‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 155 sur 265 · DU CARREAU. 52S · texte numérisé non relu

DU CARREAU. 52S

lisqueofle, et que la sueur, devenue plus abondante, exliaiait une forte odeur aeide; mais ces phénomènes ont été rarement rencontrées.

Cependant, lorsque la maladie est grave, les enfants sont minés par la ftèvr« iiectique; ils maigrissent et dépérissent ; les membres inférieurs sont décharnés et pn^MNtionnellement plus amaigris que les supérieurs ; mais il est difficile de faire, en pareil cas, la part exacte qui revient au carreau, attendu que presque toujours il existe des tubercules dans quelques autres organes, et notamment dans les pon« mons, où Ton eu rencontre chez plus des cinq sixièmes des malades : aussi la plu ptrt d^eutre eux toussent et ont des sueurs Qocturnes.

La tuberculisation des ganglions tnésentériques, à moins qu'elle ne soit très Meodue, peut, quand elle existe seule, de réveiller aucun trouble dans Téconomie. [Ibacun connaît Thistoire de ce nègre dont Morgagni a parlé d'après Ingrassias, {oi, pendu pour un méfait, au milieu des apparences de la plus parfaite santé, présenta néanmoins, à Touverture dé son corps, soixante tumeurs strumeuses du nésentère dont le volume variait depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle d*un œuf le poule. Bayle cite aussi Tobsenation d*une petite fiUe de cinq ans, d'une santé lotissante, qui, étant morte de brûlure après cinq heures de souffrances, portait lins son mésentère, chargé do graisse, douze tubercules suppures, dont plusieurs ivaient acquis le volume d'une petite noix ; nul autre organe ne renfermait de cet iroductioiis. Guersant a observé des faits semblables; j'en ai vu également plusieurs.

Marche, durée, terminaisons. — Le caiTeau parait avoir une marche très lente. D est impossible de dire actuellement quelle est sa durée moyenne.

Nul doute que le carreau ne soit susceptible de guorison. Cette terminaison est peut-être même ordinaire dans les cas rares où la maladie est simple et n*a pas acquis un grand dé\eloppement. Nous ne croyons pas qu'il soit exact de dire, avec qadques personnes, que le carreau soit susceptible de résolution : car la matière tuberculeuse ne peut guère se résorber, mais seulement changer de nature ; elle peut subir, par exemple, la transfonnation crétacée.

La terminaison funeste et l'épuisement qui la précèdent dépendent de l'influence fielleuse que la diathèse tuberculeuse exerce sur la constitution entière, et de la multiplicité des lésions qu'elle produit. On a cru pendant longtemps que l'émaciadon résultait de ce ({ue le chyle, ne pouvant plus traverser les ganglions mésentériques, refluait vers l'intestin, et était rendu par les seHes. Cette cause d'épuisémeut ne me semble pas aussi hypotliétique qu'on Ta dit ; mais elle ne joue qu'un iMe secondaire, car tous les ganglions ne sont pas malades, tous ne le sont pas au même degré ; et si la destruction de l'organe n'est pas complète, si le parenchyme n'est qu'infiltré, ces canaux sont encore perméables, connue le prouvent d'ailleurs les injections faites en Allemagne par le docteur Becker, qui, ayant poussé du mercure k travers des ganglions diversement altérés, a vu l'injection les traverser librement et arriver dans les vaisseaux cfl'érents ; ajoutons enfin qu'à supposer que tous kt ganglions fussent dégénérés, si les veines sont perméables, l'absorption pourra oioore avoir lieu.

Diagnostic. — L<» diagnostic, du carreau est difficile. Guei*sant regardait avec raison le diagnostic de cette maladie comme un des [M)ints les plus obscurs de la pathologie de l'enfance ; il déclare qu(* prescpie tous les symptômes qu'on a assignés Il cette maladie ne lui appartiennent pas, mais dépendent de plusieurs autres affeclions du centre, avec lescpielles on la confond s()u\ent, |)arce qu'elles l'accompsgneiit ordinairement et marchent a\ ec elle. Le seul caractère positif du carreau^ est rexiBtenr4î des tubercules mésentériques. Quant au voUvmc^. du\e;Ti\x^^^v^K^ lequel fmrtoui h vulgaire diêgnottkfuc la maladie, c'eift un lî^e ««m ^^«w \ ^« >

ainsi que Ta noté Gucrsant, la plupart des enfants, jusqu^à trois ou quatre ans, ont le ventre volumineux, en raison de Tétcnduo proportionnellement plus grande du tube intestinal, à cause du \oIume du foie, du défçageinent plus abondant des gaz qui s'opère dans les organes digestifs de ceux qui sont faibles et racbitiqnes, de ceux qui digèrent mal ou qui ont seulement mie alimentation grossière. La péritonite chronique est la maladie qu'on a peut-être le plus souvent confondue avec le carreau; mais les douleurs abdominales, les vomissements verdâtres, la rénitence uniforme du ventre qui caractérisent la péritonite, éclaireront le diagnostic

Pronostic. — I^ pronostic est très fâcheux : cependant, lorsque le carreau existe seul, lorsqu'il n'y a de tubercules nulle autre part, du moins dans aucun organe important, la maladie peut avoir une heureuse issue : les ganglions reviennent alors sur eux-mêmes, et éprouvent, comme nous l'avons dit, la transformation crétacée. Plus l'enfant est âgé, plus il a de chances en sa faveur. Quand les ganglions ont acquis des dimensions très considérables, loiisqne la fièvre hectique est permanente, et qu'une diarrhée colliquative épuise les sujets, la mort est inévitable.

Étiologie, — MM. Rilliet et Rarthez ont prouvé par leurs relevés combien était erronée l'idée de ceux qui regardent le carreau comme une maladie fréquente chez les jeunes enfants, (ies habiles médecins se sont, en effet, assurés que la tuberculisation mésentérique n'atteignait jamais ou presque jamais les enfants au-dessous de trois ans. La maladie est d'autant plus légère que l'enfant est plus jeune : elle a son maxinmm de fréquence de cinq à dix ans, et elle est fort rare de douze à quinze. Les mêmes observateurs ont démontré que les garçons étaient atteints en plus grande proportion que les filles. Les causes du carreau sont toutes celles qui produisent la diathèse tuberculeuse ; mais on ne sait pourquoi cette diathèse s*exercc de préférence sur les ganglions mésentériques.

Traitement, — Il faut avant tout ordonner une bonne hygiène, placer les malades en bon air, les exposer au soleil, ranimer les fonctions de la peau par des frictions stimulantes et surtout par l'administration des bains salés aromatiques, iodés on sulfureux ; on les soumettra en outre à une alimentation substantielle, mais proportionnée à leurs forces digestives. Il faut que les aliments, sous un petit volume, contiennent le plus de principes nutritifs possible; on pourra essayer à Tintérienr l'usage des ferrugineux et des toniques, mais à faibles doses et en choisissant les moins énergiques ; on doit s'abstenir de tous les moyens violents qui sont encore très usités en Angleterre, tels que les laxatifs, le calomel, les toniques énergiques, le chlorhydrate de baryte, les antimoniaux, le soufre; quant à l'huile de foie de morue et à l'iodure de potassium, ils pourront être essayés avec avantage.

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