TROISIÈME GENRE DE LÉSIONS DE NUTRITION
DE L'iniDIJRATraRi.
L'induration est iine lésion dans laquelle il y a augthehtalion daiis là consistance normale des tissus, sans autre altération de leur texture. Les tissus et les organes Indurés résistent davantage quâiid on veut les rompre ou les déchirer : si on les incise, l'Instrument tranchant trouve une résistance qui n'existe pas à l'état normal; inais (m tt'lmicnd pas ce bruit particulier, cette sorte de cri que produit l'incisibn dti tissu sqtHrrheux. Rarement les parties indui*écs conservent leur couleur normale. Elles sont tantôt décolorées, tantôt pins foncées que de coutume, ou bien (Colorées différemment qu'à l'état physiologique. Le volume est non nioius vat-iable : ainsi , dans quelques cas, il est le même qu'à l'état normal ; le plus souvent il est augmenté, quelquefois il est diminué. Maintes fois , dans ce livre, nous avons eu occasion de parler de l'induration, nous avons riiôme signalé celte lésipn comme étant fréquemment la suite des phlegmàsies. Mais toute induration n'a pas nécessairement pour point de départ un travail inflahmiatolre ; et à l'inslâf dès lésions que noto* venons d'étudier et de celles qui le seront encore dans cette classe , l'induratioU ptut surtenir lentement, par suile d'une modification daiis la nutrition de la partie, mais sans l'inlerveniion de l'inflammation. Kous ignorons d'ailleurs tout à fait ta cause qui produit l'induraiion des tissus, comme nous ignorons toutes les causes qui produisent les auti-cs altérations de nutrition.
là) JBéance an 29 mars 18^ et du a janvier IBôâ.
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bS L'INDURATION DU CERVEAU.
L*iiid(ltttkili dil cehri!aùesttidc maladie qui depuis vingt ans surtotlt a fixé l'al^ tentiott it plblietik^ obsëttatéUi^. ffous distinguerons surtout la thèse soutenue en 1825 par le docteur Gaudet, le mémoire inséré, là même atin€|;^Bns les Archivet, }Âr M. fibdilllud, ainsi qdë les techeithes de M, Andral, ptibliéea dans le lOlttfe tt dé aoti Anntmiè patholûffiqta. Ce detnier admet plusieurs deghés datu raitirAtibii dont tidtt^ ëilotis tiniteh DfanS le premier, la substance nerteuae a la totmatante que te eëhreau at^quiert lorsqu'ou le fait macéret- quelque temps dani r«dd« nitHqUe affaibli ; dâttt lé dêUliême degré , la substance nerveuse a la fer^ metê dfc là cit^ ou du fliomagé de Qruyêre* dans le troisième, elle acquiert la con- UaUmoe «t l'élasticité du flbro-cat*tilagë. Dans tous ces cas , lè cenreau Ue contient pia on I pAû^ de saug ; il M tnéme plutôt exsangue ^U'hypérémié.
L'itiduratioh est générale bu partielle. L'induration partielle n'a été vue Jusqu'à présent , sniTant M. Andral , que soUs la forme du premiet- degré; mais toutes lel parties n'oiit pas acquis une égale fermeté. Celle-ti est généralement plus consi-* détaMe pout- la snbltance médullaire , et surtout pour la substance blanche cf^n* traie, que pour la substance grise.
L'ItHkiratlon générale est une altération presque toujours aiguë qu'on a bbser-» vée spécialement dans le tours des fièvres graves (Gaudet) et ches quelques incti'tkius emportés par des accidents cérébraux saturnins.
L'hiduration partielle est une affection à marche essentiellement bhronique ; elle peut être limitée à Un certain nombre de circonvolutions qui présentent quel-qnefois, danl ce cas, la couleur et la consistance du fromage de Gruyère ; la 'sub-> stante grise n'est plus alors très distincte. Ailleurs l'induration occupe exclusive* ment la substance médullaire ; elle coïncide souvent avec d'autres altérations dea centres nerveux , telles que des hémorrhagies , des tumeurs, etc.
Il est difficile de remonter à la cause de l'induration cérébrale ; il est certain que celle qni est générale ne saut*ait être considérée, ainsi qu'on l'a fait, comme une ferme on un degré de l'inflammation , car on ue trouve aucun des éléments qni pourraient caractériser cet état morbide. Tout porte à penser que l'induration i)artklle est due, du moins dans le plus grand nombre des cas , à une simple perveraion de la nutrition : néanmoins quelques faits tendent à prouver qu'elle piut être conaèciilif e I une encéphalite circonscrite ou ft un ramoUiaaeittMlt , ainsi que H. LaUemand Ta éUibK le premier.
Il n'est pas encore possible de tracer l'histoire symptomatologique des indurations du cerveau; cette lésion a d'ailleurs coïncidé avec la manifestation des troables les plus variés. Ainsi l'induration générale s'est rencontrée chez des sujets qui ont été emportés rapidement avec du délire ou des convulsions, et les toduntiotta partielles ont entraîné & leur suite tous les troubles qne peuvent pHHlaire les tumeurs intra-crâniennes , c'est-à-dire l'épilepirîe , des paralysies , des contractures , des désordres de l'intelligence , depuis le délire Jusqu'à un éUit voisin de rimbécilUté. Il est donc impossible d'éublir pendant la vie le diagnostic de cette altération.
DB l'induration DE LA UOELLB ÊPINlIUlE.
La moelle épinière peut être indurée dans la plus grande partie de sa longueur ^ ou seulement dans un point circonscrit; dans les deux cas elle a Vaap«icl elU cfMk-
sistance qu'elle acquiert par une macération Un peu prolongée dans Tacide nitrique étendu. G*est à tort , suivant nous , que la plupart des auteurs rattachent cette lésion à un état inflammatoire et en font une forme de la myélite chronique ; la marche des accidents, et , à Tautopsie, la pâleur des tissus, l*absence de toute injection , conttidisent tout à fait cette opinion.
^induration de la moelle, beaucoup plus rare que le ramollissement de ce cordon nerveux , a la marche de ce dernier, et détermine les mêmes troubles fonction- Bels, de sorte qu'it nous semble absolument impossible de distinguer pendant la vie ces deux altérations. M. Caimeil dit pourtant , dans sa description de Tinduration de la moelle, insérée daps le nouveau Dictionnaire de médecine, que les accidents se montrent suivant .un ordre qu'on n'observe que rarement dans le cas de ramollissement. Ainsi , d'après l'observateur distingué quç je viens de citer, les symptômes propres à l'induration de la usuelle se déclareraient d'abord dans un membre ; puis, au bout d'un temps variable, ils se manifesteraient dans le membre situé du même côté du corps et qui avait paru épargné. L'alrophie s'emparerait peu à peu de la jambe et du bras lésés ; puis , à la longue, la jambe ou le bras opposé s'affecterait à son tour, et il arriverait un moment où les fonctions des quatre membres de- TÎendraient impossibles et où l'atrophie serait presque générale. Cette succession dans la paralysie n'est pas , comme on le verra sous peu, ordinaire dans le ramollissement. M. Caimeil signale ensuite les fonctions de la vessie et du rectum comme étant rarement troublées dans l'affection dont je parle ; de plus , la paralysie du sentiment et du mouvement serait rarement complète ; les membres , en effet , conserveraient un certain degré de souplesse, et pendant longtemps les malades continueraient à sentir, à marcher et è agir, bien que leurs mouvements soient lents et difficiles. L'endurcissement est une affection tout à fait apyrélique ; mais quelquefois le point du rachis correspondant à l'altération est le si<^e d'une douleur qui a de l'analogie avec les douleurs rhumatismales. J'ai rapporté ici presque textuellement la description de M. Caimeil ; toutefois je n'oserais pas affirmer qu'elle soit parfaitement exacte ; car dans les cas rares que j'ai eu occasion d'observer jusqu'ici , je n'ai trouvé aucune différence , pour les symptômes et la marche , entre l'induration et le ramollissement chronique que nous étudierons bientôt
L'endurcissement est une maladie qui a généralement une durée lopgue ; elle se prolonge le «plus souvent une ou plusieurs années. On doit lui opposer le traitement que nous conseillerons contre le ramollissement ; ses causes sont tout à fait inconnues.
DE t*INDDRATION DU COEUR.
L'induration dû cœur est une altération rare, inconnue dans ses symptôpaes, et qui n*a aucune importance pratique. Elle coïncide presque toujours avec l'hypertrophie. Le tissu de l'organe , percuté par le scalpel, résonne alors d'une manière particulière, à peu près, dit Laênnec, comme résoimerait un de ces cornets de cuir qui servent à jouer au trictrac. Quand on cherche à l'inciser, on éprouve de la résistance, et Corvisart rapporte avoir aperçu en outre, dans un cas, une sensation de crépitation toute particulière. I^ënnec rattachait à Tinduration une exagération de l'impulsion , tandis que Corvisart admettait que cette lésion devait au contraire rendre la contraction des ventricules plus difficile et leurs mouvements plus bornés : mais ce œ sont là probablement que des idées émises à priori.
DU RAMOLLISSpENT. 213