DE LA PROPHYLAXIE DES MALADIES SATURNINES
11 est au pouvoir de l'homme de rendre moins fréquents les accidents graves qui atteignent si souvent les individus qui sont en contact avec les émanations saturnines. Pour arriver à cet heureux résultat, il faut que, dans la fabrication et dans l'emploi des diverses préparations de plomb: T on se serve des procédés qui répandent le moins de particules métalliques dans l'atmosphère ; 2** que celte atmos* phère puisse être facilement renouvelée ; ^ enûn, qu'on emploie d^ moyens mécaniques qui permettent à l'ouvrier de respirer sans que l'agent toxique puisse pénétrer dans l'économie.
!• Procédés répandant le moins de particules métalliques, — Il faut, comme je l'ai déjà établi dans ma ibése, que dans les fabriques de céruse on supprime le battatje dcscoucheset Vépluchage. On séparera donc le carbonate des lames de plomb auxquelles il adhère, k l'aide d'un cylindre cannelé qu'dn enfermera dans un châsse de bois berméticpiement clos. Les meules sèches et humides , les moulins et les blutoirs devront être isolés de la même manière ; enfin, autant que possible, on travaillera la céruse avec le contaade l'eau ou de l'huile, c'est-à-dire par la voie humide. La plupart de ces précautions sont également applicables à la fabrication du minium. On peut, en les observant, diminuer considérablement la proportion des maladies saturaines ; c'est ce qui a été constaté dans pltisleurs fabriques de Paris et de Lille, depuis que ces améliorations y ont été introduites.
S'agit-il des peintres, il faut leur conseiller de ne jamais cbauiïer les pièces dans lesquelles ils travaillent , et de laisser le plus possible les fenêtres ouvertes ; cependant il y a certains travaux qui les exposent beaucoup, et qui exigeraient certains perfectionnements : tel est notamment le grattage des vieilles peintures, qui fait respirer à l'ouvrier une atmosphère de poussière saturnine préjudiciable à sa santé.
2* Benoiweler l'atmosphère, — Pour entraîner les particules saturnines répandues dans l'air, il faut que les ateliers de fabrication soient vastes, bien aérés, que de nombreuses ouvertures soient ménagées pour établir facilement des courants d'air qui entraînent aussitôt la poussière et les vapeurs qui se dégagent. J'ai cité dans ma tlièse des faits qui prouvent cette nécessité pour les fabriques de céruse. Dans les mines de plomb et les aflBneries, et môme dans les fabriques de minium et de litharge, la ventilation sera plus particulièrement opérée à l'aide de fourneaux et de tuyaux d'aérage ; on choisira surtout les cheminées d'appel de Darcet.
3** Moyens pour s'opposer à la pénétration des molécules saturnines dans les youtncns et dans V estomac. — Les moyens mécaniques propres à empêcher l'ouvrier de respirer la poussière saturnine consistent dans l'application de l'appareil Paulin , OQ bieo encore on met sur la bouche et les narines des éponges trempées dans de feao aiguisée avec de l'acide sulfurique. Enfin, il est diverses règles hygiéniques que l'ouvrier devra observer : ainsi il ne préparent jumis ses aliments el ne pren&n ancondeaesrciMsdbBfiafii/iâEim/i/ifeM^ soir et intûa^ tfc
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avant chaque repas, il se lavera les mains, la figure, et se rincera la bouche; il portera une blouse qu1l quittera en sortant de Tatelier^ il prendra un bam savonneux par semaine ; il se nourrira bien , ne commettra aucun excès; il fera un peu d'exercice en plein air; enfm, s*il maigrit et pâlit , il devra quitter ses travaux et ctierchcr une aptrc occupation ; il serait mâa)e convenable, ainsi que la chose se pratique dans quelq^ues provinces, que les hommes fussent renvoyés pour se livrer pendant quelques mois à de» travaux agricoles.
Il ne faut avoir aucune confiance dans les moyens préservatifs employés par quelques médecins, tels que le tabac, conseillé par Henckel et Hoiïmann, et la limonade sulfurique vantée par M. Gendrin. J*ai prouvé dans ma thèse que les iadividus qui avaient bu cqtte tisane, loin d'être préservés de la colique, semblaient en être, au contraire, plus prompt^ment atteints que ceux qui n*en avaient pas fait usage.
Mais, quelque bonnes que soient les précautions que nous conseillons de piepdre, il sera bien difficile d'empêcher complètement la manifestation des mala* dies saturnines. Il faut donc chercher les moyens de diminuer le plus possible le nombre des ouvriers, et restreindre en même temps l'usage de certaines préparations de plomb en les remplaçant par d'autres. Ainsi Ton peut dhninuer le nombrç des bras en appliquant les machines à vajieur à la fabrication de la céruse, ce qui est en mùmc temp^ un moyen économique. On a également essayé de remplacer, dans les peintures à l'huile, le carbonate de plomb par le carbonate et l'oxyde de lÙnCi nu |)ar l'oxyde d'antimoine (Peurs argentines). L'oxyde de zinc, prôné par Ûuyton de Aforveau dans le siècle dernier, puis aussitôt oublié, a été depuis quelques années remis en honoeur par un peintre en bâtiments , M. Leclaire, dont les procédés ont été récompensés par l'Académie des sciences et par la Société d'encouragemeat^ Il est aujourd'l^ui horsde toute conteitaliou que la fabiication en grand de l'oxyde de zinc et sou einploi dans les arts ne présentent aucun inconvénient majeur, ainsi que je m'en suis convaincu dans une enquête que j'ai faite à la fabrique d'Asnièrcs et dans divers ateliers d^ peinture. Sans vouloir entrer ici dans des détails qui seraient déplacés, nous ajouterons que, ^laus notre opinion, la substitution du zinc au plomb offre, sous le rapport artistique, plusieurs avantages ; par conséquent, rien ne devrait plus s'oppoier ^ ce que l'oxyde de zinc fût universellement employé dans les arts: la routine, quelques préjugés, quelques intérêts peut-être s'opposent encore à ce que ce progrès se réalise. Cependant il dépendrait de l'autorité que l'auYéliorationdontje parle fût introduite. 11 faudrait pour cela que, dans les travaux de lout^nos grandes administrations publiques, on imposât pour condition aux entrepreneurs de remplacer le blanc de plomb par le blanc de xinc. Cette pratique trouverait bientôt de nombreux imitateurs parmi les particuliers.
Quelles que soient pourtiint les précautions qu'on prenne, comme on ne pourra jamais préserver complètement des atteintes pernicieuses du plomb les ouvriers qui fabriquent la céruse et le minium, nous voudrions que, par une grande mesure da salubrité publique, le pouvoir ne permit la fabrication de ces produits que dans l'intérieur des bagnes. U est pénible de voir tous les jours des hommes Jeunes et valides , comme des soldats récemment libérés et une foule d'individus de toutes professions, qui» faute d'ouvrage, vont par besoin, et pour un modique salaire, travailla dans les manufactures de plomb, où beaucoup succombent, et où un plus grand nombre contractent des infirmités incurables qui les privent à Jamais ^ poumr gêgmv leur via $i loi arts ne peuvanl se priver de (a eéruse et du
£IIPOISONN£U£Mr PAR LES COMPOSÉS MERGURlËLS. dO
minium» si la science est impuissante pour préserver coiupléteuuiut l'bumsDité des énuoatioiis pernicieuses qui se dégagent dans la fabrication de ces produiu, s'il doit y avoir des victimes, ne vaut-il pas mieux que ce soit parmi ces ^res dégradés que la justice a séquestrés de la société que parmi les individus les plus valides de bclass^ oovri^e?
ElfPOISONNIUieNT PAR Lp MERCURE ET SES PRÉPAR4TIOi>4,
A l'instar des préparations saturnines , les composés mbrcoriels peuvent produire deux espèces d'effets toxiques : les uns, à marche très aiguë, succèdent .|i ^introduction brusque, dans l'économie, d'une assez grande quantité de matière vénéneuse ; les autres , lentement développés , sont produits par les énoanations métalliques ou par l'administration des préparations mercuriclles à doses fraction^ nées : tels sont Vhydrargyrie, le tremblement mercuriel^ la cachexie mercurielle et \e ptyalisme^
EMPOISOMNEMEKT PAR LES COMPOSÉS MERCtJRIELS, ET NOTAMMENT PAR LE
DEUTOCHLORURE.
Caraefères anatomiques, — Le deutochlorure de mercure est un des poisons irritants les plus énergiques du règne inorganique. Les parties du tube digestif avec lesquelles il est mis eu contact deviennent rouges, enflammées, ecchymosées, parfois elles sont superficiellement ulcérées; les poumons sont souvent enflammés, et le raur est parsemé de taches noires ecchyn)otiques.
Symptômes, — Les symptômes produits par Tingestion d*unc forte dose de suUiuié août : une saveur acre, styptiqu<B, un sentiment de constriction à la gorge, une douleur déchirante dans toutes les parties que le poison a touchées (bouche, pbaryoi^, œiophage, estomac, intestins) ; il y a des nausées , das vomissements amqoeuK, sanguinolents, une diarrhée abondante; les malades sont abattus; les hattements du cœur sont lenUi, profonds, à peine sensibles ; le pouls est petit, filtibnne, la respiration ralentie, la peau froide ; l'aec^blement est extrême ; les ma-* ladaa oat des syneopes et parfois des convulsions. Chea la plupart, la peau devient ioaeitttble ; la sécrétion urinaire est diminuée ou suspendue ; il y a parfois des érections douloureuses ; dès le premier ou le deuxième jour un ptyallsme abondant se déclare; enfin la mort arrive du premier au quatrième jour. La plupart des maiadas conservent jusqu'au dernier moment l'intégrité de leur intelligence; d'autr«i succombent dans un eut de coma. Le sublimé exerce donc une double action : la première est locale; la seconde est générale et consécutive k son absorption.
TraUeniêfU, — A|>|)elé près d'un individu empoisonné par le sublimé , Orfila «Mil qu'où commence par lui doimer plusieurs verrées de blancs et de jaunes dœofe délayés dans l'eau (12 à 15 dans 1 litre d'eau). A défaut, on gorge le malade d'une décoction de graine de lin, d'eau de riz ou même d'eau simple ; ralbumiae agit et comme vomitif et comme décomposant le sublimé. Dans ces derniers temps, 11. Mialbe a proposé comme antidote le protosulfurc de fer hydraté , corps inerte, mais ayant la propriété de décomposer instantanément le sublimé en donnant lien i on cfalonire de fer et à un bisulfure de mercure , substances tout à fait inoffeufiivea. M. Boucliardat propose, en outra, le fer réduit |)ar Thydrogèno ou un métlaiise de deux parties de fer porpbyrisé et d'une partie de zinc. Plus TteemniMii , II. VimnMâfêli ameSié Tûaphi 4a pnKoeUorare d'èuio donné ^diiaii
ko UES EMP01S0.%NbMtiM'.S.
double de celle du poison; mais Orfila a prouvé, daos un iravafi \u en 18^7 à l-Académie de médecine, que cet antidote n'avait aucune eflBcacité, et que son emploi pouvait même être dangereux.
Le nitrate de mercure, les bromure, iodure, protoxyde, deutoxyde de mercure, agissant comme le sublimé, on en combattra les effets par les mêmes moyens. Le cyanure de mercure diffère un peu des précédents en ce qu*il n*a qu'une action locale faiblement irritante, tandis que les symptômes généraux précédemment décrits sont prédominants. Dans ce dernier empoisonnement, l'eau albumineose est sans effet. On fera donc vomir le malade eu titillant la luette ; on le gorgera d'eao chaude; puis on combattra les accidents inflammatoires. On ne devra pas donner, dans l'empoisonnement par le cyanure , le protosulfurc de fer hydraté ni le fer réduit |)ar l'hydrogène, parce qu'il se produirait alors de l'acide cyanbydriquc, plus vénéneux que le cyanure mercui ique.
EFFETS TOXIQUES DES VAPEURS MËRCURIEIXËS, DU MEBCURK EXTRÊMEMENT DIVISÉ, ET DE SES PRINCIPALES PRÉPARATIONS A DOSES FRACTIONNÉES.
Les accidents qui résultent de l'absorption du mercure et de ses préparations , quand ces substances sont introduites dans l'économie , sont de quatre sortes ; ce sont : la stomatite mercurielle, l'hydrargyrie, le tremblement et la cachexie mercurielle. Nous avons déjà traité précédemment de la stomatite (tome 1'% page 222) ; il nous reste à parler maintenant des trois autres affections.
l>e rhydrargyrie.
L'hydrargyrie est une sorte d'eczéma se développant à la suite de l'usage interne ou externe du mercure, et qui est caractérisée par une éruption de vésicules sur des surfaces rouges ayant une étendue plus ou moins considérable. Cette affection, très rare en France, est plus commune en Angleterre , où elle a été décrite avec soin par Alley, qui en a admis trois variétés, désignées sous les noms à'hydrar^ gyria mitis^ febrilis et maligncu
Symptômes. — A la première vue, Ykydrargyria nùtxs ne paraît consister qu'en une légère efilorescence rosée ; mais, en plaçant les parties entre l'œil et la lumière, et en y regardant de très près, ou mieux encore en s'aidant d'une loupe » on distingue une éruption de très petites vésicules transparentes , précédées par un sentiment de chaleur vive et de cuisson, et qui apparaissent principalement à la partie interne et supérieure des cuisses, au scrotum, aux aines, à la partie inférieure de l'abdomen, et même (mais fort rarement) sur toute la surface cutanée. L'effloresceiice pâlit , puis disparait ; il y a tantôt desquamation de l'épiderme , tantôt on n'observe pas d'exfoliation. Si l'on continue l'usage du mercure, Tliydrargyrie est* précédée de malaise et de frissons ; il y a de la fièvre , et l'éruption s'accompagne de démangeaison et de chaleur à la peau; la surface de celle-ci est rugueuse au toucher. L'hydrargyrie fébrile ressemble beaucoup, dans les deux premiers jours, à la rougeole. Les taches isolées se réunissent bientôt , et forment des plaques de configuration et de grandeur variées; les vésicules acquièrent jusqu'au volume d'une tête d'épingle; enfin, la desquamation commence vers le quatrième jour ; elle est précédée d'un mal de gorge, à la suite duquel on voit se détacher l'épitliélium du voile du palais et celui du pharynx. L'épiderme peut s'exfolier ainsi plu- Meurs fois de suite lorsqu'on a persévéré dans l'emploi du mercure après le début de la maladie. C'est dans ce cas aussi qu'on voit apparaître des accidents plus graves.
DU TBEMBLEMeMT MËKCtRlEL. /ll
caractcriaùl la foroie maligne de l'hydrargyrie. La chaleur de la |)eau devient alors coiuûdérable (42 degrés» ceotigrades) ; la gorge et les amygdales sont trc*s doulou^ reusfs; réniption a une couleur d*un rouge foncé ou pourpre; le visage est très touiélié : les traits sont mécouoaissables, et les pau))ières se gonflent au point de dore les yeux ; les vésicules, plus nombreuses el surtout plus grosses , fournissent une humeur qui exhale une odeur fétide , désagréable , qu'on a conifiarée à une odeur forte de poissou. La desquamation B*a lieu que du huitième au dixième jour, c'est-à-dire plus tard que dans les formes précédentes ; les plaques sont larges , et, de méoae que dans la scarlatine, Fépiderme des mains peut s*enlever presque, en eotier, comme une peau de gant ; il se forme ensuite des iucrustations épaisses qui se séparent en lamelles jaunes; une autre incrustation succède à un nouvel écoulement de sérosité , et chaque nouvelle desquamation découvre une surface de moins en moins rouge. Enfin, Texsudation cesse, et Tépiderme normal est repro* duit ; mais la |)eau peut rester longtemps rude et écailleuse ; les ongles peuvent aussi se détacher. Dans cette forme, le pouls est fort, dur ; Tanxiété est grande ; il y a de ropi)ression , de la dyspnée, une toux fatigante, des douleurs dans la poi* thne et dans la gorge ; il y a aussi beaucoup de faiblesse, un grand accablement, divers accidents nerveux. Quelques malades succombent : Alley, qui, en 1810, a publié en Angleterre des recherches sur Thydrargyrie, a perdu, probablement par suite de complications, huit malades sur quarante-trois.
L*hydrargyrie ne pourrait être confondue qu'avec Teczéma aigu ; mais elle en diffère parce que Téruption est plus générale, parce qu'elle s'accompagne de rinflammation de la bouche et de la gorge, parce que la matière contenue dans les vésicules exhale une odeur fétide, et que la desquamation se fait du quatrième au huitième jour.
Cette maladie, qui n'eutraine, en général, aucun danger après elle, reconnaît toujours pour cause l'usage du mercure. Le traitement consiste à suspendre l'em* ploi du remède, à jhire des lotions fraîches, à donner des bains tièdes, quelques purigatîCs et des boissons acidulés. L'opium est utile pour calmer les douleurs ; les nigoées et les toniques ne conviennent qu'exceptionnellement et en vue d'indica* tious spéciales.
9 a tremblement mcreuriel.
Les ouvriers qui travaillent le mercure sont fréquemment atteints d'un tremblement particulier des membres, dont la description a été tracée pour la première fois, il y a une quarantaine d'années, par Mérat, dans son Traité de la colique m^allique.
Sympiùme*^ marckt, — La maladie débute rarement d*une manière brusque ; mais presque toujoimt elle survient progressivement : ainsi l'ouvrier s'aperçoit d'abord que ses bras sont moins sûrs, moins forts que de coutume ; ils vacillent, pois ils frémissent ; enfin ils tremblent ( Mérat). La même progression se remarque dans les membres inférieurs; le tremblement finit par être porté au point de rendre impossible tout travail manuel. Les malades atteints de cette affection ont pfcaque tous un teint pâle ; ils sont languissants, ils ont les chairs molles ; leur parole est quelquefois traînante, embarrassée, comme si les muscles de la langue pvticipaieiit au désordre des muscles des membres. Ceux-ci sont agités involontaireaM*flt par de petites secousses, comme on le voit chez beaucoup de vieillards, par soile des progrès de l'âge ; la marche est chance/ante, incertaine; quelquefois dk ne peot se Caire qne lorsque le mabde pwÊd appui sur un oorps solide*, Ves
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membres supérieure sont très souvent plus aOectés que les inférieurs, et la maladie eomiuence toujours par eux. Ainsi, lorsque let trembleoient est intense, les malades ne peuvent porter aucun liquide à Leur bouche sans le renverser, et même aucun aliment solide, à cause de la difficulté qu'ils ont à le diriger juste (Mérat) : aussi, beaucoup de ces malheureux sont obligés de prendre leur nourri* ture avec la bouche, à la manière des quadrupèdes, s'ils ne peuvent av<nr recours il quelqu'un pour les faire manger. Il est asses rare pourtant que la maladie soit portée à ce degré.
Le tremblement mercuriel offre beaucoup de variations d'un jour à l'autre^ ga marche est lente ; il est rare qu'il dure moins de deux moisi chex beaucoup, la maladie ne fait que s'améliorer, sans cesser. Elle récidiva fréquemment si les individus s'e!iiposent de nouveau aux mômes influences. 11 est sans exemple, je crois, que le tremblement mercuriel ait jamais occasionné par lui-même la mort des malades.
Diagnostic. — Nous verrons plus tard qu'il est facile de distinguer le tremble^ment mercuriel de la cborée, qui est la seule affection avec laquelle on pourrait le confondre. £n ayant égard k l'âge des sujets, à la profession qu'ils exercent, et hla manière dont la maladie a débuté, on parviendra à distinguer le tremblement métallique du tremblement sénile.
Pronostic. — Le tremblement mercuriel est grave en raison de son opiniâtrMé, et parce qu'il est souvent incurable.
Etiologie. -»- Il est excessivement rare de voir le tremblement purvenir dans le cours d'un traitement mercuriel. La plupart des auteurs contestent même que cet accident ait jamais lieu dans les cas dont je parle. Cependant lesfSaltsrai>pertés par M. Golson démontrent de la manière la plus positive que le tremblement peut être produit lorsque le mercure est donaé comme médicament Celui-ci a surtout cet effet quand on l'administre sous forme de frictions. Presque toujours pourtant le tremblement ne se déclare que chez les individus qui par état sont •oumis à l'action du métal très divisé, soit par la dialenr, soit par la trituration i «ussi observe-t-on surtout la maladie chH les doreurs, les argenteurs, les metteurs au tain, les miroitiers, les constructeurs de baromètres, etc. La maladie parait être plus commune en hiver qu'en été, parce que, dans les temps froids, les ouvriers sont renfermés dans des ateliers très chauds, les portes et fenêtres closes, et sans eourant d'air qui entraine les vapeurs métalliques. Leê émotions morales, les chagrins, les excès, paraissent rendre les individus plus aptes à ressentir les effets du mercure.
Traitement. — Le tremblement mercuriel peut guérir spontanément, par le simple éloignement de la cause; mais cela est rare. Le seul traitement dont l'expérience ait démontré l'utilité consiste dans l'emploi des sudoriûques, tels que k poudre de Dower, les décoctions de squine, de salsepareille et de gaïac édul* oorées avec le sirop de Cuisinier, et auxquelles on ajoute en outre 16 k 30 grammes d'acétate d'ammoniaque par pot. Les bains chauds, surtout les bains de vapeur, ont également une grande efficacité. Ce traitement doit être suivi avec persévérance. On ignore comment les sudorifîques agissent pour guérir la maladie; quelques personnes croient qu'ils sont utiles en provoquant l'élimination du mercure par la peau : mais rien ne prouve encore que tel soit, en effet, leur mode d'action.
On peut prévenir, ou du moins rendre moins fréquents les résultats fâcheux des vapeure mercurielles en plaçant les ouvriers dans des ateliers vaates, bien aérés, ^d «ont dil!po8é0 k pn^xM dos ftmmeaoïL d'tppel.