Î)E LA PARALYSIE IDIOPATHIQUE
On entend ^r paralysie la perte absolue ou une diminution notable du sentiment ou du mouvement. La paralysie du sentiment a reçu le nom d'anesthésie.
I^ paralysie peut être complète ou incomplète, générale on partielle ; si elle occape une moitié du corps, on lui donne le nom à' hémiplégie, et celui de paraplégie lorsque les extrémités inférieures sont simultanément affectées ; enfin la paralysie
(1) On a parlé depuii quelques années en Allemagne (rtin tremblement particulier des doigts de la main droile, ne survenant que lorsque les individus écrivent Le premier cas de ce genre ■ été cité par le docteur Gierf} upiès lui le docteur Ëilner en a fait mention; plus tard le ëoeteur BeyfiHder en a publié deux autres exemples ; Albert (de Berlin), Ed. deJSiebold, les docieurt Pardrgg et Riecb, vu ont recueilli aussi plusieurs autres observutioos.
Cette affection consiNle en ce que le malade, à cbaquc tentati\e pour écrire, est pris d*un tremblement des doigts qui tiennent la plume: aucune autre occupation ne provoque cet effet. Dans le cas décrit par Ht^yTelder, le malade pouvait tailler sa plume, la tenir longtemi» entre les doigts coinmt.' pour écrire ; il pouvait se lever, se raser ei jouer du piano sMis être pris de ceUe •llection ; mais ù peine touchait-il le frapicr avec la plume, et commençait-il à écrire* que le tremblement se déclarait et devenait parfois si fort, qu'il lui élait impossible de tracer quelques lignes lisbles. Aussitôt qu'il .cessait d'écrire, le tremblement dispai:ais.sait. Souvent les malades o*éprouvent aucune sensation désagréable ou douloureuse dans les parties affectées de trembler ment. Cependant quelquefois le contraire existe.
Cette affection paraît ne se développer que lentement. Elle n^ été observée jusqu'à présent que diez des hommes; tous a\ajentplas de trente ans, à PexcepUon du malade de Ifeyfekler, qui n'avait que sept uns.
Les spiritueux, les affections de VXme, les peilcs séminales, semblent augmenter \ç tremblement On n'a jamuts pu rapporter ce symptôme ù aucune maladie déterminée: aussi les auteurs root- ils rapproché de la chorée.
Jusqu'à présent la maladie a résisté à tous les niovens. Quelques malades seulement sont par- Tenus à écrire d'une manière passable, l'un en entourant les plumes d'un grand morceau de lîégo, pour les rendre plus volumineuses, un autre en fixant la ipluvic f^ut Ve% ^c^i^^V'i^^ d'anseaux nétalligues, etc. .^'olr i/e/foldcr, dans /iiude» médicales. SVv^W^^xV^ \^'&^.^
MO DES StTIOSCS.
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La poraKsîe qni occupe ira membre atteint le plus son? ent tooi ks nrasdcs âh dBtiiictemeot;qiielqiiefott€epeiidairi raffectÎQO M
i on neol ordre de rnooTements : c'est ce qoe noosaroos noté, parexêniple, poorls pardyses ntomines. dans lesquelles les eitenseors des poignets et des mains soit spécialement et même eidusif ement affectés. La paralysie du sentiment, lorsqu^dk eiiste seule sans lésion de b motilité, ce qui d'ailleurs est fort rare, occupe anssî une étendue plus oo moins considérable de la peau ; quelquefois elle est dissémioée, c*cst-Mire qu*oo découTre alors de distance en distance des portions plus ou moÎK étendues de tégument où la sensibilité est diminuée ou abolie. Elle peut affecter également les membranes muqueuses accessibles à nos moyens- d*investigatioa. I/Mtque celles-ci sont douées de sensibilité spéciale, comme le sont la pituitaire et h muqueuse qui recouvre la langue, on voit h paralysie atteindre isolément ou simultanément la sensibilité spéciale ou Ja sensibilité tactile. Quant à celle-ci, il y a uue distinction importante \ faire. Il est des malades, en eiïet, qui, piqués ou déchirés, ne sentent ni la douleur ni le contact des instruments : cet état caractérise Vanesthé- $ie ; mais il en est d'autres qui, tout à fait insensibles à la douleur, sentent néanmoins le cnnlact du corps avec lequel on les blcssse. Cette paralysie du sentiment de b douleur, fort bien décrite dans ces derniers temps par M. Beau et par ^1. Delacour (l)t a reçu le nom A* analgésie.
La paralysie est, dans Timmense majorité des cas, une affection symptomatique d*iroe altération matérielle sunenue dans les centres neneux. 3L le professeur Cliomel a dit avec raison que la paralysie du mouvement et du sentiment était, de tous les désordres cérébraux, celui qui avait le plus de valeur dans le diagnostic des affections du ceneau et de ses annexes. Ainsi Thémiplégie est un signe à peu près pathoguomoniquc d'une lésion quelconque de rhémisphère cérébral opposé, comme la paraplégie révèle généralement rexLstcnce d*unc maladie de la moelle épinière. On rencontrje pourtant des cas où des paralysies permanentes et plus oa moins étendues uc se rattachent à aucune lésion matérielle appréciable, ni des centres nerveux, ni des cordons qui.cn émanent. Ce sont là des faits caractérisant la paralysie idioitathique ou essentielle, la seule dont il doive iHre question ici, renvoyant pour ce qui concerne la paralysie symptomatiquc quant «i ses causes, ï sa marche, aux accidents qui raccompagnent et à sa valeur diagnostique, aux articles où notis avons traité des phlegmasies, des hémorrhagics, du ramollissement et des productions accidentelles des centres ueneux.
La paralysie idippathique est une véritable névrose, puisqu'elle n*a pas de caractère aoatomique appréciable ni dans les centres, ni dans les cordons nerveux, et que les troubles fonctionnels constituent pour ainsi dire toute la maladie.
Caractères des paralysies essentielles. —• I^s paralysies essentielles peuvent être générales comme dans raiïection que nous décrirons bientôt sous le nom de parolyêie progressive^ ou bien se présenter sous la forme de Thémiplégie ou de h para- )>légie. Obsenons pourtant que Thémiplégie essentielle est extrêmement rare, tandis que la paraplégie existe assez fréquemment sans trouver son explication dans une lésion matérielle appréciable de la moelle; mais, dans la plupart des cas, les paralysies essentielles sont plus ou moins circonscrites : ellos le sont à un organe, comme la vessie, à un memhas et surtout à Tavant-bras ou aux nmscU*s qui sont animés par un nerf : c*est ce qu*on remarque s()écialcmeut à la face.
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Ces paralysies se fortncnt quelquefois progressivement, mais souvent eDes sont rapides, bnisqties daos leur invasion. Elles peuvent persister pendant un temps plus ou moins long en présentant parfois des alternatives en bien et en mal qu*oi| n'observe pas dans les paralysies symptomatiques. Parfois incurables, elles entralr. ncut à leur suite Tatroplue simple ou graisseuse des musdes, et si c'est chez un enfant, on observe alors un arrêt dans le développement des os, et diverses déforr mations consécutives des membres et du rachis. Combien de pieds bots, de difformités des membres et.de gibbosités qui sont la conséquence de ces paralysies ! Le plus souvent pourtant la maladie, après une durée variable, décroît et cesse sans laisser de difformité appréciable ; parfois la paralysie disparaît très rapidement; mais alors elle peut se reproduire de même, changer de place, alterner avec d*an« très accidents neneux : c*est ce qu*on remarque dans les cas où la paralysie est une des expressions de Tétat hystérique.
Causes. — Les paralysies dont nous parlons sont souvent primitives et survien* nent sans cause appréciable. Beaucoup se déclarent dans le cours de certaines affections, spécialement des organes abdominaux. Nous avons déjà, dans le tome I*', parlé de ces paraplégies essentielles que MM. Stanley, Rayer, Leroy d'Étiolles fils, etc. , ont vues se déclarer dans les maladies des reins et de la vc^ie. Nous avon^ dit aussi qu'après certaines dysenteries on avait observé des paralysies bornées à un ou plusieurs membres. Le docteur Graves a vu également des paraplégies survenir dans le cours d'entérites et de phlegmasies graves des oi*ganes abdominaux , et |e docteur Hunt a vu le même phénomène se manifester à la suite d'affections uté-: rines (1). Ces faits trouvent leur explication dans les connexions intimes qui existent entre la moelle et le grand sympathique.
Les excès vénériens, la masturbation surtout ont souvent produit des paraplégies. M. Moutard-Martin a également signalé les hémorrhagies graves, surtout les pertes utérines, comme pouvant amener les même^ effets; c'est ce que j'ai constaté niai* même une fois.
La paraplégie est souvent une manifestation de l'état hystérique. Nous verrons, en traitant plus bas de cette affection, combien l'anesthésie est diose commune. Où voit aussi chez les hystériques des paralysies musculaires plus ou moins étendues occupant parfois les deux membres inférieurs. On pc^rle aussi de paraplégies survenant sous l'influence de l'affection rhumatismale. J'ai vu, il y a vingt ans, un rhumatisme très mobile provoquer une paraplégie qui se déclara subitement, et se dissipa de méuie. On regarde comme étant de nature rhumatismale toutes les paralysies sur\cnues sous rinfluence du froid humide.
Parmi les causes C3ttérieures qui |)euvent détenniner les paralysies essentielles, il n'en est pas de plus efficace que l'action du froid, et surtout du froid humide. C'est ce que nous constaterons bientôt pour la paralysie faciale. Le professeur Graves dit également que la paraplégie idiopatliique, qu'il a si bien décrite, survenait s{)écialement chez les jeunes sujets qui, se livrant beaucoup à h chasse et à la pêche, restent des heures entières les pieds plongés dans l'eau. J'ai vu une paralysie des extenseurs de l'avanl-bras sunenir chez un homme pour avoir plongé le membre dans une eau très froide.
La paralysie essentielle peut se rencontrer à tous les âges ; v\ïe n'est pas très rare dans les deux premières années de la vie. Depuis Underwood, de nombreux exemples ont été rapportés en Angleterre par Scliaw, Badham, Kennedy, West; en
(i) Àrchitfes générale» de médecine^ 2* série, t. XI, p. 200,
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Alleinagne, par Heine; en France, pai' M. Richard de Nancy (1), et par le docteur Rillîet, qui a publié sûr celte aiïection un travail qui résume les recherches laites avant lui par les médecins dont je viens de citer les noms (2). Cette paralysie paraît affecter surtout les enfants qui ont une- dentition laborieuse et qui présentent quelque dérangement des organes digestifs. Plus tard, les mêmes accidents peuvent succéder à la masturbation et aux excès vénériens.
Diagnostic. — Il est des cas où le diagnostic des paralysies essentielles ne présente pas ou presque pas de difficulté ; c'est lorsque la maladie débute brusquement, lorsqu'elle est limitée, lorsqu'elle cesse rapidement et qu'elle ne s'accompagne d'aucun symptôme pouvant faire croire à l'existence d'une méningite, d'une hémorrhagie, d'un ramollissement, d'une production hétérologue des centres nerveux ou d'une altération quelconque d'un nerf.
Le diagnostic, par contre, est difficile lorsque la maladie est compliquée, lorsqu'elle a été précédée ou accompagnée d'accidents cérébraux, comme œntractures, accès d'éclampsie, et lorsque la maladie se prolonge assez |H)ur entraîner une atrophie musculaire. Les difficultés du diagnostic sont, on le c()m|)rend aisément, plus grandes encore dans le jeune âge, à une époque où il est difficile ou à peu près impossible d'analyser les phénomènes cérébraux. Ij^ docteurs AVest, Kennedy et Rilliet 'font observer, en outre, qu'il serait possible, chez les jeunes enfants, de confondre la paralysie d'une des extrémités inférieures avec une affection commençante de la hanche. !\lais si Ton remarque que, dans celle-ci, la maladie débute et marche plus lentement, qu'il existe une tuméfaction à la hanche, que les moavements imptimés à l'articulation sont douloureux, on évitera facilement l'emnir que je signale. Il faut, d'autre part, prendre garde de regarder comme |)araplégif^ues des enfants qui sont seulement retardés, qui ne marchent pas encore à une époque oà ils dcvi'aient se mouvoh* seuls, ou (|ui se fatiguent de suite et ^e laissent tomber après avoir essayé quelques pas. On écartera alors toute idée de paralysie si, ainsi que !^l. Rîlliet le remarque, on constate que les membres ne sont ni atrophiés ni froids, et que les enfants les meuvent sans peine quand ou les place sur un plan horizontal.
Pronostic. — La paralysie essentielle est inconiparablement moins grave qoe celle qui est symptpmatique d'une lésion matérielle. Toutes choses égales d'ailleurs, la pai*alysie qui débute brusquement, celle qui est sujette à des alternatives, qui est irrégulière dans sa marche, office plus de chances de guérison que la même affection qui natt peu à peu, qui suit une marche pi*ogressivcment croissante et qui reste pendant longtemps statio'nnaire. Aussi les paralysies hystériqui^s et rhumatismales sont celles dont le pronostic est le plus favorable. I^esparahsiesqui surviennent sympathiquement sont plus fâcheuses, et leur pronostic est subordonné k la gravité des maladies qui les ont provoquées. Enlin le pronostic devra aussi être subordonné au siège et à l'étendue de la paralysie, ainsi qu'au plus ou moi» de résistance qu'effe oppose au traitement.
Traitement, — Le traitement de la paralysie essentielle offre plusieurs indications k remplir. Si Ja maladie sunient dans le cours des phlegmasies des organes abdominaux, il faut, par une médication con>enable, provoquer la résolution de celles ci. De quelque manière d'ailleurs que la [)aralysie débute, on doit chercher à réveiller Tinnenation. Dans ce but, on fait le long du rachis et sur les membres paralysés des frictions sèches ou irritantes avec di^ liniments ammoniacaux, av«c
(i) ButUtin de cAérapeutique, yiwi^te \^fc». — ^'^ Gaxtut mWfttolt 4z P«ri«, «miée laSL