INFLAMMATION DES OBGANES GÉNITAUX
Les organes génitaux, dans les deux sexes, sont fréquemment atteints de phleg« aasie. Nous ne comptons, dans ce chapitre, appeler l'attention du lecteur que sur es Inflammations qui affectent l'utérus et deux de ses annexes, l'ovaire et les igaments larges. Nous omettons à dessein de décrire la phlegmasie du vagin et
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celle de Turètre, du prépuce et du gland chez Thomme, attendu qne uoos comptoos nous en occuper longuement plus tard, quand nous traiterons de l'infectionTéiiérienne. Il ne faudrait pas néanmoins conclure de tout ceci que toutes les inflaiDroatîons de Turètre chez ]*homme , et que toutes celles qui aOectent le vagin cba la femme, dépendent constamment de Faction d'une matière virulente; mais cette cause, si elle n'est pas précisément la seule, est du moins la plus conimaDe;et comme, quelle que soit Torigiue du mal, on n'observe que des nuances dans ki symptômes, mais nulle différence très tranchée, il convient, pour éviter des redito» de renvoyer Tétude des inflammations des organes externes de la génération diai les deuY sexes à l'époque où nous traiterons des accidents syphilitiques primitik
J>e la méirittf.
On désigne sous le nom de métrite l'inflammation du tissu utérin. La plupart des auteurs en ont distingué deux espèces, suivant que l'inflammation occupe le parenchyme de l'organe, ou suivant qu'elle est bornée à la membrane interne. U première constitue la métrite proprement dite : on Ta nommée aussi profonde^ phlegmoneuse on parenchymateuse ; la seconde est généralement désignée sov les noms de catarrhe utérin ou de métrite catarrhaie, en raison de récoulement muqueux ou mucoso-purulent qui a lieu ])ar les organes génitaux. Nous verrooi par la suite que les écoulements blancs de l'utérus sont un symptôme fréquent d'une foule d'altérations de l'organe ; mais il en est d'autres qui sont essentiehi c'est-à-dire qui, ne se liant à aucune lésion matérielle, sont uniquement constitnéi par un vice de sécrétion de la membrane interne : nous en traiterons à l'articb Leucorrhée, La métrite est distinguée en aiguë et en chronique : la première le divise elle-même en métrite simple et en métrite puerpérale; la seconde oÉi aussi deux fonnes principales, dont nous traiterons en particulier. Ce sont: h métrite avec induration, et la métrite ulcéreuse et granulée.
J>e la métrite aîgui simple.
Caractères anatomiques. — Dans les cas rares où l'on peut examiner Ttetde l'utérus atteint d'inflammation simple, on trouve Torgane augmenté de volame; le tissu, d'un rouge plus ou moins foncé, est plus consistant, mais friable, ou biei il est ramolli et se laisse déchirer ou pénétrer ()ar le doigt. Si du pus a été prodniti il est inûltré dans les parois , ce qui donne à celles-ci une coloration grisâtre M d'une teinte de feuille morte. Plus rarement on a trouvé le pus réuni en plosienii foyers isolés, les uns libres, les autres enkystés, ayant toujours un petit voloine (depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une noix) ; Lisfranc en a vu deux poariait qui égalaient à peu près la moitié du poing. Ënfln, plus rarement encorCv ont trouvé le produit morbide renfermé dans la cavité utérine : celle-ci est alors tapinée par une fausse membrane; en la détachant, on trouve la surface interne de For^ gane rouge, injectée, friable. La niOmc altération peut exister dans une des irompel ou dans les deux : celles-ci ont alors acquis un volume beaucoup plus considérable. Enfm, la membrane péritonéale, les ovaires et les ligaments larges participent le plus souvent à la phlegmasie.
La métrite pouvant être partielle ou générale, les lésions qui la caractériseii occuperont donc l'utérus entier ou quelques unes de ses parties, spécialement la col, la paroi antérieure ou postérieure, un de ses l)ord8 ou la cavité«
DE LA MÉTnîTE AIGUË SIMPLÏ-, 465
Symptômes, — La métrite débute généralement sans prodi*oines, et les signes qui la caractérisent varient suivant que la phlegrnasie est circonscrite ou qu'elle fat étendue à tout Torgane. La métrite occupe-t-elle le col, les malades accusent de h douleur, de la chaleur et des élancements au fond du vagin ; les rapports sexuels Mit extrêmement douloureux ; si Ton pratique le toucher, on reconnaît que le ' col est chaud, sensible à la plus légère pression, plus ou moins dur, et augmenté ée volume; il est souvent doublé, triplé, et peut même acquérir le volume du pùng â*un adulte. Dans ces cas , il y a toujours un certain degré de prolapsus Hérin, à moins que le vagin, devenu plus rétractile, ne contrebalance le poids iittolite que Tutérus a acquis. Par le spéculum, on découvrira les divers changements sunenos dans la physionomie du col ; quelquefois , on y constate des érosions, des ulcérations et des fausses membranes qui se montrent commulément très rebelles.
Si l'inflammation envahit le corps de l'organe dans la totalité ou dans la plus gnode partie de son étendue, on observe généralement un ensemble de symptômes (Eoéraux et locaux plus graves que les précédents. C'est ainsi qu'un frisson violent Barque communément le début de la maladie ; l'hypogastre est le siège de douleurs lires et lancinantes, qui s'exaspèrent par la pression, par les secousses de la toux, pv les inspirations profondes, et généralement par la plupart des mouvements imjrimés au corps. Les malades ne peuvent le plus souvent tenir le tronc dans sa Mtitade normale ; elles sont presque toujours obligées de se courber fortement en lorsqu'elles marchent. La plupart éprouvent également un sentiment de t^r à l'anus ou même un véritable téncsme ; l'excrétion de l'urine est soudooloureuse et difficile ; il y a aussi presque toujours des tiraillements ou des hncements aux aines, à la partie interne et supérieure des cuisses, ainsi qu'à la ^gioD sacrée. Ces divers accidents s'expliquent par le volume phis considérable k Forgane qui comprime le rectum, la vessie, les nerfs sacrés , et qui , devenu los lourd, tiraille les ligaments qui le fixent au bassin. Lorsque la douleur hypo- Citrique n'est pas très vive, on peut, en déprimant suffisamment la paroi abdolinale antérieure, sentir souvent que le fond de l'utérus est au niveau du pubis •même qu*il le dépasse de quelques centimètres. L'introduction du doigt dans le BCtam fait également constater une augmentation dans le volume de l'organe, tant !■■ ses diamètres antéro-postérieur et transverse que dans son diamètre vertical. )ê pressant sur la paroi recto-vaginale , et souvent par la seule introduction du tigt, on excite des douleurs vives. Par le toucher, on trouve, en outre, que le col ft sain ou bien qu'il participe à la maladie du corps. L'utérus est presque toujours ■ peu plus abaissé ou dans une position plus oblique ; d'autres fois il a subi un |èr mouvement de rétroversion et surtout d'antéversion. Si l'on essaie de le Amler vers le bassin, il paraît plus lourd; cette manœuvre excite toujours de f es douleurs. En général, on trouve que l'organe est peu mobile; il semble même idqaefois être véritablement enclavé : il est alors impossible de lui imprimer icone espèce de mouvement. Il n'est pas rare que dans cet état il n'existe aucun oolement vaginal; d'autres fois un liquide jaunâtre, verdâtre, blanchâtre, sanlinoleiitf s*échappe en plus ou moins grande abondance de la vulve. Quelle que il h partie de l'utérus enflammée, on observe presque toujours quelques troubles mpathiques du côté de plusieurs fonctions, spécialement vers les organes digess : ainsi les malades ont de l'inappétence et de la soif; beaucoup ont des nausées même des vomissements aqueux ou bilieux; leur ventre est un peu tendu itéonaé; les selles sont rares ou nulles; la fièvre est plus ou moins forte; ^
T. T. — 6* *Dn, ^^
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figure exprime ranxiété; il y a une céphalalgie vive et parfois an pende dâire. Cependant la inétrite simple produit rarement cet ensemble de syaiptôroes graves: ceux-ci ne se développent (|ue lorsqu'il survient des complications; les plus fréquentes sont la phlébite et la péritonite de Texcavation pelvienne. Cepei^Bt il convient d*avertir le lecteur que ces complications sont fort rares dans h métrite simple non puerpérale.
Durée , terminaisons, — La métrite aiguë a presque toujours une heoreoK issue : cependant on Ta vue quelquefois se terminer très rapidement par laHMrt; mais dans ces cas il existait |>rcsque toujours quelque complication du côté dn péritoine. La résolution est le mode de terminaison le plus ordinaire de la maladie; on Tobserve presque constamment entre le premier et le second septénaire. Lasapporation est un accident extrêmement rare; il est en général fort difficile de la diagnostiquer en raison du très petit volume des abcès. On a pourtant cité des casai des collections purulentes très volumineuses, formées dans l'épaisseur de l'aténis, se seraient fait jour dans sa cavité , dans celle du rectum ou à travers les paraii abdominales. Mais ces faits, qui nous paraissent pour la plupart appartenir 4 dei abcès des ovaires ou des ligaments larges, sont fort rares ; beaucoup nous semblent d'ailleurs être presque aussi suspects que ces faits relatids à des mécrita aiguës qu'on aurait vues se terminer par la gangrène et par réliininadon de l'organe tout entier. Cependant il parait constant qu'on a plusieurs fois rencontré des gangrènes partielles du col. Très fréquemment la métrite passe à l'état chronique.
La métrite aiguë peut entraîner après elle divers accidents : ainsi Toblitéralioi des trompes ou des adhérences insolites de leur extrémité libre peuvent amener un stérilité incurable ; comme des adhérences établies entre l'utérus et les piM du bassin peuvent être une cause d'avortement en s'opposant au développemeH régulier de l'organe (Boivin). Enfm, la métrite qui atteint la femme grosse a poor résultat presque constant la mort du fœtus et son expulsion prématurée: oa a même vu dans ces cas l'utérus enflammé se ramollir et se rompre, ce qui entrafoe comme conséquence inévitable le passage du fœtus dans le |>éritoine, puis le développement d'une péritonite suraiguë très rapidement mortelle.
Diagnostic. — U péritonite, l'ovarite, la vaginite et la cystite sont les principales maladies aiguës qu'on peut confondre avec la métrite. Nous parlerou pim tard du diagnostic diflérentiel des trois premières; quant à la cystite, elle sera animent distinguée de l'inflammation de la matrice par le siège superficiel de la doulcnr hypogastrique, par les besoins fréquents d'uriner, par les souffrances et l'anxiété qui précèdent et accompagnent chaque excrétion, par l'absence des doulenn inguinales et sacrées, et par les résultats négatifs que fournissent le toucher vagidi et le toucher rectal. Il est à peine utile dédire qu'on ne ix)urra prendre ponruM métrite les accidents, quelquefois violents, qui marquent l'établissement ook ^lourdes règles chez quelques femmes, ainsi que les douleurs qui accompagnent l'avortement et les déplacements de l'utérus ; car la marche de la maladie, les résultats fournis par le toucher ne laisseront aucun doute sur la cause des troubles qu'on observe. L'exploration par le doigt et la nature des symptômes révéleront enfin quelle est la portion de l'utérus qui est spécialement ou exclusivement affectée. Ainsi, lorsque le col seul est malade, la douleur est concentrée dans le fond du vagin , et le doigt reconnaît que la partie aflcctée est chaude et très seisible. Si, au contraire, la phlegniasie est Iwrnèe au bas-fond de lutérus, le toecher par le vagiii , aussi bien (pie celui qu'on pratique par le rectum , ne donnent