‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 153 sur 265 · DE LA PHTHISIE BRONCHIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PHTHISIE BRONCHIQUE

Historique. -^ Ce n'est que depuis peu d'années qu'on a étudié la tuberculisallmdes ganglions bronchiques. Le premier écrit, dû à 1^1. Leblond, date de 1824 (thèse de Paris}; deux ans après, un médecin de Berlin, M. Becker, ût encore de cette affection le sujet de sa thèse inaugurale. Ces travaux , l'un et l'autre très renaarquables, ont été suivis de quelques recherches de M. Berton et de M. Bec- <Iiierel. Mais le travail le plus complet que nous ayons est dû à MM. Rilliet et Barthei, qui, dans les Archives de 18^0 et de 18/i2, et plus récemment dans leur ouvrage, ont, à l'aide de leurs observations et de celles de leurs devanciers, présenté un tableau fidèle de cette maladie. C'est aux recherches consciencieuses de ces deux habiles observateurs que nous emprunterons les principaux détails que nous allons faire connaître.

Anaiomie pathologique, — Comme Laënnec l'avait dit , et comme l'ont confirmé depuis lui MM. Barthez et Rilliet, la matière tuberculeuse existe ordinaire<ment dans les ganglions bronchiques à l'état d'infiltration : ces organes sont envahit du centre à la périphérie. Au bout d un temps plus ou moins long, les tuberailes se ramollissent comme le font ceux des poumons ; quelques-uns peuvent passer à Tétat crétacé, mais cette transformation est presque toujours partielle et n'occupe communément qu'une portion de l'organe. Les ganglions tuberculeux augmentent de volume; ils peuvent devenir aussi gros qu'une noisette, qu'une amande ou qu'iu marron. Tantôt il n'en existe que cinq ou six au ]>ourtour des bronches; dans d'autres cas, ils sont plus nombreux , plus rapprochés les uns des autres et plus volumineux : ainsi MM. Rilliet et Barthez. en ont vu qui avaient le volume d'une grosse pomme, il n'y a guère que les ganglions extérieurs aux poumons qui acquièrent une ampleur aussi grande; les ganglions intérieurs, c'est-à-dire ceux qui sont situés dans les embranchements des vaisseaux sanguins et aérifères, sont, en effet, toujours plus petits et ne dépassent guère le volume d'une noisette ou d'une petite amande; on les suit dans la profondeur de l'organe jusqu'au niveau des trolaièuies et quelquefois des quatrièmes divisions bronchi([ues. Le plus souvent, ajoutent MM. Rilliet et Barthez, ils sont accolés aux conduits aérifères dan§ le sens de leur longueur; d'autres fois leur réunion forme une sorle de croksant qui entoure une partie de la circonférence de la bronche.

Ces ganglions sont généralement enveloppés d*un kyste mince auquel adlière intimement une couche de matière tuberculeuse. En rap|)ort avec divers organes, îb les compriment , ou bien ils s'unissent à eux et se vident dans leur intérieur. Ainsi on a vu de ces ganglions comprimer l'aorte, l'artère et les veines pulmonaires, la veine cave su|)érienre et la veine azygos : plus souvent la C4)mpression ]3orte sur la trachée, sur l(*s bronches principales, sur le poumou, quelquefois sur les nerfs pneuinogastri(|ues et sur l'cBsophagc.

Lorscfue les ganglions ramollis communiquent avec quelques-uns des organes qui les avoisinent, c'est prt»sque toujours a\ec k»s bronches : ce (|u'on explique i>ar les rapports qu'ils ont avec elles , et parce cpie celles-ci ne peuvent fuir devant la compression, ainsi (pie le font plusieurs au tr(>s organes, notamment l'œsophage. Le kyste communiqu<^ quelquefois a\ec le tissu pulmonaire, et si Ton n'y prenait garde, on pourrait croire aisément à l'existence d'une caverne creusée dans le parcnchyme même du i)oumon. 1^ méprise csl .surtout facile lorsque le ganglion est profondément situé : cependant MM. Rilliet et Barthez croient qu'on pourra le plus souvent distinguer ces fausses ca>ern(»s des véritables, en ayant égard aux circonstances suivantes. Kn général, les cavernes ganglionnaires sont lisses et revêtues d'une fausse membrane rougeûtre; elles sont [)eu spacieuses v.\V çv>\\\\\\\\v\\vyûl^\\\. pvec les hronches vers leur partie iatérale; leur owerturc esl «rtwv^x^ ^x \\sw^

minces; eniin elles siègent presque toujours à la racine des poumons, bien dîflérentes sous tous ces raj)porU» des cavernes pulmonaires, qui sont plus vastes, plus irrégulif^res , qui sont traversées en tous sens |)ar des brides et par des cloisons incomplètes, qui communiquent en outre directement avec les bronches, et sont enfin à une distance plus ou moins grande de la racine des poumons. On a vu les ganglions tuberculeux communiquer trois fois avec Tartère pukiionaire (Berton, Rilliet et Barthez) et avec l'œsophage (I^blond, Berton). 11 y a fort peu d'exemples où l'on ait vu les ganglions suppures se rompre. Quand un pareil accident a lieu, il en résulte probablement moins souvent un pneumothorax qu'un abcès des médiastins et un emphysème, par la raison que les ganglions situés en dehors de la séreuse sont accolés à une des bronches mcTes. Si un pneumothorax a lieu , ce n'est guère qu'après que la masse tuberculeuse ganglionnaire s'est ouvert une issue à la fois dans une bronche et dans la plèvre, ou bien lorsque, unie à des tubercules pulmonaires ramollis et formant avec eux une caverne unique, il a perforé le poumon.

Symptômes^ diagnostic. — Après avoir lu la description que donnent M>l. Uilliet et Barthez, on reste convaincu que la tuberculisation des ganglions bronchiques n'a aucun signe spécial qui la caractérise, mais que les troubles fonctionnels qu'on observe résultent uniquement de la compression que les oi^anes malades exercent sur les viscères voisins. Nous n'insisterons pas sur ce sujet, attendu que nous avons indiqué plus haut avec détail les troubles qui résultent de la Compression de la veine cave (p. 290), des conduits aériens (p. 292) et de l'œsophage (p. 293). La distension ou la compression dn pneumogastrique altère le timbre de la toux et de la voix, et produit des accès d'asthme intermittents et des quintes de toux semblables à celles qu'on observe dans la coqueluche. MM. Barthez et Rilhet ont remarqué que la tuberculisation des ganglions bronchiques, soit qu'elle existât seule, soit surtout qu'elle coïncidât avec quelque lésion pulmonaire encore peu avancée, pouvait produire diverses altérations du bruit respiratoire, telles que respiration dure , expiration prolongée, souille tubaire, phénomènes qui sont siu*tout perçus au sommet et en arrière, très rarement en avant. (;es auteurs se rendent compte du phénomène en disant que les ganglions tuberculeux , appuyant sur la colonne vertébrale d'une part et de l'autre sur les bronches , transmettent directement à l'oreille les bruits qui se {)assent dans ces conduits, bruits qui, â l'état normal, ue sont pas perçus, parce qu'ils sont séparés de l'oreille par une couche plus ou moins épaisse de parties molles. I^s phénomènes stéthoscopiques , ainsi que les signes de compression, sont remarquables par leur marche irrégulière et par les alternatives qu'ils présentent. Les premiers d*aillem*s manquent loujoui-s lorsque les tubercules bronchiques ramollis communiquent largement avec les bronches; cette communication ne |M'ut être reconnue pendant la vie. Mais si la ))erforation s'opère avant le ramollissement du ganglion, celui-ci ixmrra , en s'engageant dans la bronche, obturer ce conduit et produire la mort par asphyxie ; il existe un cas de ce genre (1). Inutile de dire que la conununication avec un vaisseau donne lieu à une hémorrhagie foudroyante : celle qui s'établit avec l'œsophage rend la déglutition difficile et provoque des quintes de toux; enfin, lors<pie le j)oumoii est i)erforé, il se produit un pneumothorax.

On voit par là combien il est diflicile le plus sou\eut do reconnaître la tuberculisation bmnchique; le diagnostic est d'autant plus obscur, que la maladie est rarement isolée et qu'elle coexiste avec des lésions graves du côté des poumons. Les seuls signes qui offrent quelque valeur sont a'ux qui indiquent une compression

(1) Gazette héfbiomdAain ic ifséà^Qm et chirurgie, U \V> v. %^fkx

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des organes pectoranx; en effet, lorsqu'un enfant de trois à quatre ans qui tousse, maigrit, et a de la fièvre , de la diarrhée et des sueurs uocturiies , présente des s^es de compression du côté de la veine cave, de Toesophage , de la trachée ou des bronches, on devra presque à coup sûr diagnostiquer une dégénérescence tuberculeuse des ganglions bronchiques. On arrivera à ce diagnostic par voie d'exclusion ; car si chez un adulte de pareils accidents dépendent presque toujours d'une tumeur anévrysmale de Taorte, il n'en est pas de même de l'enfant, che2 lequel les anévVysmes aortiques sont à peu près inconnus, et qui par contre est très sujet à la tuberculisation des ganglions bronchiques.

Pronostic, — Quoique grave, la phthisie bronchique l'est moins cependant que

ceUe des poumons.

Etidogie, — Toutes les périodes de l'enfance sont presque également sujettes

â la tuberculisation des ganglions bronchiques : la maladie est plus commune chez

les garçons que chez les filles jusqu'à onze ans ; mais à l'époque de la puberté, il

si'y a plus de différence entre les deux sexes.

Traitement, — Le traitement doit être à peu près le même que celui de la

-S>bthiffle pulmonaire.

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