‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 24 sur 77 · PA · texte numérisé non relu

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même rappelées par l'ouverture de la saphène ou l'application des sangsues ; enfin , des hémorragies sont arrêtées par quelques onces de sang tiré d’un vaisseau éloigné du lieu où l’on éprouve la perte.

Désirée H...., âgée de neuf ans , d’une constitution délicate, ‘est, le lendemain d’une course à la campagne, prise d’une perte de sang par les voies naturelles, Le pouls est plein ; on applique des sangsues aux pieds, et la perte continue avec abondance :

appelé près d'elle, je pratique de suite la saignée du bras, et cette- ménorrhagie est aussitôt arrêtée , pour ne plus reparaître (1). | |

Combes , cultivateur , âgé d'environ trente-cinq ans, est atteint d’une fièvre catarrhale , dont les principaux symptômes affectent la tête, et détermiment un état comateux. Le sujet est d’une constitution athlétique, et présente une figure trèscolorée. Entre autres moyens opposés à cette maladie, il est appliqué plusieurs sangsues aux malléoles. L'émission sangume est abondante du côté droit, et

(1) VI® Obs. de lAnteur, *

nulle du côté gauche. La douleur cesse du côté où les sangsues procurent une évacuation abondante, tandis que, du côté opposé, la douleur augmente jusqu’à produire l'état frénétique dans lequel le médecin trouve le malade ; on pratique une saionée au pied gauche, et tous les accidens se dissipent (x).

Une femme âgée de quarante-sept ans, grosse et réplète, reçoit sur la tête un coup qui la fait tomber sans connaissance : elle est saignée deux fois au bras, sans amélioration dans son état. On recourt alors à la saignée du pied , et les accidens disparaissent aussitôt. Au bout de cinq à six semaines, l’affection pathologique se reproduit ; la malade est encore saignée du bras, et bite émission sanguine ne diminue ni les pesanteurs de tête , ni les ver ligés. On revient à la saignée du pied qui n'est pas moins efficace que la première fois. Nouveaux accidens, un mois après ; on saigne de suite au pied, et ils se dissipent Sur

(1) Cette observation est dn docteur Rouanet ; elle se trouve insérée dans les annales de la société de médecine-pratique dé Montpellier, tom. 9 pag. 57%

Cri4) le-champ. Enfin, neuf à dix mois se passent dans cette alternative de calme et de rechutes auxquelles on oppose toujours avec un nouveau succés , l'ouverture de la saphène.

Cette observation est extraite de l’excellent travail du docteur Morin, intitulé Examen critique du mémoire de M. Bertraudi , sur les abces au foie. Le docteur Morin y a rassemblé un grand nombre de faits en faveur de la doctrine de la révulsion et de la dérivation (1), :

Il y a, dit limmortel Stahl, une si grande différence entre la saignée faite dans les parties supérieures , et celle qui est faite dans les parties inférieures , qu’on pourrait citer muile exemples de femmes dont on a tout à coup arrêté les régles, en les faisant saigner au bras, et qu'on n'a pu soulager des suites de cet accident, que par l’ouvertare de la saphène, ou l'application des saugsues aux parties inférieures.

L 1 , | à Grimaud se prononce en faveur de Ja doctrine de la révulsion et de la dériva-

(1) Journal de médec., sept, 1779 s PAZ 467.

tion. Il regarde la saignée du bras comme révulsive, dans les maladies de poitrine , et dans les maladies de la tête; il ajoute, elle sera plus révulsive encore , si l’on saigne du côté opposé à la douleur, ou au pied.

Le docteur Morin nous fournit encore le fait suivant : « Une femme , âgée de 28 ans , atteinte, vers le cinquième mois de grossesse, de suffocation et de crachement de sang, est saignée au bras , à plusieurs reprises , sans succès. En raison de létat avancé de la grossesse et de la gravité des accidens, on n’hésite point à recourir à la saignée plus révulsive du pied , qui procure un prompt soulagement... Dans le cours de la grossesse, la malade éprouve fréquemment les préludes de nouvelles attaques , se fait chaque fois ouvrir la saphène , et arrive ainsi à un heureux accouchement. »

Nier l’existence de la révulsion et de la dérivation , ce serait fouler aux pieds les préceptes de nos plus grands maîtres, ce serait méconnaiître les résultats d’une expérience aussi longue qu'éclairée !

Le célèbre Barthez en a établi le dogme sur des principes incontestables : rappelons

(Nr E6 3 ce code vraiment hippocratique , et qu'il serve de base à celui qui doit diriger l'emploi légitime et méthodique des évacualions sanguines artificielles.

Principes Généraux.

« Lesirritations attractives sont nommées révulsives, lorsqu'elles sont provoquées dans des parties éloignées de lorgarné malade ; et dérivatives, lorsqu'elles sont pro- Guites dans des parties voisines.

» Lorsque, dans une maladie, la fluxion sur un organe est imminente, “qu'elle S'y forme ou qu’elle s’y renouvelle par reprises périodiques , on doit lui opposer des épacuations révulsives, par rapport al organe; elles sont perturbatrices des mouvemens fluxionnaires. . y

» Lorsque la fluxion est parvenue à, un.

état fixe, on doit en général préférer Îles épacuations dérivatives qui se provoquent sur les parties voisines de l’organe affecté,

» Après avoir employé les moyens ré-.

vulsifs et dérivaufs, 1l faut souvent recourir à des évacuations qu'on appelle ocales , parce qu'elles s'opèrent sur le siège même de la fluxion. |

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* » Il est quelquefois nécessaire, pour arrêter | |

les progres de la fluxion, d'employer alternativement les évacuations locales , pendant qu'on fait usage de celles qui sont dérivatives , et même de celles qui sont répulsives.

)»Ïl sera également plus avantageux de

placer les remèdes répulsifs et dérivatifs dans la même moitié latérale droite ou gauche du corps, où se trouve l'organe

affecté, parce que c’est une sympathie très-puissante et très - générale que celle

des organes qui sont situés dans une même moitié du corps.»

Le docteur Z'auchier , dans un ouvrage sur les mdications de la saignée , couronné par une Académie allemande, a résumé les objections contre la doctrine de la révulsion et de la dérivation. Il ne parait disposé à admettre ces effets généraux de la saignée, que pendant que le vaisseau est ouvert et le membre lié. Pour ne les reconnaitre qu'avec cette restriction, il s'étaye dé l'opinion de Rammasini ; de Haller , de Gattenhoff, de J.-P. Franck; enfin, il croit trouver, dans la pratique ordinaire et heureuse des médecivs, des

( 118 ) preuves de nullité de ces prétendus effets généraux : nous allons produire ses obnt et y répondre.

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