‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 97 sur 148 · DE LA CYSTITE AIGUE ET DE LA CYSTITE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

DE LA CYSTITE AIGUE ET DE LA CYSTITE CHRONIQUE

«semble : Tiirine alors, ne poavaut plus arriver dans la vessie , s*accnmule dans es uretères, dans les bassinets et les caliœs. Bientôt , la sécrétion ne pouvant plus iToir lien . la fiè%Te redouble , du délire sunient , les malades tombent dans la irastratioD ; toutes leurs excrétions , les selles et les sueurs notamment, exhalent ■e odeur ariaeuse, et ils succombent bientôt avec l'ensemble des symptômes qui anctérisent la fièvre dite urineuse. Ces mêmes accidents surviennent encore, mais naooop plus lentement, toutes les fois que Turine accumulée dans la vessie cesse le pouvoir être excrétée.

Dans la cystite cantharidienno, sur laquelle M. Morel-Lavallée a récemment fixé 'attention des médecins , les malades rendent quelquefois, après des douleurs, des praioles et des efforts inouïs , des fausses membranes consistantes ayant de 1 & ! BiHimètres d'épaisseur, et dont l'étendue varie depuis la grandeur d'une pièce e 50 centimes jusqu'à celle d'une moitié de carte à jouer. M. Morel-LavaHée a ê que souvent, indépendamment de ces pseudo-membranes, l'urine aban« 4 eUe-méme laissait déposer, par le refroidissement, un précipité albomiidos oo moins abondant. Enfin, chez quelques malades, l'albumine tenue en dissolution ne se précipite que quand on chauffe l'urine jusqu'à ébulli*^ m V oo lorsqu'on la traite par l'acide nitrique.

Marche^ terminaisons. — Après s'être accrus pendant quelques jours, on voit ommanément les accidents diminuer ; les besoins d'uriner sont moins fréquents, I mictîon est plus facile, moins douloureuse, les urines ne sont plus sanguino- ■tes, enfin la fièvre et les autres troubles sympathiques diminuent ou cessent : on it alors que la c}*stite s*est terminée par résolution. La suppuration est une suite BMicoop plus rare : tantôt alors le pus est seulement exlialé à la surface de la ■qneose, ou bien un abcès, s étant formé dans l'épaisseur des parois, se vide dans Tcasie. Dans Tun et l'autre cas, les urines sont lactescentes, et l'on y démontre cflemeot la présence des globules de pus; mais quelquefois, ainsi que Chopart I TV ^ l'abcès interstitiel se fait jour dans le tissu cellulaire du petit bassin , qui ■dbaime et suppure à son tour; la mort est alors presque inévitable. La termi* non par gangrène est excessivement rare ; on la reconnaît quelquefois à la fétilé caractéristique de l'urine et à la gravité des symptômes généraux. On obsen e ■toat ce fâcheux accident lorsqu'il y a eu rétention prolongée de l'urine. Dans , une rupture se fait ordinairement au niveau de l'escarre ; dans quelques , la vessie se déchire sans gangrène préalable et par la simple distension des qui sont alors plus ou moins ramollies. Celte rupture a lieu presque toujours la paroi sapérieore, qui est la partie la plus mince et la moins soutenue. Suivant poiot où la déchirure s'opère, l'urine s*épanche dans le péritoine et produit une péritonite snraiguè , on bien elle s'infiltre dans le tissu cellulaire du , qu'elle mortifie. Dans Tun et Tautre cas, les malades succombent prompte- Des accidents semblables surviennent lorsque la perforation de la vessie Etablit par les progrès d*nne ulcération ; si celle-ci intéresse la paroi recto* jjcalr oa vésico-vaginale , Turine s'écoulera par le rectum ou par le vagin. Enfin, beaucoup de cystites passent à Fétat chronique. I^ chronicité peut, en «re, être primitive ; c'est ce qui a surtout lieu dans les cas où la malidie est Bptomatîqoe de la présence d'un calcul. Les malades accusent alors à l'hypo* HW oo aa périnée une douleur permanente, quelquefois vive; ils sont tounnen- I par des eoTies fréquentes d'uriner, par de la dysurie ; les urines qu'ils rendent m troubles, porolentes, floconneuses, muqueuses, filantes et glaireuses: |\ r état de imdaise hahitnH. parfois de la fièvre : les digestions foni pénibles ^ ^

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nutrition languît. Les accidents, et particulièrement les syodptômes locaux, s'aggravent après le coït, et surtout après Fingestion de boissons stimulantes ou par l'impression du froid, etc. Après avoir ainsi présenté un plus ou moins grand nombre de recrudescences , et après une durée indéterminée, quelques cystites se tenni- ^lentpar résolution. Ghezd*autres malades, tous les signes d'inflammatioD cessât, mais la sécrétion de la membrane muqueuse continue à être pervertie : la cystite s*est alors transformée en catarrhe. La cystite chronique peut entraîner la taon par épuisement ou en provoquant quelques complications, surtout du cdtédi péritoine et des reins.

Diagnostic, — En traitant de la péritonite , de Texcavation pelvienne et de li métrite, nous verrons en quoi ces phlegmasies diffèrent de la cystite. Ce sont <i pei près les seules maladies qui offrent quelques points de contact avec l'inflammatioi de la vessie. Il est à peu près impossible de diagnostiquer les ulcères vésicaux; tel douleurs ^ives, un pus visqueux, tenace, fétide, strié de sang, qa*on a donnés comme des signes assez positifs des ulcérations de la vessie, ne sauraient les cane* tériser, mais ils en rendent Texistence assez probable. La cystite reconnue, il fait en rechercher la cause, et surtout détenniner si elle est idiopathique ou si ellecrt symptomatique de la présence d'un calcul. Le cathétérisme peut seul éclairer te médecin.

Pronostic. — On a vu que la cystite était une affection généralement grave; elle l'est surtout lorsqu'elle occupe le col et Torifice des uretères. Celle qui succède à l'administration des cantharides est presque toujours bénigne, et n*a goèff qu'une durée de vingt-quatre à trente-six heures.

Étiologie. — La cystite idiopathique est une affection excessivement rare, sur tout à l'état chronique. La maladie affecte spécialement les adultes; elle est ptai commune chez les hommes ; elle est presque toujours produite par quelques caosfi directes, telles qu'une plaie pénétrante, une contusion à Thypogastre, unecbaie sur les reins ou le périnée , le cathétérisme ou le séjour des sondes, un accovdK* ment pénible, la rétention de l'urine, la présence d'un calcul, ou bien c*estoiit phlegmasie urétrale qui se propage à la vessie. On sait enfîn que l'absorption des cantharides a souvent pour effet de produire une cystite; cela se remarque spécialement à la suite de l'application de vésicatoires sur quelque partie du corpsqoe ce soit, surtout si c'est un point qui a été scarifié pour l'application des ventouses.

Traitement. — Â la cystite aiguë on opposera un traitement antiphlogistiqnc plus ou moins énergique. Les saignées générales ne sont utiles que dans les cm d'une réaction fébrile forte : presque toujours les saignées locales suffisent. La sangsues sont appliquées communément à l'hypogastre ; mais on les mettra de préférence au périnée , lorsque le col vésical est surtout affecté. C'est à tort qu'on a prétendu que les sangsues mises dans cette dernière région augmentaient la fluxion sanguine. Ce résultat ne peut avoir lieu lorsqu'on met un nombre desaog" sues suffisant (au moins vingt-cinq) et qu'on favorise l'écoulement des piqûres. L'hypogastre et le périnée seront recouverts de cataplasmes émollients ; les malades seront plongés dans un bain tiède et boiront une boisson mucilagineuse. La liberté du ventre sera entretenue par des lavements ou par quelques laxatifs dont. 11 faut, en général, s'abstenir de nitrer les tisanes ou de les donner en trop grande abondance, surtout lorsqu'il y a rétention d'urine, ou bien dans les cas où T^crétionde ce liquide se fait après des efforts très douloureux. Lorsque la vessie, distendue par Turine, fait saillie au-dessus du pubis, il faut pratiquer le cathétérisme, quelque douloureux qu'il soit Si l'on arrivait très difficilement dans la

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ie, et si cet organe sup[)ortait sans beaucoup de souffrance la présence de iostniment , on pourrait le laisser quelque temps à demeure ; dans le cas coqraire, on le retirerait aussitôt, sauf ensuite à le réintroduire s'il y avait nécessité. je» moyens de traitement varient peu dans les différentes espèces de cystites : ependant, ^ans les cas où la maladie est produite par Faction des cantiiarides, tont i monde est d'accord d'administrer le camphre en lavements , en frictions et en Ailles, seul ou combiné avec l'opium , pour modérer les douleurs et l'excitation ttrtme des organes génitaux. Lorsque la cystite est symptomatiqne de la présence *mi corps étranger qui exige une opération (lithotomie ou litbotritie), il faudra , faot de la pratiquer, nKxiérer le travail inflammatoire.

Dans la cystite chronique , on aura encore recours à une ou plusieurs applicaions de sangsues , surtout si les douleurs sont vives ; on insistera également sur les ains émolllents. On favorisera la transpiration cutanée par l'usage de la flanelle et Ci bains de vapeur ; on établira une révulsion à l'hypogastre, en faisant sur cette artie des frictions avec une (Kimmade stibiée ou en la recouvrant d'un vésicalire. On a cherché également à modifier directement l'état des surfaces malades ar l'administration de substances qui, éliminées par les reins, et mêlées à l'urine, lodifient heureusement la surface vésicale. C'est ainsi qu'on a donné, en pareil B, le baume de copahu en lavement ou par l'estomac , la térébenthine. On a égaiment conseillé d'injecter directement dans la vessie ces mêmes médicaments et Inaienrs autres. C'est ainsi qu'on a fait des injections de calomel (20 à 30 centî* rammes dans eau, q. s.), des injections d'eau de goudron, d'eau sulfureuse naturite , des injections de copahu h la dose de 30 à 60 grammes, et même des injecoiis de nitrate d'argent. Nous avons vu ce dernier moyen guérir en quelques Mrs des cystites chroniques qui résistaient depuis plusieurs années à tous les nitements. Pour cautériser la vessie, Oh commence par la vider de l'urine qu'elle Mitient, puis on injecte 50 à 60 grammes d'une solution concentrée de nitrate 'argent , ou bien , à l'aide de la sonde imaginée par M. Lallemand , on porte le rastiquc en poudre dans la vessie. Ce moyen est un des plus cflicaces; il n'est oint ou à peine douloureux ; il n'excite aucun accident, si ce n'est parfois quelques ■iasons un peu vives le jour de l'opération ; mais elles cèdent communément à administration d'un ou de deux bains. Il est quelquefois nécessaire de recourir à M nouvelle cautérisation ; mais il faut laisser entre les deux opérations un interaBe d'au moins quinze ou vingt jours. On a encore conseillé dans la cystite chro* liqne l'usage à l'intérieur des résineux , de quelques eaux minérales , d'un régime pécial ; mais comme ces moyens conviennent surtout au catarrhe vésical , nous 9 parlerons en traitant de cette dernière maladie.

Enfin, il est des cystites chroniques qui, en raison des désordres graves qui les nt produites, on de la présence d'un calcul trop volumineux ou enchatonné, sont nt-dessos des ressources de l'art. Il faut alors se borner à calmer les souffrances DOrent atroces des malades et l'état spasmodique de la vessie par remploi de sup* Miitoires narcotiques ou de lavements opiacés.

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