‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 110 sur 265 · CONSISTANT · texte numérisé non relu

CONSISTANT

DA^S LA TRARBrOimATIOll DBB TISSUS LES UlfS DANS LES AUTRKB, ET DANS LK DiTELOPPBMBRT DR TISSUS NOUVEAUX ANALOGUES AUX TISSUS PRIUITIPS.

m LA> TRANSFORMATION GRAISSEUSE DES TISSUS.

Nous avons parlé ailleursde Tobésité, qui n'est autre qu*unc accumulation insolite de graisse dans lés mailles du tissu cellulaire. II nous reste h nous occuper maiiitenant deicas â^\s lesquels divers tissus se transforment en substance adipeuse, ou bien, sont atrophiés, détruits par la graisse qui se dépose dans leurs interstices.

Les muscles sont les organes qui éprouvent le plus souvept 1^ transformation graisseuse. Lorsque cette altération survieiit, ks fibres charnues pâUssent, prennent une teinte jaunâtre ; elles diminuent de volume, et faussent même par disparaître entièremenL Le corps entier du muscle est alors converti en une masse jaunâtre ipii graisse le scalpel et tache une feuille de papier comme la graisse le ferait. Souvent les muscles ainsi altérés conservent la forme et le volume qu'ils avaient quand ils étaient sains. Béclaixl croyait qu'il n'y avait pas précisément alors transformatioil du tissu, mais simple dépôt de graisse entre les fibres charnues, dont, suivant lui, QQ retrouverait toujours quelques vestiges : c'est aussi la doctrh)e que M, Cru- Tdbier professe. Le plus sou\ent, et c'est ceK]ue nous avons noté déjà dans Tarophie musculaire progressive, la transformation ou, si l'on veut, Taccumulation graisseuse est précédée de Tatrophie des fibres. M. le professeur Cruveilhier a noté que les vaisseaux des muscles, devenus graisseux , avaient subi une diminution Qotahie de volume, et que leurs nerfs, devenus grisâtres, étaient plus ou moins atrophiés.

La dégénérescence graisseuse atteint surtout les muscles des extrémités inférieures et supérieures; nous l'avons vue constituer un des caractères essentiels de cette maladie singulière que nous avons décrite précédemment (page 208) sous le Dora A^ah*ophic musculaire progressive. Parmi les nmscles de la vie organique, le C(pur est à peu près le seul qui subisse la convei*sion graisseuse. Nous en parlerons bientôt avec plus de détails.

I^ cause ordinaire de cette transformation est, pour les muscles des mettibrés, leur inaction trop prolongée, un défaut de vitalité; aussi l'observe-t-on spécialement diez les vieillards infirmes, paralytiques, chez les sujets atteints de difformités, et ({tri, en raison de cela, sont forcés de rester dans un état d'immobilité pt^esque complète. Poar la môme raison, la destruction, l'atrophie des nerfs excitateurs est sou^ îfDt suivie de la dégénérescence graisseuse des muscles auxquels ces cordons lenreux se distribuaient.

Il n'y a aucun phénomène qui indique pendant la vie la dégénérescence grais-* Kuse des muscles. Gomme cette transformation n'est presque jamais complète, il smoit que les organes sont encore capables de transmettre quelque mouvement iBt prties qu'ils sont destinés à mouvoir.

Quelques viscères peuvent également subir la transformation adipeuse \ «ÂSMà

Dupuytreiî et Lobstoin ont rencontré plusieurs fois le pancréas converti en graisse. Chacun sait combien la dégénérescence graisseuse du foie est fréquente. Cette lésion étant spéciale aux sujets tuberculeux, 'nous en parlerons à l'occasion de la phthisic pulmonaire. On cite aussi quelques cas de transfor/nation graisseuse des reins. Un des faits les plus remarquables en ce genre a été \u par M. Bricheteau ; il est rapporté dans le tome III, page 616, deTouvrage de M. Rayer. Enfin, les mamelles sont encore des organes qui subissent assez souvent la transformation adipeuse. Toutefois cette altération s*y renconti'e encore moins fréquemment que dans les muscles et dans le foie.

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