‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 210 sur 265 · DE LA PABALYSIE DU NERF DE LA (UNQUIÈAIE PAIRE · texte numérisé non relu

DE LA PABALYSIE DU NERF DE LA (UNQUIÈAIE PAIRE

Le uerf trijumeau étant un nerf essentiellement sensitif, à Texception de sa petite racine ou portion non ganglionnaire qui est motrice, il s*ensuit que , dans les affections de ce nerf, la paralysie portera le plus souvent exclusivement sur la sensibilité des parties superficielles et profondes de la face.

Ainsi, supposons une altération de la portion intra-crânienne de la cinquième paire ou du ganglion de Casser, avec intégrité du nerf de la septième paire, on verra la face conserver son aspect, son expression, toute sa mobilité, tandis que sa sensibilité sera diminuée ou entièrement abolie, à tel point qu*on pourra piquer, brûler la peau et les autres parties molles de la face, sans que le .malade en ait la moindre conscience. Les membranes muqueuses voisines présenteront la même insensibilité : ainsi ou pourra promener les barbes d*une plume à la surface de l'œil sans que le malade en soit péniblement impressionné, sans même qu*il le lente. On pourra également piquer , irriter de diverses manières les muqueuses baccale et pituitaire sans qu'il y ait vers ces parties aucun signe de sensibilité. La moitié correspondante de la langue a non-seulement perdu alors sa faculté tactile, mais encore elle n*a plu^ le pouvoir d'apprécier les saveurs dans sesdeux tiers antérieurs, c'est-à-dire dans les points où le nerf lingual se distribue, taudis que la perception des saveurs continue à se faire par la base de la langue qu'anime le g|os8o-phar)'ngien.

Pour peu que l'altération persiste, on voit des troubles graves sunenir dans la nutrition des organes des sens; les fluides qui les- humectent s^altèrent, et diverses lésions consécutives survenant, il en résulte un trouble et même une complète abolition des fonctions s|)éciales qui leur sont dévolues : ainsi la cornée s'épaissit et devient opaque; les membranes de l'œil se ramollissent, s'idcèrenr, et les humeurs contenues finissent par s'échapper au dehors ; les gencives, ainsi qu'on l'a vu chez un malade de M. Serres, se gonflent, se ramoUisseut et se détachent en lambeaux ; la narine se sèche, ce qui, joint à la perte de sa sensibilité tactile, eiplique pourquoi, nonobstant l'intégrité du nerf olfactif, l'odorat se trouve aboli. L'ouïe elle-même |)eut-être diminuée ou éteinte : cependant c'est là im fait assez rare. La perte du sens a donc presque toujours lieu par suite d'une altération de mitrition ou de sécrétion. Si la branche motrice de la cinquième paire était afl'ecT lée, la mâchoire inférieure serait pendante et déviée, à cause de la paralysie des muscles temporal, masséter et ptérygoïdiens.

Il est rare de rencontrer ces diverses altérations réunies chez le même sujet ; le plus souvent, en effet, la |)aralysie porte exclusivement sur la branche motrice ou mr la |)ortion ganglionnaire du nerf, ou seulement sur ime des branches de celle-ci.

Nous ne possédons pas encore de faits suffisants pour apprécier quelle est la marche et quelle est la durée de la paralysie du nerf trifaciaL

On \oit par ce qui précède qu'il ne sera jamais difficile de diagnostiquer une Mralysie provenant d'une lésion de la cinquième paire.

Les causes sont le plus souvent obscures ; mais plus souvent peut-être la paralysie 9Sl symptomatiquc d'une altération du nerf lui-même ou d'une compression de ton tissu par une tumeur enviromiante. L'anesthésie peut être consécutive à une ésion traumatique du nerf. Ch. Bell a rapporté à ce sujet l'histoire remarquable l'un homme qui, s'étant fait arracher une dent molaire, éprouva aussitôt une mesthésie telle de la moitié d'une lèvre que portant un verre à sa bouche il crut IO*il était cassé, ayant cessé de le sentir par un des cotés de la lèvre inférieim?.

Le traitement ne diffère pas de celui cjue nous allons exposer à propos delà paralysie de la septième paire.

Mo DES NÊTKOSES.

DE LA PARALYSIE DU NERF DE LA SIXIÈME PAIRE , OU MOTEUR OCULâlIE

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