‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 194 sur 265 · DE LA GASTRALGIE · texte numérisé non relu

DE LA GASTRALGIE

commune des maladies qui, bien qu'identiques sous le rapport de leur nature, se présentent néanmoins avec des symptômes très différents, et exigent une thérapeutique spéciale. Quelle parité, en effet, y a-t-ii entre une névrose de Testomac ayant |K>ur caractère dominant et presque unique une douleur vive, atroce, ainsi qu*on Tobserve dans la gastralgie, et ces autres névroses du môme viscère, caractérisées les unes par des vomissements incessants, d'autres par la lenteur des digestions ou rinappétence, ou, au contraire, par un appétit voracc, etc. ? Évidemment on ne saurait confondre, dans une description commune, des maladies aussi dissemblaides paf leurs caractères extérieurs; il est surtout irrationnel de vouloir leur imposer un nom commun, celui de gastralgie, qui doit toujoims réveiller à Tesprit Tidée d'une douleur vive. Nous n'allons donc nous occuper dans les paragraphes suivants que de la névralgie de Teslomac, nous réservant plus tard de faire connaître quelles sont les autres névroses qui sont spéciales à ce viscère.

Historique, — On pourrait trouver quelques indications siu* les gastralgies dans les livres les plus anciens, même dans ceux d'Hippocrate et de Galien ; mais il est facile de se convaincre que ces notions étaient très vagues. D'ailleurs, pendant longtemps, les médecins n'ont pas su séparer la gastralgie des autres névroses. On reconnaît surtout les traits propres à cette maladi&dans les descriptions que les anciens nous ont laissées des affections vaporeuses,. de l'hystérie et de l'hypochrondrie.

Cependant, depuis le xvir siècle surtout, la gastralgie simple a occupé une place importante et distincte dans les traités de médecine, où elle est décrite sous les noms de cordial gie et de gastrodynie. Elle a été l'objet de recherches spéciales de ta part de ^'ilrich (1679), de Suhl (1731), de Hoffmann, et de Trnka, qui, à la fin du siècle dernier, publia sur la gastralgie une monographie assez estimée, et remarquable, comme tous les écrits de ce médecin, par une grande érudition. La doctrine physiologique, en confondant les névroses gastriques avec les inflammations, avait fait rétrograder la science et imprûné à la thérapeutique de ces maladies la plus fâcheuse direction ; mais heureusement on fut ramené bientôt à des idées plus justes par trois médecins habiles, les docteurs Johnson, Schmidtmann et Barras, qui publièrent, à peu de distance les uns des autres, trois monographies importantes sur les gastralgies : le premier en Aiigleterre, le second en Allemagne, le troisième eu France.

Symptômes^ marche, — Dans la gastralgie il existe constamment une douleur vive, ayant souvent une violence extrême. Elle est lancinante ou dilacérante cbes les uns, brûlante chez d'autres; quelques malades la comparent à une morsure; à d'autres, il semble que l'estomac, distendu de plus en plus, va enûn éclater;. ou bien, au contraire, c'est un sentiment de pression, de constriction, comme si une main de fer ou un étau tendait à appliquer l'épigastre contre la colonne vertébrale. Ces différentes sensations peuvent consener le même caractère pendant toute la durée de la maladie ; ailleurs, au contraire, elles se succèdent, se remplacent, nonseulement d'un accès à l'autre, mais encore pendant le même accès (Barras). Il est pourtant des gastralgies dans lesquelles la douleur n'a pas une pareille intensité : c'est plutôt alors, dit Barras, un malaise pénible et indéfinissable à la région de l'estomac, accompagné de nausées, de découragement, d'anxiété, et quelquefois de sensations bizarres. Ainsi il semble à plusieurs sujets que cet organe se gonfle et se remplit outre mesure; à d'autres, qu'il est vide et resserré; souvent ils y éprouvent une vive clialeur ou un froid glacial ; quelques-uns enfin ont un sentiment de formication analogue à celui que produirait un reptile ou une araignée qui ramperait sur la muqueuse gastrique.

rhypochondrie ou Thystérie. Il ûe paraît pas qu*il y ait aucun rapport de came à eiïct entre la gastralgie et le cancer de Testomac

Diagnostic. — La gastralgie, lorsqu'elle est violente , pourrait être confondue avec un accès de colique hépatique : cependant on distinguera facilement ces deux affections Tune de Tautre, si Ton veut bien se rappeler que, dans la coliqne hé patique, la douleur survenue subitement siège spécialement dans Thypocbondre droit, qu'étte est exaspérée par la pression, et qu'elle s'accompagne presque toujours d'un ictère plus ou moins marqué.

Dans sa forme chronique, la gastralgie a été et est encore fréquemment confondue avec la gastrite chronique : cependant ces deux maladies diffèrent l'une de l'autre par des caractères tellement tranchés, qu'on pourra presque toujours éviter de les confondre. Ainsi, dans la gastralgie, la douleur qui siège à l'épigastre est intermittente ou rémittente; elle cesse ou diminue souvent par la pression; dk* s'irradie plus ou moins loin ; tandis que la douleur que produit la gastrite chronique est concentrée à l'épigastre, elle est continue, et, quelque peu vive qu'elle soit, la pression l'exaspère toujours. . Quoi qu'on en ait dit, l'aspect de la langue, la saveur de la bouche, le plus ou moins d'intensité de la soif, ne fournissent aucune donnée pour le diagnostic différentiel. Il n'en est plus de même de l'appétit et de la manière dont les digestions s'opèrent : ainsi, dans la gastralgie, l'appétitest plus ou moins conservé, il peut même être vorace ; il est ordinairement capricieux et dépravé. Si l'ingestion des aliments provoque souvent des doiilenn vives, souvent aussi celles-ci sont calmées par l'arrivée dans l'estomac d'aliments même indigestes. S'il existe des vomissements, ils sont presque toujours formés de matières seulement liquides et glaireuses : le malade enfin est tout à fait apyrétique.

Des phénomènes bien différents se passent dans la gastrite chronique : ici, m effet, il y a toujours de l'inappétence et même de l'aversion pour les aliments ; ceux-ci exaspèrent constamment les douleurs ; parfois ils excitent un mouvement fébrile'; ils sont d'autant moins supportés qu'ils sont plus indigestes ; et sll y a des vomissements, les substances solides sont toujours expulsées préférablement aux liquides. (îctte différence dans la manière dont les digestions s'opèrent dans les deux cas explique pourquoi l'embonpoint et les forces peuvent se consener si longtemps intacts dans la gastralgie, et s'altérer si profondément et si vite dans la gastrite chronique. Enfin, interrogez la marche des deux affections, vous verrei dans la première des intermittences, dans la seconde une marche uniforme et presque non interrompue.

Le diagnostic différentiel de la gastralgie et du cancer stomacal ne présente o^ dinairement non plus aucune difficulté. Si dans les deux affections il existe des douleurs épigastriques et des troubles digestifs, néanmoins dans la lésion organique les douleurs sont moins vives et moins continues que dans la névrose, les vomissements glaireux et alimentaires sont plus communs ; les régurgitations acides, le pyrosis, plus répétée, et plus intenses ; dès le début on voit les malades maigrir. Ce dépérissement est disproportionné avec les troubles digestifs, car nous savoM que le cancer, dans quelque point de l'économie qu'il siège, agit profondément sur la nutrition; notons, en outre, que les symptômes du côté de l'estomac sont continus. L'affection a une marche lente; mais ses progrès sont incessants, et elle ne présente jamais ces intermissions quelquefois si longues, ces retours si brusques, cette marche capricieuse, inégale, qu'on remarque dans les gastralgies comme dans tontes les autres névroses. Ça doute d'ailleurs cesse toujours à une époque plus

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a\aucée du oaucer ionique Tou cousUte des voiiiisscnieub iiiélauiques, une luuieur à l'épîgastre, et tous les signes de la cachexie cancéreuse.

Là névralgie intercostale ne saurait simuler une gastralgiet car elle ne s'acconi- |Nigne ordinairement d'aucun trouble notable vei-s les organes digestifs, et une pression méthodiquement exercée fait découvrir des |)oint& douloureux dans certains endroits déterminés.

Pronostic, -r Si la gastralgie est peu ancienne, si elle se présente sous forme d'accès séparés par de longs intervalles, sou pronostic n'aura rien d'inquiétant 11 n'en est pas de même lorsque son début remonte déjà à une époque éloignée et qu'elle a résisté aux traitements rationnels qii'on lui a opposés, car, dans ce cas, il est impossible d'en préciser ic tetme. La complication avec l'hystérie et l'hypochoudrie est encore une circonstance des plus, fâcheuses. Toutes choses égales d'ailleurs, la gastralgie fixe est plus grave, plus rebelle que celle qui est mobile et qui alterne avec d'autres douleurs névralgiques; mais celle-ci a l'inconvénient de récidiver plus souvent que la première. Disons en terminant que la gastralgie n'est pas une maladie qui se termine par la mort ; mais c'est, une aiïectiou des plus douloureuses, et qui, loi^squ'elle passe à la chronicité, laisse les individus dans un état permanent de souffrances et provoque le développement de l'hypochondrie. A raison de ces circonstances , elle doit être considérée comme une aiïectiou très sérieuse.

Etiologîe. — La gastralgie est une des espèces de névralgies les plus comnmues. ilare avant la puberté, elle ap|)artient spécialement à la jeunesse et à l'âge adulte ; elle est plus fréquente chez la femme que chez l'iiomme ; n'épargnant aucune cou- . stitution, elle sévit surtout chez les sujets irritables et nerveux. Les principaux auteurs qui se sont occupés de cette affection ont reconnu, [)our sa production, l'influence d'une prédisposition héréditaire. On ne sait rien de précis sur la fréquence relative de la gastralgie dans les divers climats et dans les différentes saisons de l'année. Tout ce qu'on a dit du grand nombre de ces maladies dans les pays écpiatoriaux ne repose sur aucune donnée positive. On est plus avancé sur ce qui concerne le régime et le mode d'alimentation : ainsi, il est prouvé que l'usage longtemps continué de boissons douces, cmoUientes et acides, ou que l'abus des liquides s»linmlants, comme le thé, que l'emploi des spiiitueux, des boissons glacées et des aromates peuvent devenir une cause active de gastralgie. Certaius médicaments, notamment le baume do copahu et la térébenthine, ont souvent le même effet. On a encore accnsé, mais avec moins de raison peut-être, mie nourriture grossière et indigeste. Barras a eu raison d'insister pour iwouver combien fi*équemnienl le jeûne et Tusage exclusif des aliments maigres déterminent des gastralgies ch^z les. individus qui obsenent le régime du carême dans toute sa rigueur. Les émotions morales vives, les chagrins, les contentions d'esprit, les veilles prolongées, les excès vénériens aussi bien que la continence, une lactation prolongée faite par une fenune débile, toutes les causes en un mot qui épuisent, excitent, ébranlent vivement les système neneux, peuventdéterniiner la gastralgie. Voilà jwurquoi sans doute cette affection atteint plus souvent les habitants des grandes vHlcs et ceux qui vivent dans l'aisance et la mollesse. I^s causes précédentes, unies au défaut d'exercice, expliquent la fréquence dos névroses dos voies digestives chez les foinmos et chez les hommes de cabinet. La gastralsie survient fré(iuemment dans le cours ou à la suite de plusieurs maladies : ainsi on l'a obsenéc assez souvent chez les individus guéris du choléra, et elle se montre quelquefois assez rebelle chez eux. Elle iv'^v. \ias» \^w dans la convalescence des gastrites et des gaslro-cuVévVl<!S i\\ù WiV u^cvisjîxvi >»afc

T, ri, — 6* ÙDiT, ^

t>26 i)BS NÊTROSKS.

longue abstinence. La gastralgie est un accident qui vient songent compUqoer 11i«slérie et surtout l'hypochondrie. Mais de toutes les maladies connues H n'en est aucune qui provo(fne aussi souvent que la chlorose le développement des nérroses de rcstomac. Tout ce qu'on a tUt sur Tinfluence qu'exerce sur la production de ces maladies te vice rhumatismal ou la suppression de»hémorrhagies constitnCioaiieUes et des exutoires, etc. , est loin d'être encore démontré.

Traitement — Lorscfu'on est appelé près d*on individu qui a un violent acc("S de gastralgie , on devra adopter la règle de conduite que nous avons prescrite en traitant précédemment des coliques hépatique et néphrétique, c'est-à-dire qu'il faudra, comme dans ces dcmières, engourdir la douleur par Tadminislration de Topium. Kn raison des envies de vomir et souvent même des vomissements que les nial^ldes é|irouvent, surtout lorsqu'ils ingèrent quelques boissons, il sera le phis souvent préférable d'introduire le médicament en lavement. Ainsi, suivant le plus ou moins de violeuce des douleurs, on injectera dans le rectum de 8 à 15 gouttes d^ laudanum de Sydenham dans 100 à 120 grammes de véhicule. Si au bout de \ingt minutes il n'y avait aucuA soulagement, si surtout les douleurs étaient exaspérées, on donnerait une nouvelle dose, et l'on pourrait même au besoin la renouveler encore sMl n'existait aucun symptôme de narcotisme. Nous n'hésiterions pas aussi, en pareil cas, à conseiller les inspirations d'éthcr ou de chloroforme. Ce dernier, appli(|ué sur la région souiïrante, soulage fréquemment ; cependant, en gé* néral, les emhrocdtions calmantes qu'on fait sur l-épigastrc n'ont guère d'utilité ; il n'en est pas de môtne des ap))lications de linges très chauds, qui ont souvent pour effet de calmer aussitôt, de faire presque avorter les douleurs excessives ; des cataplasmes sinapisés atix extrémités inférieures nous ont quelquefois aussi paru faire ime utile répulsion. Dans une pareille position il ne faut pas donner beaucoup à boire auX malades^ mais on ne doit pas non plus les priver tout à fait de Iwisson. £a tisane qui nous a paru être le mieux suppoiiée dans ces cas est une légère infusion de tilleul ou de feuilles d'oranger, piise en petite quantité et à la température de Tapparlement Lorsque, nonobstant ces moyens, les crises se prolongent ou se répètent à de c/)Uils intervalles, Il faut plonger les malades dans un bain tiède et les y laisser lephis h>n^emps possible. Si Ton n'eti obtenait aucun avantage, on ne de>rait pas lK'*siter k appliquer à l'épigastre un vésic^toire qu'on pourrait, suivant les effets obteiras immédiatement, rendrt» \t>lant, ou panser pendant quelques jours avec du chlorhydate de moi*pliine.

Je n'ai pas parlé des émissions sanguines : ce n'est pas |ionrtant que je les proscrive tout 11 fait; mais je crois, avec la plupart des auteurs, que leur emploi etf fpès restreint, et <[u'on ne doit y recourir que chez les individus forts, re|>lets, trè» sanguins, et lorsque le pouls est ample et dur. En |)areil cas, en effet, une saignée générale peut être utile. Ou a vu également des sangsues à l'épigastre calmerpromptement les douleui-s gasti*algiqucs, effet que Barras explique plntôt par la révubm que les piqûres déterminent sur la pc»au que par une déplétion des vaisseaux. Ka somme, il faut être très sobre de saignées dans le traitement des gastralgies, et nN rrconrir que lors(|u'il y a indication positive ; car l'affaiblissement qui suit leur i»mploi aggrave souvent les névroses existantes, et peut même les développer de toutes i)ièces.

Le traitement des gastralgies à marche chronique offre quelques difficultés :il nr aurait être le même chez tous les malades )ii à toutes les époques de la maladie: nous ne pouvons |)ar conséquent adopter |X)ur tous les cas ni la thérapeutique de Pomme, qui précoiûsait d^uuc inuiV^^ vro^ ^d»s\s^ U» adoucissants, ni celle dr

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W4iylL, qui recoiuuiaudait tes toniques. Nous croyons ptus con\euable, du luoiiis dans le climat où nous vivons, d'imiter la conduite de Lorry, de Tissot, de Réveillon et dA Barras, c'^-à-dirc de combiner les deux méthodes et de les varier suivant les indications. Il faut eu outre ne |>as ignorer, ainsi (|ue Com[>aretti Ta tit^s bien expliqué, qu'il n'y a rien de plus inconstant que l'action des remèdes dans Je traitement des néirfoses de l'estomac; ainsi la médication qui réussit chez un luilade échoue ou est même nuisible clwi un autre ; le même indi\idu se trouve taniôcbîeu, tantôt mal du même remède ; d'où Com|)aretti conclut, et cela a\ec raison, qu'il ne faut, dans le traitement di^ gastralgies, et généralement des autres névroses de l'estomac, prescrire que fort peu do. remèdes, et insister avant tout sur le régime. Dans les gastralgies chroni(|ues très douloureuses, lorscjue l'estomac est i^urexcité, lorsque les (jersonnes sont ti*ès irritabics, Tindicatiou est de calmer sans ^affaiblir ; ou y |>ar%ient par un régime doux et par Tusage de l'opium. Ce médicament sera introduit dans restumac, en pilules, à la dose do 2, 5, 10 centigrammes et plus, en une ou plusieurs fois dans la journée. Non-seolement 1 opium calme les douleurs quand elles existent, mais il en provient encore le retour. Pris peu d'heures, quelifuefois même |)eu d'instants après le i*e|)as, il fait que l'estomac, qui rejetait auparavant tous les aliments, les tolère mieux ou les digère même complètement L'opium qui, dans tous les cas, peut avantageusement être remplacé par un solde moq>hine, devra même être donné lorsque l'accès gastralgique se déclare pendant que la digestion s'opère ; il est assez ordinaire de voir alors les aliments être conservés et la douleur se calmer avec assez de promptitude. Sous tous ces rapports, Topium et ses composés sont bien préférables au sous-nitrate de bisraulb, qu'on a beaucoup trop préconisé, suivant nous, dans le traitement des névroses de l'eçloniac.

Il est encfN'e un médicament auquel on a attribué une grande efficacité dans les cas de gastralgie : je veux parler de la strychnine et surtout de la noix vomique. Linné, Hufeland, et surtout Schmidtmann, ont beaucoup préœnisé œlle-ci ; ce dernier regarde même ce remède comme le principal moyen curatif contiela cardialgie. Il le doime en poudre avec du sucre, à la dose de 1 (> centigrammes, ré|)étéç cinq fois dans les vingt-quatre heures. (l'est un mode de traitement qui, n'ayant pas eucora reçu la sanction de rexpérience, en France du moins, ne devra être employé (|ue dans les cas rebelles, et lorsque tous les autres moyens auront été essayés sans succès. Nous en dii-ons, à plus forte raison, autant du nitrate d'argent employé dans les unéines circonstances, comme sédatif, par Johnson en Angleterre et Ruef en AUemagne, ii la dose de 1 à 5 centigrammes par jour.

On se gardera bien dv. mettre les malades à la diète, dans les cas dont nous parlons; car en agissant ainsi on augmenterait infailliblement la susceptilité de l'estomac : ou ne le fera (|ue contraint, et lorsque cet orgine rejette indistinctement toutes les substances alimentaires. S'il en était ainsi on s'efforcerait de modifier l'exaltation de sensibihté du ventricule |)ar l'usage de l'opium, du sous-nitrate de bismuth, des boissons douces, glacées, administrées par cuillerées, ainsi que par l'emploi dos bains tièdos. On ap[)liquera en outre, sur l'épigastre, des cataplasmes éiiiollients et anodins, ou un om|)Utre calmant (de thériaque, par exemple). Si le mal se prolonge, on mettra sur cette partie un vésiciitoire vl môme un ou plusieurs luoxas.

Ces accès gastralgiquos, que la présence des aliments excite parfois, peuvent tenir à un vice dans la quantité ou les qualités du suc gastrique. Quand on le soui>çonne, on doit administrer 1 gramme de pepsine au commenceiueal dxi T^\ka» vs^c «so^ w»\%

f»28 DiiS NÉVKObtS.

«ulditioii ilcsiilfaU' de iDorpliine (l ou 2 centigraïuiiK's) ; on >oil parfois l'eslomac ]M)iivoir Mipijorter aussitôt saut» souffrance une alimen la (ion copieuse.

Il est des phéuoûiènes qui , précédani ou accompagnant la digestion, doivent être recherchés avec soin, car ils peuvent devenir la source de quelque iodicatioii pi*écise. Tel est notamment le sentiment de hnllure et d'aigreur que beaucoup dr malades accusent. Cela dépend-il d*une surabondance du suc gastrique ou d*unr acidité plus grande de ce fluide? On l'ignore; mais, quoiqu'il en soit, on en triomplic Je plus souvent facilement en donnant au malade quelques prises de magnésie, ou mieux l'eau naturelle de Vichy cjui est bue |)çndant les repas.

Aussitôt que l'estomac pourra snpimrter ([iielque aliment, on choisira les |>lu> doux, comme le l)ouîllon d(> ]K)ulet, puis successivement le bouillon ordinaire. h.»s potages de fécule, les gelées de viande et do fruits, enliu i(»s v iandes bla^iches. 1^ quantité des alimi^its sera proportionnée au plus ou moins de facilité de> digestions.

dépendant il arrive une époipie où a's subslanas cessent d'être digérées; il > ,i même des gastralgiques (pii ne peuvent les tolérer à aucune des pliases de leur affection. Dans ces cas, il faut se hâter, connue le conseille Johnson, de changer peu à peu la nature de l'alimentation : ainsi on associ(*ra d'abord aux adoucissantN quelques toniques, cofnme une préparation ferrugineuse ou un peu de vin généreux ; les viandes blanches seront peu à {)eu remplacées |)ar du mouton ou dn bœuf rôti, par des légumes au jus, etc. On donnera aussi, quelque temps avant le repas, l'extrait de glands de chêne torréfiés, uue petite tasse d'infusion anière. connue chicorée, petite centaurée, rhubarbe, gentiane, columbo, quinquina. i|uas8ia amara, etc.

Il faut savoir, dans le traitement des gastralgies, qu'il est des malades qu'où fait bien ou mal digérer en changeant seulement la tem|)érature de leurs alimentSw C*est ainsi qu'il en est qui guérissent rapidement en buvant à la glace et en mangeant froids tous les aliments, tandis que d'autres ne peuvent digérer (|ue les aliment> et boissons reudus plus chauds (pie de coutume; la plupart |)ourtant se lit)uvent bien de boire et de manger à la température ordinaire. Barius, qui a insista sur ces faits, ajoute qu'il faut prendre encore en considération les goûts et jusqu'aux caprices des malades, à moins que leur avidité ne les ()orte sur des objeb^ évidemment nuisibles.

U faut éviter que les malades ne l)oiveut trop; les boissons acides sont coininunénlbnt mal sup])ortées; le tlié, le café, c*t en général tous les excitants diffusibles sont nuisibles. On préférera les vins vieux de Bordeaux ou de Bourgogne coupés avec de leau ordinaire, ou s'il (mi est besoin avec une eau alcaline (Bussang ou Vichy).

Il est presque inutile de rappeler que, loi-scju'il y a compUcation de chloitisr. que la gastralgie soit cause ou effet de celle-ci , il faut i^rescrire les préparatioic> ferrugineuses en suivant lc*s indications que nous avons tracées dans le tome 1": il aiTive alors fréquemment qu'en reconstituant le sang, on remédie eu iiM>iiie teul|^ aux accidents dont l'estomac était le siège.

Les frictions sèches sur la surface du coi*|)s, le massage, les baius frais de rivièn'. ou mieux encore les bains de mer, les douches froides, la sudation à l'étuve sècbi*, suivie d'une douche en pluie froide sur tout le corj)s, sont tout autant de inoveii> 4|ui |x>un'out être tentés à cette époque de la maladie. On conseillera aussi avec utilité l'usage de quelques eaux minérales, prises sur place, telles que celles d'Knr*. de Plombières, de >éris, de Vichy, de Saint-Sauveur, etc.

Il faiil, |)oiir çouiplétcr le traitemenl, plaror Jos malados dans ks nioilleiins ri>iiditioiis hygiéniques possibles; aiusi ils seronl clans un Imui air, ils l'oront \\\\ pxerciœ modéré, et loii éloignera d'en\ toulo espèce de i>i'éoccu{)ation sur leurs affaires ou leur santé. On combattra la constipation ))ar des lavements simples ou légèrement laxatifs; mais on devra s'abstenir dos évacuants pris par la boudHs même dans les cas où des symptômes d'embairas gastrique ou intestinal sembleraient m réclamer remploi. Barras est d'accord sur ce |X)inl a\ec Com])aretti «a .lohnson ; il veut que, lorsque cette complication sin*\ionl, on soumette les malades à l'abstinence; si l'on était contraint de recourir aux purgatifs^ on choisirait de préférence, ainsi que le veut Comparetti, Thifusion à froid de rhid)arlH*. (V(»y. plus bas, cx>mme complément, l'arliele Dyspepsie,}

J)K i/.E.NTÉBALr.lE, OU COI.IOUE NEBYEUSE.

L'entéraigie est pour l'intestin ce que la gastralgie est pour l'estomac. Ces deux affections sont souvent réimies chez le même individu , mais elles peuvent aussi se rencontrer isolément.

Symptômes, marche, — L'entéraigie survient en général d'une manière assez lunisque. Les malades accusent une douleur vive, dilacérante, qui siirradie dans tout le ventre, mais qui retentit surtout à la région ombilicale; la pression la calme souvent, mais parfois aussi elle ne la modifie pohit; quelquefois même elle Texas-* père. Les souffrances peuvent être presque aussi atroces que celles de la gastralgie. Pendant l'accès, le malade reste tantôt immobile , redoutant le moindre déplacement ; tantôt, au contraire, il se roule en poussant dos cris. Les traits sont plusQU moins altérés, les extrémités sont froides, la peau est cx)uverte de sueur; il y a quelquefois des hpothymies et xlcs syncopes; cependant cela a lieu rarement. Les troubles sympathiques sont d'ailleurs moins nombieux et moins intenses dans cette névralgie que dans Ja pi^cédente. Dans Tentéralgie, aussi bien que dans la gastralgie, le pouls reste naturel, même pendant les crises. La névrose dont noas parlons ayant souvent pour effet de déterminer dans l'intestin une exhalation consi* dérable de gaz, on voit pendant les crises l'abdomen si^ développer, et rendre à la |)crcussion un son tvmpanique ; il > a des borborygmcs, un sentiment incommode de plénitude; l'évacuation des ga% parle rectum est toujours suivie d'im grand soulagement. Ces accès, par leur durée comme |)ar leur retour, ne diffèrent |)aw sensiblement de ceux de la gastralgie.

L'entéraigie peut, comme la névialgie d<* l'estomac , exister sous forme chronique, et persister alors des années entières avec des rémissions plus ou moins longues et plus ou moins complètes. I^es malades dont je parle éprouvent dans le ventre un état de malaise habituel, des gonflements ou des sensatioas analogues à celk*s que les gastralgiqiies ressentent. Il existe ordinairement une constipation opiniâtre; parfois pourtant il survient un peu de diarrhée. Dans un C|is que j'ai obsené chez ime personne de ma famille, la névralgie semblait occuper spécialement le gros intestin, le rectum surtout; il y avait alors après chaque crise une excrétion assez alxindante d'une matière blanche ou jaunâtre, albumino-fibrineuse, ressemblant quelquefois, ])our la forme et la couleur, à du gros vermicelle. Cette sécrétion anormale, qui fit craindre l'existence d'une lésion organique, a eu lieu un grand nombre de fois; elle a cessé pendant les dix dernières années de la vie, (fuoique la personne , qui fut enlevée par le choléra , a\V wivVvtvwv v^ v\>\w\\«ç ^v^ tem}>seD tnmjïsâos acres dVnf^ralgio.

Les douleurs sont surtout provoquées par les émotions de Tàme, et plus encore peut-être par le travail de la digestion, par l'ingestion d'aliments indigestes, lescpiels ont pour résultat assez ordinaire le dégagement d*nne grande qoantité de gaz.

I/enléralgie ne prédispose manifestement les individus qui en sont atteints à .lucnne lésion oi*ganique des intestins ; elle n*altère pas notablement la niitritioo, et provoque bien moios l'hypochondrie que ne le fait la gastralgie.

Diagnostic, — L'absence de fièvre, des douleurs de ventre que la pression n'exaspère pas, distingueront tout d'abord la colique nerveuse d'avec la péritonite et l'entérite. I^ siège différent de la douleur, et l'absence de symptômes ga&tri- <iues, établissent aussi une ligne de démarcation entre la gastralgie et Tentéralgie. On ne prendra pas celle-ci pour un iléus; car, dans cette affection, nous verrons qu*il existe une constipation opiniâtre, des vomissements, qui, après avoir été alimentaires et bilieux, deviennent stercoraux ; de pins, le pouls s'accélère, le ventre Ae ballonne, et les accidents, au lieu d'offrir des r(>missions ou de rintermlttenci* comme dans l'entéralgie, vont, an contraire, en s'exaspérant toujours.

L'entéralgie se distinguera aisément aussi des coliques bépatiquc et néphrétique ; car, dans la première, la douleur siège surtout li l'hypochondre droit et à l'épigtMtre ; il y a des nausées, des vomissements bilieux et une teinte ictérique. Dans la colique néphrétique, la douleur siège dans les lombes; elle s'accompagne souvent de rétraction dans un des testicules, de vomissements et de quelque altération dans la sécrétion et l'excrétion urinaires. Enfin, dans aucune de c^ affections, oo ne voit se déclarer de tympanite abdominale.

Pronostic, — Le pronostic de l'entéralgie est im peu moins fâcheux que celui de la gastralgie.

Étiologie, — La névralgie des intestins ne reconnaît aucune cause spéciale; elle se dévelopi)c communément sous les mêmes influences que la gastralgie.

IVaitenient, — Le traitement de l'entéralgie ne diffère pasl)eaucoup de celui que notis avons exposé en traitant des névralgies de l'estomac ; comme pour ces dernières, on insisterait pendant les crises sur l'usage de l'opium ou de la morphine. Ces remèdes seront ici surtout donnés en lavement ; on y joindra les onctions et les applications nat*cotiques sur l'abdomen On pent encore en pareil cas engourdir rapidement la douleur, en recouvrant le ventre d'une compresse imbibée de chloroforme. l;ne révulsion promptement faite sur cette partie avec un sinapisme ou avec quelques ventouses sL'clu's, enlève parfois aussi les douleurs d'une manière presque subite. Dans l'intervalle des crises et même lorsque celles-ci se prolongent, les malades seront mis dans un l)ain tiède.

Si l'entéralgie est sujette h de fréquentes récidives, on soumettra le malade à un régime sévère, on exclura tous les excitants diffusibics, ainsi que les alimeots indigestes et grossiers, cetix qui profluiseni une grande quantité de gaz, I^ liberté du ventre sera entretenue à Takle de lavements simples, on n'aura recours aux purgatifs que très rarement et lorsque l'indication de leur emploi sera très évidente. Le ventre sera pmtégé contre les variations de température avec tine flanelle ou une jXîali de lièvre; la surface du corps sei a excitée par le massage, par les frictions sèches, iwr quelques Mm sulfureux. On devra enlin, soit |wur le régime, soit même pour l'administration des remèdes, se conduire d'apr{»s les règles que nous avons précédemment tracées en traitant de la gastralgie.

DE h\ NÊVRÀtOlE VÉSICO-ANALE, (>3t

DK L'HÈPATALGIK ET DE LA NftPRRALOÎF.

Beaucoup d*auteurs^ décrivent une uévi^gie du foie [hépntaitjia) el^uïio-jiémtiqii des reins (néphralgie). La pronùére, qui siège daœ le '. plexus l)é|)atiqtie, nerait caractérisée-parune douleur lancinante dans rbypochondre droit, s*inradjant dans le dos, les épaules et le ventre; assez vive pourarradior des cris et forcer* les mahidêti à se tordre et à se rouler par terre , elle peut s'acx^oinpagnerde< Vomissements aqueux ou glaireux, d'un sentiment d'oppression et d'une anxiété des plus grandcis. 'Ou retrouve ici, en un mot, les principaux caractères de la colique : hépatique produito par la présence ou par le déplacement d'un calcul. L'hépatalgic ne se distingiM guère de celle-ci que par l'absence des vomissements bilieux et de Tictèro. Mais ces caractères négatifs sont-ils réels? Il est impossible de rien affirmer à cet égard; voilà pourquoi beaucoup de médecins révoquent, à tort saiis doute, «l'existenée de cette névralgie. Poumons, nous croyons à son existence; carob ne voit i)as-pourquoi les nérfe du foie ne se névralgiraient pas, tandis que ceux de l'estomacH^t d<^ intestins, provenant des mômes sources, seraient si souvent le siège do douleurs vives. Ajoutons qu'ayant examiné les voies biliaires d'iudividusqui, quelques se» roaines ou quelques mois auparavant, avaient éprouvé un accès ressemblant à ceujc de la colique hépatique, on n'a souvent trouvé de calcul ni dans le Vésicule ni dans les conduits ; ceui->ci ne présentaient de dilatation dans aucun point de leur étendue, de sorte qu'il était infiniment probable qu'aucune concrétion ne lesuvait traversés depuis peu.

Ce que nous venons d'exposer des névralgies du foie peut s'appliquer h ce qu'on a dit des névralgies du rein ; mais ici les incertitudes sont encore plus grandes que pour la première, et, pour admettre l'existence d'une névralgio, il faut bien plus invoquer l'analogie que les faits cliniques, qui jusqu'à ce jour, out fait défaut.

D'ailleurs il importe peu, |>our le traitement de l'accu lui'-méine, que ee soU iHic névralgie essentielle ou des douleurs produites par l'arrêt H'un'r^lcu] ; eardam les deux cas Tindication est d'administrer l'opium jusqu'à soulagement. Ce ne serait que pour le traitement ultérieur qu'il pourrait être avantageux de connaîtra exactement les ciiuses de la maladie. C'est là, comme on le voit, \m Hijot d'étndes à poursuivre.

DE î;A NftMlAT(.TK VfiSICO^ANALE.

On a décrit depuis quelques années une névralgie fort incommode, fcirt doidou^ rense, souvent très opiniâtre, que les uns ont localisée dans tejs net*fs de la i*égion anale, que d'autres ont fait siéger primith'enient dans les nerfs qui'6'irradientsnr le col vésicaL (;e|>endant, comme tontes ces parties sont presque toujours simultanémont ou successivement atteintes, on peut confondre leurs souffrances dans une description commune.

ÏA névralgieanale,signaléeâepuis1ongtemps parle professeur Roux, et surlaquelle M. Campaignac a publié les premièrt^s cibsenations dans le Journal hébdonîHdmtP de 1850, a été plus récenmicnt étudiée avec soin par M. Velpeau dans le Diction^ noire de inédpfyme ; c'est à la descrrpltion de ce savant professeur que nous allons eniprunter la plupart des détaib qui vont suivre.

licphis souvent sans cause appréciable, la région anale devient le siège de dotilenrs lancinantes qui semblent assez superficiellcir, et qui tantûtsoalc^^vVwiss&^TcvÀ'^ av«c ^des «lacerfoations, et twlôt reviennent sous forme A*wc*» «feç«^ \» ^^

632 I>BS NÉYBCSES.

iiilervalles plus ou moins Ioiirs. Chez quelques personnes Tanus semble se contracter avec force par moments, et se relâcher bientôt après; dans d'autres cas, il s*entr*ouvre au contraire, de manière à provoquer des garderobes involontaires. £n examinant les parties souffrantes, on n'y trouve ni rougeur, ni dureté, ni Gssnre, ni aucune solution de continuité qui puisse expliquer les douleurs des malades. Cependant, bientôt celles-ci se propageant à II vessie, il survient des besoins pressants d'uriner; le jet de Turine s'arrOte parfois brusquement; il y a enfm la plupart des signes rationnels des calculs vésicaux : c'est à tel point qu'on a plusieurs fois pratiqué sur ces malades la lithotomie ; jM. Velpeau a été témoin trois fois d'une jiareille mépiîse. Si Ton sonde ces individus, ce n'est ordinairement qu'avec des .jiouffrances vives, qui disparaissent néanmoins aussitôt que l'instrument a pénétri^ dans la Vessie. Les urines sont presque toujours limpides; on les a vues parfois troubles et glaireuses.

La durée de cette affection peut être fort longue.

L'art, d'après M. Velpeau, aurait fort peu d'empire sur elle : c'est prt^sque on vain qu'on a employé les bains, les narcotiques, les antispasmodiques; peut- être pourrail-on espérer de meilleurs résultats de l'application des vésicatoires sur les régions sacrée et périnéale. Ou a aussi proposé comme moyen curatif d'introduin* fréquemment la soude dans l'urèthre : quelques faits déposent en faveur de ce moyen, qui n'a aucun inconvénient Quoi qu'il en soit, tout le monde a remarqué que les malad^ qui avaient été taillés par suite de Terreur à laquelle la névralgie avait donné lieu ont tous guéri sans accidents, et ont même été débarrassés de leurs douleurs neneuses.

DE LA NÉVRALC.JE DE h\ VUÎ.VE.

I^ vulve est quelquefois le siège de douleurs vives, cuisantes, lancinantes, s'irradiant parfois au loin, s'exaspérant au moindre attouchement des parties , rendant non-seulement impossibles tout rapprochement sexuel, et même Tintroduction du doigt, d'une sonde, et jusqu'à la marche. Rien pourtant dans l'aspect des parties n'explique ces souffrances ; quelquefois pourtant la muqueuse est un |k*u rouge, excoriée et baignée par une exsudation blanchâtre.

On peut rapprocher de la névralgie de la vulve une autre souffrance de cette région, caractérisée par un prurit des plus })énibles qui excite les femmes à se gratter, à s'écorcher, qui devient parfois la cause, l'origine de Iranteuses habitudi*s et de la nympliomanie.

Le prurit des parties sexuelles est parfois symptomatique d'une éruption eczémateuse de ces parties, ou de la présence d'oxyures venniculaires échappés du rectum et logés dans les replis du vagin. Mais souvent aussi l'examen le plus attentif ne révèle rien de morbide. On comprend que l'exploration des parties est indispensable dans toutes ces souffrances des parties sexuelles pour en bien fixer la nature et le siège.

Traitement, — La névralgie résiste-t-elle aux bains, aux opiacés, aux antispasmodiques M. >elpeau veut qu'on introduise doucement dans le vagin, deux fois par jour, des mèches enduites d'un corps gras ou de cérat opiacé. On y associe des lotions et des injections narcotiques et émollientes, puis détersives, et enfin det lotions avec une eau plus ou moins saturée de bi-carbonate de soude, ou avec ime solution légère de sublimé. Si la sensibilité persistait nonobstant cjes moyens, on toucherait les parties avec un crayon de nitrate d'argent. Ce dernier est non moiai 'Hile œntre le prurit eswnhel deU\v\\\«;ç«.^j«i\d3iiiv^\ï\u'v aurait recours qn*aprf»

Dfi l'hystérau;ie 633

avoir essayé on vaîa les pommades au calomel, aa précipité blanc, auxquelles il est parfois utile d'associer une petite quantité de camphre.

DE L*HYSTÊRAL(iIK.

L'utérus, sans que sou tfesu ni celui de ses annexes présentent aucune altération de texture appréciable, peut MM le siège de douleurs vives, lancinantes, exacerbantes, s'irradiant plus ou moins loin, et ayant, par leur caractère et leur marche, la plan grande analogie où plutôt une complète identité avec les névralgies. Chez les femmes dont nous parlons, les élancements augmentent par la station et par la marche; celle-ci peut même devenir tout à fait impossible : le coït est excessive-^ ment douloureux ; les efforts pour excréter l'urine et les matières fécales réveillent parfois les crises. Tous les genres d'exploration auxquels on soumet la femme sont souvent intolérables : ainsi l'application du spéculum est ordinairement douloureuse ; il en est de même du toucher vaginal, surtout si Ton cherche à imprimer quelques mouvements à l'utéras pour juger de sa consistance et de son volume. Quoi qu'il en soit, cet organe, comme nous l'avons dit, ne présente ni à l'œil ni au doigt aucune lésion appréciable, et souvent même il n'existe pas de leucorrhée. ÏA» douleurs dont nous parlons sont intermittentes ou rémittentes ; elles sont quelquefois limitées dans la profondeur du bassin : cependant le plus souvent (et il en est même presque toujours ainsi jwur peu que la maladje se prolonge) les douleurs s*irradient au loin, dans les aines, les lombies et les membres ; elles s'accompagnent souvent de gonflement du ventre, de spasmes, d'étouiïement, d'anxiété prérx>rdiale, de palpitations, c'est-à-dire de cette série d'accidents qu'on nomme vulgairement vapeurs^ spasmes, et qui caractérisent une des formes de l'hystérie. Ajoutons que les femmes qui éprouv(*nt ces souffrances sont agacées, irritées, d'une impressionnabiiité excessive; leurs digestions sont souvent lenties et pénibles ; il y a de la dyspepsie, des crampes d'cstocnac, ce qui lient à l'état nerveux qui maîtrise et bouleverse tout l'organisme, ainsi qu'aux préoccupations des malades et au défaut plus ou moins complet d'exercice. La menstruation est plus ou moins troublée;. Ips règles, en effet, sont en général peu abondantes Jrrégulières dans leurs retours; leur approche est presque toujours marquée par un redoublement dans les crises. I.,os douleurs continuent, et parfois même elles sont très vives pendant toute la durée de l'époque, tandis que dans quelques cas, au contraire, les malades sont soulagées et éprouvent momentanément un état de bien-être.

L'hystéraigie, comme toutes les maladies nerveuses, et plus peut-être qu'aucune de relies que nous avons déjà étudiâtes, est irrégulière dans sa marche, dans ses retours ; elle résiste avec une désespérante opiniâtreté , et, une fois guérie, elle récidive avec une facilité extrême.

Cette maladie est à peu prèsexclmâve aux femmes neneuses, impressionnables, aux: hystériques ; elle atteint celles dont la menstruation est pénible, accompagnée chaque fois de douleurs vives. Tout ce qui peut surexciter le syj?tème nerveux et • les organes utérins doit être consid éré comme des causes actives d'hystéralgie : telf; sont les veilles, les émotions moi:alr*s, un régime trop stimulant, l'abus du coft, im«3 vie oisive, sensuelle.

Traitement, — Si la femme est forte, pléthorique, il faut commencer par lui iNivrir la veine du bras. Dans tous h?s cas, on prescrira le repos, la position horilontale, les bains tièdes ou frais très*, prolongés, les injections narcotiques dans le tigîn, avec une décoction de pavot, 4le belladone, de ^usqjiâiiiie^ ^^ ^ks»!ca^vqk^\ on donnera 9imi avec avântaffp den quarts de lavemml opirJ^. KW^ferwroc ^^

ù^k DES MÊVROSES. .

prescrira également les narcotiques et la série de moyeiis usités contre les névraU gies; mais il faut, avant tout, insister sttr le régime : ainsi les malades useront d'une nourriture douce, on entretiendra la liberté du ventre ; les fonctions do la peau seront excitées par dos frictions sèches, par Tiisage de la flanelle ; les fenimf\ vivront dans un air salubre, on leur fera faire Texercice qu'elles pourront supporter sans éveiller de vives douleurs. Lorsque la maladie résiste, on essaiera, mais avec prudence, d'appliquer sur les parois du bassin quelques révulsifs, surtout de petite vésîcatoires, cpi'on pourra pauser, si besoin est, avec un «el de morphine. Enfin, dans la saison convenable, on enverra les malades à quelque source d'eaux thermaies : les eaux d'F4n)s, de ^N'éris, d'Ussat, de Saint-Sauveur, de Bagnères^e^ Bigorre, de Baden-Baden, etc. , pourront convenir.

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