CORPS ÉTRANGERS DU LARYNX ET DES VOIES AÉRIENNES J
Les corps étrangers du larynx et des voies aériennes sont loin d’étre très rares , c'est par centaines que l’on compte les observa-, tions éparses dans la littérature médicale. On peut dire que
chique ; de même un objet introduit dans les fosses nasales ou l'arrière-nez peut tomber dans le larynx pendant un mouvement d’aspiration, ou maladroitement repoussé par la main duchirur-
Dans les pays chauds, les sangsues rentrent dans le larynx au
souvent fait pénétrer plus profondément enc< respiratoires, un objet placé dans la région sus
développement du croup au cours de la rougeole est héréditaire. Cet auteur dit avoir maintes fois remarqué que les enfants d’une même famille ayant la rougeole à des intervalles éloignés, se trouvaient chaque fois atteints de cette complication ; c’est ainsi que dans une même famille, à plusieurs années de distance, chaque enfant aurait succombé successivement à une diphtérie consécutive à cette fièvre éruptive. Toutefois les autres auteurs n’ont pas fait de remarques analogues.
Examen laryngoscopiqüe. — Il est très rare que l’on ait l’occasion de pratiquer l’examen de la muqueuse vocale à là période prodromique de l’affection, car il est pour ainsi dire exceptionnel que
l’organe vocal d’un enfant simplement un peu enroué depuis quelques jours, mettant tout sur le compte d’un refroidissement où d’un léger rhume.
LARYNGO-TYPHUS
Fréquence. — Les complications laryngées de la dothiénenterie ne sont guère connues que depuis le commencement de ce siècle (Bayle, 1808), Brouillaud et Gruveilhier (1825). Toutefois ce fut surtout après la période laryngoscopique que les travaux véritablement importants sur la question ont été publiés (Koch, 1878), N. Blaising (1880), Tissier, etc., etc.
Tous les auteurs qui ont écrit sur le laryngo-typlms admettent que la fréquence- de ces altérations morbides dépend tout à la fois et de la saison où évoluent les épidémies et surtout de la nature de ces dernières. Ainsi Mollière, de Lyon, dit avoir observé en 1878 de nombreuses complications laryngées, tandis que cette même année ces manifestations étaient rares à Paris où la même affection sévissait également.
Le laryngo-typlms est une manifestation fréquente chez les soldats en campagne, surtout lorsque la maladie atteint des sujets débilités. Elle est également plus connue dans les hôpitaux que dans la pratique civile. Toutefois je suis convaincu que les complications laryngées superficielles seraient assez souvent observées si l’on pratiquait systématiquement l’examen de l’arrière-gorge et du larynx des typhiques, comme on le fait pour leur bouche, leur langue et leurs gencives. D’autre part, nous savons que bien des altérations de l’organe vocal, manifestes pendant la vie, ne se retrouvent plus à l’autopsie (infiltrations œdémateuses, érosions superficielles), aussi les statistiques concernant la fréquence de cette complication sont-elles toutes plus ou moins entachées d’erreur.
Les formes légères érythémateuses, s’observent habituellement dans le second et surtout dans le troisième septénaire, tandis que les complications plus graves se rencontrent surtout au moment de la convalescence.
Étiologie. Pathogénie. — Pour expliquer l’apparition des laryngites typhiques, on a invoqué la nature du germe épidémique, le manque de soins hygiéniques, le froid, les efforts vocaux antérieurs à l’affection. Le sexe masculin y semblerait aussi le plus prédisposé, peut-être à cause de la nature de ses occupations habituelles.
LARYNGO-TYPIIUS
quamation générale de la muqueuse laryngée", principalement sur l’épiglotte, les replis ary-épiglottiques, les bandes ventriculaires et aussi les cordes vocales* surtout à leur face supérieure.
Toute la couche superficielle de Fépithélium est enlevée. On constate quelquefois l’existence de petites mucosités noirâtres ou gris foncé, qui se déplacent pendant les efforts de toux, se distinguant ainsi des érosions ou même des ulcérations. Le larynx paraît sec, comme vernissé, offrant un aspect assez analogue à celui de la muqueuse des fosses nasales et du pharynx, à cette période de la maladie.
Chaumel a comparé l’épiglotte des typhiques, dans les formes un peu prononcées, aui gland en érection ; mais il faut dire que cet opercule quoique rouge et finement granulé, n’est cependant pas tuméfié d’une manière. notable;
La laryngite érythémateuse survient habituellement pendant lé cours dé la fièvre typhoïde ; elle correspond à la forme catarrhale des auteurs allemands ; ce serait même d’après Lœri, avec l’hypertrophie de la rate et la courbe de la température particulière à cette infection, le symptôme caractéristique de la maladie. On observe cette complication surtout chez l’adulte et dans les formes réellement confirmées de la dothiénenterie. Chez les enfants elle paraît être exceptionnelle.
2° Forme diphtéritique. — La plupart des auteurs la considèrent comme très peu; commune. Lorsqu!elle existe, elle se présente habituellement dans le troisième septénaire et se signale surtout par la minceur de la fausse membrane qui recouvre la muqueuse vocale.
Les symptômes fonctionnels ne diffèrent pas de ceux de la diphtérie en général ; toutefois comme les néomembranes ne sont pas très développées, la dyspnée est souvent peu accentuée. Quelques- auteurs ont signalé à la suite ou pendant l’évolution de cette laryngite pseudo-membraneuse, de véritables ulcérations de la muqueuse.
Eppinger qui a fait à ce sujet des recherches anatomiques* admet que les couches membraneuses observées ne sont pas des
que dans d’autres cas, cette région est tout à fait indolore.
Les modifications de la voix varient avec le siège et l’étendue des ulcérations. Si celles-ci atteignent la partie postérieure du
(bandes ventriculaires, cordes, région sous-glottiques, etc.) on ^ l’aphonie complète.
Les troubles respiratoires pourront être légers, ou faire totalé|* ment défaut. S’il apparaît un œdème rapide des replis ary-épiglotr^j tiques venant obstruer brusquement l’entrée des voies aériennes,^ la dyspnée sera alors considérable et accompagnée d’accès de . suffocation. D’autres fois la tuméfaction ou les abcès de la régibnjM aryténoïdienne engendrent de la sténose respiratoire, soit par infiltration, soit par immobilisation des cordes par arthrite cricq- '
Les caractères de la toux changent avec ceux de la voix. Quant ? à l’expectoration, elle est variable, suivant l’étendue des ulcéra- |
LARYNGO-TYPHUS
A l’examen laryngoscopique on constate au début de simples érosions siégeant sur l’épiglotte ou la région postérieure. Ce sont de petites pertes de substance arrondies, ovalaires ou longitudinales, irrégulières, avec des bords flasques, frangés, épais et infiltrés. Bientôt après ces petites ulcérations s’étendent et forment de véritables Cratères ulcéreux, à fond grisâtre, terne, avec des bords anfractueux et taillés à pic. Le fond de l’ulcère est presque toujours recouvert de détritus gris blanchâtre j il présente en certains points des parties noirâtres, indices de la nécrose du cartilage sous-jacent.
L’œdème de voisinage est toujours assez considérable ; il occupe habituellement les replis ary-épiglottiques, particulièrement la région qui correspond à l’articulation crico-aryténoïdienne, les bandes ventriculaires ou même l’épiglotte et la région soùs-glottique. Il n’est pas très rare d’apercevoir de véritables abcès creusés dans l’épaisseur de la muqueuse vocale. Ils offrent l'aspect de cavités profondes et anfractueuses, au fond desquelles le cricoïde, le thyroïde elles autres cartilages sont plus ou moins altérés par la carie ou la nécrose.
D’après les recherches anatomiques faites par Dittrich, Cru- Veilhier, Brouillaud, Sestier, Trousseau et depuis par beaucoup d’autres auteurs modernes, les parties de la charpente du larynx atteintes de nécrose sont, par ordre dé fréquence : le cricoïde, l’aryténoïde et enfin le thyroïde et l’épiglotte.
C’est ordinairement pendant la convalescence qu’apparaissent les altérations profondes dont la sténose laryngée est la conséquence à peu près obligatoire. Dans les cas aussi graves, la palpation externe de l’organe vocal permet ordinairement de constater l’existence d’un épaississement de la charpente du larynx avec des bosselures indiquant les modifications subies par le fibro-cartilage du larynx (périchondrite).
Il peut môme se produire des fistules externes communiquant avec un cartilage enflammé ou nécrosé.
4° Forme myopathique. — Elle se manifeste habituellement pendant la convalescence de la fièvre- typhoïde ou même après
subordonné à la gravité de l’infection qui a engendré la complication laryngée et à la nature même de cette dernière.
Traitement. — Le traitement ne laisse pas que de présenter de très sérieuses difficultés. Il devra surtout au début être prophylactique. On évitera au malade tout refroidissement brusque et
drites, les parésies, paralysies et les sténoses se recon leurs caractères habituels que j’ai déjà exposés à [ laryngites syphilitiques et tuberculeuses.
traitement que
cartilages qui composent sa charpente. La trachéotomie doit être faite assez bas pour éviter l'anneau cricoïdien, parfois même le premier anneau de la trachée qui souvent participent au processus infectieux. Ici plus que jamais, il faudra inciser lentement les tissus situés au-devant de la trachée et bien voir le point sur lequel portera l'ouverture .trachéale, de manière à placer la canule au milieu de cartilages sains. Les précautions habituelles seront prises avant et après l'opération.
C. Gangréneuse.— Les symptômes de cette forme grave ressemblent de tous points à ceux^de la laryngite dite sous-muqueuse, ou à ceux de l’affection décrite , autrefois par Senator, sous le nom de phlegmon infectieux primitif du larynx. Depuis longtemps déjà Massei a l’un des premiers étudié cette variété d’érysipèle gangréneux du larynx qui est caractérisée non seulement par une
chéotomie permettra de parer à l’asphyxie. Il faut reconnaître, cependant, que les moyens dont dispose notre arsenal thérapeu-
pus, le traitement sera celui de la laryngite œdémateuse ou des abcès de cette région (voir p. 316 et 340), sur lequel je me suis déjà longuement étendu.