‹ Traité élémentaire et pratique des maladies de la gorge, du pharynx et du larynxChapitre 11 sur 31 · INFLAMMATION DE LA LUETTE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE LA LUETTE

d’avaler. La voix est émpâtée et nasonnée, mais la douleur peu véritable douleur dont se plaint le malade.

Le traitement le plus simple consiste à pratiquer soit l’excision de l’extrémité de la luette, soit dess carifications avec le bistouri ou le galvanocautère. Pour cela faire, comme les parties œdéma-, tiées fuient au-devant du couteau, le plus simple est de prendre la luette préalablement cocaïnée, sur une spatule ou dans une petite cuillère, et une fois immobilisée, de pratiquer dans le sens vertical une série de coupures assez profondes, qui ont pour résultat de vider, au moins en partie, le liquide contenu dans les mailles du tissu conjonctif. Ceci fait, on prescrit un gargarisme émollient et généralement, vingt-quatre ou quarante-huit heures après, le malade est guéri de cette inflammation plus gênante

On a signalé et j’ai pu moi-même observer, en dehors de tout signe de cachexie ou de purpura, de véritables hémorragies aiguës se faisant soit sur la face antérieure du voile du palais, soit au niveau de la luette. Ces sortes de lésions se sont à peu près uniformément produites pendant le repas, au moment de la mastication d’aliments les plus variés, de telle sorte qu’il ne semble pas

Symptômes. — Les signes qui caractérisent la paralysie complète du voile du palais sont tout d’abord :

Les troubles de la voix qui constituent une forme particulière de nasonnement, due au relâchement total de l’organe destiné à fermer la cavité naso-pharyngienne pendant la phonation. Les malades porteurs de cette lésion présentent au plus haut degré le trouble décrit sous le nom de « rhinolalie ouverte ». Ils sont dans l’impossibilité absolue de prononcer correctement certaines ' consonnes et le Bé devient Mé, le Dé devient Né. Ce vice de la prononciation peut être un peu amélioré en fermant les narines du malade pendant qu’il parle. Ordinairement, les sujets atteints de paralysie vélo-palatine sont dans l’impossibilité de souffler ou de pratiquer la succion. La déglutition est également gênée dans son fonctionnement, car pendant l’accomplissement de cet acte physiologique, la cavité naso-pharyngienne reste largement ouverte, d’où résulte un reflux des liquides par les deux narines ou par un seul côté, suivant que la paralysie est complète ou plus prononcée d’un côté que de l’autre.

La plupart du temps, ces troubles paralytiques sont accompagnés de diminution ou même de perte de la sensibilité, de telle sorte que la poussée des aliments vers l’œsophage se fait d’une façon incomplète. Ainsi s’explique l’introduction de parcelles alimentaires ou de liquides dans l’intérieur des voies aériennes et l’apparition d’accès de toux spasmodique d’autant plus violents que la pénétration du corps étranger dans l’intérieur de l’arbre respiratoire a été plus profonde. La mort a môme pu être la conséquence de pareils troubles, mais habituellement, dans ces cas graves, la paralysie ne reste point localisée au voile, elle gagne les muscles du pharynx et même d’autres organes (diphtéries graves, paralysies d’origine centrale).

Si la paralysie est incomplète, fait assez fréquent, les modifications de la voix et de la déglutition sont bien moins prononcées. Le reflux des liquides n’apparaît que si le malade veut avaler trop vite et sans y porter attention; il est partiel et souvent unilatéral.

Lorsque la perte de la motilité est totale, une fois la bouche ouverte et la langue abaissée, on constate, pendant l’émission de

a en effet rapporté l’observation d’un enfant qui vint me consulter à la clinique laryngologique de la Faculté de Bordeaux, pour une hémiplégie vélo-palatine associée à une paralysie laryngée, qui manifestement dépendait d’une lésion du vago-spinal, au niveau de son noyau d’origine 1 (voir fig. 4, p. 5).

elle-même. C’est par l’examen plus complet du malade et par son interrogatoire que l’on arrivera à fixer le diagnostic définitif et savoir de quelle altération morbide elle est la conséquence. “ 1

Pronostic. — Le pronostic dépend évidemment de la nature de la lésion et de son siège.

. produit la paralysie, il 1

Les paralysies simples post-inflammatoires, succédant à des angines aiguës ou à des abcès amygdaliens, guérissent habituellement seules, sans le secours d’aucun traitement.

Il en est souvent de même des paralysies post-diphtéritiques légères ; toutefois, dans les cas graves, on ne doit pas hésiter à faire de nouveau des injections de sérum à doses appropriées à l’âge du sujet et au degré de l’infëction, un traitement tonique et reconstituant (arsenic, strychnine, etc.) sera également de nature à favoriser le retour de la fonction de l’organe paralysé, qui est à peu près la règle en pareil cas.

Enfin, dans les formes inflammatoires simples, aussi bien que diphtéritiques, l’électrisation appliquée sous la forme de courants faradiques de préférence, un pôle sur le voile, l’autre à la nuque, ou bien les deux pôles dans la bouche, aidera la contractibilité musculaire à reparaître et pourra abréger la durée de cette com-

On constatera que l’amélioration se produit, à ce fait, que les

parfois réductibles par la pression.

2° Adénomes. — L’adénome est, on peut le dire, avec le papillome, la tumeur la plus fréquente du voile du palais. Il se présente sous la forme d'une tumeur habituellement lisse à sa surface, d’aspect globuleux, sans changement de coloration de la muqueuse. Au toucher, il ressemble comme consistance à un fibrome ou à un kyste dont les parois seraient fortement tendues. Il tranche ordinairement d’une façon très nette sur la partie du voile auquel il adhère par une surface d’implantation large.

. Sa marche est également lente, comme celle des tumeurs bénignes en général, mais son volume peut devenir considérable. Il ■n’a aucune tendance à s’ulcérer.

3° Kystes. — On peut aussi rencontrer de simples kystes, qui se reconnaissent aisément à leur aspect arrondi sessile sur la muqueuse qui les supporte, et à leur surface unie et régulière. Leur coloration est gris rosé ou d’un jaune pâle. Leur consistance dure, caria poche est toujours fortement tendue. Leur volume varie de la grosseur d’un grain de blé à celui d’une cerise ou même de la moitié d’une noix. Le contenu de ces tumeurs est séreux ou colt facile de les faire disparaître en réséquant une poche. Ce sont des néoplasmes bénins.

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