‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 245 sur 265 · DES VOMISSEMENTS NERVEUX · texte numérisé non relu

DES VOMISSEMENTS NERVEUX

avancée est loin de sauver loutes les malades ; il en est beaucoup, en effet, qui, épuisées par de fongues souffrances, meurent peu de temps apr^ avoir été délivrées, et cela nonobstant la cessation complète des vomissements.

Diagnostic. — Il importe de distinguer les vomissements nerveux de ceux qui sont purement sympathiques et de ceux qui se lient à une lésion organique ou à une hernie de réstomac. C*est en explorant avec soin tous les organes et en interrogeant toutes les fonctions qu*on parviendra à déterminer si les troubles de Testomacsont idiopathiques ou sympathiques.

L'attention du médecin se portera surtout du côté du cerveau, des voies biliaires, des organes de la sécrétion et de Tcxcrétion urinaires; il n'oubliera pas non plus ni le péritoine ni les ouvertures de Fabdomen par lesquelles une anse d'intestin peut s'échapper. EnOn, chez les femmes, il faut interroger les fonctions utérines, car des vomissements qui semblent tenir à une simple névrose de Testomac se lient souvent chez elles ou à une métrite, ou à une grossesse commençante et trop souvent dissimulée.

U ne faut pas ignorer que, dans beaucoup de cas, on a regardé comme nerveux dès vomissements opiniâtres qui dépendaient d'une hernie de Testomac à travers une éraillure de la ligne blanche ; on devra donc toujours, en pareil cas, explorer avec grand soin les régions épigastrique et ombilicale, et rechercher s'il n'existerait pas dans ces points une petite tumeur plus ou moins douloureuse et réductible ; car, en la faisant rentrer dans le ventre et en la maintenant avec un bandage aH)roprié, nous avons plusieurs fois fait cesser, comme par enchantement, des vomissements opiniâtres el un état de souffrance regardés comme ncneux par plusieurs personnes, et coutrc lesquels on avait vainement employé les antiphlc^istiques, les toniques, la glace, les antispasmodiques, les narcotiques et les révulsils.

Les vomissements nerveux, par leur persistance, font craindre quelquefois qu'il n'existe une lésion organique du pylore. Le diagnostic, il faut bien l'avouer, est quelquefois fort obscur au début ; mais lorsque la maladie remonte déjà à une époque éloignée, on remarquera, dans le cas de caivcer, un amaigrissement et une diminution des forces qui ne sont pas en proportion avec les troubles des organes digestifs. En outre, dans le cancer, les digestions ne cessentjd'étre troublées; elles sont très difficiles, il y a de l'anorexie; tandis que, dans les vomissements simplement nerveux, nous avons vu les malades digérer souvent fort bien et plusieurs conserver d'autant mieux leurs aUments que ceux-ci étaient plus indigestes. Enfin des vomissements brunâtres, puis tout à fait noirs, et la présence d'une tumeur à i*épigastre, ne permettront plus de méconnaître la présence d'un carcinome de l'estomac.

Pronostic, — Les vomissements nerveux ont rarement de la gravité ; ils peuvent cependant en acquérir une très grande lorsqu'ils se prolongent, et que l'estomac ITCgette indistinctement tous les aliments. Les vomissements qui se lient à la grossesse sont peut-être plus fâcheux, parce c(u'ilssont en général très opiniâtres, parce que souvent ils ont entraîné la mort.

Etiologie. — On est peu instruit sur les causes qui amènent les vomissements neneux ; on cite, comme pouvant les provoquer, les émotions morales tristes, et surtout les souffrances de certains organes, comme les reins et surtout l'utérus : tantôt alors cet organe est altéré dans son tissu, mais plus souvent il est seulement distendu par le produit de la conception. Si dans quelques cas rares, dont deux soiit cités par Dance dans le XI Y*" volume des Archives, les vomissements opiniâtres ont coïncidé avec une maladie de l'œuf; si, comice Y ^v^^^^^^^^^-^

renclavement de Totérus gravide dans la concavité dn sacrum peat être cause de vomissements incoercibles, il est constant que dans le plus grand nombre, cet accident n*est sous la dépendance d'aucune lésion anatomique appréciable.

Traitement. — Il faut, dans celte névrose, se diriger d*après les mêmes principes que dans la gastralgie. Ainsi, lorsque les vomissements semblent tenir ïvm surexcitation de Testomac, lorsque surtout ils s*accompagnent de cardialgie^ ilfnt recourir aux narcotiques, comme Fopium, ou la belladone. On fera également ds applications calmantes sur Tépigastrc et Ton administrera des bains tièdes. Le mm» nitrate de bismuth pourra être donné dans ces mêmes circonstances, mais avec moins de chances de réussite que les autres moyens. Si ces divers agents échouent, on prescrira des boissons glacées; le malade devra même avaler de temps en tenp de petits fragments de glace ou de la neige. Si ce moyen réussit, on le contionen pendant quelque temps; les malades seront en outre nourris avec des alimesb tout à fait froids.

Si les vomissements semblent plutôt liés à un état d*atonie de Festomac, fl conviendra d'essayer les ferrugineux, les boissons amères, les préparations de quinquina, de quassia, de Colombo. M. Debreyne, médecin trappiste, a surtout vanié ce dernier remède qu'il donne en poudre, à la dose de 2 grammes par jour en dm ou trois fois, dans du vin ou dans de Peau, une heure avant le repas ; la magnésie (1 à 2 grammes), seule ou unie à la rhubarbe, conviendra encore en pareil cas, on bien on donnera Teau de Vichy pure ou coupée avec une infusion amère. Les emx gazeuses, et surtout Teau de Seltz ou la potion de Rivière, seront également utiles; enfin la pepsine à la dose de 1 gramme, prise avant le repas, en évitant un peu de fatigue à l'estomac ou en suppléant à un défaut de sécrétion du suc gastrique, a a^ rêté parfois des vomissements opiniâtres et même des vomissements sympathiques d'une souffrance utérine.

Dans les cas rebelles on fera une vive révulsion à l'épigastre avec un vésicatoire dont on pourra entretenir la suppuration ; ou bien on appliquera 1 ou 2 mous ; mais avant de recourir à ce moyen douloureux, il conviendrait d'expérimenter les douches froides à l'épigastre et sur le rachis, les immersions dans l'eau froide, les bains dans l'étuve suivis d'une pluie froide pendant une à trois minutes ; nwycBS qui, en elTet, ont réussi dans certains cas de vomissements opiniâtres.

Je n'ai pas encore parlé des antispasmodiques, parce qu'ils ont moins d'eflScadté que les moyens précédemment indiqués : cependant nous devons dire que, da» quelques cas, on a obtenu de bons résultats de l'emploi de Tassa fœtida en pilules ou de l'extrait de valériane à la dose de 60 à 60 centigrammes par jour. Ce soBt des agents qu'il ne faudra \^s négliger dans une maladie qui, fréquemment, se montre très rebelle aux moyens qu'on lui oppose. Dans les cas où tout a échoué, il a suffi parfois de changer le mode d'alimentation, de remplacer, par exemple, les aliments doux, relâchants, par des substances presque indigestes, pour rompre à l'instant l'habitude morbide.

Lorsque les vomissements sont sympathiques de la grossesse, on devra employer la plupart des moyens qui précèdent; mais il faudra préalablement s'assurer de l'état de l'utérus; car, ainsi que l'ont vu MM. Moreau et Briau, si cet organe enclavé dans l'excavation du sacrum ne peut se développer à l'aise, il faudra, par une manœuvre convenable, le dégager, le remettre flottant dans le \entre, et, on voit alors cesser, comme par enchantement, des vomissements contre lesquels devraient échouer tous les agents de la matière métlicale. Mais s'il n'exbte aucme cause mécanique k \ac\u^W W ^\x \^\\\^ ^'t xvvçv^eà^x ^ \^ xc^kids dépérir et

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