DES KYSTES PILEUX DES OVAIRES
On rencontre assez souvent dans les ovaires, trois ou quatre fois plus souvent dans le droit que dans le gauche, des kystes dont le volume varie depuis celui de la tète d'un adulte jusc[u'au volume d'un œuf de pigeon. I^ plupart sQut de la grosseur d'un œuf de poule ; ils sont remplis par une gilinde quantité de poils au milieu d'une matière grasse, suifeuse, et de fragments d'os. Les poils ont quelquefois une longueur de 20 à 50 centimètres; ils peuvent présenter les différentes coh>ralions qui leur sont propres; ils sont disséminés ou réunis en touffes et en boucles; les uns sont libres, d'autres adhèrent aux parois du kyste, ou bien à une membrane qui a paru avoir quelquefois de l'analogie par sa structure avec la peau. Les fragments osseux qu'on trouve dans ces kystes sont surtout des dents en nombre variable, tantôt libres, d'autres fois implantées sur les parois du kyste du sur des portions osseuses ou cartilagineuses. \a* plus souvent ce sont des dents de première dentition : cependant dans quelques-uns il existe des dents de seconde dentition , ce qui prouve que, nonobstant des conditions aussi insolites , l'évolution dentaire suit sa marche accoutumée. On a encore trouvé des os appartenant à différentes parties du squeleUe et des lambeaux qu'on a pris pour de la [)eau ou pour du tissu musculaire. Tous ces débris sont entourés par une t];rande quantité de matière blanche 00 grisâtre. La plupart de ces tumeurs ne contiennent que des poils et de 4a graisse ; k»8 dents et les fragments d'os ne s'y rencontrent qu'exceplionnelleinent.
On a beaucoup discuté sur l'origine de ces productions; mais nous croyons avec Haller, a\ ec M M. Cniveilhier et Velpeau, qu'elles appartiennent à des débris de fœtas. Il faut admettre que dans les cas dont nous parlons, il y a eu grossesse ovarique, et que kf fœtus, ayant succombé h une époque ))lus ou moins rappmchée de la conception, a été presque entièrement dissous, tandis que quelques-unes de ses parties ont résisté à la destruction ou même ont continué de s'accroître. Tels sont les cheveux, telles «ut même les dents, qui acquièrent quelquefois un développement considérable.
Ces kystes n'offrent guère qu'un intén^t d'anatomie putholo<j;ique, car ils sont ordinairement méconnus pendant la vie, parce qu'ils ne produisent aucun accident et qu'ib ne proéminent pas dans le ventre. Ouelquefois pourtant ils peuvent s'enflammer et contracter des adhérences avec les parties voisines. C'est ainsi qu'on les a ^os se vider par le >agin, par le rectum et la vessie. Notons èga\emeul (\we ^\\^te\.>» n'a vaecoBOhè qu 'à une éfjoque assez éhigaée de la coQcepiîon* Gomuve^ cpAXv^ ^)^
cinq mois, la tumeur ayant alors acquis un volume considérablei on pourra obsener tous les accidents qui accompagnent les grossesses extra^utérines. Nous ne faisons que mentionner le fait, car nous n^avons pas à nous en occuper ici.