DU CARREAU
SyhonYIIIC. — Alrophi'e mésrnttfiiiiuc, ccrouell*>s mésentcrique«, iiihercules tles gaD|{lions mesenleriquec, pblbûie mtfseotêrique, etc.
Le carreau est ime maladie caractérisée par la tuberculisation des ganglions inésentériques, altération qui produit l'émaciation, la fièvre hectique et le marasme. Xe mot cojTeau n'est qu'une expression métaphorique employée pour désigner la dureté, la résistance, le grand nombre de tumeurs mésentériques. Il ne doit pas s'applicpier à la tuberculisation peu étendue des ganglions mésentériques, mais aux cas seulement où cette altération, étant considérable, devient prédominante sur toutes les autres. Le carreau ainsi envisagé n'est pas une maladie excessivement commune, puisque, d'après les calculs de 31M. RiJliet et Barthez, on ne l'observerait que sur un seizième des tuberculeux. Mais ainsi que nous l'avons vu précédemment, on trouve fréquemment des tubercules mésentériques ; il en existe, en effet, chez près de la moitié des enfants tuberculeux, et chez la cinquième partie des adultes qui meurent phthisiques.
Historique, — On ne trouve quelque indication précise sur le carreau qu'à dater du xvr siècle. A cette époque, Benivieni de Florence, et Fernel dirent quelques mots des tumeurs mésentériques ; il en fut de mOme de Sydenham, de Fr. Hoffmann et de Sauvages. Mais c'est Morgagni qui traça pour la première fois l'histoire anatomique de la maladie. Tel était l'état de la science lorsque la Société de médecine de Paris, ayant en 1787 mis au concours l'histoire du carreau, décerna le prix à l'ouvrage de Baumes, qui était, en effet, une monographie assez complète. Depuis cet auteur, la maladie n'a été l'objet d'aucun travail capital, à l'exception pourtant do celui de Joy en Angleterre. Nous sip;nalerons aussi conune bons à consulter, et résumant tri*s bien l'état de nos connaissances, l'article inséré par Guersant dans le Dictionnaire de modecine, œlui de MM. Delaberge et Monnerct dans leur Compendium, et le chapitre enlin que Mi>L Rilliet et fiarthez ont consacré dans lenr livre à l'étude du carreau.
Anatomie pathnioqiqup. — Dans le c^irreau, les ganglions mésentériques sont augmentés de volume; leur grosseur \-arie depuis ci»Ile d'un pois jusqu'à celle d'\M\ gros marron ou d'un petit œuf; réunis entre eux, ils (ormewl u^e \vvass«i ^u'^ «^
iiiolle, bosselée, ayant quelquefois le volume des deux poings réoiûs, peo oa point mobile, et placée en avant de la colonne vertébrale, sur Taorte et la veine caveÛH fcricure. Les ganglions incisés oiïrent un aspect différent suivant Tépoque où oa les examine. Au début on y trouve cà et là, infiltrées, des granulations grises, demitransparentes, ou de la matière tuberculeuse jaunâtre, séparées par des poriioni encore saines de tissu. Cependant peu à peu celui-ci est détruit, et remplacé par une nouvelle quantité de matière tuberculeuse ; enfm il arrive une époque où h ganglion, complètement transformé, ressemble tout à fait, par son volume, sa cou^^ leur et sa densité, à un marron dépouillé de son enveloppe. Il est pourtant dei ganglions qui sont moins altérés : ainsi lorsqu'un de ces organes n*est encore que partiellement envahi, le tissu qui avoisine les tubercules est parfois tout à fait sains plus souvent il est d'un gris rosé et un peu ramolli ; quelquefois il est grisâtre, induré et cassant, altération qui est probablement consécutive au dépôt de la ma-* tière tuberculeuse, et qui est l'analogue de l'induration grise qu'on rencontre ai comnmnémeut autour des cavernes pulmonaires. Les tubercules mésentériques qui sont souvent entourés d'un kyste, peuvent se ramollir ; cela aurait lieu d'après MM. Killiet et Barthez, plus souvent de trois à dix ans qu'avant ou après cet âgdi Quand l'altération n'est pas très étendue, la matière tuberculeuse peut subir la transformation crayeuse ou crétacée, ce qui est un mode de guérison.
En général, chez les sujets em()ortés par le carreau, on trouvé le péritoine intact ; mais presque toujours il existe des tubercules dans quelques autres organes, notamment dans les poumons et dans l'intestin. Ce dernier viscère offre, chez plus de la moitié des sujets ((fuersant), des ulcérations au fond desquelles existent des tubercules miliaires. Mais il ne faudrait pas s'autoriser de ces lésions pour dire, avec quelques personnes, que Tengorgement et la dégénérescence des ganglions n'est qu'un effet de l'état de l'intestin; car il n'existe entre les deux ordres de lésions aucun rapport de cause «i effet ; elles ne sont pas proportionnées Tune à Tautre; mais toutes deux sont l'expression de la même cause, de la môme diathèse.
Symptômes, — Le carreau débute lentement, d'une manière obscure. La plupart des enfants pâlissent, sont faibles, sujets à la diarrhée. Après un temps plus oo moins long, on voit comnmnément, mais ïion pas toujours, le ventre se développer» se tuméfier ; lorsque les parois abdominales se laissent déprimer, on distingue par la palpation des tumeurs dures, inégales, marronnécs, fixes, et plus souvent un peu mobiles, situées dans le \oisinage de l'ombilic ou vers les flancs. La pression est généralement indolente ; mais quelquefois elle réveille des douleurs assez vives, sans que l'état des ganglions, du péritoine et de l'intestin rende compte de cet excès de sensibilité. Les malades ont presque tous de la diarrhée, ce qui tient moins au carreau qu'aux ulcérations intestinales qui existent presque toujours ; les matières excrétées sont très variables quant à leur couleur, à leur aspect, et H n*est pas vrai de din^ qu'elles soient communément argileuses. La diarrhée est con* tinue, ou bien elle altenie a>ec la constipation : c'est là le seul trouble un peo constant que les oii^anes digestifs présentent, (juant à ra[>pétit, il est variable ; tantôt il est nul, le plus souvent il est conservé, ou bien il est irrégulier. On a dit que les enfants affectés du carreau était insatiables, (fu'iLs avaient beaucoup de voracité; mais il ne parait |)as que ce phénomène, qui d'ailleui's est rare, soit sensiblement plus comnuindans le carreau cpie dans la tnberculisation des autres organes, et même que dans rentéro-colite chronique. La langue est toujours humide et nette, la soif vai'iable ; il n'existe presque jamais de \omissements. On a prétendu auc, dans Je carreau, l'urine, était blanche, laiteuse, que la saUve était épaisse ^