DU RAMOLLISSEMENT DE LA MUQUEUSE INTESTINALE
La muqueuse intestinale peut se ramollir par l'action du suc gastrique, mais cela a lieu beaucouj) plus rarement que pour l'estomac. Le ramollissement peut occuper l'intestin grêle ou le gros intestin. Les altérations sont les mêmes; mais il <-stà remarquer, ainsi que Ta noté M. Carswell, que presque toujours le ramollissement ou la |)erforation de l'estomac existe en même temps que la lésion des intestins. Cette dernière se développe tantôt de dedans en dehors par l'action da suc gastrique qui a été mis en contact avec la membrane muqueuse ; tantôt c'est de dehors en dedans, lorsque, l'estomac s'étant perforé, les liquides qu'il contenait sont venus baigner la surface externe des intestins, qu'ils ramollissent et dissol?ent peu à peu.
Le ramollissement pathologique est , au contraire , plus fréquent (bns Tintestin que dans l*estomac, et il est plus commun dans le gros intestin que dans Tintestin grêle. La forme gélatineuse de l'alléralion est assez rare. J.e plus souvent le ramollissement n'affecte que la membrane muqueuse, qui, de prime abord, paraît intacte ; maïs, quand on veut la détacher, on voit qu'elle se réduit en pulpe ou en une sorte de mucus peu visqueux, sans traces d'organisation. Parfois même oa n'en trouve plus de vestige sur une grande étendue.
Le ramollissement de la muqueuse intestinale est un accident assez commun 4ans la première enfance; il reconnaît les mêmes causes, et survient dans les thèmes conditions que le ramollissement de l'estomac, avec lequel il coexiste presque toujours. Â un âge plus avancé, le ramollissement intestinal est une affection qui n'est presque jamais primitive ; je ne crois pas en avoir encore observé aucun cas. Presque toujours cette altération survient comme lésion secondaire dans le cours où au déclin des affections fébriles. Je l'ai rencontrée surtout après les fièvres typhoïdes et les varioles.
Ùîie diarrhée abondante, avec ou sans coliques, verdâtre, lientérique chez les jeunes enfants, jaune chez les adultes, résistant opiniâtrement à tous les moyens qu'on emploie contre elle, s'accompagnant d'amaigrissement et d'un dépérissement rapide, sont les symptômes ordinaires du ramollissement de la membrane n^uqueuse des intestins. En générai, le ventre est souple et indolore, et il n'existe que peu ou point de lièvre : c'est ce qui différencie surtout le ramollissement d'avec l'entérite aiguë; mais si l'altération suit une marche lente, il n'y a aucun moyen de distinguer celle-ci de l'entérite chronique, et surtout de l'entérite ulcéreuse.
La diète lactée chez les enfants, même quand ils sont sevrés depuis longtemps, un régime sévère chez l'adulte, l'abstinence d'aliments solides , quelques révulsifs sur la peau dii ventre, et enfin à tous les âges le bismuth et l'opium donné par la bouche et en lavement, sont les moyens qu'il convient d'opposer à une maladie qui, lorsqu'elle est avancée, a toujours une issue funeste.