‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 12 sur 77 · LL · texte numérisé non relu

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Ainsi donc, les émissions sanguines sont admissibles chez les enfans en bas âge, de même que chez les vieillards, si la maladie l'exige ; mais point de doute qu'il faut apporter alors dans leur emploi, la plus grande circonspection.

Époque pe La Macanie, Pour pratiquer convenablement et à propos des évacuations sanguines artificielles, faudra-t-il avoir égard aux divers tems de la maladie? Aretée et Celse l'ont pense, et ont limité leur étendue au quatrième jour de la maladie. Poerhaave et ses sectateurs avaient adoplé cette opinion erronée,

| LA ) | C'était un oubli de la médecine d’Æippocrate , qui saigna Ænaxyon le huitième jour d’une pleurésie. Barllou, Riviere , Sydenham, Baslivi, Stoll, Stark, Glasse, Lentin, et beaucoup d’autres praticiens célèbres, ont imité son exemple et ont

obtenu des succès. Le

Ainsi l'opinion qu'on ne doit pas saisner dans les maladies mflammaioires, après le quatrième jour, n’est nullement fondée, et persister dans cette erreur , ce serait s'exposer à laisser périr un grand nombre de. malades, qu’on sauve jdurnellement en employant les évacuations sanguines à des époques avancées de la maladie.

Triller et Huxam ont fait saigner le huitième, le neuvième et le dixième jour d’une fluxion de poitrine. Le professeur Baumes , et le docteur Roucher, de Montpellier, ont tiré du sang le onzième, Guy-Patin, le treizième (x).

(' FR En pareille occurrence , ce sont les

(1) Guy-Patin était un chaud partisan de la saignée. Entre autres observations qui constatent que poussée trés-Jain , elle obtenait de brillans succés; il rapporte le cas de M. Cousinot , premier médecin du roi, qui fut attaqué d’un rude et violent rhumatisme pour leque il fut saigné G{ fois en 8 mois. ( Lettres ch. t. 1 p. 8.

forces du sujet, la consistance du pouls, l'exaltation organique ;: l'intensité des symplômes et l’iisuffisance des autres moyens : pour les appaisér , qui dirigent le jugement et font saisir lindication “encore existante de provoquer des émis- Sious sanguines. Cest ici qu'un coup d'œil exercé, un tact exquis, une heureuse habitude font iriompher en peu de tems, d'une maladie qui, sans un coup de maitre , aurait probablement une teriminaison fàcheuse. |

. Sans doute on double les espérances, en Saignant dès le commencement , car l'expérience confirme que le terms de lirrñation et du développement des symptômes graves, est celui qui est le plus favorable aux succes des émissions sanguines. Qui ne pensera pas avec Zriller et Van Swieten, que les évacuations critiques s’opèrent plus facilérnent après avoir modéré, par des saignées, la violence de Ta maladie ? Fit d’ailleurs les affections mflammatoires parcourant en général leurs périodes avec rapidité, renoncer à l’émploi des émissions sanguines dès leur invasion , ne serait-ce pas Commelire une faute capitale?

(28) Ainsi, quand, soit par la faute du malade, soit par l'oubli: ou l'incertitude de |

celui auquel il a été d’abord confié, la

saignée a été omise, il*faut y recourir à quelque époque que ce soit, si es symptômes l’exigent, sans chronlibe le jour dela maladie, en fondant l'indication sur sa .

nature et à rl Quocumque enim » die, di Galien, mittendi sanguins » :SCOPOS UD ægrotante inweneris, Et E0-.

» dem illud auxilium adlubeto eliam si » vel visestinus ab initio 1s extiterit ».

TempéramenT. On entend par tempérament une disposition particulière du cor ps, qui résulte de l'énergie plus ou moins active des propriétés vitales des organes, et de l'influence plus ou moins marquée des so-

lides ou des liquides.

LT 0 0 peut reconnaître un tempérament général qui caractérise le corps en entier, et un tempérament partiel, résultant de l'organisation de chacune des parties du corps qui ne sont pas toujours en FPS les unes avec les autres.

Le tempérament général a été divisé

“en un plus ou moins grand nombre d’es-.

pèces, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours.

Nous ne signalerons : ici que les espèces auxquelles les émissions sanguines artificielles conviennent plus parüculièrement ; ; au premier rang se trouve le ÉTAprarnent sanguin.

Si ce temnérament est plus caractérisé par l'abondance des liquides que par la tonicité des vaisseaux , on aura le tempérament pléthorique , je pouls sera plein.

Si le tissu cellulaire jouit à un haut degré de la propriété de se remplir d’une lymphe graisseuse , on verra se développer le tempérament pléthorique lymphatique , le pouls sera large.

Mais si la tonicité générale prédomine, on aura le tempérament sanouin musculeux , le pouls scra plein , large, fort (1).

(1) La force des muscles organiques ne coincide pas tonjours avec celle de la vie animale , aussi voit-on tel homme remarquable par des formes extérieures peu prononcées, et même par une faiblesse évidente dans les muscles des-membres, chez lequel ja digestion F par exemple , est marquée par une étonnante activité. IL est vrai que le cœur est plus fréquemment en rapport de force avec les muscles extérieurs , que l'estomac, les intestins, la vessie, et qu'un pouls plein ; bien développé, coincide le plus ordinairement avec Îla constitution athlétique. À ces considérations

Mt 00.) A La rigidité des fibres, une grande activité dans les organes de la sécrétion de la bile, constitueront le tempérament sanguin bilieux , le pouls sera fréquent et dur. | |

La prédominance plus ou moins marquée de ces tempéramens se trouvera toujours en rapport avec les émissions sanguines.

SExEs. les caractères physiques qui doivent marquer la différence entre l’homme et la femme, confondus dans la première. enfance, ne se laissent guères apercevoir qu'au moment où les mdividus ont atteint l’âge de puberté. C'est alors seulement que les deux sexes sont caractérisés par des

on pourrait ajouter que le tempérament est aussi caractérisé par la prédominance de telle ou telle foncton , et souventmême par létat moral. Qui nesait que celui dont l'appareil pulmonaire est tres-prononcé, dont le système circulatoire jouit de beaucoup d’épergie , qui est, comme on le dit, tres-sanguin, a dans Îles affections une impétuosité qui le dispose surtout à la colère, à l'emportement, au courage ; que là où prédomine le système bilieux, certaines. passions sont plus: développées, telles que Penvie, la haive, etc. que les: constitutions où les lympha— tiques sont à un plus haot degré, impriment aux affections une lenteur opposée à Plimpétuosité du : tempérament sanguin,

différences essentielles ; la structure interieure de la femme, ses formes extérieures, ses facultés , tout se développe chez elle d'une manière très- "prompIe, et son corps est ordinairement à läge de vingt ass,

aussi formé que l'est celui de l'homme à trente.

Il est assez raisonnable d'expliquer l’action prédominante du système nutritif chez | la femme, par le développement des organes de fe génération, dont l’influence sur toute l’économie est pius marquée que chez l’homme. On penserait au premier coup d'œil que celui-ci, plus robuste, plus capable de travaux pénibles \ dévrah mieux supporter les évacuations sanguines artificielies , mais l'expérience démontre le contraire. Il est même reconnu que le systéme sanguin jouit chez la femme d'une énergie plus grande que chez l’homme > que l'état de pléthore réelle s’y trouve réuni, et qu'en raison de semblables dispositions, la femme est sujette à des hémorragies plus rs et plus abondantes.

En effet, aux époques les plus merchiéce de existent des femmes, les organes de la génération semblent devenir un foyer :

de sanguification. La matrice, surtout,

formée presqu'entiérement d’un tissu musculeux , nerveux et vasculaire, susceptible d'un plus grand développement , est , a diverses périodes de la vie, soumise à des affections aiguës et à des pertes de sang. L'irruption des règles , l'état de grossesse, Ja. cessation de la Dent ee , offrent à chaque instant l’a ppareïl d'une turgescence sanguine ; que tantot 1l faut réprimer par des saignées locales , et tantôt détourner par des saignées éloignées du siège de la fluxion.

Cuimar. S'il est dans les tempéramens un fond de constitution qui tient à lorganisation originelle, on ne peut douter qu'il ne soit SIDE par les climats.

Cette influence est-elle assez grande pour changer la nature et le caractère spécifique des maladies connues , et pour en développer dans quelques pays, qui soient ‘ignorées dans un autre? ou bien chaque climat a-t-1il ses maladies particulières, essentiellement différentes de celles d’un autre climat ? Pourrait-on, par exemple, considérer le climat de la Pologne, comme la cause exclusive de la plique, ‘quand on

( 33 ) | ne rencontre pas celte maladie sous la même Jlautude, et dans des pays qui se.

rapprochent ‘infinimént de celui de Ja

Pologne : ?

On ne saurait se dissimuler que les descriptions d’un grand nombre de maladies , données par les anciens, et notamment par Hippocrate , sont tellement en rapport de ressemblance avec celles qui sont recueillies de nos jours, qu'on pourrait en conclure que les mêmes affections pathologiques peuvent se présenter dans tous les pays et sous tous les climats ; que l'influence de ceux-ci n’agit qu'en augmentant ou dimimuant as fréquence et leur intensité ; qu ‘elles sont les mêmes partout, quant à leur nature ou à leur essence , et qu'enfin, linfluence des climats divers ne doit être notée que comme un des agens qui déterminent la quantité et la fréquence d'action des causes occasion- nelles des maladies (1).

(1) Hippocrate nous apprend que ses observations sur les crises furent à-peu-près les mêmes dans la Scythie et dans la Lybie, deux climats très-differens. ( Lib. de præœnot.)

Forestus a confirmé la doctrine d'Hippécrare : par rapport aux crises, dans un climat septettrionul:

L'homme destiné à vivre dans tous les climats, trouve en général dans sa constitution , les moyens de résister à leur influence Douce Cependant on a observé quel européen qui prolonge sou séjour dans des régions humides et chaudes , comme aux Antilles, à la Côte-d’ Afrique, ec.

éprouve ordinairement une maladie grave qui modilie Sa constitution. On avait pensé que le sang se renouvelait dans cetté maladie d’acclimatement, qu’elle n'était qu'un efot ettire de Lure pour hâter ce renouvellement ; et qu’on pourrait la prévenir en dépouillant la masse du sang par des saignées prophylactiques. Bientôt on jugea les inconvéniens de cette méthode, dans un pays où latmosphère habituellement chaude et humide, tend à débiliter, et où il faut par conséquent diriger tot les moyens de la médecine, de manière a soutenir les forces.

Sous le rapport médical , distinguons

Frédéric Hof]mann a fait les mêmes observations en Allemagre. (Med. rat. syst. tom. 3.)

Sydenharn et Boerhaave ont trouvé la nature constante dans ses opérations ; et ont dit qu'elle Îles exerce à-peu-pres de la même manière dans tous les climats. |

EURE D: (CO le ae en chaud ou froid , en séc où

humide. 4

Le climat,froid, et le climat sec, déterminant et entretenant la rigidité des fibres, ainsi que l'énergie plus grande du système musculeux , rendent plus fréquentes que les autres climats, les maladies inflaurmatoires, et par la même raison, ofirent plus souvent lindication des émissions sanguines artificielles. Ïl restera donc avoué que, toutes choses égales d’ailleurs, dans le Dont froid et dans le clnnat sec , ‘On pourra répandre le sang avec plus d'activité que dans les climais chauds et humides.

Concluons de ce que nous avons dit,

| que lorsqu'un jeune médecin, pourvu de toutes les connaissances nécessaires à l’exercice de l’art de guérir, viendra se fixer au milieu d’une population nombreuse , qui lui accordera bientôt une entière confiance , il devra dès le commencement s'imposer l'étude de la topographie physique et médicale du pays, puisque l’ex= périence a démontré que ‘les ‘maladies reçoivent souvent leurs modifications paruculières des divers climats ; delà les ma-

LP à ladies endémiques, dont il est important de bien juger le caractère spécifique.

Consrirurion ménicare. Les époques Où commence chaque saison sont fixées, mais il n'en n’est pas ainsi des maladies qui sont soumises à leur influence. Aussi voit- on celles qui dépendent de la constitution de l'été , régner encore après le premier mois d'automne , et il en est de même à l'égard des autres saisons.

C’est en général la constitution d’hiver qui amène les maladies inflammatoires ; surtout quand les vents du nord , du nordest et de l'est dominent. L'occasion de pratiquer des évacuations sanguines artificielles, s'offre donc plus fréquemment pendant celte saison , qui voit souvent paraitre des apoplexies sanguines, des angines, des pleurésies, des rhumatismes inflammatoires.

Ce n'est pas que le printems ne présente quelquefois un tableau de maladies qui ont de grands rapports avec celles qui ont régné pendant l'hiver. Si le’ soleil n’est point venu réchauffer l’atmosphère, les diathèses inflammatoires se prolongent sous

J'influence continuée is la sécheresse et du froid ; mais si de cet état, la température

passe A ebient à Es E humidité sans chaleur, oa voit survenir des écoulemens de sang par différentes voies , des esquinancies, des affections alta . des fluxions, des douleurs articulaires, des points de côté.

Dans cet état de choses, on concevra facilement que si la constitution médicale régnante , se trouve en rapport avec lidiosyncrasie d’un individu , les affections pathologiques auxquelles il sera soumis, pour-

ront prendre un caractère d'intensité Are matoire qui requerra des émissions sanguines , et pour les employer à propos, il faudra , avec Stoll et Sydenham , prendre a en considération l'état parti- .culier de la saison , et le génie de épidémie réguante ; Sans perdre de vue’ que : les maladies intercurrentes qui arrivent en même tems, y participent plus ou moins, et qu’elles peuvent en conséquence réclainer également des émissions sanguines. :

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