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la quantité de sang que semblerait exiger la maladie; qu'il pourrait être dangereux de porter ja déplétion des vaisseaux au point d’étemdre tout à coup la fièvre . et que les exemples de saignées abondantes, faites avec avantage pour les malades, dans un espace de teims:très-court, doivent être considérées plutôt: comme des exceptions heureuses, que comme des modèles à imiter.
Reconnaissons donc que la pratique sanguinaire de Botal et de ses imitateurs , qui employaient les émissions sanguines copieuses dans toutes sortes de cas et de tems, est aussi mauvaise que celle de Van Helmont , qui les bannit entièrement de l'exercice dela médecine, et se lit gloire de crier : « Eoo sane nemini sanguinem » mutlo. »
Du rapprochement de tous les faits de pratique, tant anciens que modernes qui sont épars , ON peut sans doute , dans l’état actuel de nos connaissances, pie ressorur des principes susceptibles de diriger l'emploi des émissions sanguines artificielles , et préciser tous les cas RUE qui di réclament. Me :
+ Pour atteindre ce but, le praticien dévra prendre en considération les modifications que présentent les divers systémes vasoulaires , et dès-lors il verra que louverture des grands vaisseaux doit être réservée aux maladies pléthoriques et inflammatoires , soit essentielles, soit. sympiomatiques; et qu'il y faudra recourir:toutes, les ‘fois qu'il sera nécessaire de modérer Yimpul- | sion du sang, de diminuer promptement sa quantité, toutes les. fois. qu'il sera 1ndiqué de ralentir ie mouvement, de, la grande circulation, et d’arracher l'épine
inflammatoire qu’elle entretient sur, un orah important.
Sous ce rapport, nous aurons à déter- -miner les cas qui réclament l'ouverture des veines , et ceux beaucoup moins nombreux qui veulent l'ouverture des artères.
La saignée des vaisseaux du système capillaire devra plus particulièrement convenir aux personnes naturellement faibles et peu sanguines , quand la plèthore, sera légère , quand l'appareil inflammatoire ne sera point encore identifié avec aucun organe, quand le sang ne se dirigera vers lui que par une sorte d'attraction , et sans y avoir établi un siège primitif de maladie.
| RUN D Les observations judicieuses de Bordeu , relativement aux modifications du pouls,
qui annoncent des crises par les organes
situés tantôt au - dessus du diaphragme , tantôt au - dessous; les dispositions du
sÿStême vasculaire, qui sont telles qu'on
peut le diviser en supérieur’, en inférieur , en droit, en gauche et en abdomimal ; la plus grande imtiniité de correspondance établie entre les organes et les parties placées dans une méme région, enfin la doctrine des sympathies qui, de laveu
des praticiens philosophes, renferme les
principaux dogmes de la science médicale et peut éclairer dans le choix des parties sur lesquelles il convient de pratiquer des
émissions sanguines, toutes ces circons-
tances réunies aux lumières de l’observa-
tion pratique , devront conduire à l’adop-
tion de quelques principes, sans lesquels le jeune médecin resterait sans guide,
Jusqu'ici la diversité des opinions a été telle que, selon quelques-uns, laffecuion locale devait être le lieu de l'émission
du sang, que selon d’autres, il faut s'en écarter le plus possible, et qu'un grand
nombre a regardé comme indifférent de
, (#2 | tirer du sang de telle ou telle partie : ainsi chacun a suivi une route diflérente , ‘tous ont prétendu avoir atteint le véritable but, plusieurs y sont sans doute arrivés ; mais la marche est restée incertaine, et 'les principes n’ont point été fixés. |
L'université de Salamanque traita Brzssot de novateur {1}, et condamna sa pralique
(x) L’attachement à la pratique arabe ne fut jamais plus marquée que dans la pleurésie vraie, dont fut atteint le roi de Portugal , en 1520. Brrssot, en butaux Lratons de la faculté de Paris, alors toute ara-
isle, etqu'il s’était permis imprademment de rappeler à la doctrine des grecs sur la saignée , avait été forcé de s’exiler ; il se trouvait à Lisbonne. Contre le sentiment des médecins auliques , 1l fit saigner le roi du côté affecté, Le roi guérit, et cependant les partisans de M, Denis, premier médecin de ce prince, et antagomste de Brissot, obtinrent un arrêt, portant défense aux médecins. de saigner du côté où serait la pleurésie, 3 |
On est sans donte étonné de voir des jurisconsultes occupés à marquer Île vaisseau qui doit être. ouvert dans une maladie. Que serait-ce si on faisait l’histoire de la guerre excitée à cette occasion parmi les medecins ? Depuis le huitième siècle, la doctrine des arabes régnait paisiblement sur les esprits, après avoir étouffé son aînée et sa rivale , lorsque ( en 1515 ) ce même, Brissot , homme de génie, profondément versé dans la médecine d'Æippocrate , abandonnant les drapeaux arabesques, leva tout à coup l’étendard des grécs, au milieu des médecins de Paris. Il attaquait une pratique enseignée dans toutes les écoles, adoptée de tous les praticiens, 1l ne pouvait manquer de contra-
| 1 (18) de saigner en quelques cas , du. côté de la —— L NL ! à + à à ne cmt
dicteurs. On s’éleva de toutes parts contre lui, on traita son opinion d'erronée , de fausse, de ridienle, d’absurde , même d'impie, Ou prétendait qu’elle n'était pas iñoins pernicieusé au corps, que le /uthéranisme à l'ame, et que par conséquent, les médecins qui saignaient du côté malade , étaient des gens sans foi, sans religion, La guerre une fois allimée, on combattit pour savoir si l’on saignerait du côté droit, ou du côté gauche, comme on aurait combattu pour Ja défense de ses pénates. Enfin, les deux partis excédés de fatigues, parlementérent. On convint d'établir un médiateur, et l’on choisit l’école de Salamanque..Ce tribunal était sans doute agité par la même diversité d'opinions sur Ja satsnée. Il s’y prit à deux fois pour fixer la sienne. D'abord il prononga pour les arabes, mais quelque tems après, condamnant ceux-ci, il jugea la controverse, en faveur des grecs. Une Varia tion aussi frappante avilit les juges , ils furent désavoues par les arabistes. On reprit les armes, et les hostilités recommencèrent ; on se hattit de nouveau, jusqu’à ce qu’enfin les arabistes s’avisèrent d'appeler du jugement de l’école espagnol, au tribuual de l’empereur Charles- Quint. Mais ce prince occupé dans ses vastes projets à se faire admirer de la m'tié de l’Europe , et à faire trembler le reste , abandonna les enfans d’Esculape à leurs dissentions. On croit cependant que la mort de Charles IIT, duc de Savoie, emporté par une pleurésie, le 16 septembre 1553, aprés avoir été saigné du côté opposé à la, douleur, selon la doctrine de M. Denis, alors chef des arabistés , fut une des causes qui empêéchèrent l’empereur de condamner les sectateurs des grecs, MOINS puis- Sans el moios nombreux que les partisans des arabes. Aïnsi finirent ces débats, qui n'auraient pas eu de fin, si Charles-Quint n'eut dédaigné de s’en occuper ; car l'expérience a prouvé mille fois que l'intérêt que les princes, les grands, les tribunaux prennent aux
Die CMS: | douleur ; des médecins arabes abandonnérent et critiquérent la méthode d’Æppocrate et de Galien, qui prescrivaient l'ouverture de la veine du côté malade ; si les uns et les autres avaient été pourvus - des connaissances que le flambeau de l’anatomie et les observations cliniques ont depuis portées dans toutes les branches de l'art de guérir, n’auraient-il pas entrevu les raisons qui peuvent militer en faveur d’une semblable pratique ?
Ainsi , après avoir exposé et combattu les objections qu’on oppose à la doctrine de la révulsion et de la dérivation, nous développerons en sa faveur une suite de principes fondés sur les autorités les plus respectables , propres d’ailleurs à concilier toutes les opinions et à faire cesser leur diversité. Nous invoquerons le Code Hippocratique , publié par le célèbre Barithez, duquel il résulte qu'il faut tirer le sang
disputes scientifiques, de quelque genre qu’elles soient , suffit pour les éterniser, parce que plus le jugement a d’éclat , plus le parti condamné croit son honneur intéressé à ne point se rendre.
Tirons un voile sur les évaremens et les travers d’un siècle où régnait despotiquement la scolastique , source éternelle d’ignorance, d’entêtement , de haines, de persécutions. ( Hist. de la chirur. ).
(ao)
des parties éloignées , quand la fluxion est
commençame et lorsqu’ elle se renouvelle par reprises périodiques ; et qu'il faut préférer les saignées locales où voisines des parties affectées , si la flaxion est parvenue à son état fixe.
Quelle quantité de sang peut-on en général tirer sans inconvénient ? Galien nous apprend qu'il tira à une fébricitante dont les règles étaient supprimées depuis quinze mois, dix-huit onces de sang Île prenuer jour , douze le second, et fi le troisième. C'est, dit Leclerc (1), premier exemple que lon ait de la qu tité de sang üré. Galien nous dit aussi qu’il Ôta d’abord trois livres de sang à un inalade attaqué d’une violente M et quatre heures après une autre livre (2).
Nous savons qu'il saignait même quelquefois ; jusqu'à défaillance ; 1L est vrai qu'il
n'en venait là, que chez les malades rO-
bustes ,. Diane de fièvres tres - aiguës , allumées par la plénitude d'un. sang bouillant (3). En un mot, 1l ne recourait
(1): Hist, de la Méd. pag. 703. |
(2) De cur. rat. per sang. muss. Cap. ide 4
C8) Ubi fervescentis sanguinis inest plenitudo . acittissimam accendens feébrim subitd ac simul eyacuare,
‘a ce moyen ‘extrême que dans les fièvres
les plus ardentes, les douleurs les plus vives, les inflammations les plus fortes ; et dans. ce cas, il était attentif à toucher Le poals ; dès qu'il sapercevait de son affaiblissement , de la pâleur des lèvres et. du visage , il fermait la veine.
La quantité de SaDg qu on bent en pénéral tirer sans A NET ONE ne peut donc être que relative, Dans aucun cas il ne faudra perdre de vue que .le systéme circulatoire est plus manifestement , que lout autre , SOUS l'empire des forces et Où | ‘pr sur, ce point, de même que sur beaucoup d’autres, ne pas se laisser eutraîner par l’autorité de quelques grands mailres, qui, au lieu d’avoir eu l'intention d'établir des règles fondamentales, m'ont qu ‘énoncé quelques laits extraordinaires.
Ainsi, de ce que Mn OSa verser quatre tes de.sang à la première saignée, chez un pleurétique; de ce que Triller Yan ANSE et Zissot conseillent en pareil cas de faire la première saignée de quatorze
onces seulement; de ce que Sydenham Ée
qu'on guérit rarement une pleurésie vraie sans avoir versé quarante onces de sang,
on n’en conclura autre chose, sion que l’'indication desémissions sanguines arüficielles devra être déduite de la nature de la maladie, de l'intensité de ses symptômes, de ses périodes , de sa marche, de ses complications , de ses épiphénoimènes, de l'état du pouls et des forces du malade , ea un mot , on ne se décidera à répandre abondamment le sang, qu'après une judicieuse appréciation de toutes ces circonstances réunies à la considération de l’âge, du sexe , du tempérament, de l’époque de la maladie, du climat, de la constitution médicale.
Ace pu Macape (1). On a prétendu quil ne fallait tirer du saug ni dans l'enfance
(1), Chaque âge est marqué par un certain ordre de mouvemens et de phénomènes ; les maladies qui l’accompaguent en prennent nécessairement le caractère. Les affections convulsives et cérébrales sont celles qui sont le-plus essentiellement liées à la constitution de l'enfance ; lhémoptysie , les fémorrapies mazales atteignent le plus ordinairement l'adolescent; Vâge viril est celui qui. voit. sévir les hémorroïdes, l'hypocondrie, la mélancolie; c’est à cet âge que le systême hépatique est souvent frappé d’un état de langueur ainsi que tous les organes abdominaux ; dans l’âge avancé le mouvement progressif des liquides se trouve ralenti, le. système muquenx est appauvri,, et la goutte, le rhumatisme , la paralysie, l’anasarque, le marasme , etc. , viennent ordinairement terminer la vie du vieillard. | |
ni dans la vieillesse. C’est en effet chez Fadulte que le sang est plus abondant, plus spiritueux, que ‘le cœur et tous les vaisseaux ont plus de force pour le mouvoir; c'est l’âge des maladies pléthoriques et inflammatoires, par conséquent celui auquel on a le plus besoin d’être saigné.
Quoiqu'il en soit, 1l serait iconsidéré d'admettre eu pratique qu’on ne doit jamais recourir aux émissions sanguines, ni chez les vieillards , ni chez les enfans. La constitution muqueuse est tellement prédominante dans les deux ou trois premières années de la vie, que les enfans sont à la vérité , rarement exposés aux fièvres inflammatoires essentielles; mais parvenus vers l’âge de sept ans, ils ont souvent acquis assez de vigueur pour qu'il devienne nécessaire de diminuer la quantité de leur sang , et de réprimer la force de leur système vasculaire. On les voit d’ailleurs, dès. leurs premières années , atteints de diverses fièvres symptomatiques qu ont souvent un caractère inflammatoire et qui “exigent des évacuations sanguines ; je Veux parler de la rougeole, de la scarlatine, dela petite-vérole, de Yophthalmnie, de l’angine, du croup, de la coqueluche, de lhydrocéphale aiguë, | | L
… Comme dans les maladies même inflammatoires des enfans , le pouls acquiert rarement de la durété, et que le plus ordinaireument l'émission de sang doit étre modérée ; on donne en général la prétérence aux saugsues que l'on applique aux.
jambes ou aux pieds, et que l'on réitère selon le “degré d'intensité des accidens.
Cependant ce précepte n’est pas tellement de rigueur, qu'on ne puisse les mettre partout ailleurs, et. même dans quelques circonstances pr De | leur préférer la saignée du pied ou du bras.
Rarement les ‘icillards qui ont dépassé soixante ans , et qui n'ont pas été soumIS aux évacuations sanguines , Sont atteints de pléthore réelle, à moins que cet état ne soit constitutionel. Cependant les vieillards ne sont pas toujours inaccessibles à l'influence du génie des maladies régnaniés ,. et sont attaqués de maladies inflaminatoires qui acquièrent quelquefois un degré étonnant d'intensité. Pourquoi , dans ce cas, ne les saignerait-on pas? En Yain, par d’autres moyens on ;espérerail obtenir une terminaison heureuse de la maladie. Dans des flegmasies de poitrine qui avaient frappé des vieillards de soixante-
dix
(25) | dix ans, j'ai tiré dans l'espace de six jours | jusqu’à quatre livres Jde sang. Le renouvellement da point douloureux quelques heures après la saignée , l’état de plénitude et de dureté que reprenait alors le pouls, la permanence de la chaleur , de la sécheresse de la peau, la fermeté du caillot, l'épaisseur et là densité de la couenne , en ün mot, tous ces phénomènes réunis pouvaient autoriser à poursuivre les émissions sanguines avec promplitude, et le succès couronnait cette médecine active , avouée des praticiens habitués. ;