ES. CANCER DU LARYNX
tumeur, soit d’inanition, ou bien encore par cachexie. L’asphyxie peut.se produire non seulement par obstruction de l’entrée des voies aériennes, consécutive au volume du néoplasme, à l’infiltration du voisinage et l’immobilisation des aryténoïdes, mais aussi par compression des nerfs récurrents et même des pneumogastriques. Le néoplasme englobe toute la région du cou (l’œsophage compris), déterminant, et des accès d’oppression et des troubles de la circulation. Le cancéreux meurt, en général, par syncope bulbaire malgré l’existence de la canule trachéale, et malgré le libre accès de l’air dans la trachée que les bourgeons cancéreux n’ont pas encore envahie.
L’infiltration des ganglions péri-trachéaux, et leur dégénérescence même, peut également devenir la cause de sténoses respiratoires profondes par la compression du conduit trachéal et des premières divisions bronchiques.
Lorsque le cancer est arrivé à cette période de son évolution, le larynx se trouve absolument immobilisé au milieu des tissus dégénérés, ce qui rend l’alimentation très difficile et douloureuse.
Certains sarcomes paraissent être moins malins que les autres tumeurs malignes du larynx. 11 me paraît aussi que l’épithélioma pavimenteux, né. sur l’une des cordes .vocales a un pronostic moins sombre s’il est traité avant la période d’infiltration.
Complications. — Les complications ressortent de ce qui précède ; on ne saurait considérer comme telles l’infiltration de voisinage, la périchondrite, la formation des abcès, les perforations de l’œsophage et les phénomènes septiques qui forment le cortège symptomatique à peu près obligatoire de l’affection.
Lorsque la trachéotomie a été pratiquée,- il n’est pas très rare, si la tumeur est née dans le larynx, de voir le néoplasme bourgeonner jusque dans le conduit trachéal, au-dessous de l’ouverture de la canule et asphyxier le malade.
Le lupus du larynx, qui a une prédilection marquée pour l’épi- ' glotte où il engendre des granulations rosées pâles, détruisant les | tissus sous-jacents, ne pourrait être confondu avec les tumeurs? malignes, que pendant un laps de temps assez court et tout à fait
limitée à une partie de l’opercule gloltique, que seul l’examen histologique permit de lever tous les doutes, lorsqu’on était en présence de sujets âgés ou bien portants par ailleurs. Ces formes de tuberculose très limitées sont toutefois assez rares pour qu’il
lupus est indolore, tandis que le cancer détermine ordinairement quelques, douleurs spontanées ou provoquées.
La syphilis dans ses manifestations secondaires n’offre aucune analogie avec l’affection qui nous occupe, mais à la période ter-
piratoires ensuite, si le traitement spécifique n’est pas intervenu. Au contraire, la marche du cancer est beaucoup plus lente, de plus, sa localisation n’est pas celle de la syphilis.
La gomme se présente sous l’aspect d’une infiltration diffuse, rouge il est vrai, mais sans mamelons, et sans hypersécrétion à sa surface. Elle ne provoque ni douleurs spontanées, ni expectoration sanguinolente. A la période de fonte et d’ulcération, la perte de substance syphilitique est cratériforme, serpigineuse, profonde, taillée dans l’épaisseur des tissus ; sa surface grisâtre, sale, suppurée, s’accompagne de bourgeonnements rougeâtres, d’infiltration périphérique et quelquefois de périchondrite. Malgré ces lésions considérables les cordes sont bien souvent mobiles. Enfin l’ulcère gagne vers le haut, il s’étend peu à peu vers la base de la langue, les amygdales, les parois latérales du pharynx, etc. Il détruit les parties qu’il envahit et les déforme.
Souvent aussi on retrouve des manifestations tertiaires sur le voile du palais, la voûte palatine ou le naso-phàrynx, ce qui éclaire le diagnostic.
Enfin, dans les cas douteux, le traitement spécifique aurait
MALADIES DU LARYNX
ment suggestif qu’une modification appréciable h l'examen. Âï
On pourra, dans la pratique, se trouver aux prises âvéc certaines^ formes hybrides, dont j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs^ exemples ; dans ces cas, il faudra attribuer à là syphilis les ulcér .g rations diffuses, suppurantes, cratériformes, à fond sale et gri- | sàtre, et au cancer le 3 bourgeonnements sanieux à odeur fétide, 3 .d’infiltration rougeâtre et indurée. L’existence de douleurs, A spontanées à formes névralgiques et d’expectoration sanglant.® devra faire songer à une tumeur maligne. Dans ces cas, le traitement spécifique permet de guérir .ce qui appartient à l’infectiorS'^j syphilitique, alors que le cancer résiste seul pour suivre son évo-i ' v lution lente et progressive en. dépit de tout traitement. • ..
11 n’est pas très rare dans ‘ les formes hybrides qui évoluent; •/, . habituellement en dehors du larynx, de consister de très bonne heure l’existence d’une adénopathie profonde, bosselée, adhérente, ligneuse et douloureuse au toucher. La présence de ganglions indique l'existence d’une dégénérescence maligne «•#■» milieu des lésions, constatées de visu.
Tsaitemekt. — La question du traitement du cancer du larynxf^S a fait quelques progrès depuis ces dernières années. Bien que certains auteurs recommandent encore l’abstention ou du moinsi^S conseillent la trachéotomie comme moyen palliatif pour parer hc? 1 l’asphyxie au moment oh la respiration se trouve gênée, d'autres,; , J plus hardis, ne craignent pas de proposer des opérations plus; J radicales, telles que l’ablation de la tumeur par la voie externe, : ou môme la suppression de l’organe vocal en partie ou en totalité’, % suivant le siège et la diffusion du mal.
Je laisse de côté le traitement médical et les attouchements -il directs avec la teinture de thuya ou dè chélidoine, renforcée ! d’extraits de ces mêmes substances, ou même avec l’adrénaline ^ en solution à 1 p. 1000 (Mahu). Nous savons aujourd'hui que si : . ces médicaments diminuent d’une façon incontestable le bourgeonnement, ils n’arrêtent en rien l'évolution de la tumeur. Le
destinée à faire tampon dans l’anneau cric Ensuite, introduisant par l’ouverture c
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rapidement le bout trachéal pour se comporter ensuite comme il a été dit précédemment.
Tels sont les différents moyens dont on dispose actuellement^ pour combattre le cancer du larynx qui constitue, on le comprend sans peine, une affection des plus graves et des plus dou-
Une fois la plaie de la laryngectomie cicatrisée, il peut sé faire qu’il reste au-devant du cou, à la place de l’organe vocal, une , large fistule communiquant à plein canal avec la base de la langue et le pharynx. Pour combler cet orifice, le Dr Gluck, de'-; Berlin, a imaginé un procédé autoplastique dont j’ai pu voir chez lui les bons effets. Il consiste à- faire sur la partie antérieure du cou deux .volets cutanés à l’aide de deux incisions parallèles transversales sur un même plan horizontal ABCD et EFGH, qui pivotent le premier autour de l’axe AD, le second autour de l’axe EH. Le volet EFGH, plus grand, est relevé tandis que le 1
resté assez longtemps en contact avec la paroi pharygienne,. ' milieu chaud et humide, l’épithélium no tarde pas h se modifier et à ressembler à une muqueuse un peu épaisse.