DES VOMISSEMENTS NERVEUX
Chez les dyspqXiqneB, ralimeotation sera substantielle sans être pourtant ttop stimulante ; elle devra être graduée. Si la dyspepsie est intense, les malades seront nourris d'abord de potages exclusivement ; on arrivera ensuite à des aliments solides, les œuds, le poisson, les viandes blanches, les légumes herbacés seront préférés.
Il importe que nous répétions ce que nous avons déjà dit plusieurs fois, ce qu'il ne faut, eit tfet» jamais oublier dans le traitement des névroses de Testomac, savoir : qu'on ne doit point brusquer le traitement, et arriver d'emblée d'une médication douce à une médication et à un régime toniques, mais qu'il faut procéder avec mesure et prudence.
La température des aliments et des boissons n'est pas indifférente. Beaucoup, en effet, digèrent sans souffrance dès qu'ils emploient la glace pendant leur repas. H sera généralement utile qu'après avoir mangé les malades fassent de l'exercice i pied, car en marchant l'estomac fonctionne mieux et le travail de la digestion est activé ; mais il ne faut pas que l'exercice soit poussé jusqu'à la fatigue, car on produirait un effet diamétralement opposé. Mieux vaut même, si le sujet est faible, le condamner au repos pendant que la digestion s'effectue (1). Il faut également, pendant que l'estomac élabore les aliments, que les malades évitent toute contention d'esprit
Ijes bains et douches d'eau froide, les bains sulfureux et les bains de mer ; les fomentations toniques avec une décoction de kina ou d'écorce de chêne, ou seulement les lotions rapides avec une éponge imbibée d'eau très froide ; enfin les bains d'étuve suivis d'une affusion froide de une à deux minutes de durée, sont des moyens à l'aide desquels on a parfois triomphé des dyspepsies opiniâtres.
Chez les individus privés de dents, la. dyspepsie dépend souvent de ce que les aliments n'ont pas été suffisamment triturés. Lorsque la dyspepsie parait avoir cette origine, tous les médicaments échouent, tandis qu'on rétablit les digestions dans leur intégrité en faisant porter au malade des dents artificielles.
Nature. — La place que nous avons assignée à la dyspepsie dans la classe des névroses est suffisamment justifiée par la description que nous avons donnée de la maladie. iMais en quoi consiste celle-ci? Y a-t-il diminution dans la force contractile du viscère, ou bien y a-t-il altération dans la sécrétion des fluides qui servent à la dissolution des aliments? Je crois qu'on ne saurait donner de la dyspepsie une théorie unique; on a vu en effet précédemment que cet état pouvait dépendre de causes diverses.
Hm vooMssementf nerrenz.
Il est une espèce de névrose de l'estomac qui est surtout caractérisée par des vomissements p^us ou moins souvent répétés. Ces vomissements tiennent unique-
• (i) Les faits suivants prouvent combien un exercice modéré est utile : i* Beaumont a va ftur un Canadien qui portait une fistule stomacale la température de l'estomac s'élever pendant Texercice, et la digestion être activée. 2° La commission d'hygiène hippique, instituée près le ministère de la guerre, sous la prësidenre de Magendie, a établi que le cheval qui troUe oa qui galope digère plus vile que s'il éloit en repos. Mais un eicrcice immodéré retarde au coo« traire la digestion. M. Bérard a rapporté dans sa Physiologie^ t. II, p. 310, que deux chiens» après un bon repas, furent Tun enfermé, Taulre conduit ù la chasse: on les tua ù la même heure, et Ton constata que, chez le premier la digestion était complète, tandis <\u*«ll!&^V^\\,\^vi vi^\)K^ chei le second.
ment à une modiûcation survenue dans Tinnenatiou de Testomac, et diffèrent essentiellement de ceux qui dépendent d'une lésion matérielle du TlKèrc, et de ceux qui, beaucoup plus communs que les précédents, sont sympathiques de la souffrance d'un organe, comme le cerveau, le péritoine, Tutérus, les reins, etc.
Symptômes, marche, — Les vomissements nerveux ne se préseotent pas toojours avec la même physionomie : quelquefois ils ont lieu tout à coup sans prodromes et presque sans efforts ; d'autres fois ils sont précédés de qudabe, d'amertume à la bouche, de cardialgie, de nausées, et s'accompagnent d*eiibrts plosoi moins pénibles. Ils peuvent avoir lieu à jeun, et alors les malades rejettent do mucosités fdantes ou une bile jaunâtre et verdâtrc. D'autres arriveut plus ou moim longtemps après les repas, et se composent presque toujours de matières alîmeih taires plus ou moins altérées. En les examinant, on reconnaît que Testobiac s'ett le plus souvent débarrassé indistinctement des diverses substances prises peodat le repas. Quelquefois pourtant il est évident qu'il y a eu un choix ; et, chose remarquable, ce sont «ouvent les aliments les plus légers qui ont été vomis, taodb que les plus lourds,, les plus indigestes, ont été conservés et digérés. Ces vomiswments alimentaires s'opèrent presque toujours avec peu d'efforts; ils s'accompignent de peu de malaise, et sont suivis d'un grand soulagement II arrive même fort souvent que les individus, éprouvant aussitôt après le sentiment de la fain, peuvent faire un nouveau repas, qu'ils digèrent ordinairement moins mal que lp premier.
Les vomissements nerveux peuvent se produire à de longs intervalles, on aprCs chaque repas. Dans ce dernier cas, il est rare que les malades rendent tous les iBinents qu'ils ont pris ; presque toujours ilç en gardent une certaine quantité. Voffi pourquoi ils peuvent, nonobstant le trouble de leur estomac, conserver pendnt longtemps leurs forces et à peu près leur embonpoint. Diverses circonstances peavent empêcher les vomissements de s'effectuer : c'est ainsi que quelques malades les préviennent , les uns en marcliant ; les autres, au contraire, en gardant le repos, m restant dans leur lit dans un état d'immobilité parfaite peudant plusieurs heures; ènfm on cite des cas où les aliments n'étaient conservés que lorsque les malades prenaient leur repas dans Un bain, et qu'ils y demeuraient plongés jusqu'à ce qae leur digestion fût achevée.
Durée, terminaisons. — Les vomissements nerveux ont une durée variable; il en est qui ne persistent que quelques jours, d'autres se prolongent pendant àa mois ou des années avec des intermittence^ plus ou moins longues. Il n*est pas rve de voir la maladie cesser brusquement par le seul changement de régime ou pv une cause quelconque. Comme toutes les névroses, le vomissement nerveux est très sujet à récidiver; lorsqu'il persiste il peut avoir une issue funeste : on conçoit en effet que, lorscjue les aliments sont vomis entièrement peu après leur ingestioi, la vie soit dans un péril imminent ; c'est surtotit dans des cas où les vomissements étalent sympathiciues de la grossesse que la mort a été observée. Dans me discussion mémorable qui a eu lieu il y a peu d'années à TAcadémic de médecine, M. le professeur Dubois dit avoir \ii, dans l'espace de treize ans, succomber à des vomissements incoercibles une vingtaine de femmes (1). Des faits semblables exb- ^t aussi dans les recueils sclcutifiques. Plusieurs fois on a vu un accoucbement spontané ou provoqué, en mettant fm aux vomissements, permettre le rétablissement de femmes qui semblaient vouées à une mort inévitable et prochaine. Cependant ravortetneut effectué naturellement ou artificielleuient à une époque
(i) Bulletin de l'Académie, v. XNW, v- ^^1*