DE LA PHTHISIE PULMONAIRE
dbposées à cet.eiïet. Les eaux dont je parle, prises k une période encore peu avancée de la maladie, peuvent Otre un adjuvant du traitement général.
Cependant de tous \e^ moyens tentés jusqu'à ce jour contre in phthisie, il n*en est aucun, d*après Laënnec, qui ait été suivi plus souvent de la suspension ou de la cessation totale des accidents que le changement de lieu. Ainsi on conseille généralement aux phthisiques des pays humides et froids d'aller vivre dans des climats plus doux : on les envoie le plus souvent en Italie, où ils habitent Rome« Pise» Venise, Palerme, Nice ou Naples. Villefranche, Menton, et la baie de la Spezzia, Qiériteraient d'être préférées à plusieurs des villes d'Italie qu'on choisit un peu par routine. D'autres phthisiques, moins bien inspirés, peut-être, vont à Pau ; mieux vaudrait pour eux le littoral de la Provence, comme Hyères : on pourrait au moins avec ratant d'avantages choisir Cannes et surtout Fréjus, ma ville natale, dont le site est admirable, et où la phthisie est tellement rare, que sur cinquante décè^ annuels on n'en compte guère qu'un ou deux par consomption pulmonaire, il semble prouvé, surtout d'après les recherches du docteur Clarke, que le climat de Madère est celui qu'on devrait préférer : cette île, en effet, a une tlempérature moyenne plus élevée de 5 degrés que celle de Naples et de la Provence ; soft hiver est cte 20 degrés plus chaud que celui de Londres, et son été n'a qu'une c(iaTeur de 7 degrés de plus. En outre, le climat de Madère est remarquable par là grande égalité dans la distribution de la température pendant le cours de l'année, et l'on n'y observe que très exceptionnellement dés variations brusques, inconvément qu'on trouve dans tous les autres pays. Tout porte à croire aussi que Taîti et les Ses Sandwich sont également des lieux dont l'habitation pourrait être utile aut poitrines délicates.
Il faut non-seulement, dit-on, conseiller l'expatriation aux phthisiques des climats froids et tempérés, mais même à ceux qui habitent des climats chauds, comme le midi de la Franco et de l'Italie; ceux-là, on devrait les envoyer dans des pays plus chauds encore : c'est ainsi que les Latins, Coiso, par exemple, conseillaient à leurs poitrinaires le séjour de l'Egypte, surtout à Alexandrie. Mais cette pratique êst-elle vraiment justifiée par l'expérience? Non, car ainsi que M. le docteur Rochard vient de l'ctahlir dans son n^niarrpiahle travail, les pays chauds, envisagés dans leur ensemble exerconl une influence fâcheuse sur la marche de la tubercu- Ksatlon pulmonaire, et en accélèrent le cours. Les médecins anglais nous apprennent que leurs compalriolcs qui arrivent dans les pays intertropicaux, notamment ï la Jamaïque, avec une disposition phthisi(|ue, voient bientôt les accidents s'exaspérer, et l'alfection suivre une marche aiguë (Fergusson) . On dit aussi que la maladie exerce d'affreux ravages chez les riches anglaises de Madras, qui, parties de la métropole pleines de vigueur, vont, après quelqu(»s années de séjour, mourir sur la côte malaise, dont l'air phis doux et moins brûlant semblait leur promettre ' une guérison assurée (Guérard). Les pays tropicaux surtout doivent être interdits aux plithisiques ou aux sujets prédisposés, car la phthisie y suit une marche aiguë, et elle y est commune, puisque les statistiques comparées des troupes coloniales et des régiments d'Kuro|)e ont établi cpie la mortalité par phthisie était pour les soldats qui vont aux colonies un peu plus du double de celle qu'on obseve dans l'armée continentale.
M. Rochard conclut aussi de ses recherches que la plupart des pays chauds stitués en dehors de la zone équatoriale, pris en masse, sont également préjudiciar Mes aux tuberculeux, mais quelques points, et nous les a'vons c\l^ \v\v\^\\^wx^\^^c.^ sur les confws de cette régioa, eicooceolrés kde petit» esp^iCtts, ll^vaVj^t^^»«^V1àxc^
exception en raison de certaines conditions locales. Mais avouons que jusqu'à présent on n'a pas encore sur les localités les plus propices aux poitrines délicates, des renseignements très précis. Suivant moi, quand on veut expatrier un sujet phtliisique ou menacé de Tètre, on ne devrait pas seulement choisir pour lui un climat dou\, mie température peu variable, mais il faudrait encore que dans ce pajTt nouveau qu'il va habiter, la phtliisie fût inconnue ou du moins tr^ rare. Or, c*est précisément ce qui n'a pas lieu pour la plupart des villes d'Iti^e où nous envoyons nos pulnioniques. Que peut-on rationneUement espérer d'une localité où la phthisie est parfois aussi conuuune que dans les grandes villes du nord ?
L'émigration ne doit être conseillée qu'aux sujets prédisposés, ou à la première période de l'affection, car trop tard, lorsque la ûèvre hectique est déjà allumée, et que des désordres graves existent dans la poitrine, le changement de lieu, comme le séjour aux sources thermales, liâtc souvent la tenninaison fatale.
L'émigration est un moyen sérieux et dont il faut tâcher que les malades retirent le meilleur parti possible. Ils devront (wur cela prolonger leur séjour dans le climat chaud qu'on a choisi, pendant une ou plusieurs années de suite. Mais dans un pays aussi vaste que l'Italie, on comprend qu'il est des localités plus ou moins avantageuses ; il en est qui sont préférables en telle ou telle saison : ainsi les stations du Midi, conune Naples, Rome ou la triste Pise, sont préférées l'hiver, tandis que pendant le règne de la chaleur il vaut mieux vivre sur les bords des lacs de la Lombardie. Les malades pour lesquels de pareils déplacements seraient trop pénibles pourront trouver dans les golfes de Naples et de Saleme, dans le bassin de Rome, ci même dans le royaume lombardo-vénitien, des stations qui pourront servir, les unes en été les autres en hiver. Mais ces détails devant nous entraîner trop loin, nous renvoyons à un excellent livre de M. Carrière, fruit de longues et consciencieuses recher. ches, et qui sera un guide sûr pour le médecin comme pour le malade (1).
Pendant quelque temps, attribuant des effets avantageux à l'atmosphère marine, on a conseillé aux phthisiques le séjour des bords de la mer ; I^nnec, qui avait pro. page cette idée, est allé mourir de consomption pulmonaire sur une des plages de l'Océan. Rien, en effet, de moins vrai que cette influence favorable qu'exercerait le séjour continu au bord de la mer.
Les voyages sur mer auraient- ils un meilleur effet? Ils ont été vantés contre b pulmonie presque de toute antiquité. Cœlius Aurelianus, Arétée, Celse, Pline les ont recommandés ; Mead et Boerhaave s'en sont déclarés les partisans. Le moyen dont nous parions parait avoir été fréquenntment utile ; mais, disions-nous déjà dans les précédentes éditions de ce livre, la science attend encore des documents plus nombreux et plus précis sur une question que les auteurs français ont généralement négligée, mais qui a été étudiée en Angleterre avec quelque soin, notamment par GUchrist dans le dernier siècle. Tout récemment M. le docteur Rochard^ examinant cette question avec l'autorité d'un homme qui a beaucoup navigué et beaucoup vu par lui-même, est venu, à peu près, détruire l'opinion favorable qu'on pouvait avoir sur la navigation. Il croit que si quelques individus, en fort petit nouh bre, ont vu leur état s'améliorer pendant une traversée, beaucoupd'autres ont pris ks geruies de l'affection, ou embarqués malades, sont morts en route ou sont arrivés avec peine à leur destination. Ce médecin distingué conclut donc que la navigatioo ne convient aux phthisiques, ni comme carrière ni comtne moyen de traitement
En résumé aucun des moyens reconunandés contre la phthisie n'est souverain. Les agents pharmaceutiques miles comme adjuvants, n'ont pourtant qu'un rôle se- (i) U ciimmi de tltatk «om U r«FF^ lnlfi^«^«e et «nèàkul. V%T^s\%fw^,
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condairc et c*est particulièrement à Vhygiène qu'i] faut demander les moyens pour suspendre la marche de cette terrible affection. Ainsi les malades seront placés sons le rapport du climat et de Thabitation dans les conditions les meilleures, ils auront une allmentatioa substantielle, on éloignera d*eux toute espèce de préoccupation et de fatigue ; l'huile de foie de morue, le fer, le quinquina, les amers, certaines eaux solfnreuseg en boisson et en bains sont les principaux agens à Taide desquels on complétera le traitement
Traitement palliatif, — Quand on ne peut guérir la phthisie, il faut au moins s*effbrcer de calmer les souffrances et quelques-uns des accidents qui épuisent les malades.
Dans la première période, on conseillera le repos, Tusagc de quelques boissons douces» pectorales» faites avec la gomme, les plantes et les fruits pectoraux, avec le gniau, le lichen d'Islande, le fucus crispus. On préconise aussi généralement,* en pareil c^, le laitage et surtout le lait d'ânessc. Mais il faut convenir qu'en agissant ainsi, on obéit bien plus à la routine qu*à une pratique éclairée ; car chez beaucoup de malades, le régime lacté débilite Tcstomac, excite la diarrhée, et devient par là une nouvelle cause de faiblesse. F>a plupart des phthisiqucs étant naturellement faibles, lymphatiques, beaucoup ayant été débilités par différentes causes, il est préférable, ainsi que le conseille M. Louis, de leur donner quelque boisson amère, légèrement aromatique, de leur prescrire une eau ferrée artificielle ou naturelle (Spa, Passy, Forges), ou une préparation de fer quelconque. S'il y a de Tinsomnie et si celle-ci est spécialement produite par la fréquence de la toux, on administre festramonium, ou mieux encore une préparation opiacée qui réussit aussi beaucoup mieux que l'acide cyanhydrique pour calmer la dyspnée; le malade aura mie nourriture réparatrice; il habitera une chambre bien exposée ; on le garantira de toutes les variations atmospliériques ; sa peau sera couverte de flanelle. C'est en pareilles circonstances que le changement de climat est utile, car les malades se rendant dans les pays chauds peuvent pendant l'hiver, indépendamment des bienfiaits delà température, se livrer encore à l'exercice en plein air, ce qui contribue puissamment au rétablissement des forces. Quand il existe de la ûèvre il faut soumettre les individus à un régime doux ; mais ce n'est pas une raison de les aiïaiblir par la diète, et surtout par les antiphlogistiqucs, à moins de complication.
Il est quelques accidents qui rédament un traitement spécial : telles sont l'hémoptysie, les douleurs thoraciques, la diarrhée, les sueurs. Si le sujet est encore fort, l'hémoptysie cédera souvent à une |)etite saignée révulsive ; mais si elle se prolonge, et si elle affecte des sujets débilités, il faudra lui opposer les astringents, surtout l'extrait de ratanhia, les décoctions de cachou, les boissons acidulés, les pilulc*s d'alun, de nitrate de potasse, l'orgot de seigle, la digitale, la ligature des membres ; enfin, dans les cas extrêmes, aux applications de glace sur la poitrine, que l'on conseille, on préférera un large vésicatoire, comme le voulait >Iertens, et mieux un vomitif à titre de moyen perturbateur. M. lUifz a préconisé remploi de Témétique en pareil cas ; et moi-même j'ai eu l'occasion d'en constater les bons effets, dans des circonstances où tous les autres moyens avaient échoué. Quand il existe des douleurs thoraciques, il faut en rechercher les causes; si elles dépendent d'une phlegmasie pleurale, on les enlève ou on les calme par quelques ventouses scarifiées , ou par une petite application de sangsues. Si elles se rattachent à une névralgie intercostale, on en trioniple à l'aide d'un oti plusieurs vésicatoires appliqués sur les points douloureux.
La diarrhée se liant pres<|ue toujours à uncî lubercnlisatu^ Aes \tt\^is\\w's»^*^ V»\V
SIS DES PRODUITS HORBIDES ACaDENTELS.
diminaer la quantité des aliments ou même les supprimer tout i fait On dmisirt toujours ceux qui, très nutritifs, ne fournissent pas ou à peine de résidus; eofin on donnera quelques boissons mucilagineuses, la décoction de riz ou la décoctioa blanche, etc. , moyens auxquels on associera les lavements amylacés, additkmiiéi de 6, 10 ou 16 gouttes de laudanum de Sydenham, une ou plusieurs fois par jour. Le sous-nitrate de bismuth, la thériaque, le diascordium, administrés par h bouche, seront donnés dans le môme but Les fonctions de Testomac seront surveillées. Beaucoup de malades ayant des pesanteurs, de la dyspepsie et des aigreurs, on cherchera à réveiller l'énergie de l'organe par quelques boissons amères, par Tnsage de Teau de Seltz, de Vichy, de Bussang, de Spa. Souvent, dans ces cas de dyspepsie, de perte d'appétit, on peut avec avantage administrer avant chaque repas un gramme de pefisine. .Mais si ces troubles gastriques sont symptomatiques du ramollissement de la membrane muqueuse, s'il existe des vomissements opiniâtres et plus ou moins verts, on prescrira des boissons froides ou glacées, du lait pur ou coupé avec de Teàu de Vichy, que les malades prendront par cuillerées, on donnera en outre, une petite quantité d'opium; enfin on appliquera à l'épigastre un vésicatoire qu'on entretiendra plusieurs jours.
Contre les sueurs, Fouqnier a conseillé le sous-acétate de plomb, en conunençant par 5 ou 10 centigrammes à prendre le soir ; mais nous préférons l'agaric blanc à la dose de 25 à 50 centigrammes; c'est un médicament que nous regardons comme assez efficace. On peut aussi donner une infusion de quinquina.
L'oppression peut Otre excessive : si cet accident déjiend de l'accumulation de crachats dans la trachée et les bronches, on donnera une infusion de polygala, des potions avec le sirop de Tolu, le kermès et l'oxymel scillitique, ou mieux encore on prescrira l'ipéca à doses fractionnées. Si la dyspnée ne dépend pas de cette cause ni d'une phlegmasie intercurrente, on essaiera de la modén^r avec des cataplasmes sinapisés, qu'on promènera sur les membres ijiférieurs, ou par l'administration de l'opium, de la morphine, de la belladone, du datura, de l'eau de lauriercerise ; en pareil cas, on conseille encore d'appliquer sur la poitrine des emplâtres narcotiques (emplâtres dexiguê) ou rubéflants (poix de Bourgogne), ou on vésicatoire, ou bien encore on fait des frictions avec l'huile de croton ou avec la . pommade stibiée.
On a parlé d'un traitement chirurgical des cavernes, on a proposé de les ouvrir avec le caustique, on l'a même fait ; on a dit d'y injecter alors de la teinture d'iode : opérations inutiles ; d'autres diront ridicules si on se rappelle les désordres qui existent alors dans les poumons et la diathèse dont ils sont l'expression.