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Le sang , ce fluide que le cœur dirige continuellement vers tous nos organes, et qui dans son mouvement non interrompu, leur porte les particules nutritives, ne doit pas étre répandu inconsidérément. Si une trop grande quantité nuit à lexercice régulier des fonctions, et amène le dé-
rangement de la santé > une trop petite
quantilé a aussi ses inconvéniens. Sa surabondance commande sans doute louverture des vaisseaux, mais il n'en faut pas moins élablir cette pratique sur des données certaines et sur les résultats de l'expérience.
La prédominance que peut acquérir le système sanguin, est démontrée par les évacuations qui se font souvent jour par divers organes, et parmi elles, on distingue surtout les. hémorragies nazales , celles du poumon , le flux hémorroïdal, le pissement de sang, elc.; nous RE que chacune de ces évacuations est spécialemert affectée à une certaine époque de la vie, et que le plus ordinairement elle est assujétie à des retours Periodiquess |
En raison des connexions ANT TA qui existent entre le système vasculaire et
les autres systèmes . de l'économie , la moindre altération qui se manifeste dans les fonctions , porte un trouble plus ou moins marqué dans celle de la circulaon , soit en accélérant ou ralentissani son mouvement , soit en le rendant inégal et irrégulier, soit en lui communiquant de Ja force, ou lui imprimant de la faiblesse ; aussi a-t-on senti depuis long-tems la nécessité d'étudier la foule de phénoménes et de différences que présente le pouls ? | ù
Le pouls nous fournit les données les plus positives sur la nature , le caractère, la marche de la plupart des maladies, tant est grande l'influence du systéme circulatoire sur notre organisation.
On peut dire que l'état du pouls habilement saisi, met à découvert tout l’intérieur de l’homme , et les mouvemens secrets de ses oïganes. [nitié dans la connaissance. du pouls , on peut annoncer avec Sagacité les évacuations critiques, et suspendre l'emploi de tous les remèdes ca-
pables de les troubler.
Qui ne sait avec quelle sagacité Galien présageait , d’après les caractères qu'il dis-
108) tinguait dans le pouls, les crises favorables ou funestes qui terminaient les maladies!
La Aodtrine du pouls, renversée par la secte des chymistes, fat reprise par les mécaniciens qui l’entachèrent des erreurs de leur systéme.
Solano et Nihell publièrent au milieu du siècle dernier quelques observations intéressantes sur le pouls. Cox, Michel, Lecamus, Menuret, Fouquet el FVelsch, ajoutèrent à leurs FUN Er Ob ES à ; imais il était réservé à Bordeu de répandre un grand jour sur cet objet. Ce profond praticien observa tous les caractères que peuvent imprimer au pouls les différentes. crises , selon qu'elles ont leu par 1iel'ou tel émoncioire. Îl établit, d'apres Hippocrate, une division des Maladies qui ont leur sièce au- dessus où au - dessous du diaphragme ; il poussa très - loin les recherches, observa des différences tres-prononcées entre le pouls des maladies dans lesquelles la crise se fait par des organes
situés au-dessus du diaphragme, et celui des maladies dont les évacuations critiques ont lieu par des organes situés au-dessous de cette cloison. De cette observation
| (5) | lumineuse est née la division de pouls spé:
rieur et de pouls inférieur. Chacun a ses subdivisions qui, indépendamment du caractère principal , ont un caracière par-
ticulier , qu'on peut saisir avec une attention scrupuleuse.
Lorsqu'on a profondément médité les lois de l’organisation animale, on reconnaît l'influence des forces vitales sur le pouls , et on rejette toutes les théories mécaniques et hydrauliques au moyen desquelles on voulait rendre compte du mouvement circulatoire du sang. Des lois qui font mouvoir des humeurs vivantes ne peuvent se comparer aux lois qui déterminent la progression des liquides ordinaires.
Ainsi pour se rendre raison des effets
des émissions sanguines arüficielles, on
se gardera de considérer le corps hümait comme une machine; 1l faudra reconnaître les propriétés vitales des vaisseaux; Signaler leur état d’exaltation ou de faiblesse; ne point perdre de vue que le sang doit être regardé comme le principe
d’excitation et d'énergie de tout le systême .
circulatoire » et qu une diminution dans
(6) la quantité de ce liquide doit nécessairement affaiblir les oscilations vasculaires.
Le système sanguin se compose de deux circulations inverses l’une de l’autre, la circulation artérielle, et la circulation véineuse. La première fait presque tous les frais de la nutrition, c’est une sorte de réservoir général où lés lexhalanis de tous les ordres viennent puiser. La seconde au contraire semble s'enrichir de ce que l’autre a perdu: elle reçoit le chyle, la Iymphe, la graisse, la synovie et les autres humeurs qui drahbndon) dans l’économie animale ; aussi le docteur 4lbert compare-t-il inpénieusement le canal artériel et le canal veineux , à deux fleuves , dont l’un répand, disperse et prodigue continbéllérient ses ondes, pour nourrir et féconder la terre qu'il arrose, et dont l'autre va se grossissant sans cesse de tout ce qu'il rencontre sur Son : passage.
Ajoutons à ces deux systêmes vasculaives un troisième , qui se compose des ramisbules ARMOET RE l'autre , et qui est connu sous le nom de systéme capillaire.
Beaucoup de causes concourent à produire lexaltation du systéme vasculaire.
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Elle est souvent le résultat de la surabondance du sang , désignée sous le nom de pléthore. Il criqudr : avant de recourir aux émissions sauguines, de bien s'assurer si la quantité de sang. excède la mesure nécessaire pour soutenir les forces vitales.
On reconnaitra l’existence de la pléthore, aux caractères qui distinguent.le tem pérament sanguin ou bilieux , à la plénitude du pouls, à sa force, au gon-
flement des veines, en un mot, au déve-.
loppement manifeste de tout L système vasculaire. Au reste on saura que les professions sédentaires de la vie civile, J’ha-
bitude de boire et de manger avec excès,
le rafinement dans le choix des mets, le défaut d'exercice, les suppressions du flux menstruel ou des hémorroïdes, les hé-
imorragies affectées à chaque âge , et beau-
coup d’autres causes de ce genre , doivent nécessairement introduire un accroissement d'action dans tout le système vasculaire.
De là dés céphalalgies gravatives , une vive Coloration de la face , et souvent même de toute l'habitude de la peau, un pouls fort, dur et vibrant, un état de vertige
et de somnolence , ile douleurs locales ,
des commotions fortes du cerveau, des
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(8) engourdissemens dans tous les membres, l'apoplexie , les anévrysmes, etc.
Pour éclairer l'importante question qui
nous occupe , il ne suffirait pas de faire connaître les causes de l’exaltation du systéme vasculaire, les phénomènes pathologiques auxquels elle donne lieu, et lindication que ceux-ci offrent des dUnssions sanguines ; dans une matière aussi importante , les principes généraux, 1oujours susceptibles d’exceptions , ne peuvent servir de règle : nous aurons donc à passer en revue toutes les maladies, et à préciser , relativement à chacune d'elles , non seulement si elles exigent ou non les émissions sanguines, dans quel lieu il peut convenir de les pratiquer ; mais encore nous aurons à déterminer là préférence qu'on devra accorder à tel ou tel mode d'émission , et à déduire.les motifs de cette préférencé.
Il est des circonstances qui contre-indiquent les émissions sanguines ; tels sont les cas qui sont marqués par un affaiblissement radical des forces du corps. On devra en général s'en abstenir après les travaux immodérés du corps et de l'esprit , après les maladies longues et prolongées surtout après celles qui ont porté
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une profonde atteinte à l’irritablilité et à la sensibilité. Combien de fois des médecins, d’ailleurs très-instruiès, mais enthousiastes . des émissions sanguines, n’ont-ils pas abusé de ce remède? Le célébre Hecquet fut dit-on , victime des saignées nombreuses qu'on lui prodigua par son ordre (1).
Le médecim devra toujours prendre pour ouide les mouvemens de la nature, Il saura que le pouls qui était plein et fréquent au’ commencement d’une hémorragie active, devient souple et lent si elle à duré quelque tems; mais que si elle s'est prolongée au-delà des bornes , la faiblesse générale survient, l’état de collapsus a lieu : les mêmes phénomènes
(1) Hecquet avait donné , sur la saignée, une thèse dont voici quelques absurdes propositions:
« On a toujours assez de sang pour la vie, rien ne » puule tantiqne le: sang. jé me
» Dans une maladie , aiguë on peut diminuer les » forces ctle sang au-delà de ce qu’on pourrait croire,
» La force du cœur se trouvant fort augmentée » dans la fièvre a besoin de beaucoup moins de sang » pour S’entretenir, __» On peut ôter présque tout le sang d’un animal; » sans qu'il méenre. » | | it
C'est ainsi qu'ane prévention dangereuse aveuglait nn médecin, d’ailleurs recommandable par son savoir
et sa probité,
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(l 10 ) n'arriver ol 1 pas nécéssairement a la suite des ‘evachations artificielles poussées trop | Join : ne R
ue: premier effet des émissions sanguines, provoquées à propos , est la dimimution de force dans les mouvemens du pouls, le rétablissement de tous les solides , le retour de toutes les sécrétions , d’où l’on concevra facilement: qu'une perte de sang eh quantité convenable, fera cesser le désordre que l'abondance de-ce fluide ) Son mouvement trop précipité, ou la tension vicieuse des ‘solides auraient oCCasionné.
Mais si ds ÉMISSIONS sanguines ont été excessives, méme dans les maladies aiguës , les convalescens restent long-tems dans un état de faiblesse et de cachexie. Casimir Médicus rapporte qu'ayant-fait pratiquer une saignée vers la fin d’une fièvre aiguë, il survint un œdème aux pieds, qui ne céda à aucuns remèdes.
Cést, at Hoffinianre, due le sang que de nos forces, et c'est Cie .affaiblir que de trop diminuer la quantité de ce fluide. Les saignées faites inconsidérément, jettent les solides dans un état de
(Ft) relâchement et amènent la diminution | d'énergie vitale de chacun de nos organes:
Helvetius ; quoique assez prodigue. du sang , a senti les dangers de la trop grande PVADHARON de ce fluide. Il nous observe que la pratique des saignées trop copieuses et trop rapprochées les unes des autres , ne peut être que dangereuse et préjudiciable ; règle générale, ajoute-t-il, qui n’admet d'exception que dans les fièvres ardentes et dans les autres imaladies inflammatoires où il faut jeter les parties dans l'affaissement pour modérer la fougue et l'in pétuosité du sang (1).
Il faut, savoir qu'en général, les personnes d'un médiocre embonpoint, dont les chairs sont fermes , les vaisseaux gros , supportent mieux la saignée que ceux qui sont chargés de graisse; chez ceux-ci les solides ont moins de ressort, les propriétés vitales ont moins d'énergie; aussi Galien donne-t-il le conseil de tirer avec circonspection du sang aux personnes qui ont les veines petites , les chairs molles , et chez lesquelles Ë päleur se trouve réunie à l'emboupoint.
(a ) Idées génér. de l’écon. FT pag. 93.
IL. recommande:de s'informer, avant de se. déterminer. à saigner, si la personne soutient bien les émÉssions sanguines. fl veut qu’ on éxamine avec Soin . C6 qui arrive dans chaque sujet, pendant et apres l’evacuation. On voit, dit=i, des malades qui ont une si fo te répugnance pour la Saïgnée , que le trouble et Pagitation qui en résultent, peuvent quelquefois leur rendre cette évacuation plus pernicieuse que Îles accidens qu'on se propose de dissiper par “elle; c'est ainsi que ce célèbre médecin, d Lafélendes très- -partisan des émissions ‘san= gunes , appréciait néañmioins toutes les circonstances qui peuvent être favorables ou défavorables à ce secours RTE | "IAE EUR
On peut dire que les anciens avaie: at judicieusement observé que les: saiguées | trop fréquentes, même dans les maladies aiguës, enlevaient à la nature la force de provoquer. des crises salutaires : ; aussi leur vue n'était point d'éleindre la lièvre, mais de la réduire au degré nécessaire pour opérer la coction. Lorsque la fièvre était ire régulière, et qu’elle ne imanifestait pointson caractère spécifique , ils attendaient qu’elle se fixât et qu'on en put Sigualer lespéce,
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(13) avant de recourir à l'emploi des émissions sanguines. Jusqu'alogs , ils aimaïent mieux se confier à la nature que d'agir im pru demmient, en s’abandonnant à de simples conjectures fournies par des symptômes passagers. En un mot, ils ne se déterminaient à agir que Lorsqne Pindiz cation était positive et hors de doute:
en effet, observer les mouvemens dela nature, editer. aix ‘Vues qu'ils présentent, les animer s'ils sont trop faibles , les réprimer sils sont trop vifs, les redresser si leur direction parait contraire , telles doivent étre les vues du médecin.
Mais tant que les propriétés vitales agissent avec trop d'activité , tant qu'il y a exaltationu du systéme circulatoire, tant que les phénomènes d'irritation se Chptauent et que les forces se soutiennent, la maladie peut être combattue par des évacuations sanguines artificielles. Alors il faudra considérer que les jeunes gens, les hommes pléthoriques et les femmes, supportent en général mieux de grandes. saignées ; que
certaines évacuations , provoquées par la nature , telles que la diarrhée, les sueurs > doivent rendre circonspect relativement à