‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 126 sur 265 · DES PRODUCTIONS CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES DU CCEUR · texte numérisé non relu

DES PRODUCTIONS CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES DU CCEUR

On trouve fréquemment dans le cœur des productions cartilagineuses et ossiformes; élites occupent presque toujours les orifices artériels et ventriculaires ou les valvules qui les garnissent. Dans quelques cas très rares, une ou plusieurs des colonnes diamues et les faisceaux musculaires des parois ont subi la transformation cartilagineuse ou osseuse. En général, cette altération est trcs circonscrite : cependant on l'a vue parfois s'étendre à une partie du cœur. Parmi les faits de ce genre que les auteurs rapportent, un des plus remarquables est celui dont M. Re** nauldin a donné l'histoire dans le Journal de Cor\isart (année 1816). Dans ce cas, le cœur était extrêmement dur et pesant ; lorsqu'on voulut inciser le ventricule gauche, on éprou>a une grande résistance, causée par le changement total de cette partie charnue en une véritable pétrification qui a>ait une apparence sablonneuse en certains endroits, et ressemblait dans d'autres à une cristallisation saline. I^s colonnes charnues, également pétrifiées sans avoir changé de forme, avaient acquis un volume considérable; car plusieurs égalaient la grosseur de l'extrémité du petit doigt et avaient l'air de véritables stalactites. Bums parle d'un fait plus extraordinaire encore, puisque les ventricules, complètement ossifiés dans toute leur étendue, ressemblaient aux os du crâne: mais nous le répétons, les cas de ce genre sont excessivement rares. On rencontre ces ossifications surtout chez les ueillards; elles siègent le plus souvent sur le ventricule gauche.

Autant les lésions précédentes sont rares dans le tissu charnu du cœur, autant elles sont communes sur les orifices artériels et ventriculaires, ainsi que sur les val • ^ides qui les garnissent ; nous nous en sommes déjà occupé eu \m\^xv\ ^e& i^VKr* ciffiemenl.9 à// cwiir. .\ons avons va giie ces productions caitWsi^neua^ €\c«wa»*î*

pouvaient être le résultat des transformations que subissaient les concrétions fibriou albuuiiuo*iibrineuses dévelq)pécs sur les valvules à la suite d*un travail itoire. Mais le plus souvent hîn altérations dont nous parlons ont une re origine, et résultent manifestement d'une perversion de la nutrition survenant presque toujours par les progrès de i*âg& Ainsi Tendocarde, qui, chôz les jeunes sujets, est transparent également partout, acquiert plus tard de l'opacité et une épaisseur plus grande ; ces lésions qu'on ne trouve <{uc dans les cavitésgaucbes, commencent à s'apercevoir près des valvules sigmoïdes et s'étendent ensuite «I une plus ou moins grande surface. La cartilaginification des valvules, qui est une lésion fréquente, ne dépend pas ordinairement d'un changement d'état de l'endo* carde, mais de l'épaississemcnt et puis de la transfonnation de la bande fibreuse qui entre dans la structure des oriiices et des valvules. Les productions osseuses qu'on rencontre si souvent à ce niveau naissent presque toujours au-dessous de l'endocarde, et ont pour origine, ainsi que M. Bizot l'a démontré, de petites taches d'un blanc jaunâtre de l'étendue d'un grain de poussière ou de sable, non saillantes, isolées ou réunies, qu'on trouve sous le feuillet qui tapisse Tintérieur des valvules sigmoïdes gauches, et leur bord adliérent, ainsi que la \alvule mitrale, exclusivement sur la face veutriculaire et jamais sur celle qui regarde l'oreillette. Ces taches jaunes ne s'accroissent guère, d'après M. Bizot, qu'en surface, 'et la transformation osseuse est à peu près la seule dont elles soient susceptibles. Cette transformation se fait dans l'ordre d'apparition des tacites. Les grains osseux se présentent sous la forme de i)ctits corps durs, entourés d'une légère quantité de matière athéromateuse ; ils sont recouverts par la membrane interne, qu'ils dé* truisent plus tard en s'accroissant. Tantôt ils figurent de i>etites lames à surface unie ; tantôt ils sont saillants, arronidis, et offrent des aspérités qui proéminent à l'iulérieur de la valvule, laquelle se déforme et s'iudure, comme nous l'avons dit précédemment en traitant des rétrécissements des oriiices cardiaques. Li>s lésions précédentes -sont en raison directe de l'âge des sujets, et elles apparaissent plus tôt chez la femme que chez l'homme. On ne les rencontre guère, ainsi que l'opacité de l'endocarde, que sur les valvules des cavités gauches, ce qui ne dépend pas, comme le croyait Bichat, d'une différence d'organisation qui existerait entre la membrane interne des cavités droites et celles des cavités gauches ; mais il faut plutôt invoquer, avec M. Bizot, la nature dilîércute du liquide avec lequel elles sont en contact

Symptùmes, — Laënnec croyait que les ossifications de la substance musculaire du cœur avaient pour cffel d'augmenter la force des battements et l'intensité des bruits à un point tel, qu'ils dc\ aient être perçus à distance. Dans le cas rapporté par M. Renauldiu, la main appliquée sur la région prérordiale ressentait une sorte d'écartement des côtes, et lorsqu'on pressait, nuine légèrement, cette région, on occasionnait une douleur très aiguë, qui durait longtemps après la compres* sion; il existait aussi de \iveset fréquentes palpitations. Jusqu'à présent on ne sait rien de précis sur les troubles fonctionnels que les ossifications (U les cartilagiuifications de la substance du cœur peuvent produire. Quant aux ossifications des orifices et valvules, nous nmvoyons à ce que nous a\ons dit plus haut en traitant des rétrécissements des orifices cardiaques, page 266,

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