DE LÀ GANGRÈNE
eDtre 12 et ISjoars; tandis que celles qui intéressent des parties fibreuses se séparent après un temps beaucoup plus long. Quoi qu*il en soit, Télimination une fois opérée, il en résulte une perte de substance plus ou tnoins considérable qui se répare à la manière dos autres solutions de continuité. C'est après cette série d*ac~ cidents que la guérison arrive.
Si la maladie doit avoir une issue funeste, on voit souvent la mort survenir dané le cours de la première période, à la suite de symptômes adynamiques et ataxiques. Quelques-uns succombent pendant que les eschares se détachent; d*autres, aprèft leur séparation complète. Dans le premier cas, la nature épuisée ne peut faire leS frais du travail d'élimination, et, dans le second, c*cst la réparation qui ne peut s'effectuer. Enfin , la mort peut être reiïet de quelque complication imprévue* mais tenant à la gangrène et au siège qu'elle occupe : c'est ainsi que beaucoup dé malades sont emportés par une hémorrhagie foudroyante, lorsqu'un vaisseau est ouvert, ou par une pblegmasie suraigtië, telle que celle de h plèvre ou du péritoine, lorsque, la gangrène envahissant un des organes contenus dans la poitrine ou dans le \ entre, on voit l'eschare s'étendre à la séreuse qui tapisse ces cavités.
Diagnostic. — Le diagnostic de la gangrène peut ofi'rir quelques difficultés lorsque l'organe qui en est atteint est situé })rofondément ; mais il est impossible d'établir à ce sujet aucune indication générale; nous entrerons d'ailleurs dans lés détails nécessaires à l'occasion de chaque gangrène cii particulier.
A l'eitérieur la gangrène sera aisément reconnue lorsque le tissu perd sa chaleur, lorsque toute sensibilité y est éteinte et qu'il devient gris, brun ou noir. Une coloration noire, produite par une petite cxtravasation sanguine, en impose quelquefois aux personnes peu exercées. Il en est de même de l'odeur félide qu'exhalent certains produits. Nous avons vu en eiïet que, dans l'angine conennense, la puantétii* de la bouche, le ramollissement et la couleur noirâtre que les fausses membranes acquièrent parfois lorsque du sang est exhalé par les parties enflammées, ont fait croire pendant longtemps à l'existence d'une gangrène.
Pronostic. — La gangrène est toujours une alTection fâcheuse. Le pronostic est d'autant plus grave que l'altération est plus étendue, l'individu plus faible, l'organe envahi plus im|>orlant. Toutes choses égales d'ailleurs, la gangrène humide est plus fâcheuse que la gangrène sèche ; car la première a plus de tendance à s'étcndte et infecte plus facilement l'organisme.
Etiolotjie, — La gangrène reconnaît un certain nombre de causes directes : tels sont l'application de divers agents chimiques, comme les caustiques, raccumulation ou la soustraction du calorique, les contusions portées jusqu'au broiement, l'inflammation \i()lente, les compressions excessives, la ligature des artères oii lent occlusion .spontanée, certains agents délétères, comme le \iriis de la pustule maligne, de la morve, le seigle ergoté, les infiltrations urineuses ou de matières fécales. Mais la gargrène qui rentre dans le dom line de la pathologie médicale t*econnait le plus souveiit des causes générales : ainsi nous l'avons déjà signalée coiiime assez commune dans le cours des fièvres graves et des maladies pestilentielles, oil bien encore dans certaines maladies de la moelle, dans lesquelles on observe sou« vent la gangrène des parties soumises â la pression du corfis pendant le décubitus. Faut-il alors, comme beaucoup le croient, ra))porter la gangrène à une diminution de rinnenation? La cause paraîtra douteuse, si l'on se tappcllc que Ilébréard et Wollî ont pn, sans provo(pier de gangrène, couper h des chiens tous les )ierfs du membre abdominal.
Toutes cbo8C9 égales (Valllcuns , les gnngrènes sont dc8 aîîcclions çW^ cwm-
tnunes chez ios sujets débiles : aussi les observe-t-on en plus grand nombre chez les enfants, plus spécialement chez ceux de la classe indigente. Rarement primitives , on les voit presque toujours se déclarer chez eux à la suite des fièvres éruptives.
Sur quels faits a-t-on fondé l'existence d'une diathèse gangreneuse admise par quelques-uns? Je n'ai pu le savoir. iMais dans les recherches auxquelles je me suis livré, je n'ai trouvé aucun exemple de a's gangrènes multiples, simultanées ou successives, qui n'auraient été provoquées ni par une oblitération vasculaire, ni par une intoxication, ni par certaines lésions du système nerveux. Cependant je conteste d'autant mCfins la possibilité des faits dont je parle, qu'un de mes jeunes amis, M. Géry, interne distingué des hôpitaux, a vu ù l'institution Sainte-Férine deux cas de gangrène se manifester sur les membres supérieurs et sur le tronc par points disséminés. M. Chassaignac m'a dit avoir rencontré un fait semblable, et il me souvient avoir observé moi-même, il y a vingt-cinq ans, à la clinique de Dupuytren, une jeune fille qui, au milieu de toutes les apparences de la santé, présenta ces mêmes points gangreneux de l'étendue d'une pièce d'un franc sur le tronc, spécialement à la région mammaire. Comment expliquer un pareil effet? Faut-il admettre une intoxication , ou bien dirons-nous qu'il y a eu dans ces cas oblitération des capillaires , lésion que Lielpech et Dubreuil ont regardée comme n'étant pas très rare, et que M. Cruveilhier a déterminée à volonté en injectant du mercure dans cet ordre de vaisseaux. C'est ce que nous ignorons encore ; c'est là d'ailleurs un sujet de recherches à poursuivre.
TraitemenL — Il y a trois indications principales à remplir dans la gangrène : !• arrêter le travail destructeur; 2" favoriser la chute des eschares; 3* faire cicatriser les plaies qui leur succèdent
Pour remplir la première indication, il faut avant tout faire cesser la cause, si toutefois on peut la découvrir. Parmi les moyens préconisés en pareil cas, nous trouvons les antiphlogistiques, les narcotiques et les toniques.
La gangrène pourtant nécessite rarement l'emploi des saignées, excepté néanmoins dans les cas où la mortification est l'eiïet de la violence de la phlegmasie ; mais alois devrait-on peu insister sur les moyens débilitants, surtout si la gangrène envahissait une grande surface : car il faut ménager les forces dont l'organisme a besoin, soit pour rélimination des eschares, soit pour réparer les pertes de substance.
L'opium, vanté beaucoup par Pott, n'a aucune vertu spécifique; employé sans mesure, il pourrait même ne pas être sans danger. Cependant il est indiqué dans les cas où la gangrène s'accompagne de vives douleurs.
Les toniques sont d'une application plus générale ; le quinquina, le plus puissant de tons, a même été regardé comme doué de propriétés spéciales et antigangréaeuses. Cette idée a été cause qu'on en a souvent abusé. Lorstiue la gangrène succède à des causes débilitantes, lorsque, quelle que soit sa cause d'ailleui^s, les individus sont affaiblis, prostrés, il faut donner les toniques, spécialement les vins généreux, le quinquina en infusion, en décoction, en extrait, etc. Les toniques sont non seulement avantageux à l'intérieur, mais ils pourront également être appliqués localement lorsque les parties sont frappées d'atonie et lorsque Tinflammation éliminalrice se développe avec peine. On se sert surtout alors pour les pansements, du styrax, du kina, du vin, de l'eau-de-vie camphrée, des chlorures, qui agissent aussi en neutralisant la mauvaise odeur. , Lorsque la gangrèn9 reconnaît certaines causes spécifiques et qu'elle ne se limite