin, il existe des prédispositions qui tiennent à l'organe lui- Blême, à sa position, à la nature de ses fonctions ; il est en outre démontré pour plusieurs phlegmasies qu'un organe y est d'autant plus exposé qu'il en a déjà été atteint on pins grand nombre de fois.
2U8 WS m FLAli MATIONS.
Lorsque plusieurs i^hleginasies se développent simultanémeut ou successivemeni chez le même individu sans pouvoir être rapportées à une cause extérieure manifeste , on dit alors qu*ellcs sont dues à une disposition inconnue, à une dîathèse. Ces inflammations multiples peuvent occuper des organes et des tissus diiïérents. Quelquefois par contre Ip travail morbide a une tendance extrême à se porter sur les tissus semblables. C'est ainsi qu'il n'est pas infiniment rare de voir le même travail phlegmasiquc frapper à la fois la plupart des membranes séreuses.
Lorsqu'on voit ainsi survenir successivement une ou plusieurs inflammations, il ne faut pas se bâter d'accuser une diatbèse spéciale» car quelquefois ces maladies diverses reconnaissent des causes manifestes, mais en raison de la faiblesse et de la susceptibilité plus grande des individus, ces causes, a'ayant pas besoin d'être aussi énei^iques, passent souvent inaperçues.
On a représenté trop généralement la diatbèse inflammatoire comme étant l'apa* nage à peu prés exclusif des constitutions robustes, des tempéraments plétboriqnes ; c'est là pour le moins une exagération. Il n'est pas rare, en efl^et, de la voir survenir chez des individus aiïaiblis, et plus ou moins anémiques. L'état couenneu\ du sang pourrait-il, comme AL Piorry le suppose, devenir une cause active de certaines phlegmasies secondaires , en permettant l'exsudation d'une sérosité fibrineuse, qui agirait sur les tissus comme une espèce de corps étranger; c'est là une opinion insoutenable. Nous crobions plutôt, nous guidanten cela par les études cliniques et les expériences de M. Magendie, que par suite de la défibrinatiou du sang on verrait plus facilement apparaître, dans diverses parties du corps, des congestions d'abord, suivies bientôt d'un travail pblegmasique.
L'état des liquides ne saurait, dans tous les cas, rendre compte de la diatbèse inflammatoire ; il y a ici , comme pour toutes les autres espèces, une di^xisition intérieure qui échappe à toute analyse, et qui ne saurait être isolée.
Cette diatbèse n'est pas seulement remarquable par le nombre et la diversité des phlegmasies, mais souvent aussi par plusieurs autres circonstapces, notamment par la marche en général plus rapide de l'altération et par certains modes de terminaison que la maladie affecte le plus généralement Nous parlerons dans ia suite de ces phlegmasies si fréquentes dans l'état puerpéral et qui aboutissent si coaunanément à la suppuration. Ne doit-on pas aussi , avec M. Michel Lévy, rapprocher de ce groupe d'affections ces cas de méningite cérébro-spinale si remarquables par l'abondance de la suppuration , par la rapidité avec laquelle elle se produit et par sa diffusion dans plusieurs des membranes séreuses? Ne doit-on pas aussi ranger dans la même catégorie de faits ces cas d'abcès multiples souvent connidé-* râbles arrivant dans le tissu cellulaire des membres et du tronc, et cela si prompten^nt, que Delpech les a nommés soudains ; abcès dont quelques auteurs ne croient pouvoir se rendre compte qu'en supposant, les uns que le pus a été déposé par les vaisseaux ; les autres , qu'il y a eu transformation subite des globules purulents : idées également inadmissibles. Ces abcès doivent rentrer dans la loi commune ; ib n'ont pu se former sans une phlegmasie locale, phlegmasie qui débute à peine que déjà du pus est formé, et cela en raison de conditions spéciales de l'économie. C'est, en effet, chez des sujets affaiblis par l'âge et les maladies, dans les convalescenoei des fièvres graves et des maladies virulentes qu'on voit naître ces abcès souvent suivis d'une issue funeste.
Traitement — Les premières indications à remplir dans le traitement de toute inflammation consiste à éloigner, toutes les fois qu'on le i)eut, les causes excitantes qui ont fait naître la maladie, à soumettre l'organe affecté au repos le plus absolu;
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pois oo cliercliera h attaquer la phlegmasie elle-inôme. Les aiitiplilogisiiques sont les agcots les plus eflioaces, et ceux qui , diversement modifiés, sont applicables à presque tous les cas. Les saignées générales et locales sortt la base de la médication aatiphlogistique. Les premières conviennent toutes les fois que la phlegmasie est mez élendue et assez grave pour exciter un mouvement fébrile un peu intense. Cependant l'intensité de la fièvre ne doit pas seule guider le médecin, mais on doit aussi avoir égard à l'importance de l'organe affecté. C'est ainsi que deux malades . «tant donnés, ayant l'un et l'autre une fièvre modérée, et qui sont atteints l'un de poennDonie, l'autre d'érysipèlc à la face, il y aura ordinairement nécessité, urgence et saigner le premier, tandis que le plus souvent on pourra s'en dispenser pour le Koood. Il faut» dès à présent, bien se persuader que la saignée n*est pas un remède applicable ou nécessaire à toutes les inflammations; il en est, en effet, qui guérissent aussi bien et même mieux sans son intervention : aussi doit-on s'en dispenser alors; car il faut s'habituer à considérer la saignée comme un moyen poissant, nais dangereux , dont on abuse facilement , auquel pourtant il est impossible de remédier lorsqu'on l'applique d'une manière inopportune ; on doit donc n'y re^ ooarir que lorsque l'indication est bien précise. Il en est d'aiUears de la saignée comme de tous les i*emèdes qoe j'appeUerai ratiannels^ qui ne sont doués, par rapport à la maladie contre laquelle on les dirige, d'aucune vertu spécifique, et qui, puaissant indiqués par la nature de l'affection aussi bien que par l'appareil symptomatique, échouent néanmoins, et sont même manifestement nuisibles dans certains cas; tandis que d'autres médications sont couronnées de succès. Cette inconstance do remède tient au génie différent des constitutions médicales, dont on a eu tort de nier l'influence et jusqu'à l'existence. Cependant les constitutions médicales do* ■inent la thérapeutique : c'est une vérité que les théoriciens ou les ignorants ont po méconnaître, mais qui a toujours été proclamée par les grands praticiens. Ainsi donc il faut s'attendre à voir dans certains cas, et pendant plusieurs mois de suite, h saignée échouer ou être nuisible contre certaines phlegmasies, dans lesquelles m était habitué à la voir réussir. L'emploi de la saignée peut trouver en outre des CMtre-indications tenant à l'individu : ainsi une faiblesse excessive , un âge trop ladre ou une constitution détériorée, un état chlorotique, peuvent être parfois » obstacle à toute émission sanguine ; mais le plus souvent ces circonstances iniqoent seulement d'y recourir avec plus de prudence et de ménagements. On con« (Ht bien qu'il est impossible de tracer à ce sujet aucune règle {\xe, car tout ici est ■bordonné au tact du médecin. Il est néanmoins des circonstances où les plus apérimentés hésitent : il arrive, en effet, souvent qu'en présence d'un malade atteint d'une phlegmasie grave, et dont les forces sont prostrées, on ne sait si cette liynamie est rédle^ ou si elle n'est que simulée, apparente. On hésite alors entre tirer du sang et tonifier. Pour se diriger dans un cas aussi épineux, on devra avoir égard aux circonstances suivantes. Si Ton a affaire à un individu débilité , avant Fiavasion de la phlegmasie, par une maladie antérieure, par des veilles, des clia- 0M, etc. , il est à peu près certain que l'adynamie qu'on observe est réelle : car la limple oppression des forces a lieu généralement dans des conditions opposées, c'csl-à-dire chez des sujets bien constitués et dans la vigueur de l'âge. Ajoutons que lorsque les forces ne sont qu'opprimées, les malades présentent des symptômes ady ^ aamiqnes dès le début, et les offrent même à un haut degré, tandis que l'adynamie léritable est en général progressive, et n'arrive qu'à une époque plus avancée. On aura encore égard aux effets que produisent sur les forces les hémorrhagies naturelies; enfin * dans le doute, on fait pratiquer une petite saignée exploratrice, et,
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suivant les effets qu*oii en obtient, c*est-à-dire suivant que les forces se relèvent ou se prostrciit davantage, on insiste sur ce moyen ou Ton y renonce tout à fait pour recourir h la médication tonique.
Les saignées sont d*autant plus avantageuses qu'on les pratique à une époque plus rapprochée du début ; mais il ne faut pas croire avec quelques anciens auteurs qu1l existe un teinps au delà duquel on ne doive plus répandre de sang : c'est unç grave erreur quç les hommes les plus expérimentés des derniers siècles ont partagée; mais aujourd'hui il est bien reconnu que l'emploi des émissions sanguines doit être subordonné à la nature des symptômes généraux et locaux, sans avoir égard à Tàge plus ou moins avancé de la maladie, qui ne doit jamais entrer en ligne de compte. Non seulement il faut saigner le plus tôt possible, mais encore lorsque la violence de la maladie Texige et lorsque les forces le permettent, on doit tirer une grande quantité de sang à la fois, c'est-à-dire kOO à 600 grammes; et s'il faut recourir plusieurs fois à la saignée, on doit le faire à des intervalles assez rapprochés, par la raison que la phlegmasie est d'autant plus attaquable qu'elle est moins ancienne. Mais dans aucun cas on ne peut déterminer d'avance, même approxivMr tivement , le nombre de saignées qu'il faut faire et la quantité de sang qu'où doit retirer à chacune d'elles ; car l'abondance et le nombre des saignées doivent être subordonnés à l'âge des malades, à leur constitution, à l'état antérieur de santé ou de maladie, à la violence des symptômes généraux et locaux, et enGn, comme nous l'avons déjà dit, aux constitutions médicales régnantes. L'aspect plus ou moins couenneux du sang ne peut , comme on l'a cru pendant longtemps , comme le croient encore quelques médecins, fournir une indication pour réitérer la saignée, puisque nous avons vu que la couenne pouvait exister dans l'anémie , que par conséquent elle devient d'autant plus parfaite que l'on saigne davantage, bien que rinflammalion ait cessé de s'accroître. Par les saignées convenablement faites, on peut espérer de soulager presque toujours les malades, d'en guérir beaucoup qui, sans elles, auraient succombé, et d'abréger la maladie de ceux qui auraient pu guérir sans son secours. Mais le jeune médecin ne doit pas oublier que quelque abondantes et quelque nombreuses que soient les saignées, elles n'ont pas, le plus généralement, le pouvoir d'enlever brusquement la maladie, de l'arrêter toutk coup dans sa marche quand elle débute. On verra, cii effet, plus tard, qu'on ne jugule ni la pneumonie, ni la pleurésie, ni les érysipèles de la face, ni les angiaea, ni toutes les phlegmasies franches et déjà bien établies. On se convaincra que ces maladies ont, pour ainsi dire, un cours nécessaire, et que, nonobstant une méthode active de traitement, il n'est pas en notre pouvoir de les empêcher de s'accroître pendant quelque temps. Cette proposition, qui est admise par MM. Ghomel et Louis, et que j'ai moi-même développée dans mon Traité de la pneumonie, a reçu uiie confirmation nouvelle des recherches de M. Andral, qui a vu que, quelque aboiH dantes ou quelque rapprochées que soient les saignées, la fibrine n'en va pas moins toujours en augmentant, si ces saignées sont faites dans les premiers tempe d'une inflammation tant soit peu intense, c'est-à-dire dans la période ordinaire d'augment de la maladie. Les saignées générales conviennent, avons-nous dit, toutes les fois que la mabdie est assez grave pour exciter une réaction notable ; elles suflbent la plus souvent seules, d'autres fois il convient de leur associer les saignées locaka faites par dfs sangsues ou des ventouses scarifiées. Celles-ci sont surtout efficaces dans les inflammations qui s'accompagnent d'une vive douleur ou d'une congestion très considérable. Il faut, dans tous les cas, appliquer les sangsues le plus près possible du mal, on sur des parties qui ont avec les organes malades des rapports
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lasculaires ou sympathiques ; on doit aussi mettre un nombre suflisant de sangsues ou de \efitooses pour opérer une doplétion locale suffisante; car si Ton agissait autrement, loin de diminuer la fluxion, on Taugmenterait* Les «omissions saugnines locales suffisent quelquefois pour amener k bonne fin certaines phlegmasies peu iiteuses, superficielles, ou affectant des tissus membraneux.
Les inflammations peuvent encore être attaquées par plusieurs ordres de médicaments dont le mode d'action, quoique inconnu, n*en est pas moins remarquable. ^ L'est ainsi que nous verrons les préparations mercurielles administrées a l'intérieur, eti reilérieur en frictions, amener la résolution de phlegmasies très graves. On a supposé, dans ces cas, que le mercure agissait eu iluidiliant le sang; mais cette opinion, qui n*a jamais été démontrée expérimentalement , est, au contraire, eu opposition avec les faits de M. Audral, qui a vu , dans les stomatites mercurielles, la quantité de fibrine s accroître comme dans les phlegmasies oi*dinaires. Nous ignorons donc jusqu'à présent le mode d'action du mercure.
Il est encore un autre ordre d'agents thérapeutiques, connus sous les noms de eonire-stimulants ou d'hyposthénisaniSf et k Taidc desquels on combat beaucoup de phlegmasies. Cette méthode, d'origine italienne, a été créée par Rasori,et agrandie depuis lui par Tommasini , et surtput par le professeur Qiaccomini , de Padouc. Elle consiste k administrer certains médicaments énergiques k des doses considérables, sans que ces substances déterminent les effets toxiques qu'elles produiraient chez un homme sain, sans même observer souvent les effets naturels, physiologiques, qu'elles produisent quand on les donne k moindre dose. C'est ainsi que les malades peuvent prendre 1 gramme et plus d'émétique sans éprouver ni vomissements ni selles.
Pour terminer, nous dirons que certaines inflammations des téguments ou des muqueuses sont souvent heureusement modifiées par des agents irritants et caustiques, et qui, d'après la tliéorie, sembleraif^nt devoir produire un effet tout contraire. C'est ainsi que des ophthalmies, des uréiriles, des cystites, des vaginites, dn phary'ngites et des redites aiguës ou chroniques cèdent rapidement k une ou l^usieurs cautérisations par l'azotate d'argent : il semble alors que ce médicament ^Bse en changeant le mode de vitalité des parties; ou, si l'on veut, k une phlegnasie rebelle ou spécifique il substitue une phlegmasie nouvelle , simple et plus bellement curable.
Le traitement des inflammations se compose encore d'une foule de moyens adju* IMIK Les principaux sont : l'abstinence, qui doit nécessairement et toujours acoimpagner les antiphlogistiques ; l'usage des boissons douces, l'emploi des cataplasmes et fomentations émollientcs, les bains locaux et généraux, les applications ffXttdes et astringentes, la compression dans quelques cas particuliers, et enfin les rtiulsifs. Ces derniers s'appliquent tantôt sur le tube digestif : ce sont les émétiques et les purgatifs; tantôt sur la |)eau ; ce sont les siuapismes, les pédiluves, les ma- DDlnves irritants, les vésicatoires, les emplâtres et pommades déterminant la rubéiaciioo ou la formation de vésicules et de pustules. Les moyens révulsifs sont très ffficaces ; on les appUque tantôt le plus loin possible de l'organe malade , tantôt dans son voisinage. Les premiers conviennent, en général, k toutes les périodes de la maladie, môme au début; les seconds, au contraire, souvent nuisibles quand la maladie commence , ne sont guère indiqués qu'à une période avancée , lorsque l'affection traine en longueur ou tend k passer k l'état chronique.
li est un symptôme prédominant dans ((uelques phleguiasies qu*ou ne doit jamais négliger : c'est la douleur ; car, lorsqu'elle est trop vi\e, elle a pour effet ordinaire
d*augmeiiler la congestion locale. La douleur, pour me servir d'une expression ^ort juste de Sarcone, est tour à tour mère et fiUe de Tinflammation ; aussi on devra tOL joui*s la combattre , et si elle n'est pas modifiée par le traitement antipblogistique, c'est par les narcotiques administrés à l'intérieur ou appliqués localement qu'il faudra la modérer. On peut donner l'opium sans aucune crainte ; car depuis longtemps nous avons reconnu, ainsi que l'ont fait avec nous beaucoup d'hommes habiles , combien sont mat fondées les appréhensions de beaucoup de médecins contre l'emploi des narcotiques dans le cours des phlegmasies. Outre la douleur, les inflammations s'accompagnent encore fréquemment de divers accidents qui parfois prédominent tellement , qu'ils peuvent devenir la source de l'indication principale : ainsi les troubles nerveux exigent souvent qu'on ait recours aux rnédi* caments connus sous le nom A* antispasmodiques. EnGn, fréquemment la débilité, la prostration des malades est telle qu'on doit, sans s'inqifiéter de l'afTection locale, se préoccuper exclusivement de l'état général , c'est-à-dire qu'on essaie alors de relever les forces par les toniques et les corroborants ; on obéit à ce que les anciens nommaient V indication vitale, sauf^ plus tard, à reprendre le traitement de la phlegmasie, s'il eu est besoin et si les forces le permettent
Après ces considérations préliminaires, nous passons à l'étude des inflanmiatioos en particulier.