‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 14 sur 77 · CE DLL TO PL TT · texte numérisé non relu

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ent les veines ne sont pas situées de inanière à permettre leur ouverture ; celles que l’on ouvre le plus communément , sont les quatre veines du bras, les saphènes , plus rarement les jugulaires. On pratiquait autrefois la saignée sur les ranimes , les préparates, les angulaires , les salvatelles ; On ÿ a presque entét ement renoncé aujourd’hui, en raison des communications qu'elles ont avec des veines dont l’ouverire est plus facile.

On. -peut diviser le systéme veineux en supérieur , en inférieur, en droité, en gauche et en abdominal.

Le systéme vemeux supérieur comprend les quatre veines du bras , les veines jugulaires externes.

no.

Tous les vaisseaux du systême veineux supérieur ont entre-eux des anastômoses , tous vont se dégorgér dans la veine sousclavière , et delà dans la veme cave supépérieure , ce qui a fait donner la préférence a l'ouverture des veines du bras.

On a reproché , avec raison, à la saignée de la jugulaire d'exiger une compression fatigante , d’abord pour la pratiquer, puis pour arrêter le sang; d’ailleurs l’ouverture de cette veine présente Sn ve de grandes difficultés.

Des hommes distingués, Galien, Thierry et quelques autres, ont prétendu avoir retiré des avantages particuliers de l'ouverture de la salvatelle ; 11 faut probablement s’en rendre raison par limmersion que l’on faisait de l’avant- bras dans l’eau tiède.

Le système veineux inférieur comprend seulement les saphènes ; elles sont en rapport irect avec la veine crurale, avec les veines du bassin, et par succession avec la veine cave Eire On ne peut ,se dissimuler que l'ouverture des saphènes n'ait une influence bien marquée sur la circulation générale.

On a même prétendu que la saignée du . pied’ dégageait aussi efficacement la tête , que louverture des veines jugulaires. : Si la saignée du pied a ce bon effet, cest sans doute lorsque. le sang encore mobile, distend les vaisseatix de la tête, sans y être fixé, et qu'il s'agit en méme-tems de rappeler le sang vers les parties imférieures , comme dans le cas de suppression des règles ou du flux hémorroïdal.

Mais si lengorgement est te , Si le sang exerce déjà compression sur lorgane encéphalique, si les accidens sont imminens, on devra donner la préférence à la saignée directe, c’est-à-dire, à l'ouverture de la jngulaire (1), ou à celle des vemes du bras,

Un praticien distingué, Levret, occupé de tracer des préceptes sur la préférence que l’on doit accorder, tantôt à la saignée du pied, tantôt à Pelle du bras, pendant le travail de l'accouchement, s exprime de

(: ) Voyez l'ouvrage de M. Tralles, méd, de Breclaw,

imprimé en 1735, ‘et intitulé : De vend jugulari fre quentius secandä, Comment,

la manière suivante : « Les cas qui indiquent la; saignée du bras, sont la perte de sang , les douleurs Le reins , . l’état de : daute et d'épaisseur du col de la matrice. La saisnée du pied est prélérable lorsqu'il se déclare une hémorragie nazale ou de toute autre partie du corps située au-dessus du ventre, lorsque le sans se porte. avec violence vers la tête, lorsque la: femme est menacée de convulsions ou quelle en est atteinte. »

Mauriceau veut que dans l Ft de l'utérns, causée par la suppression des vidanges, on commence par une ou deux saignées du bras, si l'état de pléthore est très- manifesle ; dabs le cas contraire, il prétend qu'on doit saigner du pied (1 }.

Mercurial et ses adhérans soutenaient qu'en toutes suppressions de vidanges, il Convensit de commencer par la saignée du pied; mais Mauriceau sy oppose, par la crainte d'augmenter l'inflammation, en attirant vers la Hattice une trop gradde abondance d' humeurs. ù

: Conseillée avec ous smeae Sylva,

2) Lib. 5, chap. 8. De l'inflam. de la matrice,

et rejétée par d’autres , amenant facilement la défaillance , la saignée du pied a sur:

tout été prescrite dans les dispositions à l’apoplexie , dans certaines inflammations des méninges et du cerveau, dans les violentes céphalalgies , dans l’épilepsie pléthorique, etc.

Ainsi, voilà louverture des saphênes sur la même ligne que la saignée des jugulaires; à cela près que; par un effet général attaché aux émissions sangumes artificielles ; la saignée du pied, tout en dégorgeant les parties supérieures du tronc, attire Jafflux du sang vers les parties inférieures (1).

Oa a prétendu qu'il existait une différence bien marquée entre la saignée du pied, faite avec ligature, et ‘celie faite sans ligature ; que la prewnére déterminant un embarras de tout le

(1) Les anastômoses du système veineux inferieur sont plus marquées avec la poitrine et la tête , qu'avec l'abdomen ; cependant toutes les fois qu’on tire de ja saphène nne certaine quantité de ‘sang, on diminue la colonne qui eut dû être portée dans Ja veine cave inférieure , ce qui rend facile le dégorgement de Ja veine porte, au moyen des hépatiques,

système capillaire des vaisseaux du pied , refoulait le sang amtériel vers le bas ventre , et que delà résultait l'appel de fluxions et d’engorgemens sur les vicères abdominaux. |

Cette explication parait - elle "satisfaisante ? rend -elle raison des abcès au foie, attribués à la saignée du pied employée daus les plaies de tête? ou fautil recounaître seulement dans cet accident , la commotion que le foie pourrait avoir partagée avec le cerveau, dans les chutes violentes, qui le pius ordinairement sont la cause de ces plaies ?

Il est un grand nombre de phénomènes pathologiques qu'il peut être uule de noter, sans trop chercher à sen rendre raison par des explications physiologiques hasardées.. Si des abcès au foie ont paru à la suite des plaies de tête, lobservation en a également constaté à la suite du coma , de l’apoplexie et de beaucoup d’autres affections cérébrales ; ils pouvaient dépendre de rapports. sympathiques qui restent encore inconnus. En réfléchissant au désordre que ces maladies peuvent amener dans la circulation du sang, ne

pourrait-on se rendre facilement raison des abcès qui surviennent en pareil cas au foie, sans chercher à en accuser la saignée du pied ? Le sang qui revient en quantité et précipitamment par la veine cave supérieure ne doit-il pas opposer de la résistance à celui de la veine cave inférieure, et par conséquent refouler le sang des veines hépathiques vers le foie ?

Ainsi, la disposition fâcheuse du sang vers les parties supérieures, capable de former quelqu’obstacle à celui des parties inférieures , pourrait déterminer stase et abces dans le foie. La saignée du pied, loin de favoriser cet accident , loin de con- Courir au refoulement du sang vers le foie, tendrait donc au contraire à dégager cet organe, en permeltant aux veines hépatiques de verser abondamment dans la veine cave inférieure ; et si dans quelques circonstances l’abcès au foie a eu lieu, sous l'emploi de la saignée au pied , il ne faudrait peut-être en trouver la cause que dans l'insuffisance de ce moyen beaucoup. moins puissant qu'un certain nombre de sangsues à l'anus, pour opérer le dégorgement du système de la veine porte.

Au reste, est-il probable que la saignée du piéd' sans digature, ait un effet entièrement opposé à celui de la saignée avec ligature, c’est-à-dire, un effet révulsif, sans embarras du systéme capillaire du pied , sans refoulement du systéme artériel sous-diaphragmatique ? Tout cela ne seraitil qu'un beau rêve de Quesnay , embelli

par David ?

Il est douteux qu’on puisse admettre ces différences entre la saignée du pied sans ligature , et celle faite avec ligature. On a beaucoup plus employé celle-ci que la première , en raison de la difficulté qu’offrent en général les saignées du pied , même avec l'emploi de la ligature , qui certainement facilite cette opération. Cependant les praticiens qui y ont eu recours, n'ont point signalé les inconvéniens qu’on lui attribue.

D'après ces considérations, je me crois autorisé à maintenir que l'expérience ne paraît point avoir confirmé les avantages de la saignée du pied sans ligature, ni ses rapports plus immédiats avec les sangsues à l’anus, ni le soulagement plus marqué

4 140.) qu'on a voulu lui attribuer dans les inflam mations du bas ventse et de la matrice.

On trouve dans l'abdomen un systéme veineux particulier, qui prend sa source dans la veine porte : celle-ci reçoit les vemes qui viennent de l'estomac, des intestins, du mézentère, de l’épiploon, du pancréas, de la rate. On a une action pour ainsi dire directe sur ce systême veineux, par louverture des vaisseaux hémorroïdaux; les anciens les ouvraient avec des instrumens tranchans ; on opère aujourd’hui leur dégorgement au moyen des sangsues,

Nous avons dit qu’on pouvait diviser le systéme veineux en droit eten gauche , le subdiviser en supérieur et en inférieur.

De même que le systéme supérieur et gauche, vient se dégorger dans la veine sousclavière du méme côté, qui verse le sang dans la veine cave supérieure, où il se confond avéc le sang du systéme veineux supérieur et droit; de méme Îa saphène du côté gauche verse le sang dans la veine crurale gauche : il est conduit par Pilaque primitive dans la veine cave inférieure, où ‘11 se miéle avec le sang veineux de l'extrémité inférieure droite.

Soit que les praticiens aient été dirigés par cette disposition anatomique , soit que d'abord le hasard , puis l'expérience aient élé leur guide , toujours est-il vrai que dans Certaines circonstances , on a donné la préférence tantôt à la saignée pratiquée du coté droit, tantôt à celle pratiquée du côté gauche ? |

Une remarque qui n’est pas étrangère à cette considération pratique , c’est que le pouls d'un côté est quelquefois différent de celui de l’autre côté.

Bordeu nous apprend que chez un jeune homime de quinze ans, qui avait depuis son enfance un embarras marqué à la rate , et qui se plaignait de tems en tems de douleurs très-vives dans tout l’hippocondre gauche, le pouls sauche était ordinairement, surtout pendant le paroxisme de la douleur, plus irrégulier, plus vif, plus tendu que celui du côté droit.

Le même auteur ajoute : l'affection du foie fait souvent ressentir exclusivement son action sur tout le côté droit du corps; et la maladie de la rate change aussi la disposition du côté gauche, sans faire aucune

impression sur le droit. Dans les pleurésies et les fluxions de poitrine, le pouls des deux

côtés est quelquefois différent. Le même

phénomène a été observé. dans la imi-

graine qui nattaque qu’un des côtés de

la tête. La goutte bien décidée à un pied

rend le pouls de ce côté beaucoup plus serré et plus tendu que celui de l’autre.

Ces observations ont conduit les praticiens à penser qu il n'était point indifférent de pratiquer les émissions sanguines à tel ou tel côté du corps. Ainsi Valsalva voulait qu'on saignèt les paralytiques du côté sain. ‘

Mors gagni rapporte qu une femme ayant lès deux. côtés, du cor ps paralysés à la suite d’une attaque d’ apoplexie . on pratiqua une saignée aû bras droit , et la paralysie du côté gauche cessa ; celle de l’autre côté

qui subsistait PAPA RES disparut après la

saignée du bras gauche (1).

Lamoite cite l'observation suivante , Qui appuye et confirme la même doctrine.

« Un médecin en se levant s’aperçoit d’une

(1) Observ. XX.

(52) » faiblesse dans les mouvemens du bras » droit , il survientedes vertiges , enfin tout » le côté droit se paralyse. Ce médecin » ayant perdu Flusage de la parole, fait » signe de le saigner au bras gauche, et » les accidens :s’apaisent (x).

Ces faits rapportés par anticipation, seront rappelés dans les considérations que nous offrirons sur les effets généraux des émMISSiODS sanguines artificielles.

Mais revenons à la phlébotomie , aux avantages et aux propriétés particulières de cette opération, et reconnaissons d’abord ‘le sont relatifs à la situation des.

veines, à leur volume, à la quantité du sang EN à la promptitude d’évacuation.

Relativement à la situation des veines , on peut considérer que toutes les fois quil.

ÿ aura surcharge générale de sang , 1l con viendra d'ouvrir les vaisseaux du système veineux supérieur , et plus par ticulièrement les veines du bras.

Cependant si la congestion sanguine était

(1) Observ. XXI,

dirigée avec une certaine intensité sur le cerveaa ; il pourrait être indiqué de recourir à l'ouverture des, veines jugulaires »!

qui offre un moyen BERADI de el Étion locale. |

TA saignée du pied pourrait aussi avoir

pour effet de détourner le sang d'aller

former fluxion sur cet organe , ou d’obvier à célle qui voudrait s'y reproduire.

Relativement au volume des veines, à la quantité du sang té, et à la promptitude d'évacuation , on pourra considérer que. toutes les fois qu'on aura besoin d'opérer un changeme: nt prompt daus Ja circulation, on déres ouvrir de préférence

et largement la veine bañilique , ou la veme

inédiane ; alors pomt de doute qu'une petite quantité de sang sortie avec prompüutude, ne produise un changement plus ‘prompt , des effets plus marqués , qu’ane quantité plus considérable qui aura été ôtée lentement et par une petite ouverture; aussi a-t-on vu quelques onces de sang, échappées avec rapidité d’un gros vaisseau, et par une ouverture large, amener des syncopes ; tandis qu’une beaucoup plus grande

quantité tirée peu à peu, ét d'un peut

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