‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 64 sur 265 · DE L ATROPHIE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

DE L ATROPHIE MUSCULAIRE

An tronc Tatroplûe gagne soavent les pectoraux, le grand dentelé et la plupart dte mnscki^ reqpiiatoires : aussi tous les actes qui exigent leur active interventioa, comme l'action de tonsser, de se moucher, sont diflBciles ou impossibles; ihy a de la dyspnée, et quelques-uns Ineurent suffoqués.. L^atrophic se généralisant encore, on û TDÎt affecter le Ymle du palais, d*où le nasonnemeut de la fûli; la langue peut être affectée à son tonr, et si les muselés de la face sont atteints, cette partie do corps reste immolHle et sans expression. .

La maladie soit une marche plus ou moins rapide ; il est des malades qui per^dent en quelques mois l'usage de la plupart des muscles ; chez le plus grand nombre, ce résulut n'arrive qu!après plusieurs années.

La maladie, une ibis [déclarée, peut bien .rester stationnaire, ou n'avoir que des progrès fort lents; mais quoi qu'on fasse, elle ne rétrograde point, et les muscles, mie fois atrophiés, ne reprennent ])robablement jamais leur volume pri-* mitif.

Diagnoêtic.-^hn début, lorsqu'il n'existe encore qoe de la faiblesse, le diagnostic peut être diflBcile ; mais aussitôt qu'un amaigrissement limité à certaines portions do membre, et qui n'est explicable par aucune circonstance connue, se déclare, le doQte cesse. On ne pourrait croire alors à une paralysie symptomatique d'une affection de la moette ou du cerveau, car il n'y a aucun synoptôme qui dénote une altération du côté de ces organes ; d'ailleurs, lorsque dans ces cas les muscles s'atrophient, ce n'est pas au début de la paralysie, mais à une époque éloignée, et alors l'atrophie frappe indistinctement tous les muscles du membre, tandis qu'une circonstance distiuctive de l'atrophie progressive, c'est son irrégularité. Ou la voit, en effet, dans on membre frapper la plupart des muscles et en respecter quelques autres.

Pronostic. — < L'atrophie musculaire progressive est une affection grave ; car si eUe s'étend aux muscles respiratoires, elle peut entraîner la mort, et si elle reste bornée aux membres, elle laisse les individus infirmes pour toute leur vie. Cette affection s'est montrée jusqu'à ce jour rebelle à tous les moyens qu'on a employés contre elle

Etiologiê. -* Dans presque tous les faits recueillis jusqu'à présent, l'atrophie musculaire a affecté spécialement des hommes, et des individus bien constitués et dans la force de l'âge. La maladie survient le plus souvent spontanément sans cause appréciable, cependant elle a paru quelquefois à M^ Thouvenel se d^arer sous rinfloence d'une cause rhumatismale; plus souvent peut-être M. Aran a vu l'atrophie se manifester après un excès de travail et atteindre des muscles qui avaient été aoamis à une action énergique et prolongée.

Traitement. — On a vainement employé les vésicatoircs, les cautères, la cautérisatioo transcorrente, les douches, les bains sulfureux, les frictions de toute sorte, h strychnine â l'intérieur. Le galvanisme a également été inefficace chez la plu* part, U a néanmoins amené chez quelques malades une amélioration assez notable pour qu'on n'hésite pas à y recourir de nouveau. Il résulte, en effet, d'un travail publié par M. Duchenne dans le quarante-qualriènoe volume du Bulletin thérapeu" tique^ qoe l'atrophie musculaire peut être enrayée dans sa marche, et qu'on peut même rappeler la nutrition dans les muscles, quel que soit leur degré d'atix)phte, pounro qu'ils ne soient pas encore altérés dans leur texture.

Sature. — L'affection que je viens de décrire doit-elle être classée dans les parah^ies, comme le veulent M. le professeur Gruveilhier et M. Tliowenel ^. CeVV^ apioioQ semble avoir reçu une Matante âaûciion de deux faits cûî|Mi^um<\a^V

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alO DES LÉSIOMS DB NOtRITION.

rÀéadémie de médecine par MM. GniTeilhier et Aran (1). Ghei deiix indhidus morts a?ec une atrophie musculaire progressive, on th)uva les racines antérieures des nerfs rachidiens tout h fait atrophiées. Quelque grave qne soitc6 tèmoignage»ia question pourtant est loin d*étre résolue pour nous. L'atrophie muscularrren'a pas, en effet, la marchejill paralysies : ainsii dans cette affection/ce n'est pas précisément TaffaiUissement musculaire qui débute et qui prédbmine, mais c'est l'atrophie» La contractilité et Firritabilité musculaires persistent tant que la fibre rouge n'a pas subi la transformation graisseuse. Notons encore que de plusieurs muscles, qui sont aqimés par le même nerf, les uns subissent l'atrophie^ tandis que «les autres sont respectés ; aussi, en résumé, il est impossible, dans l'état actuel de la science, de pénétret* la nature de cette redoutable affection. Est-6e tine affection primitive de la fibre musculaire, ou bien celle-ci ne survient-elle que par suite d'une lésion dte extrémités nerveuses, ou des ti*oncs eux-mêmes ? ou bien, enfin, si l'existence des fibres giises ou végétatives est réelle dans les nerfs cérébro-rachidiens, doit-on admettre que l'altération musculaire est l'effet d'une lésion encore indétenninée de ces fibres nerveuses qui présideraient aux actes de nutrition et de sécrétion? Ce iM)nt là des problèmes insolubles dans l'état de la science et dans l'impossibilité oà nous sommes de remonter à la cause ; nous devons dénommer et décrire la maladie d'après le phénomène le plus palpable, c'est-à-dire l'atrophie de la fibre musculaire.

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