DES KYSTES
Les kystes sont des cavités membraneuses sans ouverture, de formes et de dimeiiuons variables, qui se développent accidentellement dans tous les tissus de Téconomie« excité dans les cartilages.
La membrane qui forme le kyste est plus ou moins épaisse; elle adhère par sa ÎKe externe aux tissus environnants; par sa face interne,, au contraire, qui est presque toujours lisse, pâle, et d*aspect comme séreux, elle est en contact avec des substances fort diverses. Celles qu*on y rencontre le plus souvent sont : la sérosité, le sang en caillots, le pus, des matières grasses athéromateuses, mélicériques, des tubercales, du cancer, de la mélanose, des hydatides, des poils, des corps étrangers Tenus du dehors, etc. , etc. Tantôt on ne trouve qu'une seule cavité; tantôt le kyste est moltiloculaire ; ses loges sont alors isolées les unes des autres, ou bien elles communiquent entre elles. Un liquide identique les remplit; mais souvent aussi chaque loge contient des produits différents, quoique la membrane du kyste qui les a sécrétés offre partout le même aspect et la même structure. En général, on ne trouve qu*un seul kyste; quelquefois il y en a plusieurs dans le même organe ou dans diverses pirties du corps; on en a même rencontré parfois un si grand nombre sur le même individu, qu*on a été fondé à en attribuer la production à uue sorte de diathèsc. Tel est le fait rapporté par Morgagni, d'une femme chez laquelle il trouva plus de huit cents kystes séreux disséminés dans la plupart des viscères.
Le plus grand nombre des kystes adhèrent intimement aux organes environnants par du tissu celfulairç dense. Quelquefois ils leur sont simplement contigus , et alors on les enlève très facilemeut L*organe dans lequel le kyste s'est développé est le plus ordinairement atrophié, par suite de la compression qu'il subit ; on l'a TU quelquefois être réduit à uue lame mince de tissu celluio-fibrcux , dans laquelle on ne reconnaît plus la structure première de l'organe.
On a beaucoup discuté sur le mécanisme qui préside à la formation des kystes. Les uns pensent, avec Louis, Halier et Morgagni, que la matière épanchée préexiste an kyste, tandis que, suivant Bichal, le contraire aurait lieu. Cette dernière opinion est peut-être la plus généralement vraie. Cependant il est incontestable que dans beaucoup de cas le kyste ne se fonne que consécutivement à la présence d'un corps étranger. C'est ce que nouç avons vu , par exemple, pour les épanchements sanguins et purulents du ceneau; c'est ce qu'on observe encore lorsqu'un projectile séjourne dans les tissus. M. Cruveilhier diuse eu deux catégories les kystes préexistants : l"" ceux qui ne sont autre chose que le développement de poches ou de cavités closes nonnales; 2° ceux qui se sont formés de toutes pièces aux dépens du tissu cellulaire, et qui constituent à vrai dire des productions nouvelles.
Les symptômes produits par la présence des kystes dépendent presque uniquea meut de la compression que ces tumeurs exercent sur les organes et de la gêne qui en résulte pour l'exercice de leurs fonctions. C'(*st de cette manière surtout que ces tumeui*s peuvent amener la mort des sujets. Les kystes peuvent guérir par la résorption de la matière épanchée dans leur cavité, ou bien par son issue au dehors. Ces tumeurs de\iennent parfois le siège de lésions C4>nsécuti\es; ainsi elles peuvent s*enflammer, suppurer, et leurs parois peuvent subir divers modes de transformalion, et surtout la transformation cartilagineuse ou osseuse.
Plusieurs des kystes qui sont du domaine de la pathologie médicale, k>rsqu 'ils sont accessibles, réclament surtout un traitement chirurgical. £n effet, les topiques, aidés
Zltl DES PRODUITS HORRIDES ACCIDENTELS.
OU non do l'emploi des médicaments internes, sont rarement suivis de succès, lorsqu'on les emploie seuls, et la compression est presque toujours inapplicable.